La Dynastie Carolingienne
Cette dynastie des rois et empereurs a régné sur une partie de l’Europe occidentale du milieu du VIIIème au Xème siècle et doit son nom à son plus illustre représentant, Charlemagne : le fondateur en est Pépin de bref qui met fin en 751 à la dynastie des Mérovingiens en destituant Childéric III et en se faisant proclamer roi des Francs.
Une carte de l'Occident en 741 (Pépin le Bref)
Son fils Charlemagne poursuit les conquêtes et unifie une grande partie de l’Europe occidentale, avant de se faire couronner empereur d’Occident en 800. Mais en 843, cet empire est partagé entre les trois petits-fils de Charlemagne , Lothaire 1er , Louis le Germanique et Charles II le Chauve , et sa partie occidentale donne naissance à un premier territoire français, la Francia occidentalis, cadre dans lequel se succèdent les rois carolingiens de Charles le Chauve à Louis V pendant 150 ans.
Le Xème siècle voit l’affaiblissement de la monarchie carolingienne, incapable de lutter contre le morcellement du royaume de France en principautés et les invasions étrangères. A plusieurs reprises, les Grands du royaume élisent un roi issu de la famille des Robertiens (888 à 898 et 922 à 936). La mort de Louis V le Fainéant en 987 marque la fin de la branche française de la dysnatie carolingienne.
Sources : midi-pyrenees.biz
Les Difficultés des Mérovingiens
La puissance de la dynastie mérovingienne s'appuyait sur un réseau de fidélités. Les rois distribuaient terres, revenus et charges « publiques » à partir de leur trésor personnel pour s'assurer le soutien de l'aristocratie. La « cassette du souverain » s'était ainsi substituée aux « biens publics » de l'époque romaine, évolution qui jeta les bases de la vassalité.
L'administration du palais royal était confiée à des officiers domestiques, fidèles et compagnons du roi : (1) le « connétable » était chargé des écuries royales , (2) le « maréchal » s'occupait du tribunal , (3) le « référendaire » envoyait les ordres écrits du roi dans les régions où le pouvoir de ce dernier s'exerçait , (4) la charge de « maire du palais » prit de l'importance, en raison de son rôle central au cœur des relations du pouvoir avec l'aristocratie.
Le pouvoir local était conféré aux comtes et aux évêques, qui furent progressivement nommés par le roi. Le comte (comes ou « compagnon » du roi) dirigeait une circonscription (pays ou pagus) et constituait un véritable relais du pouvoir
Les richesses de la monarchie mérovingienne ont cessé de croître par le concours de divers facteurs :
Absence de victoires militaires, privant le royaume des tributs et butins habituellement acquis
Diminution des domaines du fisc à cause de donations pour acheter certains dévouements
Absence de budget due à l'incapacité à faire rentrer les impôts et taxes suite à des révoltes et aux détournements ou usurpations des fonctionnaires qui en ont la charge
Ainsi, les descendants de Dagobert étaient contraints de dilapider les richesses acquises pour acheter la reconnaissance et la fidélité de leurs hommes. C'est donc privé du renouvellement des richesses que le pouvoir s'affaiblit, à la faveur de riches familles aristocratiques
C'est dans ce contexte que les Pippinides, ancêtres de la future dynastie des Carolingiens, prirent une place des plus importantes.
Les Disputes de Succession
A la mort de Clotaire 1er, Sigebert a l'Austrasie, Chilpéric la Neustrie, Gontran (qui meurt sans héritier en 593) la Bourgogne , et Caribert, l'Aquitaine. Mais ce dernier vit loin de son héritage, à Paris. A sa mort, en 567, malgré ses 4 épouses, il ne laisse qu'une fille, si bien que ses trois frères survivants se disputent son héritage. Des disputes incessantes entre Chilpéric et Sigebert vont donner naissance à une véritable guerre civile au sein du royaume franc.
Sigebert épouse Brunehaut, fille du roi des wisigoths (alors retranchés en Espagne) : afin de l'imiter dans sa stratégie de mariage d'intérêt, après avoir répudié sa femme Audovère, Chilpéric épouse à son tour la soeur de cette dernière, Galeswinthe. Galeswinthe ne se sentant pas aimée, elle demande à Chilpéric le droit de pouvoir se retirer dans un couvent : il accepte mais la fait étrangler vers 570 pour plaire à une de ses domestiques, Frédégonde, qu'il épousera ensuite. Une haine farouche va ainsi opposer Sigebert à Chilpéric et Brunehaut à Frédégonde et 50 années de luttes fratricides vont suivre : cette période est connue sous le nom de faide royale.
Frédégonde est à la source d'un nombre impressionnant d'assassinats :
Elle fait assassiner Sigebert, roi d'Austrasie et frère de son mari, en 575 : son territoire est alors dirigé par son fils Childebert II sous la tutelle de Brunehaut.
Elle exécute par la suite tous les enfants que son mari Chilpéric a eu avec d'autres femmes pour réserver le trône à son enfant
Elle tue enfin son mari en 584 après qu'il se soit aperçu qu'elle entretenait des relations coupables avec un Maire du Palais
Frédégonde assure alors dès 584 la régence de son fils Clotaire II (qu'elle a eu avec Chilpéric) qui n'a que 4 mois : commence l'époque des reines sanguinaires Frédégonde et Brunehaut, qui accentue la division Est-Ouest entre l'Austrasie et la Neustrie et qui bloque tout développement de la dynastie mérovingienne
Né quatre mois après l'assassinat de son père Chilpéric Ier, Clotaire est proclamé roi par sa mère qui assume la régence. En 592, Frédégonde s'empare de la Bourgogne. En 595, après la mort de Childebert II et de Gontran, elle fit occuper Paris et vainquit les Austrasiens et de sa rivale Brunehaut. Elle meurt en 597.
