Igor Brevnjovski : Chronique d'un homme en exil

Les Lois de l'Ancien Orient (I) : Le Code d'Hammurabi

J'avais envie d'écrire un long texte de présentation du Code d'Hammurabi et de ses nombreux articles (282 articles). Je vais me contenter, dans un premier temps, d'une image et de quelques phrases.

CodeHammurabi

Le Code d'Hammurabi (Musée du Louvre)

Le texte, réparti en cases, comprend 282 articles de justice qui concernent les principaux aspects de la vie sociale. Plus que de lois, il s’agit de sentences sur des cas exemplaires portés en dernier recours devant le roi.

L’exposition des cas est précédée d’un prologue, sorte de testament politique énoncé par Hammurabi, le fondateur de la puissance babylonienne. On y voit les grands dieux, qui ont accordé la prépondérance à Babylone, appeler Hammurabi sur le trône "pour proclamer le droit dans le pays, pour éliminer le mauvais et le pervers, pour que le fort n’opprime pas le faible".

Les différents "articles" régissent notamment :

  1. la hiérarchisation de la société : trois groupes existent, les hommes libres, les subalternes et les esclaves

  2. la protection sociale : un esclave ne doit en aucun cas être séparé de sa femme et de ses jeunes enfants

  3. les prix : les honoraires des médecins varient selon que les soins donnés s'adressent à un homme libre ou à un esclave

  4. les salaires : ils varient selon la nature des travaux réalisés

  5. la responsabilité professionnelle : un architecte qui a réalisé une maison qui s'est effondrée sur ses occupants et ayant causé leur mort, est condamné à la peine de mort

  6. le fonctionnement judiciaire : la justice est rendue par des tribunaux et il est possible de faire appel auprès du roi, les décisions doivent être écrites

  7. les peines : toute une échelle des peines est inscrite suivant les délits et crimes commis. La Loi du Talion est la base de cette échelle.

Les sentences ont toutes été écrites selon un même schéma : si un homme fait telle action, alors il en résultera telle conséquence. Parmi les grands thèmes abordés, on trouve le faux témoignage, le vol, le travail agricole, le commerce, les dépôts et gages, la famille, le mariage, les enfants, les coups et blessures et des professions très spécifiques, comme les médecins, etc. Le souverain se veut le défenseur du faible contre le fort, le protecteur de l’orphelin et de la veuve.

L’inscription s’achève par des incantations aux grandes divinités afin qu’elles protègent ceux qui respecteront le droit ainsi établi et qu’elles punissent ceux qui le bafoueraient.

Deux liens intéressants : Wikipedia et surtout Le Louvre

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Une lecture que j'ai faite ces derniers jours sur le Deutéronome, dernier livre du Pentateuque (la Tora de la Bible), évoque le Code d'Hammurabi.

Il existait en effet, dans l'antiquité, des « formulaires d'alliance », qui suivaient fondamentalement deux modèles : celui des Traités hittites et celui des Traités araméens et assyriens. Par exemple, les Traités hittites utilisaient, en général, un schéma en six points :

  1. Préambule : on indique les noms et les titres du souverain.

  2. Prologue historique : le souverain rappelle à son vassal les événéments historiques antérieurs au pacte, les bienfaits accordés, afin de justifier les conditions de ce pacte.

  3. Clauses générale de base, se rapportant à la fidélité qui doit régir les relations entre les signataires, et série détaillée des dispositions spécifiques.

  4. Document du pacte : sa conservation et sa lecture à date fixes.

  5. Témoins : on prend les dieux pour témoins et garants du pacte.

  6. Malédictions et bénédictions, selon que ce qui est stipulé est accompli ou non.

Alors, le Deutéronome est plus proche de la structure des Codes législatifs orientaux que des traités d'alliance, et donc du Code d'Hammurabi. Ce dernier comporte trois parties : (a) un prologue, comparable à l'introduction primitive du Deutéronome (Dt 6,4 à 9,7 ; 10,12 à 11,25), (b) une collection de lois, la partie la plus vaste du document, comparable sans nul doute au corpus législatif du Deutéronome (ch 12-25), (c) un épilogue, avec bénédictions et malédictions, que l'on peut confronter au noyau primitif des ch.26-28.

