Igor Brevnjovski : Chronique d'un homme en exil

Les Huns

Le Peuple

Les Huns sont un peuple asiatique turco-mongol, de langue turque. C'est le premier peuple mentionné comme tel par les historiens. Des références à un peuple appelé Xiongnu (Hsiung-nu) existent dans les sources chinoises depuis -1200, faisant allusion aux ancêtres des Huns.

  1. Un groupe appelé les Huns européens et mené par Attila est considéré comme étant l'extension occidentale des Huns. L'établissement du premier État Hun a été un des premiers aspects bien documentés de la culture de la migration à dos de cheval.

  2. Ces tribus nomades surpassèrent leurs rivaux dans la maîtrise du cheval, grâce à la promptitude et la mobilité étonnante de leurs montures, ainsi qu'au talent des cavaliers, initiés dès le plus jeune âge. Cet avantage, couplé à l'arc court qui pouvait être utilisé depuis le dos de la monture, fut crucial dans les nombreuses batailles que livrèrent les Huns

Les Huns au combat contre les Alains

Les Huns au combat contre les Alains (illustration de Geiger 1873)

Selon l'histoire hongroise traditionnelle, les Huns, les Magyars et les Avars faisaient tous partie du même peuple ; le mot « Hongrie » (Hungary en anglais) vient d'ailleurs de « Hun », et les Hongrois se nomment eux-mêmes les Magyars.

Selon les descriptions laissées par l'historien romain Ammien Marcellin, les Huns sont des pasteurs nomades qui ignorent l'agriculture, ne possèdent pas d'habitations permanentes et parcourent sans répit la steppe à la recherche de pâturages et de points d'eau pour leurs troupeaux.

  1. Ils subsistent grâce à la chasse et à la cueillette, sont vêtus d'habits de lin et de fourrures. Vivant presque constamment à cheval, ils ne semblent pas avoir de vrai roi, chaque clan ayant son propre chef.

  2. Guerriers redoutables, archers, cavaliers montés sur de petits chevaux robustes, les Huns surprennent leurs ennemis en se livrant à des charges rapides, des retraites inattendues, un harcèlement permanent

Des tombes hunniques retrouvées près du Dniepr attestent leur goût pour le pillage.


La Marche vers l'Ouest

Les Huns ont fortement marqué l'imaginaire des peuples de l'Empire romain finissant, par le caractère particulièrement cruel de leurs exactions. C'est vers la fin du IVe siècle apr. J.-C. que les Huns apparaissent dans le bassin de la Volga.

  1. Après avoir écrasé les Alains, ils s'installent entre ce fleuve et le Don, avant d'envahir le royaume des Ostrogoth implanté dans les plaines d'Ukraine.

  2. Poursuivant alors leur progression vers l'ouest, ils défont les Wisigoths, établis dans l'actuelle Roumanie, et atteignent les frontières de l'Empire romain sur le Danube.

  3. Après avoir traversé et dévasté les plaines roumaines, les Huns franchissent les Carpates et s'installent dans la plaine de Pannonie (Hongrie actuelle) vers 396

Peu inquiète, Rome les laisse agir à leur guise au-delà du limes (fortification marquant la frontière de l'Empire romain), car les Huns s'en prennent aux Goths, ennemis traditionnels de Rome.

  1. Mais la situation change brutalement en 408, date à laquelle les Huns pénètrent en territoire romain en lançant de nombreuses razzias. Vers 425, un empire hunnique semble s'être formé sur le moyen Danube.

  2. Étendant leur domination sur les populations germaniques, les Huns enrôlent des Germains dans leur armée.

En 430, l'empereur Théodose II accepte de leur payer un tribut annuel, qui est doublé cinq ans plus tard, puis multiplié par cinq en 443


Le Règne d'Attila

C'est sous le règne du fils de Rua, Attila, que les Huns acquirent une puissance, une richesse et une renommée inégalée parmi les peuples barbares. Accédant au pouvoir en 434 à la mort de son père Rua, qui était également son oncle, Attila régna avec son frère Bléda jusqu’à l’assassinat de ce dernier par Attila en 445. Mais il semble incontestable qu’Attila devait disposer de la totalité du pouvoir dès 434 puisqu’il organisa le noyau d’une administration centrale et fixa sa capitale. Son amitié personnelle avec Aetius permit à l’Empire romain d’Occident de résister contre les assauts germains et explique le fait que les Huns n’attaquèrent jamais la partie occidentale de l’Empire.

L'empire des Huns

L'empire des Huns, nomade et décentralisé

Néanmoins, Attila dirigea ses expéditions contre l’Empire romain d’Orient. Après avoir doublé puis triplé le tribut exigé de Constantinople qui finalement refusa de payer, Attila lança ses troupes qui envahirent les Balkans puis dévastèrent la Macédoine et la Grèce centrale en 447, et pillèrent Sirmium. En 449, Théodose II, incapable de refouler les hordes hunniques, est finalement contraint d’envoyer une ambassade afin de faire cesser les attaques.