La Partage du Royaume
La tradition germanique voulant qu'il y ait partage du royaume entre les héritiers, celui-ci est morcelé par la suite et on assiste à la naissance progressive au VIème siècle de trois royaumes :
La Neustrie , territoire couvrant la région Nord-Ouest de la France actuelle, et ayant pour capitale Soissons.
L'Austrasie , désignant un territoire franc couvrant le Nord-Est de la France actuelle, des bassins de la Meuse et de la Moselle, jusqu'aux bassins moyen et inférieur du Rhin. La capitale en fut d'abord Reims, puis Metz.
La Bourgogne , ancienne Burgondie
Thierry (511-534) hérite de la région de Metz : il tente d'assassiner Clotaire, mais, ayant échoué, le dédommage.
Clodomir (511-524) prend possession d'Orléans : il est tué par un Burgonde en 524 qui venge le meurtre de son roi Sigismond , précipité dans un puits avec sa famille , lors de l'invasion de la Burgondie par les fils de Clovis.
Childebert (511-558) reçoit en partage la région du royaume qui s'étendait de la Seine à la Loire, ainsi que les cités de Saintes et de Bordeaux : il meurt sans laisser d'héritier en 558.
Clotaire reçoit en partage, après la mort de son père (511), les territoires du vieux pays franc constituant le royaume de Soissons (Laon, Noyon, Arras, Cambrai, Tournai, Thérouanne), ainsi qu’une partie de l’Aquitaine, à l’exception de l’Albigeois et du Quercy.
Clovis : L'Homme
C'est Clovis, premier roi mérovingien, qui par ses campagnes militaires, étendit le royaume des Francs (latin regnum francorum) à l'ensemble de la Gaule, avec l'appui de l'aristocratie gallo-romaine et de l'Église catholique, suite à sa conversion et à son baptême (vers 496).
À la suite de son règne, on fit du nom Mérovingien une ère historique : le peuple sous-jacent à cette appellation était le peuple des Francs, qui a donna le nom « France ».
L'homme
(Né en 465 , Mort en 511. Enfants : Thierry Ier, Clodomir, Clotaire Ier, Childebert Ier. Epouse : Sainte-Clotilde)
Clovis succéda à son père vers 481, à la fois comme chef de tribu et comme gouverneur civil de la Belgique seconde.
Se donnant comme objectifs d’agrandir son territoire et d’unifier sous son autorité l’ensemble des Francs Saliens, il s’attaqua d’abord au général gallo-romain Syagrius, sur lequel il remporta la victoire décisive de Soissons (486), où il établit sa capitale.
Sa puissance impressionna tellement Alaric II, roi des Wisigoths, que ce dernier ne put refuser de lui livrer Syagrius, qui avait trouvé refuge chez lui, et qui fut immédiatement mis à mort
Adroit, Clovis eut soin de ménager les autorités ecclésiastiques qui, par la voix de Remi, archevêque de Reims, avaient reconnu sa conquête : après la prise de Soissons, il voulut ainsi écarter du pillage un vase d’église que l’un de ses guerriers, furieux de cette entorse aux lois de la guerre, préféra briser plutôt que de renoncer à ce butin.
Introduction : les Mérovingiens
Les invasions barbares, du IVe au Ve siècle, disloquèrent l'Empire romain et configurèrent l'Europe chrétienne médiévale.
Les Francs, composés de divers peuples, dont les deux principaux restent les Saliens et les Ripuaires, cherchent à pénétrer dans l’Empire romain dès le milieu du IIIe siècle. Certains mettent leurs talents guerriers au service de l’armée romaine dont ils finissent par diriger des unités.
Alors que les Ripuaires se sédentarisent sur le cours moyen du Rhin, les Saliens avancent dans l’Empire et occupent bientôt le territoire le long des basses terres rhénanes. Arrêtés par l’armée romaine dans leur nouvelle avancée (358), les Saliens obtiennent de l’empereur Julien le statut de fédérés et s’allient alors à l’Empire
Au cours du Ve siècle, lorsque la puissance romaine décline, les Saliens, menés successivement par Clodion, Mérovée et Childéric, père de Clovis, s’établissent dans les territoires situés au nord de la Loire.
La Troisième Guerre Punique (149-146) : Entre les deux guerres
Encouragé par le Sénat, Massinissa, le roi numide attaque en - 193, la riche Byzacène. Le pays d'Empories est pillé et occupé. Peu à peu, toute la campagne est perdue.
Les Carthaginois se maintiennent dans les plus grosses agglomérations. Ils supplient le Sénat de les laisser se défendre ou de tracer de façon définitive la frontière. Les envoyés de Carthage demandent au Sénat d'être sujet de Rome. Mais cette dernière laisse la situation en l'état et si elle retient, une fois ou deux, l'avidité de Massinissa, les commissaires romains venus en Afrique repartent sans prendre de décisions. Carthage se montre très prévenante pour Rome et lui envoie de riches convois de blé.
La situation financière de Carthage s'est durablement améliorée après le passage d'Hannibal aux affaires. L'oligarchie est remplacée par une "démocratie" qui assainit les finances et récupère les sommes détournées par l'oligarchie. En - 187, Carthage propose le paiement anticipé de toutes les annuités de l'indemnité de guerre. Rome refuse pour maintenir Carthage dans la situation de tributaire. Elle se rend compte que malgré ses efforts, Carthage n'est absolument pas ruinée. Mais les armées de Rome sont occupées à l'Est et aussi en Ibérie.
Massinissa constitue un véritable état numide. Syphax, le roi des Massaesyles étant mort dans une prison romaine, son fils Vermina n'avait récupéré qu'une infime partie des états de son père, l'essentiel étant sous la maîtrise de Massinissa. Son royaume s'agrandit sans cesse, et a pour capitale Cirta, l'actuelle Constantine, il s'étend jusqu'à la Cyrénaïque, après avoir conquis Leptis Magna. Il a transformé les nomades en agriculteurs et a fondé des villes administrées à la punique avec des suffètes. Son armée comprend des éléphants et aussi une marine.
