Igor Brevnjovski : Chronique d'un homme en exil

Homo Neandertalensis et Homo Sapiens

Homo neanderthalensis était différent d'Homo sapiens mais pas plus rustre, animal ou primitif... juste différent !


Comparaison du crâne et du squelette

La face de neandertal est particulière avec un grand nez saillant et de larges sinus.

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Le crâne comparé de sapiens et de neandertal

A première vue les squelettes de sapiens et de neandertal sont relativement semblables. Si la taille est le premier élément différenciant il existe pourtant de nombreuses différences anatomiques. Globalement Homo neandertalensis est plus trapu qu'Homo sapiens, il posséde également des articulations plus massives et des insertions musculaires plus fortes... Les différences physiques entre les mâles et les femelles de l'espèce Homo neandertalensis étant peu prononcées il y avait un faible dismorphisme sexuel.

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Le squelette comparé de sapiens et de neandertal


Utilisation de l'ADN mitochondrial

L'ADN des mitochondries, organites du milieu cellulaire a l'avantage d'être présent en de multiples exemplaires dans une même cellule et de contenir chacun de nombreuses molécules d'ADN similaires ; alors qu'on ne trouve qu'un seul noyau par cellule, et que ce dernier ne contient qu'un unique exemplaire de chaque ADN paternel et maternel.

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Les diverses études menées sur les régions hypervariables de la boucle D de l'ADN mitochondrial convergent toutes vers la même conclusion : Il n'y a probablement pas eu de mélanges génétiques entre Homo sapiens et Homo neanderthalensis. L'hypothèse selon laquelle ces individus correspondent bien à deux espèces humaines distinctes est ainsi confortée. De plus, de tels résultats confortent la théorie dite "Out of Africa", selon laquelle l'Homme moderne serait apparu en Afrique, puis aurait migré vers le reste de la planète (au contraire des autres modèles, proposant une apparition multiple et locale de l'Homme moderne).

  1. Toutefois la prudence s'impose, car ces séquences hypervariables, longues d'à peine quelques centaines de nucléotides, ne peuvent raconter la même histoire que celle de l'ADN du noyau, riche de ses trois milliards de nucléotides. Les mitochondries ne se transmettant que par les mères, ces études sur l'ADN mitochondrial suggèrent qu'il n'y aurait pas de femmes de Néanderthal parmi nos ancêtres ; à cette restriction près, apportée par de récentes études, qu'il existe de rares transmissions paternelles des mitochondries.

  2. Une autre limite importante de ces résultats est le très faible nombre d'échantillons fossiles utilisés. Seuls quelques Hommes de Néanderthal et quelques Hommes de Cro-Magnon ont en effet été analysés. Et il n'est pas impossible que ce faible échantillonnage ait entraîné un biais, non détecté encore...

  3. De plus, il est à noter que les ADN extraits de ces fossiles peuvent très bien avoir subi des mutations au cours des milliers d'années qui se sont écoulées. Toutefois, la très forte homologie entre les Cro-Magnons étudiés et les Hommes actuels, de même que la similarité des résultats entre des Néanderthals issus de différents sites, suggèrent que, au moins pour ces durées de conservation et ces séquences, ce phénomène reste négligeable.

Ainsi, même si le modèle le plus probable aujourd'hui paraît être celui d'une colonisation de la planête par des Homo sapiens issus d'Afrique, remplaçant les Homo neanderthalensis sans mélanges génétiques, il n'est pas possible à l'heure actuelle d'apporter une réponse définitive à cette question...


La théorie de la spéciation

Les néandertaliens ont une aire de répartition qui s’étend de l’Europe de l’ouest jusqu’en Asie centrale et au Proche-Orient :

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Aire de répartition

Cependant, sur cette vaste aire de répartition, les néandertaliens ne forment pas une population homogène pour de nombreux caractères.

  1. Les différences morphologiques atteignent une telle amplitude entre l’Europe occidentale et le Proche-Orient, que certains auteurs et non des moindre refusent même le terme de Néanderthal pour les individus du Proche-Orient tels que Kebara, Amud, Shanidar, … (habituellement considérés comme néandertaliens). Ces auteurs considèrent que la morphologie de ces derniers est suffisamment proche de celle des hommes modernes archaïques présents au Levant, comme Qafzeh ou Sküll, pour ne plus les considérer comme des néandertaliens, mais bien comme des hommes modernes archaïques. Cette conception entraîne implicitement que les premiers hommes modernes présentaient une variabilité morphologie très importante, plus que celle qui existe aujourd’hui.

  2. Par ailleurs, en Europe centrale, on constate que les populations néandertaliennes présentent une morphologie intermédiaire entre celles observées chez les individus plus occidentaux, comme la Ferrassie ou La Chapelle-aux-Saints, et ceux du Proche-Orient. Cette variation de caractères s’observe sur toute les parties du squelette, aussi bien crânien que post-crânien.

  3. En outre, de nombreux caractères présents chez les néandertaliens se retrouvent dans les premières populations d’homme moderne en Europe centrale et au Proche-Orient mais jamais dans celles d’Europe occidentale. En d’autres termes, en Europe occidentale, la transition entre néandertaliens et homme moderne est brutale et non transitoire contrairement à l’Europe centrale.

Dès lors, une hypothèse est que lorsque l’homme moderne arrive en Europe il y a 40 000 ans via le Levant, il rencontre, au fur et à mesure de sa remontée vers l’ouest, des populations autochtones présentant des caractères néandertaliens de plus en plus prononcés (cette population ayant développé, au cours du temps, une différentiation morphologique selon un gradient Est/Ouest, bien que les populations la constituant soient liées par un flux génique), associés à une diminution, jusqu’à l’arrêt, des possibilités de métissage. Ainsi, l’hybridation était encore possible en Europe centrale et au Proche-Orient, comme l’atteste la présence de caractères néandertaliens dans les populations post-néandertaliennes de ces régions, alors qu’il ne l’était plus en Europe occidentale.

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Dans le cas de l’hypothèse de la spéciation par distance des néandertaliens, les populations du Proche-Orient ne présentaient aucun isolement reproducteur avec l’homme moderne. Au contraire, l’absence de caractères néandertaliens dans les premières populations modernes d’Europe occidentale traduit un isolement reproducteur important. Cependant, cet isolement n’était peut-être pas total. En effet, l’isolement reproducteur peut être pre* ou post-zygotique*. Dans le premier cas, il est total, mais dans le second il peut ne pas être total et les hybrides peuvent alors exister mais présenter une très faible fitness*, voir être stériles.

L’hypothèse de spéciation par distance considère les néandertaliens du Proche-Orient non comme le résultat d’une migration vers l’Est mais bien comme appartenant à un même continuum populationel dans le temps et l’espace. Cette interprétation permet d’expliquer pourquoi les néandertaliens du Levant présentent autant de différences par rapport à ceux d’Europe occidentale. Cette interprétation est aussi plus cohérente avec les connaissances archéologiques (comme par exemple l’absence d’intrusion culturelle européenne parmi les technologies du Levant), que la notion de migration des néanderthaliens vers le Proche-Orient.

Source :
- http://www.hominides.com/html/dossiers/neandertal-sapiens-comparer-comparaison.html
- http://www.scienceshumaines.com/-0ales-multiples-origines-des-cultures-modernes-0a_fr_11640.html
- http://www.snv.jussieu.fr/vie/documents/adnancient/adnmt.htm
- http://www.hominides.com/html/art/art.html
- http://www.hominides.com/html/references/neandertal-homo-sapiens-speciation-distance.html

Posté par Silverside le 06.04.08 à 19:48 - Commentaires (0) - Chronologie

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