  1. Mais un brutal et spectaculaire retournement d’alliance diplomatique eut lieu en 450. En effet, la sœur de l’empereur romain d’occident Valentinien III, Honoria, désireuse de se venger de son frère qui avait ordonné l’exécution de son amant, proposa à Attila de l’épouser, faisant ainsi entrer Attila dans la famille impériale. Devant le refus de l’empereur de céder la main de sa sœur, Attila, fort de la légitimité de sa demande et du soutien d’Honoria, entreprit de tourner son armée contre l’Empire d’Occident et contre la Gaule. En réalité, il semble qu’il savait pertinemment qu’il ne pourrait jamais obtenir ce mariage. Attila recherchait le moindre prétexte pour lancer une expédition de razzia et amasser du butin. Ainsi, en 451, remontant le cours du Danube, il franchit le Rhin avec près de 30 000 cavaliers à Mayence, ravagea la Belgique, pille Trèves, Metz, avant de se diriger vers Paris, où s’organisa la résistance sous la conduite de sainte Geneviève.

  2. Puis il se tourna vers Orléans mais les Alains récemment installés et fédérés par Aetius autour de la ville, dont l’inimitié envers les Huns avait pour source la destruction de leur royaume en 375, firent vaillamment face et, sous la conduite de l’évêque Aignan, contraignirent Attila à établir un siège. Mais devant l’arrivée d’une formidable coalition menée par Aetius et composée de romains, de Francs, de Burgonde et surtout de Wisigoths, Attila leva le siège et retraita. Rapidement rejoint par ses ennemis, Attila livra la célèbre bataille des Champs Catalauniques où il fut vaincu. Mais cette défaite, bien qu’elle frappa les esprits puisqu’elle signifiait la fin de l’invulnérabilité hunnique et l’union des romains et des barbares contre un péril commun, n’amoindrit pas la puissance d’Attila mais affaiblit considérablement Aetius qui n’avait plus assez de forces militaires.

Si la Gaule lui était dès lors fermée, le roi des Huns se dirigea en 452 vers la péninsule italienne. S’il ne put prendre la famille impériale réfugiée à l’intérieure de la capitale impériale, Ravenne, protégée derrière des marais, Attila pilla de nombreuses cités importantes dont Aquilée, Milan, Pavie, Padoue, Mantoue, Vérone et songea un instant à assiéger Rome. Mais le Pape Léon Ier lui proposa en échange de la Ville Éternelle un tribut et la main de la princesse Honoria. Satisfait, ayant obtenu la main de sa promise, Attila repartit contrer l’attaque de l’empereur d’Orient Marcien sur le cours moyen du Danube. C’est là qu’Attila mourut subitement en 453 au cours d’un festin.


La Fin des Huns

Dès lors, l’État et le royaume hunnique déclinèrent rapidement sous les querelles successorales. En effet, les deux fils d’Attila, Ellac et Ernac entra en guerre et, profitant des désordres, les peuples germains soumis par les Huns - Ostrogoths, Gépides, Ruges, Hérules, Skires - reprirent leurs indépendances et formèrent une vaste coalition anti-hunnique dirigée par le roi des Gépides Ardaric. Pendant l’affrontement sur le fleuve Nedao en 454, près de la Pannonie, Ellac trouva la mort. C’est alors qu’Ernac vit son dernier frère, Dengizik, revendiquer à son tour le trône. Cela engendra une nouvelle guerre fratricide qui accentua le déclin irrémédiable des Huns.

Leur vaste royaume s’étant effondré avec l’indépendance de leurs anciens vassaux, le peuple Hun se divisa, se morcela et se dispersa rapidement. On trouve des tribus qui sont demeurés en Pannonie mais sous le tribut de Rome. Le roi Ostrogoth Théodoric Ier engagea dans ses troupes une petite bande de Huns dirigés par Mundo qui se trouvait alors en Mésie. D’autre s’installèrent au sud du Danube et servirent un temps l’Empire d’Orient. Le reste repartit vers l’Ukraine.

Les principaux peuples germaniques après l'effondrement de l'empire des Huns

Les principaux peuples germaniques après l'effondrement de l'empire des Huns

A partir de 491, les Huns se perdent définitivement dans la brume de l’histoire puisque dorénavant plus aucune sources historiques ou archéologiques ne les mentionnèrent. Devenus fortement minoritaires, on peut émettre l’hypothèse qu’ils furent probablement amalgamés puis intégrés parmi d’autres peuples autochtones.

Posté par Silverside le 09.08.10 à 17:10 - Commentaires (0) - Les Grands Royaumes

Le Déclin de l'Empire Romain

Le déclin de l'Empire romain, aussi appelé chute de l'Empire romain, se rapporte à l'effondrement de l'Empire romain d'Occident. La date du 4 septembre 476, date de l'abdication de Romulus Augustule, dernier empereur de l'Empire romain d'Occident, en est l'aboutissement.

