Igor Brevnjovski : Chronique d'un homme en exil

L'Epoque Thinite

J'ai parlé de ces cités plus fortes que leurs voisines dominant progressivement le pays, et de la constitution de ces deux royaumes correspondant aux deux parties géographiques distinctes: la haute vallée du Nil et le Delta.

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Note : L’archéologie apporte mainte donnée remarquable. Elle nous restitue en particulier les noms des rois appartenant aux deux premières dynasties, qu’il n’est pas toujours facile d’identifier à ceux que nous ont conservés les extraits de Manéthon ou les anciens historiens grecs.

Une unification de ces deux royaumes eut une importance capitale. Les anciens eux-mêmes l’attribuaient au roi Ménès (qui pourrait être Narmer lui-même), originaire de Haute-Égypte. Il conquit le Delta et, comme c’était un administrateur autant qu’un guerrier, comprenant qu’il aurait de la peine à gouverner les deux pays du fin fond de la Haute-Égypte, il fonda une nouvelle capitale au point de jonction même des deux royaumes. Il lui donna le nom de Mur-Blanc.


Memphis

Cette ville (à l’emplacement de l’actuel village de Mit-Rahina) devait s’appeler plus tard Memphis. Elle demeura la capitale durant tout l’Ancien Empire et joua jusqu’à la fin de l’histoire pharaonique un rôle important.

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Note : À l’époque grecque, c’est encore là que le roi devait se faire couronner selon un rituel antique. Il prenait possession de l’ensemble des territoires en courant autour des quatre bornes; il se conciliait les dieux du Sud et ceux du Nord, puis il coiffait successivement la couronne du Sud, puis celle du Nord, et enfin les deux ensemble, le pschent.

Posté par Silverside le 18.03.08 à 20:54 - Commentaires (0) - L'Epoque Thinite

La Première Dynastie (~3150 - ~2900)

De la première dynastie égyptienne, on retiendra essentiellement le règne de Narmer (vers 3150 avant Jésus-Christ), roi de la Haute-Egypte qui entrera en conflit avec celui de la Basse-Egypte, annexera son royaume et s'emparera de sa couronne rouge.

This est la capitale du pays (supposée proche d'Abydos ou de El-Kab), d'où le nom de thinite qui sera donné au deux premières dynasties. Narmer fondera la ville de Memphis qu'il entourera d'un immense mur blanc, digue pour la protéger des crues du Nil. Cette entreprise sera poursuivie par ses successeurs. On attribue à Narmer le partage du royaume du Delta du Nil en 16 Provinces, qu'il ajouta à ses 22 nomes ou Provinces de Haute-Egypte. Chaque nome étant administré par un gouverneur qui relevait de l'autorité directe de pharaon.


Les Premiers Pharaons

La première dynastie instaure le pouvoir absolu en Egypte : ils mettent en place les institutions pharaoniques et imposent Horus à la tête des divinités officielles égyptiennes.

  1. Horus Aha (le combattant) - Athôtis (en grec) - est le fils de Narmer (ou bien Narmer et Aha sont un seul et même Roi) : Il poursuit la construction du grand mur blanc de Memphis entamé par son père et y fera construire son grand palais royal ainsi qu'une forteresse pour le protéger. Il réforme le système fiscal en organisant des prélèvements d’impôts et mène une campagne en Nubie et consolide les possessions de l’Egypte en Palestine et en Libye. C’est le début de l’extension de l’écriture et l’élaboration d’un calendrier.

  2. Horus Djer (Horus le sauveur) - Kenkénès (en grec) - est le fils d’Aha et Khenthap. Il mène une campagne en Palestine et conduit des expéditions en Nubie et en Libye. Sous son règne le pays connaît un grand essor économique, la métallurgie devient une industrie. Il épouse Herneith qui assura peut être la régence durant la minorité de son fils Ouadji et Naktneith.