Caton l’Ancien
Caton (Marcus Porcius Cato) dit Caton l’Ancien (Cato Maior), également appelé Caton le Censeur (Cato censor), est un homme d’État et écrivain romain, né en 234 av. J.-C au municipe de Tusculum et mort en 149 av. J.-C.
Né d’une famille obscure ; il servit d’abord sous Fabius Maximus pendant la deuxième guerre punique. Il fut successivement soldat à 17 ans, questeur du consul Scipion l’Africain en -204, édile curule en -199, préteur en -198 en Sardaigne, il acheva de soumettre ce pays, envoyé avec le titre de consul en Hispanie (Espagne) et en Grèce en -195, il obtint les honneurs du triomphe en soumettant les tribus des hauts-plateaux espagnols.
Il devint censeur en -184, il exerça ses fonctions avec une sévérité qui passa en proverbe , et il mérita qu’on lui élevât une statue avec cette inscription : À Caton, qui a corrigé les mœurs. Il lutta contre l’hellénisation de la classe politique, s’opposant aux Scipions plus ouverts, et s’opposa (vainement) à l’abrogation de la loi Oppia contre le luxe des femmes. Il fit construire la basilique Porcia sur le forum romanum pendant sa censure.
Dans ses dernières années, en -153, il dirigea une mission diplomatique envoyé à Carthage. Impressionné par le relèvement économique de Carthage, il adopta une attitude anti-carthaginoise systématique, et terminait tous ses discours au Sénat romain par la formule Delenda Carthago est (« Il faut détruire Carthage »). Il mourut en l’an 149 av. J.-C., à 85 ans, au déclenchement de la troisième guerre punique.
Caton s’appliqua aux sciences et aux lettres ; il excellait dans la jurisprudence aussi bien que dans l’agriculture ; il étudia jusque dans sa vieillesse et apprit, dit-on, le grec à 80 ans. Cependant il regardait comme dangereux certains arts de la Grèce, et il en empêcha l’introduction à Rome. On reproche à ce sage païen son goût pour le vin et son avarice.
Le drame se noue
Les Carthaginois ont développé la culture de la vigne et de l'olivier dans le but de cesser les importations du vin et de l'huile. Caton en mission d'inspection en Afrique en - 153 remarque ces progrès avec aigreur.
Le parti pro numide est réduit à l'impuissance par l'exil de ses chefs décidé par le "parti des populaires": Hamilcar le Samnite, Hasdrubal le Boetharque (commandant des troupes auxiliaires) et Carthalo.
Massinissa vient d'occuper la région de Dakhla (les Campi Magni) et dès - 154, Carthage commence à fabriquer des armes et à construire un nouveau port de guerre. Rome reste indifférente à ce manquement au traité de - 201. Les envoyés de Rome, en - 153, remarquent dans les arsenaux des stocks d'armes. Et en - 152, la commission romaine manque d'être massacrée par le peuple de Carthage.
En - 151 Caton réclame une déclaration de guerre en bonne et due forme. Mais Scipio Nausica obtient qu'une commission soit envoyée pour imposer le désarmement et qu'en cas de refus la guerre contre Carthage soit déclarée. Cette politique amenait à terme la guerre mais les événements d'Afrique vont fournir un autre prétexte. La pression de Massinissa autour de Carthage se fait de plus en plus forte et celle ci lui déclare la guerre en - 149. Elle arme 50 000 hommes et livre bataille au roi numide.
Cette armée carthaginoise est vaincue sous les yeux de Scipion Emilien en mission près de Massinissa. Carthage refusant de livrer les transfuges, la guerre continue et l'armée punique cernée, capitule en raison de la famine et est en partie massacrée. Les sénateurs de Carthage, pour amadouer Massinissa et en prévenant Rome de leur action, condamnent à mort Carthalo et Hasdrubal qui prend le maquis immédiatement.
Mais entre temps, à Rome, le parti de la guerre l'a emporté. Carthage a attaqué un allié de Rome en violation du traité de - 201. Au printemps, les consuls, Manilius et Censorinus sont chargés de conduire 4 légions et 50 quinquérèmes en Afrique et de détruire Carthage. Les Carthaginois envoient une ambassade à Rome. On lui répond que ce sont les consuls qui donneront les directives en Afrique. Ces derniers exigent d'abord la livraison de 300 otages issus des familles les plus nobles. Puis ils demandent la livraison de toutes les armes.
Pour éviter la guerre, Carthage accepte ces conditions et 200 000 armures, 2 000 catapultes et toute la flotte sont livrées aux consuls qui ont débarqués à Utique, cité qui a pris le parti de Rome. Après avoir désarmé son ennemie, les consuls rappellent les torts de Carthage et annoncent la dernière injonction du Sénat. « Allez et bâtissez une autre ville à 80 stades au moins de la mer. Nous avons l’ordre de détruire Carthage ! »
La Deuxième Guerre Punique (218-202)
Durant la première guerre punique, les Carthaginois se servaient d'armées composées principalement de mercenaires (contrairement aux Romains), dont ils réglaient le paiement après les guerres, qui avaient jusqu'alors presque toujours été des victoires puniques. Cependant, la première guerre punique fut une écrasante défaite carthaginoise, et les Romains leur avaient imposé un traité selon lequel Carthage se voyait obligé de verser l'énorme indemnité de guerre de 3200 talents. Le versement de cette amende provoqua une véritable crise économique dans la ville, et les dirigeants ne purent pas régler les mercenaires (près de 20 000 hommes) qui attendaient.
