Le Moyen Empire
Après une première période intermédiaire agitée, le Moyen Empire marque un retour au calme...

L'Egypte réunifiée, Mentouhotep II entreprend une pacification qui durera plusieurs années et ne sera achevée que vers l'an 30 de son règne.
Il déplace la capitale à Thèbes, renforce l'administration et se lance dans des entreprises de constructions. Il renoue avec la politique extérieure de l'Ancien Empire, mettant les frontières à l'abri de nouvelles invasions d'Asiatiques, et entreprenant des campagnes en Nubie.
Il meurt après cinquante et un ans de règne et laisse à son successeur, son fils Mentouhotep III un pays prospère et unifié.

La civilisation égyptienne, durant plus de deux siècles, va connaître un épanouissement merveilleux. Une organisation sociale et un droit renouvelés vont permettre à une société solide de s’établir.
La Fin de la XIe Dynastie (~2020 - ~1980)
Seankha-Rê Mentouhotep III, "Celui qui vivifie ses Deux Terres", est assez âgé lorsqu'il monte sur le trône et ne régnera que durant douze ans. Il poursuit le programme de construction de son père, renforce la protection des frontières dans le Delta oriental et fait édifier des fortifications. Il mène une expédition au pays de Pount et reprend l'extraction de pierres dans le Ouadi Hammamat. De nombreux temples seront restaurés, notamment à Abydos, Dendera, Tôd.
Il fera construite un temple dont il ne reste que des vestiges à Gebelein, près de Thèbes. Ce monument sera décoré de scènes commémorant les victoires aux dépens des Nubiens et des Asiatiques qui permettront de réunifier le pays. Il organisera de nombreuses expéditions à Assouan, en Nubie, dans le pays de Pount et sur la côte phénicienne.
Le Complexe Funéraire de Deir El-Bahari
Le site grandiose de Deir el-Bahari, situé sur la rive occidentale de l’antique Thèbes, consacré depuis la plus haute antiquité au culte de la déesse Hathor. trois souverains y firent construire leur temple funéraire : Montouhotep II (XIe dynastie), la reine Hatchepsout et son successeur Thoutmosis III (XVIIIe dynastie).
Le grandiose complexe funéraire de Montouhotep III, aujourd'hui en ruines, servira en partie de modèle au magnifique "temple de millions d'années" de la reine Hatshepsout.

Le Temple de Deir el-Bahari
La conception reste malgré tout fidèle à la tradition de l'Ancien Empire qui associait le temple et la pyramide. Une route montant vers l'Ouest reliait le temple de la vallée à une vaste cour plantée d'arbres. Une rampe montante, construite dans l'axe de la route et soutenue par une colonnade de piliers carrés en grès, conduisait à la première terrasse. Une deuxième terrasse, superposée et bordée d'une colonnade sur trois côtés, supportait la pyramide.
Une galerie descendait vers le cénotaphe de Montouhotep dans lequel on retrouvera du mobilier et une statue assise du roi. Un couloir, qui prenait naissance derrière la pyramide à hauteur de la première terrasse, conduisait au caveau creusé dans la falaise. On y retrouvera le sarcophage vide. Le complexe comprenait également une salle hypostyle s'enfonçant dans la falaise, donnant accès à une petite chapelle et aux tombes des princesses et des hauts dignitaires. Une tombe collective consacrée à soixante de ses soldats morts au combat sera creusée dans le roc à proximité.