  3. Horus Ouadji (le serpent) - Ouénèphès (en grec) - est le fils de Djer. On lui attribue une expédition dans la Mer Rouge. Il épouse sa demi-sœur Merneith (ou Meret-Neith) dont il a un enfant, Den qui lui succède.

  4. Horus Den - Ousaphaïdos ou Ousaphaïs (en grec) - est le premier à ajouter à sa titulature le nom de "roi de Haute et de Basse-Egypte" (nysout-bity). Il entreprend la construction d'un réseau de canaux d'irrigation et de réservoirs pour palier l'insuffisance de certaines crues annuelles du Nil responsables de sévères famines au temps de son père. La paix en Haute-Egypte et en Basse-Egypte n'étant pas menacée, le roi mène plusieurs campagnes à l'extérieur des frontières pour soumettre au tribut les Asiatiques (peuplades sémitiques occupaient les territoires du Liban Ouest, du Naharina, de la Syrie et des Cités-Etats du Nord de l'Euphrate dans le Croissant fertile), et les nomades du Sinaï (menaçant l'accès aux mines du Sinaï).

  5. Horus Adjib (« L'Horus au cœur vaillant ») - Niebaïs ou Miebis (en grec) - est le fils de Den.

  6. Horus Sémerkhet (« L'ami pensif ») - Sememphès ou Semempses (en grec) - est le fils d’Adjib. Sous son règne on note des troubles en politique intérieure. C’est le début d’une guerre civile entre Haute et Basse-Égypte.

  7. Horus Qâ (Son bras est puissant) - Oubienthis ou Bieneches (en grec) - est sûrement le deuxième fils d’Adjib. Il marque la fin de la première dynastie. Il poursuit les campagnes en Palestine, mais sous son règne la division du pays continue.

Horus Ka confie le pouvoir, pour des raisons inconnues, aux mains d'une nouvelle dynastie d'origine thinite originaire de la cité d'Abydos.

Source : http://www.insecula.com/


Note : Les dates de leur règne varie selon les références. Il existe en effet un certain nombre de documents qui permettent d'établir une succession de pharaons, mais les dates sont différentes. L'important est selon moi d'avoir une idée plus ou moins approximative du moment où a lieu tel règne (cela sera surtout important à partir du Moyen Empire, et de l'invasion des peuples d'Asie)

Posté par Silverside le 18.03.08 à 20:58 - Commentaires (0) - L'Epoque Thinite

La Deuxième Dynastie (~2900 - ~2700)

La deuxième dynastie marque un renforcement d'un pouvoir absolu qui repose sur une organisation des pouvoirs centralisés et l'utilisation plus intensive de l'écriture. Memphis devient capitale du royaume sous Perisben. Les luttes contre les Nubiens ne connaissent pas de répit et le Nord est enfin pacifié.

La religion occupe une place essentielle. Seth est substitué à Horus comme divinité principale et le pharaon est dieu sur terre. Les cérémonies associent intimement le profane et le sacré, le politique et le religieux.

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La Monarchie Thinite

L’essentiel des institutions est déjà en place. Le principe de la transmission du pouvoir par filiation directe sur lequel repose l’institution pharaonique fonctionne déjà.

L’organisation de la maison royale est désormais ce qu’elle sera dans les siècles qui suivent.

  1. Le palais, construit en brique, abrite en même temps les appartements privés, le harem, et l’administration. Le roi assume théoriquement l’ensemble du pouvoir et est assisté par de hauts fonctionnaires. Une double institution, la chancellerie de Basse Egypte et celle de Haute Egypte, se charge par l’intermédiaire de scribes, du recensement, de l’organisation de l’irrigation et tout ce qui touche au cadastre.

  2. Elle s’occupe de la collecte des taxes et de la redistribution des biens qui sont versés à des " trésors " et des " greniers " spécialisés dans les céréales, les troupeaux, la nourriture en général.

  3. Ces organes du pouvoir central traitent avec des rouages locaux qui sont répartis en provinces que les Grecs ont appelées " nomes " et les Egyptiens sepat puis qâh (22 nomes pour la Haute Egypte, 20 pour la Basse Egypte) sous la responsabilité des nomarques.