En - 241, Carthage a effectué une frappe de monnaie d'or pour payer une partie de ces primes. Carthage installe ces mercenaires dans la ville pour les faire patienter. Ils sont Celtes, Campaniens, Grecs, Ligures, Ibères, Baléares, et en majorité Africains. 20 000 hommes revendiquent leur complément de solde. Les Libyens réclament en outre la liberté et espèrent la création d'un état, par la guerre s'il le faut.
En - 240, pour rassurer les habitants, Carthage demande aux mercenaires de se rendre à Sicca (actuellement le Kef). Hannon est envoyé pour parlementer avec les agités, il est arrêté, n'ayant pas d'or dans ses bagages, c'est l'explosion. La révolte s'étend rapidement, chez les mercenaires, chez les Africains, et en Sardaigne où les officiers rencontrés sont mis à mort.
La Guerre Inexpiable
Des chefs sont vite désignés : Spendios pour les Campaniens, Autarite chez les Celtes et Matho pour les Africains. Ils rassemblent les insurgés et installent leur camp sur l'isthme entre Carthage et Tunes. Les Africains rejoignent les mercenaires et l'ensemble atteint 70 000 hommes. Utique et Hippone Zarite massacrent les soldats carthaginois qui s'y tiennent. En Corse et en Sardaigne, des scènes identiques se produisent. Hannon s'y rend et y est crucifié par ses troupes, Des insulaires font appel à Rome qui refuse. La riposte de Carthage est lente, Hannon le Grand recrute de nouveaux mercenaires et mobilise les citoyens, mais il se montre défaillant face aux troupes de Spendios qui assiègent Utique et subit une défaite.
Les classes populaires exigent le rappel d'Hamilcar Barca qui ne souhaite pas combattre ses anciens soldats. Mais les violences subies par les prisonniers carthaginois le font changer d'avis. Il est nommé commandant en chef et on lui confie 10 000 hommes et 70 éléphants. Pour marquer les esprits, il fait franchir à son armée 40 kilomètres pour rejoindre Utique par un chemin peu praticable. Bénéficiant de l'effet de surprise, il manoeuvre efficacement et massacre 6 000 mercenaires en écartant la menace d'un blocus maritime. Hamilcar incorpore dans l'armée tous les prisonniers qui se rallient et renvoie les autres dans leurs pays. Les chefs rebelles réagissent par la terreur et les sous-officiers survivants puniques et les autres prisonniers sont suppliciés.
Les oligarques carthaginois dénoncent les résultats funestes de la politique d'Hamilcar (défection de l'armée de Sardaigne, de Bizerte et d'Utique). Un blocage intervient dans le choix du stratège par les gérontes. Il faut recourir à l'arbitrage populaire qui choisit Hannibal, un parent d'Hamilcar. Le parti oligarchique conteste cette décision, mais le succès justifie ce coup d'Etat. Hamilcar remporte une première victoire à Bagradas, sur les rives de la Medjerda. L'armée est renforcée de Libyens fidèles. Hamilcar réussit à attirer le prince numide Naravas et peut utiliser ses 2 000 cavaliers, il remporte un deuxième combat. Rome soutient Carthage, le Sénat n'apprécie guère les insurrections. Rome autorise le recrutement de mercenaires en Italie et interdit de fournir de l'aide aux insurgés.
Giscon, un noble carthaginois, est envoyé en parlementaire, il est capturé et supplicié, les mains et les pieds tranchés, puis jeté vivant dans une fosse comme 7000 autres carthaginois. Hamilcar fait, en représailles, écraser les prisonniers qu'il détient par ses éléphants. Cette guerre mérite son nom d'inexpiable. Hamilcar bloque la troupe de Spendios dans un endroit appelé "la Scie" (le défilé de la Hache), affamés, les mercenaires mangent de la chair humaine. Spendios est crucifié et peu après Matho, qui a fait prisonnier et crucifié le général Hannibal vaincu. Les Libyens sont battus près de Leptiminus. Carthage agrandit son domaine africain.
La Révolution Barcide
Le parti oligarchique relève la tête et tente de traduire Hamilcar devant le tribunal des 104. Mais l'arrivée au pouvoir à Carthage d'hommes hostiles à Rome, a provoqué un changement de la politique "bienveillante" menée par le Sénat romain. Les Cornelii ont évincé les Fabii, et recommandent une politique d'expansion vers la Corse et la Sardaigne. Ainsi en - 238, le Sénat accepte l'offre des rebelles de Sardaigne qu'il a refusée précédemment. Une expédition romaine dirigée par le consul Tiberius Gracchus vient affirmer l'autorité de Rome.
Hasdrubal rassemble les artisans et les boutiquiers qui refusent de retomber sous l'autorité des oligarques. Hamilcar s'allie avec lui et lui offre sa fille en mariage. En - 237, le tribunal des 104 a perdu une grande partie de ses pouvoirs et l'assemblée populaire a vu ses compétences élargies. Hannon est destitué définitivement et les deux suffètes sont désignés démocratiquement.
Hamilcar décide d'envoyer des troupes en Sardaigne que les Romains n'ont pas encore investie et que les mercenaires révoltés ont abandonnée. Les magistrats des cités puniques l'administrent à nouveau avec les chef des tribus de l'intérieur. Ce geste est conforme au traité de Lutatius, en - 241. Mais le Sénat y voit un acte d'hostilité et déclare la guerre à Carthage. Hamilcar n'est pas prêt à faire la guerre et cède. A Carthage, le sentiment patriotique est exacerbé.
Une Conquête de la Péninsule Ibérique
En - 236, mécontent de la capitulation de - 241 et pour préparer la revanche, Hamilcar quitte Carthage pour l'Espagne, avec son gendre Hasdrubal et ses trois fils : Hannibal, Hasdrubal et Magon. Partant de la colonie phénicienne de Gadès (Cadix), il entreprend la conquête du sud de la péninsule ibérique. Cette région est riche : mines d'or d'argent et de cuivre, arrivée des routes de l'étain en provenance de Bretagne (Grande Bretagne). Le blé pousse en abondance en plaine, et plus important pour Hamilcar, on y trouve des chevaux et des hommes pour faire la guerre.