Le terme a été utilisé pour la première fois au XVIIIe siècle par Edward Gibbon dans sa fameuse étude Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain. Mais Gibbon n'était ni le premier, ni le dernier à étudier les raisons qui ont conduit à la disparition de l'Empire romain. Ce thème reste une des plus grandes questions historiques, enrichi par les recherches et les réflexions de nombreux historiens. En 1984, le professeur allemand Alexander Demandt publia une collection de 210 théories sur les causes de la chute de l'Empire romain.

Les Germains au Ier siècle

L'Empire romain en 117 A.D.


Théories du déclin de l'Empire romain

Les raisons du déclin de l'Empire romain font donc l'objet d'un certain nombre de théories controversées, et beaucoup d'historiens remettent en question la notion même de « chute » ou sa date symbolique. L'absence de données objectives de la part des chroniqueurs qui vécurent cette période si troublée explique le grand nombre de théories développées. Généralement, ces théories soutiennent que la puissance de l'Empire romain aurait survécu indéfiniment si une combinaison de circonstances ne l'avait pas conduit à sa chute prématurée. Quelques historiens de ce groupe croient que Rome la « porta sur elle-même », qu'elle assura son propre déclin par des politiques abusées et la dégradation de sa réputation.

  1. L'historien romain Végèce (début du Ve siècle), formula une théorie - récemment soutenue par l'historien Arthur Ferrill (1964) -, selon laquelle l'Empire romain déclina à cause de son contact croissant avec les barbares, entraînant une "barbarisation" qu'il percevait comme moteur de dégradation. La léthargie, la complaisance, et la mauvaise discipline qui en résultaient dans les légions firent apparaître la chute de l'Empire comme un phénomène d'origine essentiellement militaire. Ferril dit : « ...the decay of trade and industry was not a cause of Rome’s fall. There was a decline in agriculture and land was withdrawn from cultivation, in some cases on a very large scale, sometimes as a direct result of barbarian invasions. However, the chief cause of the agricultural decline was high taxation on the marginal land, driving it out of cultivation. Jones is surely right in saying that taxation was spurred by the huge military budget and was thus ‘indirectly’ the result of the barbarian invasion. »

  2. Edward Gibbon (1737-1794), historien britannique, plaça fameusement le drame sur une perte de vertu civique parmi les citoyens romains. Ils ont graduellement oublié leur devoir de défense de l'Empire face aux mercenaires barbares qui, finalement, se tournèrent contre eux. Gibbon considérait que la chrétienté a contribué à cela, rendant la populace moins intéressée par ici-et-maintenant et plus disposée à attendre les récompenses du paradis : « Le déclin de Rome était la conséquence naturelle et inévitable d'une grandeur démesurée. La prospérité renforça le principe de déchéance; les causes de la destruction se sont multipliées avec l'étendue de la conquête; et dès que le temps a éloigné les supports artificiels, la structure prodigieuse céda sous la pression de son propre poids », écrivit-il. Le travail de Gibbon est remarquable pour ses notes et ses recherches, erratiques mais exhaustivement documentées. Dans ses écrits, Gibbon mentionna aussi le climat, expliquant que c'est une cause du déclin, et disant « le climat (quelle que soit son influence) n'était plus le même. » Tandis qu'il jugeait que la perte de la vertu civique et l'essor du christianisme étaient une combinaison létale, Gibbon trouva d'autres facteurs qui ont possiblement contribué au déclin.

  3. Radovan Richta (1924-1983), philosophe Tchèque, soutient que la technologie est le ressort de l'histoire. Aussi défend-il l'idée que l'utilisation du fer à cheval par les tribus barbares à partir des années 200 a modifié l'équilibre militaire de la Pax Romana. Cette thèse a pour faiblesse d'ignorer certaines vertus militaires romaines, manifestes dans l'adaptation à la technologie ennemie. Rome n'avait par exemple pas de flotte lorsque Carthage survint comme une puissance militaire aux moyens essentiellement maritimes. En quelques générations Rome se dota d'une flotte et battit Carthage. Les prouesses tactiques de l'infanterie romaine pour contrer les initiatives adverses sont également célèbres, notamment celles qui permirent de confondre les charges d'éléphants d'Hannibal. Cette théorie méconnaît également certains épisodes comme le service massif de cavaliers teutons dans l'armée romaine, en tant qu'issus de foederati (la plus grande partie des barbares combattus du IIIe au VIe siècle étaient par ailleurs des fantassins). Aussi la thèse de Richta, faisant de l'innovation technique le moteur interne de l'histoire, s'efforçant d'en discerner les effets d'une société à l'autre, écarte volontairement certains paramètres contingents comme l'apparition du christianisme et la profonde transformation des mœurs dans la Rome des derniers siècles.

