L'Assyrie (III) : L'Administration du Royaume
La noblesse du pays assyrien a accru considérablement son pouvoir avec l’expansion du royaume. Ce sont ses membres qui constituent l’entourage du roi, auquel ils sont souvent liés par des liens matrimoniaux. Ils occupent les plus hautes charges dans l’administration du royaume et l’armée. Les grands nobles obtiennent des propriétés foncières importantes pendant les phases de conquêtes, en échange de leur services, selon la vieille tradition du Proche-Orient antique. Certains peuvent se constituer un très grand patrimoine, et avoir de formidables richesses.
L'Administration centrale
L’administration du royaume assyrien est centralisée autour du roi, dans le palais royal. Les charges évoluent dans le temps, que ce soient les titres ou la fonction qu’ils recouvrent, que l’on a par ailleurs bien souvent du mal à comprendre.
La période paléo-assyrienne est particulière, dans la mesure où le roi doit alors partager son pouvoir avec une institution importante, la "Ville" (?lum). Le centre politique d'Assur est alors le "Bâtiment de la Ville", ou "Hôtel de Ville" (b?t alim), et non le palais royal. Ces deux parties partagent le pouvoir politique et judiciaire, et les ordres sont proclamés en leur deux noms. La Ville se réunit en assemblée (puhrum), apparemment devant le temple du dieu Assur. On ignore s'il s'agit d'un regroupement de notables, d'Anciens (ce terme revenant souvent dans les textes), ou bien de tout le peuple de la ville, et aussi s'il y avait une ou deux chambre(s). L'Hôtel de Ville était chargé de la collecte des taxes et redevances, des dettes sur les taxes impayées. Il était géré par un personnage important, le limmu, élu à cette charge pour la durée d'un an. C'est d'ailleurs lui qui donne le nom à l'année durant laquelle il exerce cette fonction.
L'époque médio-assyrienne voit l'affermissement du pouvoir royal, qui n'est plus contrebalancé par les autorités municipales, l'Assyrie étant alors un véritable état territorial et non plus une simple cité-état. Le plus grand dignitaire est le vizir (šukkallu), sorte de "premier ministre", qui a des attributions militaires, civiles ou judiciaires. Lors de l'organisation des conquêtes, la partie ouest du territoire est confiée à un "grand vizir" (šukkallu rabiu). L'intendance du palais est gérée par le "maire du palais" (rab ekalli). D'autres fonctions palatiales sont confiées à des eunuques (ša r?ši). La charge de limmu subsiste, mais elle est alors honorifique, et est attribuée à un dignitaire qui donne juste son nom à l'année où il occupe ce rang. Ses détendeurs sont souvent des personnages parmi les plus importants du royaume.
L'Administration du territoire
Les établissements de marchands paléo-assyriens installés dans les pays étrangers sont gérés par une autorité particulière, le kar?m ("quai", du nom du quartier commercial d'une ville). Elle est contituée des principaux marchands assyriens en poste dans la ville. Ses attributions sont essentiellement juridiques, mais aussi diplomatiques, puisque le kar?m passe des accords commerciaux avec des royaumes étrangers. Il reste toujours soumis au pouvoir central d'Assur, représenté par la roi et la Ville, qui font office d'institutions juridiques suprêmes, et restent en contact avec les établissements assyriens de l'étrangers, comme cela est bien documenté à Kanesh.
A l'époque médio-assyrienne, le royaume qui se constitue est vite découpé administrativement après les conquêtes, selon un principe qui perdure par la suite. On crée des provinces (pahatu), administrées par un gouverneur (b?l pahati, plus tard šaknu). Il veillait au versement des taxes et redevances, et à la sécurité de la province.
Quelquefois, une charge à l’administration centrale entraînait l’administration d’une province précise. Les provinces étaient divisées à leur tour en districts (haslu), qui ont aussi leurs administrateurs (hassillu). Tout ce système faisait sans doute l’objet d’une surveillance par le pouvoir central, effectuée par des inspecteurs (q?pu).
Au niveau local, on trouve d'autres agents royaux : les maires (hazanu), et les inspecteurs (rab al?ni) chargés de la collecte des taxes.
A côté des provinces administrées directement par des gouverneurs assyriens, on trouvait un ensemble de royaumes vassaux. Leurs rois avaient prêté serment de fidélité au roi assyrien (m?m?tu à l'époque médio-assyrienne, ad? à l'époque néo-assyrienne), en échange de sa protection. Ils devaient verser un tribut fixé précisément lors de la signature du traité.
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