La conquête n'est pas aisée. Hamilcar soumet rapidement les Turdétans, habitants de la vallée du Guadalquivir mais, en - 235, il se heurte aux tribus celtibères occupant la Meseta qui attaquent la nouvelle province. Indortès, un roi celtibère est fait prisonnier alors qu'il attaquait les Carthaginois avec une armée de 50 000 soldats. Il est vaincu et torturé devant ses troupes puis mis en croix, en même temps, 10 000 prisonniers sont libérés pour se concilier ce peuple courageux.
Hamilcar s'efforce de conquérir des terres à l'ouest des colonnes d'Hercule, il soumet ainsi les Bastulo-Poeni, les Mastiens et plus au nord les Deilans. Puis il remonte vers le nord et sa progression est ralentie par la résistance des peuples ibères. En - 231, il installe son quartier général à Akra Leuké , près d'Alicante. Les Grecs de Catalogne s'inquiètent de cette avancée et leurs compatriotes de Massalia alertent les Romains. Une mission du sénat vient rendre une visite et Hamilcar la reçoit correctement en expliquant que son seul but était de fournir à Carthage les moyens de payer ses indemnités de guerre. Les Romains repartent satisfaits.
Hamilcar n'a jusqu'à présent conquis que les côtes, il décide de se porter au devant des tribus de l'intérieur en 2 colonnes, La première qu'il commande remonte le cours du Jucar et la seconde dirigée par Hasdrubal opérant plus au sud. Hamilcar doit affronter la levée en masse des Celtibères. Hamilcar trouve la mort durant ces opérations militaires en - 229 près d'Elche.
Hasdrubal est nommé successeur d'Hamilcar par Carthage, il est apprécié par ses hommes et utilise plus volontiers la diplomatie que la guerre. Il s'allie avec les chefs locaux et épouse la fille d'un roitelet ibérique. Il fait évoluer l'Espagne barcide vers une monarchie indépendante de Carthage et fonde sa capitale Carthagène. Son action diplomatique en Espagne du Nord, rassemble les tribus catalanes autour d'Indibilis et celles d' Aragon autour d'Edecon et ces deux personnages reconnaissent les Barcides comme suzerain. Vers - 226, il est forcé de signer une traité avec Rome lui interdisant de franchir l'Iber. Mais il poursuit un jeu subtil d'alliances avec les chefs Ibères. Les Gaulois se préparent à attaquer Rome.
Hannibal Barca
Le partisan d'un chef celte de la vallée du Tage supplicié par les Puniques, assassine Hasdrubal en - 221. L'armée choisit Hannibal, jeune homme de 26 ans pour général.
Buste d'Hannibal
Devant ce choix, Carthage s'incline. Si Hasdrubal pouvait envisager par la diplomatie, de conserver l'Etat barcide, Hannibal, tout comme Hamilcar, voyait en l'Espagne, uniquement une base capable de fournir les moyens de la revanche. Hannibal combat immédiatement les peuples indigènes en restant au sud de l'Iber, et soumet les Olcades et la tribu des Vacciens. Il passe l'hiver à Carthagène.
Source :
- http://pagesperso-orange.fr/miltiade/guerpunique.htm
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Deuxi%C3%A8me_guerre_punique
La Première Guerre Punique (264-241) : Un enjeu, la Sicile
Les deux puissances sont entrées en conflit pour la Sicile.
Carthage avait depuis plusieurs siècles des intérêts essentiels dans cette île : à plusieurs reprises, les Carthaginois avaient tenté de la subjuguer tout entière ; leurs efforts avaient échoué devant la résistance des Grecs maîtres de l'est de l'île et rassemblés par les souverains de Syracuse ; mais, depuis le début du IIIe siècle, Syracuse n'échappait pas à la dégénérescence générale de l'hellénisme occidental, et Carthage exerçait sur l'ensemble de l'île une hégémonie de fait. Il est donc normal que la république punique ait défendu son bien.
L'intervention de Rome au-delà du détroit de Messine paraît à première vue plutôt paradoxale. Certes, la guerre contre Pyrrhos (278-276) lui avait permis d'achever l'unité de l'Italie en soumettant les villes grecques du Sud. Mais l'organisation qu'elle avait bâtie, appelée confédération italique bien qu'elle ne possédât pas d'organes communautaires et que chacun des participants non romains fût lié à Rome par un accord individuel, ne paraît pas, à la majorité des historiens modernes, avoir eu de vocation impérialiste.
On insiste en particulier sur le caractère très primitif de l'économie du territoire romain proprement dit, qui coupe en deux la Péninsule en son milieu, de la mer Tyrrhénienne à l'Adriatique : c'est une économie essentiellement paysanne, qui vient de découvrir la monnaie sous une forme particulièrement incommode, celle de l'aes grave . On insiste également sur l'absence complète de marine, l'inexistence de relations diplomatiques avec l'outre-mer. Rome se serait trouvée attirée en Sicile par un enchaînement de circonstances et d'incidents mineurs et aurait en quelque sorte conquis l'île malgré elle, sans en avoir une conscience très nette, par le seul poids de son énorme force militaire ; les premières réactions des Puniques, consistant en raids de corsaires sur les côtes italiennes, auraient amené les sénateurs à surestimer la puissance de Carthage et à y voir un danger, en fait inexistant, pour la sécurité de l'Italie. Telle est la thèse développée notamment, en 1949, par l'historien allemand A. Heuss.