  4. Le livre « La Chute de Rome et la Fin de la Civilisation (2005) » de Bryan Ward-Perkins, compose les arguments les plus classiques et nuancés et affirme que la "mort" de l'empire était apportée par un cercle vicieux d'instabilité politique, d'invasion étrangère, et une réduction des revenus des taxes. Essentiellement, les invasions causèrent des dommages à long terme aux bases fiscales des provinces, qui ont amoindri la capacité à long terme de l'Empire de payer et équiper ses légions, avec des résultats prévisibles. De même, des invasions constantes encourageaient la rébellion provinciale comme moyen d'autodéfense, en complément des ressources impériales qui s'étaient réduites. Contrairement à la tendance des historiens selon lesquels on ne peut parler de "chute", qui ne voient pas nécessairement le déclin de Rome comme une « mauvaise chose » pour les gens concernés, Ward-Perkins soutient en maints endroits que pour l'ancien Empire, les rapports archéologiques indiquent que la chute fut véritablement un désastre. La théorie de Ward-Perkins identifie une série d'évènements cycliques qui viennent ensemble causer le déclin définitif. La principale différence entre son travail et celui de Bury était que, comme Heather, il avait accès aux rapports archéologiques qui renforçaient l'idée que la chute fut un sérieux désastre pour des millions de gens.


John Bagnell Bury (1861-1927)

L'Histoire de l'Empire romain tardif fournit une théorie de plusieurs éléments pour la Chute de l'Empire occidental. Il présente la théorie classique du "Christianisme contre les païens", et la démystifie, citant le succès relatif de l'Empire de l'Est, qui était de loin plus chrétien. Il a alors examiné la « théorie du déclin moral » de Gibbon, et sans insulter Gibbon, l'a trouvée trop simpliste, apportant difficilement une réponse partielle.

  1. Il présente essentiellement ce qu'il appelle la « théorie moderne », qu'il approuve implicitement, une combinaison de facteurs : « La suprématie de Stilicon était due au fait que la défense de l'Empire était venue à dépendre de l'enrôlement des barbares, en grand nombre, dans l'armée, et qu'il était nécessaire de leur rendre le service attractif par la perspective du pouvoir et de l'opulence vers la fin du IVe siècle. C'était, bien sûr, une conséquence du déclin de l'esprit militaire et de la dépopulation, dans les anciennes contrées méditerranéennes civilisées. Les Germains étaient utiles aux hautes commandes, mais les dangers impliqués dans cette politique ont été montrés dans les cas des Mérobaudes et des Arbogastes. Or cette politique ne devait pas nécessairement conduire au démembrement de l'Empire, et, sauf pour cette série de hasards, les provinces occidentales auraient été converties, en leur temps et de leur manière, en royaumes germaniques. On peut dire qu'une pénétration germanique de l'Europe occidentale devait survenir finalement. Mais même si cela était certain, ç'aurait pu se passer d'une autre façon, plus tard, plus graduellement, et avec moins de violence. Le point de l'argumentation présente est que la perte romaine de ses provinces au Ve siècle n'était pas un « inévitable effet de l'une de ces caractéristiques qui ont été à tort ou à raison décrites comme des causes ou des conséquences de son "déclin  général. » (J..B. Bury, History of the Later Roman Empire, chap. IX, § 7).

Le fait central que Rome ne pouvait disposer avec l'aide des barbares pour ses guerres (gentium barbararum auxilio indigemus) peut être tenu comme étant la cause de ses calamités, mais c'était une faiblesse qui aurait pu continuer à être trop brusque ou fatale, mais pour la séquence des contingences qui indiquait ci-dessus."

En résumé, Bury soutenait qu'un nombre d'éventualités survint simultanément : déclin économique, expansion germanique, dépopulation de l'Italie, dépendance reposant sur les foederati germains pour l'armée, la trahison désastreuse de Stilcho (bien que Bury le croyait inconnu), la perte de la vertu martiale, le meurtre d'Aetius, le manque de n'importe quel meneur pour remplacer Aetius – une série d'infortunes qui, en combinaison, se montrèrent catastrophiques. Bury nota que l'ouvrage de Gibbon était stupéfiant en termes de recherche et de détails. Les principales différences de Bury face à Gibbon résidaient dans son interprétation des faits, plutôt que dans n'importe quel débat de données. Il montra clairement qu'il sentait que les conclusions de Gibbon sur la « déchéance morale » étaient aptes à subsister – mais elles n'étaient pas complètes. Il sentait que Gibbon exposait des faits corrects, mais une mauvaise interprétation, et fit pour cela un argument puissant : « la chute graduelle de la puissance romaine… était la conséquence d'une série d'évènements aléatoires. Des causes générales ne peuvent être assignées à ce que cela était inévitable. » Dans cette théorie, le déclin et l'ultime chute de Rome n'étaient pas prédestinés, mais simplement une fatalité, d'évènements contingents, chacun était endurable séparément, mais tous ces évènements réunis étaient ultimement destructeurs.