On ne sait rien de l’organisation militaire du pays mais on peut supposer que le système en vigueur par la suite est déjà en place. On peut se faire une bonne idée de l’architecture d’après les représentations de forteresses, le plan de la partie fortifiée d’Abydos ou l’enceinte archaïque de Hierakonpolis.


La Datation

Les noms, le nombre et l'ordre des rois sont incertains car les sources se contredisent et nous manquons de documentation. En effet, il existe des divergences entre les noms sur les listes d'Abydos, de Palerme, de Saqqarah, de Turin, de Manéthon et les noms trouvés sur les monuments.

    Manéthon de Sebennytos (IIIe siècle av. J.-C.), prêtre égyptien a écrit en grec, à la demande de Ptolémée Ier Sôter, l'histoire de l'Égypte (Ægyptiaca) en trente volumes. Il était originaire de Sebennytos, ville du delta et dernière capitale pharaonique des Nectanébo. En tant que prêtre, il avait sans doute accès aux listes royales des bibiliothèques de temples, mais aussi aux contes populaires à propos de divers pharaons mythiques. Il faut signaler que son œuvre est similaire à celle d'Hérodote : truffée d'erreurs et d'affabulations.

    La Pierre de Palerme a été « découverte » en 1895 par un savant français qui, visitant le musée de Palerme, a reconnu sa signification. Aux environs de 1903, trois nouveaux fragments ont été découverts : un fragment qui avait été utilisé comme un butoir de porte, (ce qui a contribué à en effacer une bonne partie), un second fragment également acquis sur le marché noir des antiquités en Égypte, et un troisième enfin exhumé à Memphis. En 1914, Flinders Petrie a fait l'acquisition, sur le marché des antiquités, d'un autre fragment bien conservé sur ses deux côtés ; il se trouve maintenant à l'University College London, auquel Petrie l'a remis. En 1963, un fragment additionnel a été acquis sur le marché des antiquités et se trouve à présent au Musée du Caire. La Pierre est divisée en deux registres, le registre supérieur comportant les noms de rois, tandis que le second registre attribue aux années spécifiques, des événements et la hauteur de la crue annuelle du Nil. D'après les études, la Pierre de Palerme est plus certainement un document politique qu'historique. Il y a des erreurs sur les fragments.

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Pierre de Palerme

    Le papyrus de Turin est un papyrus écrit en hiératique qui est exposé au Musée égyptologique de Turin. Le texte date du règne de Ramsès II et mentionne le nom de tous les pharaons qui l'ont précédé. Lorsqu'il fut découvert en 1822 à Thèbes par l'aventurier Bernardino Drovetti, il semble avoir été en bon état. Malheureusement de mauvaises conditions de conservation l'ont beaucoup détérioré, l'émiettant en près de 160 fragments.

    Abydos (Abidjou) est une ancienne ville sainte d'Égypte vouée au culte du dieu Osiris, et située à 70 km au nord-ouest de Thèbes.

    Saqqarah est quant à elle, une vaste nécropole de la région de Memphis, où, dès les premières dynasties, les rois firent bâtir leur mastaba - construction funéraire rectangulaire.

Il faut bien avoir en mémoire qu'effacer le nom d'une personne sur ses monuments équivalait non seulement à effacer son souvenir dans le monde visible mais aussi à le priver d'existence dans l'autre.


Les Pharaons de la Deuxième Dynastie

La première dynastie instaure le pouvoir absolu en Egypte : ils mettent en place les institutions pharaoniques et imposent Horus à la tête des divinités officielles égyptiennes.