Le Temple de la reine Hatchepsout (15e siècle av. J.-C.)
Le Court Règne de Mentouhotep IV
Mentouhotep IV succède à son père. La situation du pays est confuse. On sait par un graffiti du Ouadi Hammamat qu'il y enverra une expédition de mille hommes afin de mater une rébellion (D'autres sources disent que cette expédition de 13 000 hommes à Ouadi Hammamat a pour but d'en extraire les matériaux d'éternité destinés à la sépulture de son souverain).
L'expédition est conduite par son vizir Amenemhat. Amenemhat est fils d'un prêtre nommé Sénousret, et d'une certaine Nofret.
Au titre de vizir de Mentouhotep, il mène cette expédition aux carrières de pierre de Bekhen (greyhache), vers la mer Rouge, en empruntant le ouâdi Hammâmât, que l'on gagne à partir de Coptos.
Il semble que le règne de Montouhotep IV, troublé, se termine en une obscure guerre civile, et s'achève tragiquement pour Montouhotep IV (et la XIe dynastie), qui n'eut pas le temps de mener à bien l'achèvement de sa sépulture.
Le parti thébain se ralie à Amenemhat, dont les qualités d'organisateur et de chef de guerre apparaissent dans les inscriptions laissées au ouâdi Hammâmât, et lui permettent de monter sur le trône en dépit d'une origine roturière.
Source : http://www.insecula.com/
Les Débuts de la XIIe Dynastie (~1980 - ~1930)
Le successeur du dernier Mentouhotep, Amménémès Ier, fonde une dynastie nouvelle, la XIIe, une des plus brillantes de l’Égypte.
De nouveau le roi règne sur le Double-Pays tout entier.
Il court sus aux Libyens, occupe la Nubie septentrionale, construit peut-être même une forteresse à Semna, et continue l’occupation des oasis de l’Ouest, inaugurée sous la XIe dynastie.
À l’est du Delta, il ne semble pas avoir tenté de créer une marche asiatique et s’est contenté de défendre les nomes frontaliers par une seule ligne de fortifications contrôlant les points de passage, et appelée le «Mur du Régent».
Il déplace sa capitale vers une région riche de promesses, non loin du Fayoum, à Licht, appelée "Amenemhat-Itj-Taouy" (Amenemhat - Celui-qui-s'empare-des-Deux-Terres), avec la volonté de choisir une zone située à la jonction du Delta et de la Vallée : son administration pouvait ainsi mieux gérer le pays jusque là dirigé par une dynastie attachée au noyau thébain et délaissant le Nord.
Thèbes, eu égard au rôle historique qui fut le sien lors de la reconquête du Nord sur Itéradéopolis, demeura néanmoins la ville sainte du royaume, puisque le roi éleve le dieu thébain Amon à la dignité de dieu dynastique, puis national, sous le nom de Amon-Rè.
Amenemhat Ier (1991 - 1962)
Amenemhat Ier monte sur le trône sous le nom de Sehetep-ib-ra, « Celui qui apaise le cœur de Ré ». Parcourant la Vallée afin de venir à bout des factieux et des bandes armées d'Asiatiques, il entreprit, la paix revenue, d'importantes reformes politiques.
La plus importante consista à redéfinir les découpages cadastraux traditionnels, la fluctuation des limites entre nomes voisins étant source permanente de conflits.
A cette fin, il renforça l'administration territoriale, et nomma à des postes clé des hommes qui lui étaient acquis, ou confirma ceux qui avaient pris part à la reconquête du Delta, jusqu'à Péluse, contre les Asiatiques.
La politique thébaine de la XIe dynastie, qui prenait appui sur l'aristocratie foncière et les nomarques - grands feudataires locaux - négligeait les classes moyennes.
L'indépendance des nomarques, héritage de la Première Période intermédiaire, entraînait une faiblesse du pouvoir centrale, pour peu que les ambitions régionales fussent fortes.
Aussi, pour remédier à la crise, Amenemhat Ier confia la plupart des postes clé à des personnes de confiance, et nomma des nouveaux nomarques à Assiout, Cusae et Eléphantine.
Conscient des raisons de la chute de la dynastie memphite et des mutations de la société égyptienne, il devait aussi mesurer la fragilité de la dynastie naissante, de sorte que son pouvoir, fondé sur une usurpation, nécessitait d'être légitimé par une propagande dont il posa les bases, et mise en place par son successeur.
(L'enseignement d'Amenemhat Ier est un texte rédigé sur le modèle de l'Enseignement pour Mérikarê. Son but est surtout d'expliquer la légitimité du successeur du roi assassiné. Le thème de l'ingratitude humaine est un rappel de la révolte des hommes contre le Créateur. Le roi, assimilé à Rê, transmet son pouvoir à son successeur comme le démiurge le fit jadis lorsqu'il se retira dans le ciel, dégoûté à jamais de ses créatures)
Amenemhat Ier ne réussissant pas, au cours de son règne, à éliminer l'opposition de ses anciens adversaires, et pressentant le danger pour la couronne, il associe au règne son fils aîné Sésostris.
Sésostris Ier (1962 - 1928)
Sésostris semble avoir prolongé au Soudan les expéditions de son père au-delà de la deuxième cataracte jusqu’à l’île d’Argo. En Libye et en proche Asie, il fit des campagnes d’intimidation, mais ne paraît pas avoir occupé le pays. C'est au retour d'une campagne victorieuse contre les Libyens qu'il apprend la mort de son père, qui a péri à la suite d'un complot à l'instigation des membres du harem royal et de la famille du souverain.
Le nouveau souverain adopte comme nom de couronnement Khéperka-Rê Senousret. Le nouveau pharaon semble réussir à s'imposer sans grands heurts malgré les circonstances tragiques de son accession au trône. De fait, ses trente-quatre années de règne sont une époque de paix intérieure, de prospérité retrouvée et d'intense activité monumentale. On a recensé trente-cinq sites où Sésostris Ier a construit, témoignage des ressources nouvelles, et de l'activité fiévreuse qui règne alors en Égypte.
Se réclamant de la tradition héliopolitaine, Sésostris Ier ("l'homme de la déesse Ousert") régne depuis la capitale du pays fondée par son père située proximité du village actuel de Licht. L'ancienne capitale, Thèbes conserve son rôle d'important centre religieux. Sésostris Ier y fait construire la première structure monumentale du Temple d'Amon à Karnak qui abritera la célèbre Chapelle Blanche sur laquelle sera notée la liste complète des nomes d'Egypte.