Peter Heather (1960)

Peter Heather offre une théorie alternative du déclin de l'Empire romain dans son ouvrage La Chute de l'Empire romain (2005). Heather maintient le système impérial romain avec ses transitions impériales parfois violentes malgré les communications problématiques, il était assez bien formé durant les Ier, IIe, et une partie du IIIe siècle A.C. Selon Heather, la première indication réelle de trouble était l'émergence en Iran de l'Empire perse sassanide (226-651). Heather dit: « Les Sassanides étaient suffisamment puissants et cohésifs entre eux pour repousser les légions romaines hors de l'Euphrate, d'une grande part de l'Arménie et de la Turquie du sud-est. Beaucoup de lecteurs modernes ont tendance à penser aux "Huns" comme des ennemis imbattables de l'Empire romain, alors que pour l'entière période de débat, c'étaient les Perses qui retenaient l'attention de Rome et de Constantinople. En effet, 20-25% de la puissance militaire de l'armée romaine s'adressait à la menace perse du tardif IIIe siècle plus loin… et de 40% des troupes sous les Empereurs Orientaux. »

Heather continue d'exposer son idée -; et il est confirmé par Gibbon et Bury-; qu'il fallut à l'Empire romain environ un demi-siècle pour faire face à la menace sassanide, pour laquelle il fallut dépouiller les villes et cités de la province occidentale de leurs impôts. L'expansion résultante des forces militaires dans l'Est central fut finalement couverte de succès en stabilisant les frontières avec les Sassanides mais la réduction de la rente réelle dans les provinces de l'Empire a conduit à deux tendances, qui avaient un impact à long terme extrêmement négatif. En premier, la motivation des fonctionnaires locaux à dépenser leur temps et leur argent dans le développement d'infrastructures a disparu. Les bâtiments publics du IVe siècle avaient tendance à être beaucoup plus modestes et investis par les budgets centraux, comme les taxes régionales avaient tari. Ensuite, Heather dit "les propriétaires terriens literati ont détourné leur attention là où l'argent était... loin des politiques provinciales et locales, chez les bureaucrates impériaux."

Heather soutient ensuite qu'après le IVe siècle, les invasions germaniques, les Huns, Stilcho, Aetius, et son meurtre, ont tous conduit à la chute finale. Mais cette théorie est en même temps moderne et pertinente en ce qu'il conteste l'affirmation de Gibbon que la Chrétienté et la déchéance morale ont conduit au déclin, et place son origine carrément sur les facteurs militaires extérieurs, en commençant par les Grands Sassanides. Comme Bury, il ne croit pas que la chute était inévitable, mais plutôt une série d'évènements qui ensemble ont anéanti l'Empire. Il diffère de Bury, toutefois, en plaçant le début de ces drames beaucoup plus tôt dans la ligne du temps de l'Empire, avec l'ascension des Sassanides. La théorie de Heather est extrêmement importante parce qu'elle a les avantages des trouvailles archéologiques modernes, les données du temps et du climat, et d'autres informations indisponibles aux historiens antérieurs.


Autres théories

En contraste avec les théories de l'« empire décadent », des historiens comme Arnold J. Toynbee (1889-1975) et James Burke (1936) affirment que l'Empire romain en soi était un système corrompu dès le début, et que l'entière ère impériale était un déclin constant de ces institutions. Selon eux, l'Empire n'aurait jamais pu tenir. Les Romains n'avaient pas de système budgétaire. L'empire se reposait sur le butin des territoires conquis (cette source de revenus s'expirant, bien sûr, avec la fin de l'expansion du territoire romain) ou en une dépendance sur une élite terrienne exemptée de taxation sur un échantillon de la collecte de taxe qui conduisit des paysans avec peu de terres à une grande pauvreté (et sur l'aumône qui requérait encore plus d'exactions sur ceux qui ne pouvaient échapper aux taxes). Entretemps, les coûts de la défense militaire et du faste des Empereurs continuèrent. Des besoins financiers continuaient à s'amplifier, mais les moyens de les rencontrer s'érodaient progressivement. Dans un effort assez similaire, Joseph Tainter estime que la chute de l'Empire fut causée des bénéfices décroissants précaires sur l'investissement dans la complexité, une limitation à laquelle les sociétés les plus complexes sont éventuellement soumises.

Dernièrement, quelques historiens s'accordaient pour rejeter le terme "chute" (qu'ils peuvent ou pas différencier du "déclin"). Ils notent que le transfert du pouvoir d'une bureaucratie centrale impériale à des autorités plus locales est à la fois progressif et guère perceptible par le citoyen moyen. Henri Pirenne (1862-1935) publia la "Thèse de Pirenne" en 1920 qui reste influente à ce jour. Elle soutient que l'Empire continua d'exister, dans une forme quelconque, jusqu'au temps des conquêtes arabes au VIIe siècle qui perturbèrent les routes du commerce méditerranéen, menant à un déclin de l'économie européenne. Cette théorie présente l'ascension du Royaume Franc en Europe comme une suite de l'Empire romain, et ainsi légitimise le couronnement de Charlemagne, premier empereur romain germanique comme une continuation de l'État impérial romain. Quelques historiens modernes, comme Michael Grant (1914-2004), souscrivent à cette théorie, au moins en partie - Grant considère la victoire de Charles Martel à la bataille de Poitiers stoppant l'ère de la conquête islamique et sauvant l'Europe, comme un évènement macro-historique dans l'histoire de Rome. Toutefois, quelques critiques maintiennent que la "Thèse de Pirenne" est erronée en revendiquant le royaume carolingien comme un État romain.