Source : « Cahiers Évangile » - Lois de l'ancien orient (Editions du Cerf)

Posté par Silverside le 08.04.07 à 18:00 - Commentaires (0) - Lois de l'Ancien Orient

Les Lois de l'Ancien Orient (II) : Premiers Recueil

Le Code d'Hammurabi est l'une des plus anciennes lois écrites trouvées : la stèle du Code d'Hammurabi dont on dispose fut gravée dans un bloc de basalte et fut placé dans le temple de Sippar. Plusieurs autres exemplaires similaires furent vraisemblablement placés à travers tout le royaume. Cela avait pour but de faire connaître l'autorité et la sagesse de Hammurabi sur l'ensemble du territoire qu'il dirigeait.

Mais Hammurabi n'a pas été le seul à publier des lois ; d'autres l'ont fait avant et d'autres le firent après lui : les lois dites d'Ur-Nammu, les lois de Lipit-Ishtar, les lois d'Eshnunna, les lois assyriennes, les lois hittites.

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Les lois dites d'Ur-Nammu (en sumérien) : ces lois ont été attribuées à Ur-Nammu (2111-2094), fondateur de la troisième dynastie d'Ur. Son nom figure dans le prologue, mais pas en tant que nom de l'auteur, plutôt comme celui de l'ancêtre de l'auteur véritable que l'on pense être Shulgi, son fils et successeur.

- Ur a été fondée au IVè millénaire dans l'extrême sud mésopotamien, - elle était alors située très près de la mer -, par des gens colons du nord, à la période d'Obeid. A l'époque de l'Empire d'Akkad, Ur participe à des révoltes contre l'autorité des souverains akkadiens, qui seront toutes matées brutalement, la ville subissant de plein fouet la répression.

- L'Empire d'Akkad détruit par les barbares Gutis, qui dominent à partir de ce moment le pays de Sumer et d'Akkad, le roi d'Uruk, Utu-hegal, défait Tiriqan le roi des Gutis et peut alors exercer sa souveraineté sur le sud mésopotamien. En 2113, il est détrôné par des notables de la cour, à la tête desquels se trouve Ur-Nammu, gouverneur d'Ur, qui prend le pouvoir et transfère la capitale dans sa ville.

CarteMesopotamie

Carte de la Mésopotamie (Carte Hachette - www.memo.fr)

Les lois de Lipit-Ishtar (en sumérien) : le prologue du recueil en attribue explicitement le contenu à Lipit-Ishtar (1934-1924), cinquième roi de la dynastie de la vie d'Isin.

- La ville d'Isin a pris de l’importance à la période de la Troisième dynastie d’Ur : Ishbi-Erra, profitant de la présence de nomades qui limite les possibilités d'intervention armée du roi d'Ur, avait fait sécession. Ishbi-Erra réussit a maintenir son pouvoir à Isin après la chute d'Ur, et reprend cette ville après huit ans de domination élamite.

- Ses successeurs sont Shu-ilishu (1984-1975), - qui restaure Ur au cours de son règne - , Iddin-Dagan (1974-1954) , Ishme-Dagan (1953-1935), et Lipit-Ishtar (1934-1924). C'est alors l'apogée d'Isin : la cité de Larsa va alors devenir une menace sérieuse pour Isin et finira par prendre le dessus.
   

Les lois d'Eshnunna (en akkadien) : sur l'une des tablettes où sont inscrites ces lois, on peut restituer avec vraisemblance le nom du roi Dadousha, contemporain d'Hammurabi.

- A l'époque de la domination de Larsa, le royaume d'Eshnunna - au nord, dans la vallée de la Diyala -, s'empare de toutes les principautés voisines à partir du règne d'Ipiq-Adad, et devient une grande puissance politique.

