L'Empire Assyrien (I) : Une Période d'Expansion
En 911, Arad-nirari II (911-891) devient roi d'Assyrie, et commence alors la période de renouveau du royaume, qui repart à la conquête des territoires voisins. Cette date marque le début de la période dite Néo-Assyrienne, qui s'achèvera en 609 à a fin définitive de l'Assyrie, et qui est la plus prestigieuse de cette nation.
Le nouveau souverain commence d'abord par vaincre les tribus araméennes qui avaient pris la Jazirah (à l'ouest), redonnant de l'espace à l'Assyrie qui commençait sérieusement à en manquer, avant d'aller attaquer les royaumes des montagnes du nord, avant de finalement vaincre les Babyloniens. Il s'empara ainsi de territoires au Zagros.
Son fils Tukulti-Ninurta II (891-884) poursuivit son oeuvre, et réussit à asseoir encore plus la domination des Assyriens sur les araméens de la Jazirah.

le roi assyrien Salamanasar III rencontre un souverain Babylonien
Les Araméens
Les Araméens sont identifiés pour la première fois vers le XIIè siècle dans la région du Moyen Euphrate, et dans la partie nord du désert syro-mésopotamien, où ils sont regroupés en tribus nomades ou semi-nomades. Il s'agit d'une population sémitique : la langue araméenne est proche de l'arabe. Les Araméens commencent à migrer vers la fin du XIIè siècle, et à s'installer en Syrie et en Mésopotamie septentrionale. Les causes de ses mouvements sont inconnues. Ils sont en tout cas contemporains des invasions des Peuples de la Mer, venus des Balkans, et qui ravagent le Proche-Orient à la même époque.
Les Araméens vont être, à partir du règne d'Adad-Nirâri II qui débute en 911, chassés d'Assyrie, et perdre le contrôle de tout le Nord de la Mésopotamie.
Les Assyriens vont alors entreprendre des expéditions punitives contre les régions dominées par les Araméens. Ceux-ci avaient maintenant en face d'eux un adversaire trop puissant. Une partie d'entre eux choisit d'ailleurs la souveraineté assyrienne plutôt que de résister. Les rois assyriens reprirent peu à peu le contrôle de la région du Moyen Euphrate.
Les Araméens rebelles vont alors commencer à être victimes des déportations massives perpétrées par les Assyriens dans le but d'abattre les velléités de soulèvements.
Plus tard, les royaumes vaincus seront intégrés à l'empire assyrien après élimination de leurs élites. Tous les royaumes araméens seront détruits et intégrés à l'Assyrie. A la mort de Teglat-Phalazar III en 726, il n'existe plus aucune puissance politique araméenne. Mais les Araméens sont alors devenus un élément ethnique influent dans tout le Proche-Orient.
Lorsque les Perses voudront unifier tout leur territoire avec une seule langue et une seule écriture, ils se reporteront logiquement sur l'araméen. Ceci assura à cette langue une longévité remarquable, puisqu'elle ne commença à péricliter que lorsque survint l'invasion arabe au VIIè siècle de notre ère. On la parle même encore dans certaines régions isolées du Proche-Orient.
Une Période d'Expansion
En 883, Assurnasirpal II (883-859) devient roi, et se lance dans une série de guerres victorieuses à l’ouest, contre les royaumes araméens et néo-hittites. Souverain aux méthodes violentes, il introduit les principes d'expéditions punitives, à buts lucratifs (pour recevoir un tribut), les massacres de milliers de vaincus, jusqu'aux civils.
Assurnasirpal II
Assurnasirpal II est le souverain énergique qu'il fallait pour poursuivre la conquête des pays voisins.
Dès sa montée sur le trône, il lance d'abord des attaques au nord, avant de s'attaquer aux Araméens de l'ouest. Il défait les royaumes du Bît-Adini et du Bît-Agusi, après avoir soumis Suhu et Laqê, plus au sud, à la limite du désert Arabo-syrien.
Il s'attaque ensuite aux royaumes Néo-hittites d'Anatolie, Karkemish, Kummuh et Gurgum, alliés des Araméens, et reçoit le tribut des états phéniciens, sa domination atteignant ainsi la Méditerranée.
Pour assurer la solidité de son royaume, il bâtit des forteresse sur les nouveaux territoires, avant de bâtir une nouvelle capitale dans l'ancienne cité de Kalakh (au sud de Ninive)
Grâce à son oeuvre, l'Assyrie est devenu un état très puissant, disposant de moyens considérables dans un monde qui sort du chaos.
Mais les états soumis disposent encore d'une certaine autonomie, et s'il ne sont pas régulièrement "visités", ils s'émancipent vite. Malgré sa puissance, le souverain assyrien a encore certaines difficultés à se faire respecter.
Salmanazar III
Ces carences vont se révéler coûteuses sous le règne du fils d'Assurnasirpal, Salmanazar III (859-824), qui prend le pouvoir en 858. S'il est très entreprenant comme son père, la réussite n'est pas toujours au rendez-vous. Grâce à sa puissante armée, il va dévaster les pays de l'ouest, avant tout pour les piller, et obtenir plus de richesses. Mais plus il s'avance, plus il éprouve des difficultés.
Les royaumes plus éloignés sont en effet d'un autre gabarit que les voisins direct, et sont surtout prêts à l'affrontement, tandis que dans tous les pays soumis aux offensive assyriennes, laissés trop autonomes, un esprit de résistance acharnée se développe.
Salmanazar éprouve ainsi de grandes difficultés à s'emparer de Til Barsip, la capitale du Bît-Adini, pour anéantir ce royaume. Il rebaptisera la cité Kâr-Salmanazar (Fort Salmanazar), et en fera une place forte sur l'Euphrate.
Peu de temps après, en 853, il subit une défaite cuisante à Qarqar, sur l'Oronte en Syrie centrale, face à une coalition rassemblant les rois de Damas, des cités de Phénicie, d'Israël, d'Ammon, venus soutenir le souverain d'Hamat face à la menace assyrienne, qui les lie tous.
Pour se remettre de cet échec, il va soutenir le souverain de Babylone face aux Chaldéens peu après, puis retente de forcer le passage vers l'ouest, une nouvelle fois sans succès. Il ne retrouvera la victoire qu'en 841, quand il vaincra le roi de Damas, et ses alliés, anciens vainqueurs de Qarqar.
Mais il ne réussit pas à rester à Damas, et son règne s'acheva piteusement lorsqu'il confia le trône à son fils Shamshi-Adad V (824-811), qui dut faire face à une révolte d'un de ses frères.
Source : http://geocities.com/esagil1/aram.htm - http://membres.lycos.fr/txm/assyrie.htm
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