Depuis lors cependant, une autre interprétation tend à s'imposer, qui trouve son origine dans les recherches de J. Heurgon, publiées en 1942, sur les rapports de Rome et de Capoue : elles font apparaître que le point de départ de l'impérialisme romain a été la conclusion, vers le milieu du IVe siècle avant J.-C., d'une union politique entre Rome et la Campanie, qui a donné naissance, dans les premiers temps, à un « État romano-campanien » où les deux partenaires se trouvaient sur pied d'égalité. Or, si Rome demeurait économiquement arriérée, la Campanie, et en particulier Capoue, était l'un des principaux centres industriels et commerciaux de la Méditerranée. Des liens étroits s'étaient formés entre les classes dirigeantes de Rome et de Capoue, des Campaniens venant siéger au Sénat romain, et des familles romaines, comme les Claudii, s'engageant dans les affaires du Sud.
L'image de la société romaine, au début du IIIe siècle, apparaît ainsi beaucoup plus complexe qu'on ne le croyait, comme l'a montré, en 1962, F. Cassola : si certaines familles nobles, comme les Fabii, demeuraient attachées à une politique exclusivement terrienne, d'autres montraient un esprit plus ouvert et plus hardi. On constate d'autre part que les Osques, qui constituaient le fond de la population campanienne, avaient entrepris dès le IVe siècle la conquête de la Sicile, en s'y infiltrant comme mercenaires. Vers 285, une de leurs bandes s'était emparée de Messine. Or, c'est à l'appel de ces Mamertins que les Romains interviendront dans l'île. Il est donc vraisemblable que la conquête de la Sicile a été décidée par le parti qui, dans le Sénat romain, soutenait les intérêts des Campaniens ; elle fut commencée par un consul qui appartenait à la famille des Claudii, la plus importante de ce parti, alors que la principale famille du parti adverse, celle des Fabii, connaissait une éclipse.
L'Intervention romaine
La partie qui s'engage alors (264 av. J.-C.) met en présence quatre joueurs : outre Carthage et Rome, les Mamertins et les Grecs de Sicile orientale, rassemblés par un général habile, Hiéron, qui ne tardera pas à se proclamer roi à Syracuse.
La situation a changé en Sicile depuis le départ de Pyrrhus. En - 289, les Mamertins, des mercenaires osques à la solde d'Agathocle, s'emparent de la ville grecque de Messine et forment rapidement une menace pour toute la pointe nord-est de l'île par leurs brigandages. Les Grecs de Syracuse se dotent d'un chef efficace, Hiéron. En - 269, une bataille les oppose près du fleuve Longanus, les Mamertins sont vaincus et bloqués dans Messine.
Ces derniers appellent à leur secours, la flotte carthaginoise des îles Lipari et Rome à la fois. Le général Hannibal (nom commun chez les Carthaginois), est envoyé en Sicile et, en accord avec Hiéron, installe une garnison punique dans la citadelle de Messine. Les Romains discutent et se décident à intervenir avec un but limité : pour rendre Messine aux Mamertins. Le consul Appius Claudius, envoyé à Rhegion tente de négocier mais la rencontre avec le méprisant Hannon qui a remplacé Hannibal ne donne rien.
Le premier essai d'Appius Claudius, de venir en Sicile avec des troupes, est intercepté par la flotte punique qui reconduit les Romains au rivage. Mais, grâce à leurs alliés marins, Claudius débarque en Sicile, c'est une première pour les Romains. Les Mamertins ont déjà chassé les Carthaginois et une garnison romaine s'installe à Messine. Les légionnaires repoussent les forces puniques mais sont bientôt assiégés dans cette ville par les troupes de Carthage et de Syracuse alliées. En - 263, 2 consuls débarquent 4 légions et les alliés, c'est une force inhabituelle. Marcus Valerius repousse les Carthaginois assiégeants Messine puis marche contre Syracuse. Hiéron se soumet, livre du blé, des machines de guerre et paie une indemnité alors Rome lui octroie le titre d'allié et ami du peuple romain.
En Sicile, la guerre continue. Les troupes puniques rassemblées à Lilybée et Agrigente, lancent des raids en Sicile. Hannon ravage les côtes italiennes pour détourner les Romains de la Sicile, mais Rome ne se sent pas menacée. A Agrigente, un général Hannibal dispose de nouveaux mercenaires Ibères, Ligures et Gaulois. Les Romains traversent la Sicile et assiègent la ville malgré la venue d'Hannon et d'une armée de renfort qui assiège à leur tour les Romains. Mais Hannon est battu en rase campagne et Hannibal s'enfuit en abandonnant la ville. Agrigente est prise en - 261 et mise à sac. Tous les survivants sont vendus.
Ruine du port de Carthage
un des emplacements du Cothon pouvant recevoir une galère
Les débuts de la marine romaine
Les Romains incitent les marins de la Grande Grèce à pirater la flotte de commerce punique.
En - 262 et - 261, les représailles puniques sur les rivages italiens vont faire échouer cette tentative. Mais cela décide Rome à construire une flotte de guerre. 20 trirèmes et 100 quinquérèmes sont commandées aux arsenaux alliés, surtout Tarente, Locus Velie et Naples. L'éloignement de ces ports ne favorise pas la concentration des navires tant que Carthage tient les Îles Lipari. En - 260, le consul Cneius Cornelius Scipio tente de faire main basse sur les îles Lipari et attaque avec les premiers vaisseaux disponibles, 17 en tout, pensant qu'il ne reste que les forces puniques de Sicile, le gros de la flotte ennemie restant en protection de la Flotte d'Argent. Le consul débarque et la nuit, est surpris par l'attaque de 20 galères puniques qui le capturent avec sa flotte. Il gagne le surnom d'Asina, l'ânesse !
C'est à ce moment qu'apparaît l'amiral Gaius Duilius qu'on crédite de l'invention du corvus (corbeau), sorte de pont d'assaut coulissant le long d'un mât à la proue du navire au moyen d'une poulie et terminé par un croc en fer permettant la fixation sur le bateau ennemi. A la bataille de Myles, Duilius affronte avec 143 navires, Hannibal qui dispose de 130 bateaux plus manoeuvrants. Les corbeaux sont efficaces et immobilisent les galères puniques, tandis que les légionnaires les "chargent". Les Carthaginois fuient et laissent 31 bateaux capturés tandis que 14 sont coulés.
