La Basse époque
La Basse époque est une période de forte instabilité qui se caractérise par des prises de pouvoir successives de souverains étrangers, entrecoupée de courtes périodes d'indépendances. Ces souverains, bien que de cultures très différentes, s'adapteront au modèle égyptien et respecteront ses valeurs fondamentales tout en y intégrant des éléments de leurs cultures. Ils se feront proclamer pharaon et choisiront une titulature royale souvent calquée sur celles des anciens rois.

Les Perses s'emparent du pays vers -525. La première occupation perse, n'est en aucune façon médiocre pour les autochtones, du moins au début, et malgré les malheurs et autres maux dont sont accusés les premiers pharaons perses, le peuple est respecté. Le seul roi de la XXVIIIe dynastie est Amyrtée, Égyptien qui reprend les rênes du pays en chassant provisoirement les Perses : la XXIXe dynastie est un mélange de gouverneurs égyptiens sans pouvoirs bien prononcés. Nectanébo II est bien le dernier pharaon autochtone du pays et celui qui entreprend la construction du temple d'Isis à Philae (portique).
Par la suite, l'Égypte redeviendra une province, d'abord de l'empire perse puis des Macédoniens.
La XXVème Dynastie (747-656)
La XXVe dynastie pharaonique a la particularité d'être uniquement nubienne, originaire du royaume de Napata. Ces rois sont de grands adorateurs du dieu Amon de Napata. Leur origine les fera surnommer pharaons noirs, pharaons éthiopiens ou encore pharaons koushites. Le temple d'Amon de Djebel Barkal devient un foyer religieux intense autour duquel se constitue une lignée locale dont les chefs se font enterrer dans la nécropole voisine d'El Kourrou. Ils finissent par se constituer en dynastie.
Les Nubiens adoptent pleinement et revendiquent la culture égyptienne et la tradition pharaonique en Égypte comme en Nubie. Des artisans égyptiens participent à la construction de temples nubiens, notamment à Napata et à Kawa. Pour leurs tombes, les rois koushites adoptent la pyramide (nécropoles de Kourrou et Nouri). En Égypte, ils respectent scrupuleusement les coutumes et les institutions, s’affirmant pleinement égyptiens, tout en gardant leurs caractères de noirs africains dans leurs portraits.
Dès cette période se manifeste une intense activité intellectuelle et artistique, cherchant ses références dans les formes anciennes du passé, notamment dans l’ Ancien Empire. Le pouvoir koushite, désireux de s’intégrer aux moule institutionnel pharaonique, de composer avec les élites égyptiennes, reprend une politique active en faveur des temples.
Le règne de Piânkhy
Le premier souverain dont on connaisse le nom est Alara qui serait le septième de la dynastie. Son frère Kachta, "le Kouchite", monte sur le trône en 760 et achève probablement la conquête de la Basse Nubie.
Piânkhy règne de 747 à 716. Pour soumettre l'Égypte, vers -740, il part avec son armée de sa capitale Napata et place rapidement sous son contrôle la région de Thèbes.
Il nomme sa sœur Amenardis Ire comme Divine Adoratrice d'Amon afin de mieux contrôler le clergé. Il est couronné à Thèbes et devient "l'Horus qui a unifié les Deux-Terres". Le culte d'Amon se propage dans des villes jusqu'alors militaires telles que Kawa et Napata.
En l'an XX de son règne, il refoule dans le delta la coalition égyptienne menée par Tefnakht, roi de Saïs (XXIVe dynastie), qui tentait de réunifier le pays à son profit et qui comprenait Ioupout II de Léontopolis (XXIIIe dynastie), Osorkon IV de Tanis (XXIIe dynastie) et Nimlot III d'Hermopolis.
Piankhy va tenir le siège, puis conquérir le grand centre religieux de Memphis, ce qui fera passer les "roitelets" du delta sous son obéissance.