  1. Horus Hotep-Sekhemouy ("les Deux Puissants sont en paix") - Boethos (en grec) -, originaire d'Abydos, est le premier roi de la deuxième dynastie qui en comptera neuf. Des luttes intestines avaient entraîné la division du pays et deux royaumes bien distincts s'étaient constitués. Alléguant la dichotomie dans la titulature de Hotepsekhemoui, où Horus symboliserait le delta des paysans sédentaires et Seth, le désert des pasteurs nomades, on a voulu reconnaître dans ces conflits « l’ancien antagonisme entre une aristocratie enracinée dans la tradition des chasseurs nomades et une plèbe composée des descendants des peuplades paysannes de la vallée »

  2. Neb-rê - Kajechos (en grec) - est le premier roi à se rattacher au dieu Rê.

  3. Ninétèr ou Ninetjer - Binôthris (en grec) - : la pierre de Palerme décrit de nombreuses cérémonies religieuses ayant eues lieu sous son règne.

  4. Ouneg ou Oueneg ou Ouadjenesest - Tlas (en grec) - n'a probablement régné que sur le Nord, à Memphis, ainsi que certains de ses successeurs.

  5. Sénedj - Séthenès (en grec) - a peut-être été co-pharaon avec Ouneg car un document indique qu'il aurait été le successeur direct de Ninetjer. Si tel est le cas il n’aurait régné que sur le sud, comme semble le confirmer la stèle de Berlin (Niswt snd) Nisout Sened.

  6. Horus Sekhemib - Chairos (en grec) - et Seth Périb Sen - Neferkarès (en grec) - : le fait que ce dernier aurait eu le désir de mettre le dieu Seth au rang de divinité principale et qu’il aurait alors changé son nom d’Horus en faveur d'un nom de Seth est si important, qu'il a incité les historiens à créer beaucoup d'hypothèses sur son règne : usurpation du nom de Péribsen, révolution religieuse sous son règne).

      À cette époque, le grand dieu du désordre et du chaos (ainsi que de la mort sous son aspect négatif) était considéré comme un mal nécessaire au maintien de l'équilibre cosmique (notamment Rê utilisait sa violence de façon positive, afin de combattre l'incarnation du mal, le serpent Apophis). Dans tous les cas cela confirmerait la division de l'Égypte en deux. Sekhemib est chassé du Nord et se réfugie dans le Sud où il change de nom pour devenir Péribsen ? On peut penser aussi que Sekhemib Perenmaât et Péribsen étaient deux rois différents. Dans ce cas, Sekhemib serait successeur de Péribsen... Ce qui est presque certain sous le règne de Péribsen, c’est que le pouvoir avait été décentralisée et des règnes simultanées ont eu lieu.

  7. Horus Khasekhem - Sesochis (en grec) - a été contemporain du roi Peribsen dont on connaît la sépulture à Abydos aménagée par son (possible) successeur local Sekhemib - "l'homme au coeur puissant".

  8. Horus/Seth Khasekhemouy ("les Deux Puissants sont couronnés") - Cheneres (en grec) - est le neuvième et dernier roi de la IIème dynastie. Il porte un nom composé de Khâ, également porté par le dernier pharaon de la première dynastie et de Sekhmouy, premier roi de la seconde dynastie. Il pourrait s'agir d'une allusion à la rencontre des deux puissances "Horus et Seth". Il semble que son règne ait connu une guerre civile entre les capitales des deux royaumes divisés sous les règnes précédents et que le pharaon soit à l'origine d'une nouvelle unification.

Le nom de son épouse Ny-Hépet-Maât (le gouvernail appartient à Maât) mentionne l'existence de la grande déesse Maât, symbole de l'ordre cosmique universel. Membre du tribunal d'Osiris, elle fournit la plume posée sur la balance chargée de faire contrepoids à l'âme du défunt. Maât, en tant que déesse de la vérité, dirige le coeur du pharaon et de ses sujets. Son existence avant les réformes du Grand Imhotep prouve que l'Egypte avait élaboré certaines théories sur la vie dans l'Au-delà et la relation entre la conscience humaine et le droit d'accéder au paradis

Source :
- http://www.bubastis.be/histoire/grimal03.html
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Égypte_antique
- http://www.insecula.com/

Posté par Silverside le 18.03.08 à 21:08 - Commentaires (0) - L'Epoque Thinite

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