Les historiens de l'Antiquité tardive, terme inventé par Peter Brown, contestent l'idée même de chute de l'Empire romain. Ils y voient une « transformation » progressive, constatant une continuité entre le monde classique et le monde médiéval, notamment sur le plan de la culture. Ainsi, il y eut une évolution graduelle sans rupture claire. Malgré le titre, dans La Chute de l'Empire romain (2005), Peter Heather se prononce pour une interprétation similaire à celle de Brown, d'une évolution logique du pouvoir central romain vers un pouvoir local, représentés par les royaumes "barbares" romanisés poussés par deux siècles de contact (et conflit) avec des tribus germaniques, les Huns, et les Perses. Toutefois, différent de Brown, Heather voit le rôle des Barbares comme le facteur le plus important. Sans leurs interventions, il pense que l'Empire romain d'Occident aurait persisté dans une forme peut-être différente. La théorie de Heather est aussi similaire à celle de Bury dans le fait qu'il croit que le déclin n'était pas inévitable, mais qu'il est la conséquence d'une série d'évènements qui ont ensemble contribué au déclin et à la chute.

Posté par Silverside le 09.08.10 à 16:50 - Commentaires (0) - Les Grandes Invasions

Les Peuples Germaniques

Les peuples germaniques sont des ethnies indo-européennes, originellement établies en Europe septentrionale. Leur protohistoire se situe dans les territoires connus sous le nom de Germanie, de Thulé (terme grec désignant probablement la Scandinavie ou le nord de l'Allemagne), ou encore sur les rives de la mer Noire.

Mieux connus dans le monde latin à partir du Ier siècle, l'expansion originelle des Germains est attestée à l'âge du bronze danois (entre -1800 et -500). C'est à cette période que la linguistique fait remonter la différenciation linguistique en trois grands groupes : Germains orientaux, Germains occidentaux et Germains septentrionaux. Cette communauté linguistique est constitutive du paradigme de « Germains ».

Europe : Age de bronze nordique

L'expansion des Germains à la fin de l'âge du bronze danois (à partir de -750)

L'expansion des Germains

Il semble qu'une transition climatique survenue vers -2700  soit à l'origine de l'âge du bronze danois. Un climat chaud (comparable à celui de la Méditerranée actuelle) permit une forte croissance de la population et favorisa le rendement des cultures : on sait par exemple qu'on cultivait le raisin en Scandinavie à cette époque. Mais un changement de climat entre -850 et -760 et un refroidissement prononcé vers -650 (auquel on a rattaché la légende du Fimbulwinter précédant Ragnarök) dégradèrent sérieusement les conditions de vie. Il est probable que cette transition climatique du VIIe siècle avant notre ère ait poussé les tribus germaniques vers le sud et l'Europe centrale. Il y avait déjà à ce moment des tribus scandinaves dans l'est de l'Europe ; un millénaire plus tard, les nombreuses tribus germaniques se réclamant d'origine scandinave (par ex. les Lombards, les Burgondes, les Goths et les Hérules) appelaient la Scandinavie (Scandza) la matrice des peuples.

Ainsi, des Cultures du sud de la Scandinavie se diffusent progressivement vers le sud, vers l'Allemagne et les rives méridionales de la mer Baltique. Elles se répandent dans la grande plaine européenne, pour gagner au début du second âge du fer (v. 500 av. J.-C.) les franges du monde celtique (civilisation de La Tène) : le Rhin inférieur, la Thuringe et la basse Silésie.

En plus du climat refroidissant, il est possible qu'une expansion démographique contribua également à ce phénomène, engendrant un peuplement nouveau de régions jusque-là presque vides d'hommes. Les Grecs ou les Romains n'en ont laissé aucun témoignage écrit. En effet, ils n'avaient aucun contact direct avec les Germains, puisqu'ils en étaient séparés par les Celtes. En tous cas, à partir du IIIe siècle av. J.-C., a lieu une période de formation de peuples qui s'achève quand les Germains entrent dans l'Histoire.

La Germanie antique

Le nom de Germanie est utilisé par les Romains, avec différents qualificatifs, incluant des territoires qui ne sont pas aujourd’hui allemands d’une part, et des contrées actuellement allemandes sans aucune équivoque possible, qui n’étaient pas d’un point de vue administratif en Germanie romaine, d’autre part. Les anciens, depuis le IIe siècle av. J.-C. jusqu’à l’arrivée massive des peuples slaves au VIe siècle, nommaient Germanie l’espace limité au nord par la mer Baltique et la mer du Nord, au sud par les Beskides occidentales et le nord des Alpes, à l’est par la Vistule et à l’ouest par le Rhin.

  1. L’appellation Germania inferior (Germanie inférieure ou Basse Germanie) englobe la rive gauche allemande du Rhin au nord de Bonn ainsi que les Pays-Bas et la Belgique actuelle à l’est d’une ligne allant de la source de l’Oise à l'estuaire de l'Escaut ou se trouve Anvers.