- L'Elamite Siwe-palar-huhpak, s'alliant à Zimri-Lîm (roi de Mari) et Hammurabi (roi de Babylone) attaquera Eshnunna : la ville est prise en 1765. Siwe-palar-huhpak ne s'arrête pas là, et s'empare des territoires d'Eshnunna.
   

Les lois de Hammurabi (en akkadien) : son oeuvre législative l'emporte par son ampleur sur celles qui ont précédé la sienne. (en akkadien) : sur l'une des tablettes où sont inscrites ces lois, on peut restituer avec vraisemblance le nom du roi Dadousha, contemporain d'Hammurabi.

- Babylone est attestée pour la première fois dans les textes de la IIIè Dynastie d'Ur en tant que ville contribuant au trésor royal. Elle était cependant un ensemble suffisament important pour nécessiter la présence d'un administrateur de province à sa tête. Après l'effondrement du grand Empire sumérien, des chefs de tributs amorrites s'emparent de la cité au début du IIè millénaire, et y fondent la Ière Dynastie. Les premiers souverains sont Sumu-abum (1894–1881), Sumu-le-El (1880–1845), Sabium (1845-1831), Apil-Sîn (1831-1813), Sîn-muballit (1812-1792).

- Sous le règne d'Hammourabi (1792-1750), Babylone devient la plus grande puissance politique de Mésopotamie. C'est à ce moment que la ville capte à son seul profit, outre le rôle de capitale politique, la fonction de capitale religieuse, unique résidence du dieu Mardouk roi des dieux du panthéon mésopotamien. L'empire d'Hammourabi assure ainsi la synthèse entre les traditions culturelles et religieuses des capitales de Sumer et d'Akkad qui avaient dominé la Mésopotamie au IIIe millénaire av. J.-C. et celles des bédouins amorrites.
   

Les lois assyriennes (en akkadien) : les tablettes sur lesquelles sont inscrites ces lois ont été trouvées à Assur, l'ancienne capitale assyrienne. Ce sont des compilations, faites au temps de Téglat-Phalasar Ier, de textes législatifs.
   

Les lois hittites (en indo-européen) : les tablettes de ces lois ont été retrouvé à Hattousha, l'ancienne capitale hittite : les plus anciennes, qui reprennent un texte antérieur, sont du 16e siècle avant J.C., l'emplaire le plus important étant d'environ 1400.

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Que peut-on dire de ces recueils de lois ? Hammurabi, dans l'épilogue de son oeuvre, répond à cette question :

  1. « Tels sont les jugements  de justice » (c'est à dire à la fois jugements justes et établissant la justice) Or le mot traduit ici par "jugement" est celui qui désigne en Mésopotamie toute sentence prononcée par un juge, et on sait que le roi babylonien est juge par fonction, que les "juges du roi" tranchent en son nom et qu'il parle en dernière instance ; ce que nous appelons les articles des lois de Hammurabi sont donc des sentences du royal juge ou entérinées par le royal juge et issues de cas concrets.

  2. Mais, par la volonté du roi, une sentence doit désormais dépasser le cas concret qui l'a fait naître : « Que celui qui est mêlé à une affaire vienne devant ma statue de "Roi de justice", se fasse lire ma stèle, que ma stèle lui dévoile l'affaire, qu'il voie le jugement qui convient à son cas », dit encore Hammurabi. La sentence royale acquiert ainsi portée universelle pour tout le pays.