Trirème romaine
La flotte romaine éprouvée rentre à Messine et cesse toute mission pour la saison mais les Romains "ont osé se laver les mains dans la mer". Le Sénat offre à Duilius un triomphe exceptionnel.
Source :
- http://pagesperso-orange.fr/miltiade/guerpunique.htm
- http://membres.lycos.fr/majed/tunisie/histoire/gpunique/gpunique.html
Les Différentes Populations de l'Italie
Au deuxième millénaire, différentes populations habitent l'Italie.
Les migrations indo-européennes sont venues en deux étapes, les proto-latins en provenance d'Illyrie puis les Italiques qui construisent des cabanes sur pilotis construits sur des rivages abandonné par le retrait des eaux, à la suite d'une baisse de niveau, appelées palafittes, ou sur des marécages, les terramare.
Des populations plus anciennes demeurent, comme les Ligures et les Étrusques.
En Sardaigne, les populations augmentées des rescapés des Peuples de la Mer, construisent des forteresses en forme de tours en tronc de cône, appelées Nuraghi.
A la fin du deuxième millénaire, des populations venant de la proximité de la Mer Noire, s'installent par vagues successives, dans la région de Felsina (Bologne). Cette civilisation villanovienne se répand à l'est, vers Rimini et la mer Adriatique et au sud, en Emilie, dans l'Ombrie et en Toscane. La population se sédentarise et les habitats se fortifient.
Au delà du Tibre, une civilisation proto-latine ou latiale, est installée sur les collines de ce qui deviendra Rome. Conformément à la tradition, c'est un peuple de pasteurs, vivant en habitat dispersé, sans aucune unité politique, souvent en lutte interne, le vol de bétail est une cause récurrente de conflits.

L'Italie des origines
A. L'Italie Septentrionale
Les Celtes
Au commencement du VIe siècle, les Celtes (Gaulois) passent les Alpes. Leur grand chef aurait été un Biturige, Bellovèse; on évalue leur nombre à 300 000. Ils défirent les Étrusques sur les bords du Tésin et leur enlevèrent la rive septentrionale du Pô; les Insubres s'y établirent entre le Tésin et l'Adda.
Puis vinrent les Cénomans qui s'établirent entre l'Adda et l'Adige; les Boïes qui franchirent le fleuve et s'étendirent de la Trebbia au Reno; les Lingons, du Reno à la mer. Les cités étrusques succombèrent les unes après les autres; un dernier flot amena les Sénons qui détruisirent Melpum (396) et prirent pied le long de l'Adriatique entre le Rubicon et Ancône. Les Rasenas se retirèrent au Sud de l'Apennin, d'autres en Rhétie; leur civilisation disparut de la plaine septentrionale, où seule l'imprenable Mantoue en conserva quelque chose.
Ils fournirent des mercenaires à quiconque les payait. Ils n'achevèrent même pas la conquête de l'Italie septentrionale. A côté d'eux subsistèrent à l'Ouest les Ligures, à l'Est les Vénètes.
Les Ligures
Les Ligures, dont on ignore l'origine, qu'on a rapprochés des Ibères, mais dont l'origine est controversée, occupaient les montagnes riveraines de la Méditerranée, depuis le Rhône jusqu'au Pô et à l'Arno; ils peuplaient aussi la Corse. Ils auraient refoulé vers le Sud les Sicanes à une époque très ancienne. Eux-mêmes se seraient vu enlever la région entre l'Arno et la Macra par les Étrusques, mais plus tard la reprirent jusqu'aux portes de Pise.
Ils se divisaient en une foule de petites tribus parmi lesquelles nous citerons de l'Est à l'Ouest en Italie, le long de la mer, les Apuans, Ilvates, Ingaunes, Intéméliens; dans l'intérieur, les Celelates, Statielles, Bagielles (sur le Tanaro), plus au Nord les Taurins sur le Pô, dans la région où leur nom est resté à Turin. Dans les gorges inaccessibles de l'Apennin, les Ligures, émiettés en autant de petits États qu'ils avaient de vallées, conservèrent leurs moeurs rustiques et leur énergie indomptable : « Point de villes, si ce n'est Gênes, leur marché commun. Peu de peuples eurent une telle réputation d'activité laborieuse, de sobriété, de vaillance. »
Il fallut quarante ans aux Romains pour en venir à bout, et ils n'y réussirent qu'en transplantant au loin les plus réfractaires.
Les Vénètes
A l'Est de l'Adige, les Vénètes occupaient depuis un temps immémorial le pays où vivent encore leurs descendants. Ils paraissent avoir refoulé dans la montagne les Euganéens, desquels nous ne savons d'ailleurs absolument rien.
Nous ne sommes guère mieux renseignés sur les Vénètes qu'on a rapprochés tour à tour de leurs homonymes gaulois, des Vendes slaves des bords de la Baltique, des Hénètes de Paphlagonie. Il paraît vraisemblable qu'ils se rapprochaient plutôt des Illyriens. Ils avaient apparemment une civilisation moins fruste que celle des Celtes contre lesquels ils guerroyaient sans cesse; ils combattaient aussi au Nord les Carnes, qui peuplaient les Alpes dites aujourd'hui Carniques, et à l'Est les Istriens et Liburnes, deux populations illyriennes. Alliés à Rome contre leurs ennemis les Gaulois, ils acceptèrent son hégémonie sans résistance et ne se rebellèrent jamais.
Leur capitale était, dit-on, Patavium (Padoue), la plus belle de leurs cinquante villes.