  2. La Germania superior (Germanie supérieure ou Haute Germanie) comprend les bords du Rhin, rive gauche, au sud de Bonn (ancien département de Rhin-et-Moselle), la plaine du Palatinat, l’Alsace, la Franche-Comté ainsi que, approximativement, la moitié occidentale de la Suisse et la moitié orientale de la Bourgogne.

  3. Inversement, le reste de l’actuelle rive gauche allemande du Rhin (avec Trèves) se trouve dans la Belgica (Belgique romaine).

  4. Germanies

    Les peuples germains face aux Germanies inférieure et supérieure (IIIe siècle)

    (Ainsi, la totalité de la rive gauche du Rhin se situe dans la Gaule définie par César, et est sous autorité romaine pendant environ cinq cents ans, de 50 av. J.-C. à 450 ap. J.-C. Environ).

  5. La Raetia (Rhétie) englobe le sud de la Bavière à l’ouest de l’Inn et du Bade-Wurtemberg au sud du Danube avec le Tyrol autrichien et l’est de la Suisse.

  6. Le Noricum (Norique) correspond au reste de la Bavière située au sud du Danube, et à l’Autriche.

  7. Les Agri decumates (Champs Décumates) comprennent la partie entre Rhin et Danube allant grosso modo de Ratisbonne à Bonn en englobant le cours du bas Main; entre le Jura souabe et le Danube ils sont rattachés à la Rhétie ; à l’ouest du Jura souabe ils relèvent de la Germanie supérieure, donc de la Gaule romaine. Ces trois territoires sont sous autorité romaine pendant deux à trois siècles (des années 80 ap. J.-C. à 235 pour les Champs Décumates, et des années 50 ap. J.-C. à 406 pour la Rhétie).

La Germania magna (grande Germanie) des Romains de l’Antiquité, correspond donc approximativement aux deux tiers Nord-Est de l’Allemagne actuelle, grosso modo l’ancienne Allemagne de l’Est, et l’ancienne Allemagne de l'Ouest à l’est du Rhin et au nord du Danube et de la ligne Bonn-Ratisbonne ; s’y ajoutent la République tchèque et l’Ouest de la Pologne. Elle fut zone d’influence et sous surveillance de Rome pendant deux siècles environ (du début de l’ère chrétienne au début du IIIe siècle), et pour la partie à l’ouest de l’Elbe, sous contrôle romain direct pendant environ deux générations (des années vingt avant J.-C aux années trente à cinquante après J.-C.).

Posté par Silverside le 08.08.10 à 20:34 - Commentaires (0) - L'Origine des Peuples

Frédéric Ier dit Barberousse (1152-1190)

A la mort d’Henri, en 1125, les princes élirent successivement empereurs les chefs de deux puissantes familles rivales, les Welf et les Staufen. Malgré leurs luttes intestines, ils parvinrent à amorcer une restauration de la puissance impériale en Allemagne (en manœuvrant habilement les Grands) et en Italie (en arbitrant les conflits entre cités). Et, en 1152, Frédéric Ier dit Barberousse, héritier de ces deux branches ennemies, fut élu.

Frédéric Ier dit Barberousse

Frédéric assura son autorité sur l’Allemagne et resserra les liens entre l'Empire et les éléments périphérique :

  1. Sa modération dans l’agrandissement de ses États patrimoniaux lui assura le concours de la centaine de princes d'Empire et ils gouvernèrent l’empire de concert. Frédéric réussit à morceler l’Allemagne entre tous ces princes tant et si bien que les grands duchés ethniques disparurent, et avec eux le risque d’un contre-pouvoir trop important.

  2. Il se fit couronner solennellement roi de Bourgogne à Arles en 1178. En Bohème, il éleva l’évêque de Prague à la dignité de prince d’empire et permit au duc de porter le diadème royal. Les rois de Hongrie et de Pologne, bien qu’extérieurs au Saint Empire, lui versèrent tribut. Enfin, le royaume normand de Sicile, qui s’étendait sur la moitié sud de la péninsule italienne, redoutait les vues de Byzance.

Une alliance avec les Hohenstaufen fut scellée : le fils de Frédéric, Henri, épousa Constance, la tante du roi Guillaume.

Europe : Vers 1200

Europe vers 1200


Frédéric I entendait garder ses distances avec la papauté et quand, en 1157 à Besançon, une faute volontaire de traduction laissa entendre que l'empereur devait au pape l'octroi du titre impérial, la rupture survint. De retour en Italie, l'empereur affirma hautement (à la diète de Roncaglia) ses droits sur les villes, sur les évêques, sur les comtes, rappela les prérogatives régaliennes, fournissant les aliments d'un conflit avec la papauté.

Aussi quand, à la mort d'Adrien IV, les cardinaux eurent élu (1159), sous le nom d'Alexandre III, le cardinal Bandinelli, Frédéric suscita un antipape, Victor IV, et le schisme commença, ainsi que la guerre contre les communes lombardes, alliées du pape. Le conflit se conclue en 1177 par les accords de Venise :

  1. Après plusieurs mois de pourparlers, il fait une trêve avec la Ligue Lombarde et le royaume de Sicile, acceptant parallèlement de mettre fin au schisme en reconnaissant Alexandre.