La chapelle blanche, Karnack
Les monuments construits sous Sésostris Ier ne se limiteront pas aux édifices de Karnak et de Licht.
Héliopolis conserve un obélisque érigé pour la fête Sed du roi, en l'an 31. Le Papyrus Berlin 3029, ou "Rouleau de Cuir de Berlin", situe le projet de construire un monument à Ra-Harakhty, dans le domaine d'Atoum, en l'an 3.
De nombreuses stèles privées nous apprennent l'existence de travaux importants au Temple d'Osiris-Khentimentiou à Abydos.
Le Temple de Min à Coptos livrera de nombreux reliefs, aujourd'hui conservés à Lyon et à Londres, notamment la scène de la course rituelle du roi lors de la fête Sed.
Sésostris Ier édifiera un temple au dieu Montou à Tod, dont l'inscription dédicatoire date des dernières années de son règne.
Un nouveau temple pour Satis, dont on conserve des fragments de l'inscription, ainsi qu'un sanctuaire dédié au noble Héqa-ib, seront construits dans l'île d'Eléphantine
Les somptueuses tombes des nomarques d'Assiout, de Béni Hassan et de Qoubbet el-Haoua, ainsi que les stèles privées d'Abydos - d'un luxe inégalé durant tout le Moyen Empire - témoigneront de la prospérité du pays sous le règne de Sésostris Ier.