Mais, après voir donné à ses jugements une portée universelle dans l'espace, Hammurabi entend leur donner une portée universelle dans le temps et en faire la norme des jugements que devront porter ses successeurs pour être de bons rois : « Que le roi qui apparaîtra dans le pays observe les paroles de justice que j'ai écrite sur ma stèle », et « Que cette stèle lui fasse voir la démarche et le comportement qui conviennent »

Source : « Cahiers Évangile » - Lois de l'ancien orient (Editions du Cerf)

Posté par Silverside le 12.04.07 à 00:22 - Commentaires (0) - Lois de l'Ancien Orient

Les Lois de l'Ancien Orient (III) : Lectures croisées

Je termine cette série de petits articles consacrés aux premiers recueils de lois, avec une présentation du prologue des lois d'Hammurabi, dans lequel le souverain babylonien rappelle que le pouvoir appartient avant tout à la divinité de la ville, ici le dieu Mardouk, - ainsi qu'avec une lecture croisée d'articles illustrant la fameuse loi du talion, - et pour terminer avec un extrait de l'épilogue, contenant les bénédictions et malédictions.

Hammurabi

buste qui est peut-être celui de Hammurabi

Le lecteur du livre du Deutéronome retrouve dans le code de Hammurabi une structure familière : un prologue, comparable à l'introduction primitive du Deutéronome (Dt 6,4 à 9,7 ; 10,12 à 11,25), une collection de lois, comparable au corpus législatif du Deutéronome (ch 12-25) et un épilogue, avec bénédictions et malédictions, que l'on peut confronter au noyau primitif des chapitres 26-28.

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Le Prologue

Sans doute Hammurabi appartient-il lui-même à une « race royale perpétuelle » et exerce-t-il son autorité non seulement sur Babylone, mais aussi sur les « quatre contrées du monde », mais c'est aussi comme pasteur nommé par Anou et Enlil « pour faire apparaître la justice dans le pays » et « procurer le bien-être aux gens ».

Lorsque l'éminent Anou, le roi des Anounnakou, et Enlil, le seigneur des cieux et de la terre, qui fixe les destins du pays, eurent attribué à Mardouk, le fils aîné d'Ea, le pouvoir d'Enlil sur la totalité des gens, l'eurent rendu grand parmi les Igigou, eurent donné à Babylone un nom éminent et l'eurent rendue hors de pair dans les contrées, y eurent établi pour lui (Mardouk) une royauté perpérutelle dont les fondements sont aussi enracinés que ceux des cieux et de la terre, alors c'est moi Hammurabi, prince zélé qui craint les dieux, que, pour faire apparaître la justice dans le pays, pour anéantir le méchant et le mauvais, pour que le fort n'opprime pas le faible, pour sortir comme Shamash au dessus des têtes noires et éclairer le pays, Anou et Enlil, ont appelé par mon nom pour procurer le bien-être aux gens.

C'est moi, Hammurabi, le pasteur nommé par Enlil. Celui qui a accumulé abondance et profusion, qui a parachevé toutes choses pour Nippur Duranki, le pourvoyeur zélé de l'Ekour, le roi compétent qui a restauré Eridu (et) qui a maintenu purs les rites de l'Eabzu, celui qui a pris d'assaut les quatre contrées du monde, qui a grandi le renom de Babylone, qui a contenté le coeur de Mardouk son seigneur, qui, chaque jour, vient se tenir au service de l'Esagil, qui est de la race royale que Sin a créée ..., qui est humble et priant ..., le roi judicieux, qui obéit à Shamash, qui est fort ..., la protection du pays ..., un dragon parmi les rois ..., le filet (qui capture) les ennemis ..., le taureau combatif qui enfonce les ennemis ..., (l'homme) zélé qui n'a de cesse pour l'Ezida, le dieu des rois, celui qui s'y connaît en sagesse ..., le seigneur qui est fait pour le sceptre et le couronne ..., qui est réfléchi, accompli ..., qui s'empare des ennemis, le favori de la déesse Telitou ..., celui qui réjouit le coeur d'Ishtar, le prince saint dont Adad connaît la prière ..., qui est souverain parmi les rois, qu'on n'affronte pas au combat ..., celui qui est habile et actif, qui a atteint tout ce qu'il désirait ..., le premier des rois ..., le prince zélé ..., le pasteur des gens dont les actions sont agréables à Ishtar ..., celui qui fait apparaître la vérité ..., (l'homme) zélé qui prie les grands dieux, le descendant de Soummoulael, l'héritier fort de Sinmouballit, qui est de race royale perpétuelle, le roi fort, le soleil de Babylone qui fait sortir la lumière sur le pays de Sumer et d'Akkad, le roi qui s'est fait obéir des quatre contrées du monde, le favori d'Ishtar, c'est moi !