  2. Ce dernier, en refusant de s'impliquer des problèmes de l'Italie du Nord, montre dans ces négociations sa prudence et sa volonté de ne pas s'impliquer trop dans des questions politiques et territoriales.

Le 1er août, les deux hommes signent dans cette même ville un traité qui reconnaît officiellement Alexandre III comme unique pape, en contrepartie de quoi, l'excommunication levée, l'empereur est absous.

Posté par Silverside le 31.07.10 à 14:06 - Commentaires (0) - L'Arrivée des Hohenstaufen

La Dynastie franconienne

Les Ottoniens sont une famille de rois germaniques apparentée aux Carolingiens qui doivent leur nom au premier d'entre eux, Otton Ier du Saint-Empire, fils d'Henri Ier de Saxe. À la mort d'Henri II, la couronne passe à la dynastie franconienne.

Généalogie des Ottoniens

Généalogie des Ottoniens


Conrad II (1024-1039)

Sous le règne de Conrad II, le Royaume de Bourgogne est rattaché à l'Empire. Ce processus avait commencé sous Henri II. Rodolphe III de Bourgogne  n'avait pas eu de descendant, avait choisi son neveu Henri pour lui succéder et s'était mis sous la protection de l'Empire, allant jusqu'à remettre sa couronne et son sceptre à Henri en 1018.

Le règne de Conrad est caractérisé par l'idée que l'Empire et le pouvoir existent indépendamment du souverain et qu'ils développent une force de loi, ce qui est prouvé par sa revendication de la Bourgogne — car c'est Henri qui devait hériter de la Bourgogne et non l'Empire.

  1. Les ministériaux commencent à former leur propre ordre au sein de la basse noblesse. Ses tentatives de remplacer l'ordalie par le recours au droit romain dans la partie septentrionale de l'Empire représentent une avancée importante pour le droit dans l'Empire.

  2. Conrad poursuit certes la politique religieuse de son prédécesseur mais il ne le fait pas avec la même véhémence. Pour lui, l'important est de savoir ce que l'Église peut faire pour l'Empire et il la considère sous cet aspect utilitariste. La plupart des évêques et des abbés qu'il nomme se distinguent par leur intelligence et leur spiritualité. Le pape ne joue d'ailleurs aucun rôle important dans ces nominations.

Dans l'ensemble, le règne de Conrad est prospère, ce qui tient également au fait qu'il gouverne à une époque où flotte une sorte de renouveau qui aboutira à la fin du XIe siècle par le rôle important de l'Ordre de Cluny.


Henri III (1039-1056)

Lorsqu'Henri III succède à son père Conrad en 1039, il trouve un Empire solide et, contrairement à ses deux prédécesseurs, il n'a pas à conquérir son pouvoir. Malgré des campagnes guerrières en Pologne et en Hongrie, Henri III attache une grande importance à la préservation de la paix au sein de l'Empire.

  1. L'idée d'une paix générale, une Paix de Dieu, était née dans le sud de la France et s'était propagée depuis la moitié du XIe siècle dans tout l'Occident chrétien. Ainsi doivent disparaître la loi du Talion et la vendetta qui pèsent sur le fonctionnement de l'Empire. Le monachisme clunisien est l'initiateur de ce mouvement. Les armes doivent se taire et la Paix de Dieu régner au moins les grands jours fériés chrétiens et les jours sacrés par la Passion du Christ c'est-à-dire du mercredi soir au lundi matin.

  2. 2. Pour que les grands de l'Empire acceptent l'élection de son fils le futur Henri IV, Henri III doit accepter une condition en 1053, une condition jusque là inconnue. La soumission au nouveau roi n'est possible que si Henri IV se révèle être un souverain juste.

Même si le pouvoir de l'empereur sur l'Église avait atteint son apogée sous Henri III — il contrôle la nomination du pape et n'hésite pas à le destituer — le bilan de son règne est vu de manière plutôt négative. La Hongrie s'émancipe de l'Empire alors qu'elle était auparavant un fief et plusieurs conjurations contre l'empereur montrent la réticence des grands de l'Empire à se soumettre à un royaume puissant.

À la mort de son père Henri III, son fils monte sur le trône sous le nom d'Henri IV. Étant donné son jeune âge en 1065 — il a six ans — sa mère Agnès de Poitou exerce la régence. Cette période de régence est marquée par une perte du pouvoir, Agnès ne sachant pas gouverner. À Rome, l'avis du futur empereur sur le choix du prochain pape n'intéresse plus personne. Le chroniqueur de l'abbaye de Niederaltaich résume la situation de la manière suivante : « […] mais ceux présents à la cour ne s'occupent plus que de leurs propres intérêts et personne n'instruit plus le roi sur ce qui est bien et juste, si bien que le désordre s'est installé dans le royaume »

Posté par Silverside le 31.07.10 à 13:36 - Commentaires (0) - La Dynastie Franconienne

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