Stèle triomphale de Piânkhy
Le règne de Piânkhy se caractérise par une politique juste et clémente, sans aucun pouvoir dominateur, laissant les princes soumis diriger leur ville librement. Il est guidé par l'objectif de restaurer la loi de Maât et de préserver l'empire d'Amon de Napata. Son programme religieux sera très important. Une fois le nord complètement sous son contrôle, il rentre définitivement à Napata pour y vivre ses dix dernières années de règne. Cette absence va favoriser de nouvelles agitations dans le delta. Piânkhy développe sa capitale et agrandit le temple de la « Montagne Pure » consacré jadis à Amon, qui devient une réplique de celui de Karnak.
Chabaka et Chabataka
Sous Tiglath-Phalazar III, l'Assyrie soumet la Phénicie en 742 et lui interdit tout commerce avec les Philistins et l'Égypte. Cette mainmise décide les roitelets du croissant fertile à composer avec le roi assyrien. Après plusieurs retournements d'alliance en Transjordanie, les Assyriens atteignent El-Arich vers 716 : ils ne sont plus séparés de la frontière orientale de l'Égypte que par Silé. C'est Osorkon IV qui mène une mission diplomatique en envoyant des présents au roi assyrien.
Chabaka (Shabaka) règne de 716 à 702. Dès sa deuxième année de règne, il rejoint Memphis pour y affirmer son pouvoir et se fait couronner pharaon. Il décide ensuite de marcher vers le nord. Il écrase et met fin au règne de Bakenranef le roi de Saïs (XXIVe dynastie). Il prend ainsi le contrôle de toute la vallée du Nil, du Dongola soudanais à la Méditerranée. Il refait l’unité du pays en éliminant toutes les autres dynasties. Dans le domaine religieux, il continue l’œuvre de Piânkhy et prône le retour aux valeurs traditionnelles. À Karnak. Il restaure la fonction de Grand prêtre d'Amon, tombée en désuétude et y installe son fils Horemakhet. La fonction de Grand Prêtre trouve une nouvelle dimension ; son pouvoir est divisé par celle, politique, des Divines Adoratrices d'Amon. Il couvre le pays de temples, mais surtout en redonne toute liberté aux cultes des divinités égyptiennes. Il honore lui-même les Dieux à Memphis et Thèbes. Il fait de nouvelles constructions à Karnak.
Chabataka règne de 702 à 690. Chabataka est celui qui face aux turbulences asiatiques assure la paix initiée par son prédécesseur : il vient en aide aux rois de Phénicie et de Palestine qui se soulèvent contre l'Assyrie et envoie sur place un corps expéditionnaire commandé par son frère Taharqa. L’empereur d’Assyrie Sennacherib se retire, rappelé par des problèmes en Babylonie, sans parvenir à entrer en Égypte.
Source : http://fr.wikipedia.org/ - http://www.bubastis.be/histoire/grimal13.html
L'Offensive Assyrienne et la Fin de la Dynastie
Taharqa lui succède en 690 pour un règne de 26 ans. Fortement égyptianisé, il organise la Nubie en provinces, les contrôlant militairement, administrativement et économiquement, assurant à l'Égypte et à la Nubie, une période de paix et de prospérité.
Lors de la seconde partie de son règne, il ne pourra empêcher l’invasion assyrienne du pays jusqu’à Thèbes.
Les Assyriens attaquent l'Égypte vers 677, mais l’Empereur Assarhaddon (-681 à -669) écourte la bataille pour mater une rébellion au nord de son empire.
En l'an XVII, Taharqa (674) ne peut faire face à une expédition punitive lancée par les Assyriens contre l'Égypte qui, avant d’arriver, avaient ravagé la Palestine et bat en retraite vers le royaume de Koush.
L’empereur Assarhaddon prend la ville stratégique d'Ascalon aux portes du delta. Taharqa dépêche une armée qui repousse les Assyriens. Cette victoire apporte presque trois ans de paix au pays.
En -672 l'Assyrie lance à nouveau toute son armée contre l'Égypte. L’empereur Assarhaddon nettement plus fort militairement s’empare du delta, de Memphis et asseoit son autorité jusqu'à Assouan.
Il se proclame pharaon en 672-671, Taharqa doit alors se réfugier dans le sud d'où il garde apparemment le contrôle sur la Haute-Égypte. Les Assyriens ayant besoin d'appuis locaux pour garder le pouvoir sur leur nouveau territoire, favorisent les "roitelets" du nord, au premier rang desquels se trouvent les princes Saïtes.
L'ennemi parti, Taharqa se lance dans une reconquête : la ville de Saïs est reprise. Un nouvel empereur d'Assyrie Assurbanipal (669-626) arrive au pouvoir, il lance son armée contre l'Égypte et reconquiert sans grande difficulté Basse et Haute-Égypte.

Assurbanipal
A cette occasion la ville sainte de Thèbes qui n'avait jamais subie les outrages du temps et de l'histoire, tombe aux mains des assyriens qui pilleront et saccageront les temples et sanctuaires de la ville d'Amon-Rê.
Taharqa fuit de nouveau et se réfugie à Napata. Comme lors de la première invasion, les Assyriens laissent le pouvoir au "roi" de Saïs, puis quittent le pays. C'est le moment que choisit la ville de Saïs pour négocier avec Taharqa.
Assurbanipal excédé et afin d’empêcher toutes rebellions futures, fait exécuter les principaux chefs de Saïs. Un grand chef est épargné, Néchao Ier à qui il confie le royaume et installe son fils Psammétique Ier (Le futur pharaon) à la tête de l'ancien royaume d'Athribis.
Les Saïtes prennent ainsi le pouvoir avec l'appui et la reconnaissance des envahisseurs qui quittent le pays. Cette nouvelle distribution politique ne change pas grand chose aux ambitions de Taharqa qui espère reconquérir l'Égypte, mais il meurt avant de concrétiser son rêve.
Tanoutamon (de 664 à 656) reprend la lutte pour concrétiser le rêve de son père et s'engage immédiatement dans une campagne militaire contre les souverains rebelles du Nord, dont le roi de Saïs Néchao Ier mis en place par les Assyriens. Il assiège et prend Memphis et Néchao Ier meurt au cours de la bataille. La victoire est de courte durée, sa reconquête de Memphis impose aux Assyriens de prendre des sanctions. L’empereur Assurbanipal lance un corps d’armée contre l’Égypte et la cité retombe aux mains des Assyriens. Tanoutamon se réfugie à Thèbes.
Les Assyriens le poursuivent, la bataille est terrible, la ville est entièrement ravagée et tous les trésors accumulés dans les temples sont pillés. À Saïs, Psammétique Ier, le successeur de Néchao Ier, profite de cette déroute de Tanoutamon pour prendre en -656 le contrôle de la région. Les rois nubiens ne remonteront plus jamais en Égypte, c'est le glas des pharaons Noirs. Néanmoins, Tanoutamon continue à régner en Nubie. Il meurt en -656.
Source : http://fr.wikipedia.org/ - http://www.bubastis.be/histoire/grimal13.html
Accueil