Hammurabi se réclame de Soumoulael, deuxième roi de la première dynastie de Babylone (son plus ancien ancêtre royal, en ligne directe), et de Sinmouballit, cinquième roi de la dynastie, père et prédécesseur immédiat de Hammurabi

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Lectures croisées : le talion

Il se pourrait que le talion ait été introduit par Hammurabi lui-même. Je cite : « Sans doute, pour l'homme d'aujourd'hui, le talion apparaît comme primitif et barbare et comme conduisant à des sentences particulièrement odieuses. Pourtant, aussi paradoxal que cela paraisse, le remplacement de sanctions pécuniaires par des sanctions corporelles pour les fautes graves représentait probablement un progrès : par leur effet dissuasif ces sanctions contribuaient probablement à la diminution du nombre des méfaits et par leur sévérité dissuadaient sans doute aussi les victimes de se faire justice elle-même par une vengeance disproportionnée. »

Ur-Nammu (18-22) : Si quelqu'un a coupé son pied à quelqu'un d'autre avec un couteau, il payera 10 sicles d'argent. Si quelqu'un a brisé un os à quelqu'un d'autre avec une massue, il payera une mine d'argent. Si quelqu'un a coupé le nez de quelqu'un d'autre avec un couteau, il payera 2/3 de mine d'argent. Si quelqu'un ... une dent à quelqu'un d'autre avec ..., il payera 2 sicles d'argent.

Eshunna (42-47) : Si quelqu'un a mordu le nez de quelqu'un d'autre et l'a coupé, il payera une mine d'argent. Pour un oeil, il payera une mine ; pour une dent, une demi-mine ; pour une oreille, une demi-mine ; pour une gifle, 10 sicles d'argent. Si quelqu'un a coupé le doigt de quelqu'un d'autre, il payera 2/3 de mine d'argent. Si quelqu'un a renversé quelqu'un d'autre dans la rue et lui a brisé une main, il payera une demi-mine d'argent. S'il lui a brisé un pied, il payera une demi-mine d'argent. Si quelqu'un a frappé quelqu'un d'autre et lui a brisé ..., il payera 2/3 de mine d'argent. Si quelqu'un a écorché quelqu'un d'autre dans une querelle, il payera 10 sicles d'argent.

Hammurabi (196-201) : Si quelqu'un a crevé un oeil à un notable, on lui crèvera un oeil. S'il a brisé un os à un notable, on lui brisera un os. S'il a crevé un oeil à un homme du peuple ou a brisé un os à un homme du peuple, il paiera une mine d'argent. S'il a crevé un oeil à l'esclave de quelqu'un ou s'il a brisé un os à l'esclave de quelqu'un, il paiera la moitié de son prix d'achat. Si quelqu'un a fait tomber une dent à un homme de son rang, on lui fera tomber une dent. S'il a fait tomber une dent à un homme du peuple, il paiera un tiers de mine d'argent.

Hittites (7-8,15-16) : Si quelqu'un aveugle un homme libre ou lui fait tomber une dent, on donnait jadis une mine d'argent : maintenant il donnera 20 sicles d'argent. Si quelqu'un aveugle un esclave ou une esclave ou lui fait tomber une dent, il donnera 10 sicles d'argent. Si quelqu'un arrache une oreille à un homme livre, il donnera 12 sicles d'argent. Si quelqu'un arrache une oreille à un esclave ou à une esclave, il donnera 3 sicles d'argent.