B. La Sicile et Grande Grèce
L'implantation grecque en Italie méridionale et en Sicile est le fruit d'un vaste mouvement de colonisation, qui est d'abord le fait des habitants de l'Eubée.
Dès le VIIIe siècle, des navigateurs des cités éoliennes et ioniennes se présentent aux abords des côtes d'Italie et la plus ancienne colonie est l'île d'Ischia puis Cymé (Cumes) Il y a d'autres colonies ioniennes, Rhegion, Catane et Himère. Les Chalcidiens fondèrent Naxos (735).
Ensuite viennent les Achéens avec les cités de Siris et Sybaris avec ses colonies : Crotone, Posidonie, Caulonia et Laos.
Enfin, les Doriens vinrent et fondèrent Tarente et son précieux port et Hydrus qui commande l'entrée dans la Mer Adriatique. Des tentatives d'installation vers le Nord (île d'Elbe et Populonia), échouent devant la détermination des Étrusques. Les Corinthiens fondèrent Syracuse (734).
Ces colons grecs éliminent les comptoirs phéniciens. A partir du VI e siècle av. J.-C., les côtes de l'Italie du Sud et de la Sicile sont bordées de cités grecques peuplées et industrieuses, tirant profit de la richesse du sol alluvial des plaines côtières; elles attirent une nombreuse émigration grecque, qui peut y pratiquer les mêmes cultures que dans son pays d'origine.

En Sicile, les Grecs trouvèrent trois peuples les Sicules, les Sicanes et les Elymes. Les colonies prospérèrent rapidement; la côte orientale et méridionale de l'île fut donc entièrement peuplée de Grecs. Les indigènes restèrent à demi indépendants dans l'intérieur. Les tyrans d'Agrigente, puis ceux de Gela et de Syracuse acquirent l'hégémonie de la plus grande partie de l'île; à partir du Ve siècle, l'histoire de celle-ci se confond avec celle de Syracuse.
Dans la péninsule, les colons grecs abordèrent dès le XIe siècle; si l'on admet du moins que Cumes fut fondée en Campanie par des Ioniens d'Eubée vers l'an 1050 av. J.-C.; elle forma, avec ses colonies de Naples (Neapolis) et Dicaearchia (Pouzzoles), un groupe à part qui exerça une influence considérable sur les Italiens, mais eut peu de rapports avec les colonies grecques ultérieures. Celles-ci remontent à la seconde moitié du VIIIe siècle. Les Achéens ouvrirent la voie, fondant Sybaris vers 720 et Crotone en 710 av. J.-C. Ces deux cités devinrent les plus puissantes de toutes. En face de leur rivale Tarente, fondée par les Spartiates (708), elles créèrent Métaponte (entre 700 et 680); à l'Ouest de celle-ci les Ioniens fondèrent Siris (vers 680); vers l'extrémité de la presqu'île s'éleva Lucres Epizéphyrienne (710), colonie des Locriens. Sur le détroit existait depuis un certain temps Rhegium, colonie chalcidienne; plus tard, les Ioniens d'Asie fondèrent sur le rivage tyrrhénien Velia ou Élée (vers 540).
C. La Péninsule
Dans la péninsule, les Grecs avaient rencontré un grand nombre de peuples dont plusieurs ne sont guère connus que par leur nom. On peut les répartir en quelques groupes ethniques : Italiotes (comprenant les Osques, Sabelliens et Ombriens), Illyriens, Étrusques.
Les Sabelliens
Les Sabelliens représentent la fraction la plus belliqueuse des Italiotes : celle qui s'agrandit aux dépens des autres dans la période précédant la conquête romaine. On s'accorde à dire que le peuple primitif, duquel dériveraient les autres, serait celui des Sabins.
Ils formaient avec les Sabins le groupe sabellien septentrional.
Au Sud de celui-ci s'étaient épanchés sur l'Apennin méridional d'autres peuples de même famille : les vaillants Samnites, confédération de quatre tribus : Caracéniens sur le haut Sangro (Sagrus); Pentriens entre les monts Matese et Montauro; Caudiniens dans la région de Bénévent; Hirpins aux sources du Calore.
A l'Est du Samniurn, les Frentans, le long de l'Adriatique, entre le Sangro et Fortore.
au Sud, les Lucaniens, par delà le Silarus (Sele), complètent le groupe sabellien méridional.
Sa grande période d'extension fut le Ve et le IVe siècle, lorsque les Samnites conquirent la Campanie, et les Lucaniens le pays entre le Silarus et le golfe de Tarente, auquel leur nom est resté durant toute l'Antiquité.
Les Ombriens
Les Ombriens s'étendaient au Nord des Osques et des Sabelliens. Il semble que les Ombriens aient constitué une nation homogène à laquelle appartint à une époque reculée la domination de l'Italie centrale et même septentrionale. Ils partageaient celle-ci avec les Ligures.
Ils furent refoulés par les Étrusques ou Rasenas; ceux-ci leur enlevèrent le bassin du Pô, puis les plaines ondulées de la Toscane où l'Ombrone conserve le nom des anciens maîtres du pays. Les Ombriens ne se maintinrent que dans la montagne, dans le bassin du Tibre.
A l'époque historique, ils furent encore amoindris par l'invasion gauloise qui leur enleva la bande côtière entre le Rubicon et l'Ésino (Aesis).
Les Étrusques
Les Latins, les Ombriens subissaient leur ascendant. On ne peut méconnaître l'énorme influence exercée par les Étrusques sur les peuples voisins et en particulier sur les Romains. Ils ont fourni à L'État romain et à l'esprit romain plusieurs de leurs caractères essentiels. Leur puissance fut brisée par les Gaulois et les Grecs. Les coups mortels leur furent portés par les Celtes.
Source :
- http://perso.orange.fr/miltiade/italie-des-origines.htm
- http://www.cosmovisions.com/ChronoItalieAntique.htm
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