Stèle de l'intendant et chancelier Senousret devant sa table d'offrande
"Une offrande invocatoire du roi à Osiris, seigneur de l'occident, le grand dieu, seigneur d'Abydos, Pour qu'il offre des milliers de pains, de vins, de viande et de volaille, tout ce qui est beau et pur, pour le vénérable devant Anubis sur sa montagne, le chancelier du roi, son seul ami, l'intendant Senousret justifié. Il dit: je suis venu de ma ville et je suis descendu dans la nécropole, j'avais fait ce qu'aimaient les hommes et ce qui plaisait aux dieux; j'étais un sage suivant le droit chemin, qui faisait parfaitement son rapport à celui qui l'avait envoyé, j'avais accompli des missions royales et j'en ai été récompensé dans les appartements privés du roi..."
Source :
- http://www.egyptos.net/
- http://balancedes2terres.free.fr/
- http://www.insecula.com
- http://egypte.nikopol.free.fr
A consulter : Histoires, biographies et mythes de l'Egypte ancienne
Fin de la XIIe Dynastie (~1980 - ~1780)
Sésostris Ier achève la conquête de la Basse Nubie et installera une garnison à Bouhen, à hauteur de la Deuxième cataracte.
Il contrôlera le pays de Koush situé entre la Deuxième à la Troisième Cataracte. Les mines d'or à l'Est de Coptos ainsi que les carrières de Ouadi Hammamat dans le désert oriental seront exploitées. Le contrôle des oasis du désert de Libye assurera la paix à l'Ouest du pays.
Les Derniers Pharaons de la XIIe Dynastie
Sésostris Ier, répétant sa politique de succession, associe son fils au pouvoir par une nouvelle cogérence.
Nebkaou-Rê Amenemhat II (Amménémès II), règne d'environ 1929 à 1895 sur une Egypte pacifiée. Son règne est marqué par une politique extérieure vigoureuse, tant sur le plan militaire que commercial, au nord-est et au sud. L'Egypte maintient une pression militaire sur la Palestine méridionale et la Syrie (en Canaan et à Chypre). L'Egypte maintient, comme en Nubie, une tutelle politique et économique sur les pays qui formaient ses glacis à l'est, tandis qu'elle commerçe avec certaines villes syriennes de l'Oronte. Ces relations sont l'objet d'échange d'ambassadeurs. Le règne fut enfin marqué par une oeuvre monumentale dont il ne subsiste que quelques modestes vestiges.
Khaképer-Rê Senousret (Sésostris II) - "la Manifestation de Rê est apparue en gloire" - joue un rôle-clé , de 1897 à 1878, dans l'histoire de la dynastie et du Moyen Empire. Il renforce le réseau de fortification de Basse-Nubie, pour assurer le contrôle du couloir nilotique (forteresse de Mirgissa). Il entreprend également l'aménagement du Fayoum : il construit une digue à Illahoun afin de canaliser le Bahr Youssouf et le doter d'un système de drainage et de canaux : l'aménagement de cette région, nouvelle terre fertile de grande dimension, provoquera un nouveau transfert de la nécropole royale s'installera à Illahoun en provenance de Dahchour.
Khakaou-Rê Senousret (Sésostris III) - "les ka de Rê sont apparus en gloire" - règne de 1878 à 1843. Sésostris III décide, lors de son accession au trône, de supprimer la fonction de nomarque et de mettre en place une administration qui repose sur une division du pays en trois régions, le Nord, le Sud et la " Tête du Sud ", c'est-à-dire Eléphantine et la Basse-Nubie. Chacune d'entre elles est gouvernée par un ministre (ouâret), un assistant et d'un conseil (djadjat) placés sous l'autorité du vizir. La disparition de l'ancienne caste dirigeante laisse la place à une nouvelle bourgeoisie. Les expéditions de Sésostris III en Nubie repousse les frontières du pays jusqu'à Semna. A l'Est, les Egyptiens affronteront les populations de Sichem et du Litani lors d'une campagne en Syro-Palestine contre le Mentjiou.
Nimaât-Rê Amenemhat III (Amménémès III) règne de 1842 à 1797. L'économie égyptienne reposait sur un contrôle efficace des ressources humaines et matérielles du pays, et sur l'exploitation économique des contrées limitrophes, au premier rang desquelles la Nubie. Les relations avec le Sud étaient placées sous le sceau de la fermeté imposée par Sésostris III, qui confirme par la force la politique menée depuis Amenemhat Ier. Aux ports du Levant, dont Byblos, l'Egypte impose un protectorat. Sa politique consiste à égyptianiser l'élite et l'administration locales qui, dès lors, servaient d'intermédiaires privilégiés entre l'Egypte et le Proche-Orient. L'immigration massive d'origine "asiatique" dans le Delta et dans la région de Licht se confirme. Amenemhat III fait élever deux pyramides, une à Dahchour, l'autre à Hawara.

La pyramide de Dahchour
Makhérou-Rê Amenemhat (Amenemhat IV) succède à son père à l'issue d'une courte corégence pour une période d'environ 10 ans. Le Fayoum reste sa préoccupation première. Sebkaka-Rê Sebeknefrou-Rê lui succède pour un court règne de 3 ans : à sa mort, le pouvoir revient à la reine, Néfrousobek, qui pour la première fois est désignée comme un pharaon.
Source : http://www.insecula.com/ - http://balancedes2terres.free.fr
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