Exode (21,23-27) : Mais si malheur arrive, tu paieras pour vie, oeil pour oeil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied, brûlure pour brûlure, blessure pour blessure, meurtrissure pour meurtrissure. Et quand un homme frappera l'oeil de son serviteur ou l'oeil de sa servante et l'abîmera, il les laissera aller libres, en compensation de leur oeil. Et si c'est une dent de son serviteur ou une dent de sa servante qu'il fait tomber, il les laissera aller libres, en compensation de leur dent.

La comparaison des recueils conduit à constater une différence importante : alors que les lois dites d'Ur-Nammu et les lois d'Eshunna ne distinguent pas entre les personnes qui subissent le dommage, les lois d'Hammurabi, les lois hittites et le livre de l'Exode distinguent expressément entre hommes libres et esclaves pour moduler les indemnités (dans le pentateuque, la loi du talion ne sapplique pas lorsque la victime est un esclave, ce dernier étant libéré au dépens de son maître en réparation du dommage qu'il a subi de la part de ce dernier).

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Les Bénédictions et Malédictions de l'épilogue

Hammurabi, roi incomparable, pasteur qui assure le salut et juge qui assure la justice, a procuré à son pays la paix et le bien-être. Par ses « jugements de justice » il a montré à ses sujets comment devaient être réglées leurs affaires et donné à ses successeurs le modèle de ce que devait accomplir un vrai roi. Quiconque donc ne se conformerait pas à ce modèle ou même tenterait de l'abolir devrait encourir les pires malédictions entraînant les pires malheurs pour lui-même et pour son pays.

Je suis Hammurabi, roi de justice, à qui Shamash a octroyé la vérité. Mes paroles sont de choix, mes oeuvres sont sans égales ; elles ne sont creuses que pour le sot, pour le sage elles ne méritent que des louanges.

Si cet homme a été attentif à mes paroles que j'ai écrites sur ma stèle et n'a pas écarté ce que j'ai jugé, n'a pas modifié mes paroles, n'a pas changé ce que j'ai gravé, cet homme sera un roi de justice comme moi ; que Shammash allonge son sceptre, qu'il fasse paître ses gens dans la justice. Si cet homme n'a pas été attentif à mes paroles que j'ai écrite sur ma stèle, a méprisé mes malédictions et n'a pas craint les malédictions des dieux, a effacé ce que j'ai jugé, a modifié mes paroles, a changé ce que j'ai gravé, a effacé mon nom écrit et a écrit son nom, ou y a incité un autre à cause de ces malédictions, cet homme, qu'il soit roi, seigneur, gouverneur ou être humain quel qu'en soit le nom,

- Qu'Anou le Grand, le père des dieux, qui m'a appelé à régner, lui enlève l'éclat de la royauté, lui brise son sceptre et maudisse sa destinée.

- Qu'Enlil, le Seigneur qui fixe les destins, dont l'ordre est immuable, qui a grandi ma royauté, étende sur lui dans sa demeure un trouble sans rémission et l'angoisse de sa perte ; qu'il lui donne comme destin un règne de douleur, des jours peu nombreux, des années de famine, une obscurité sans lueur, une mort en un clin d'oeil ; qu'il ordonne de sa bouche qui a autorité la perte de sa ville, la dispersion de ses gens, l'échange de sa royauté, la disparition de toute mention de son nom dans le pays.

- Que Ninlil ... Qu'Ea ... Que Shamash ... Que Sin ... Qu'Adad ... Que Zabada ... Qu'Ishtar ... Que Nergal ... Que Nintou ... Que Ninkarrak ...

Que les grands dieux de cieux et de la terre, les Anounnakou tous ensemble, le bon Génie du temple et la brique de l'Ebabbar maudissent d'une malédiction maléfique lui-même, sa descendance, son pays, sa troupe, ses gens et son armée ; qu'Enlil, de sa bouche invariable, le maudisse de ces malédictions et qu'elles l'atteignent.

Source : « Cahiers Évangile » - Lois de l'ancien orient (Editions du Cerf)

Posté par Silverside le 13.04.07 à 17:26 - Commentaires (0) - Lois de l'Ancien Orient

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