Igor Brevnjovski : Chronique d'un homme en exil

L'Expansion des Hominidés

A partir des fossiles retrouvés sur le vieux continent, les scientifiques ont cherché à comprendre comment l'Homo sapiens avait colonisé la planète...  Avec des mêmes éléments fossiles plusieurs théories s'affrontent.

Théorie Monocentriste (Out of Africa - Arche de Noé) : développée en 1959 par William Howells, Christopher Stringer et Peter Andrews. Les Homo erectus migrent donc à partir de l'Afrique vers l'Europe et l'Asie une première fois. Puis se rédéploient vers - 1 millions. Ces Homo erectus européens et asiatiques s'installent et commencent une lente évolution vers l'homme moderne. Malheureusement, ces espèces se trouvent dans une impasse évolutive, les populations s'appauvrissent... Vers - 200 000 - 100 000 ans l'Homo sapiens apparaît en Afrique, biologiquement et intellectuellement mieux armé que ses prédecesseurs. C'est lui qui va repartir à la conquête de l'Asie et de l'Europe. C'est lors de cette troisième grande migration humaine que l'Homo sapiens supplante les populations archaïques restantes.

Théorie Pluricentriste (Multirégionale) : proposée en 1947 par Franz Weidenreich. De manière identique à la première, la théorie Multirégionale reprend l'hypothèse d'une migration importante il y a 2 millions d'années. Les Homo erectus migrent donc à partir de l'Afrique vers l'Europe et l'Asie une première fois. Puis se rédéploient vers - 1 millions - 700 000 ans , toujours à partir du berceau africain, vers l'Europe. A ce moment, les différentes populations, chacunes dans leurs régions respectives, vont évoluer vers l'homme moderne. Biologiquement on va donc assister à une sorte de "pré-sapientisation" des populations pour aboutir à l'apparition des Homo sapiens, simultanément, sur tout le globe.

Théorie intermédiaire (Evolution réticulée) : synthèse développée par Erik Trinkauss, Fred Smith et Günter Bräuer. Devant l'antinomisme et quelques incohérences des deux précédentes théories, quelques anthropologues ont cherché une voie intermédiaire. Selon ces scientifiques, les migrations depuis 2 millions d'années ont été régulières et progressives dans le temps. De plus, ces mouvements de populations se sont également réalisés d'une région à une autre : de l'Asie vers l'Europe par exemple. Cela sous-entend donc un mixage génétique permanent qui empêche l'apparition d'espèces différentes. La dernière migration en provenance d'Afrique (- 150 000 ans) serait donc naturellement celle qui aurait laissé le plus de traces dans le patrimoine génétique de l'homme moderne.

Formation

Les trois scénarios de l'apparition de l'homme


Une étude

L'équipe du Docteur Andréa Manica a réalisé une étude permettant de départager les tenants des trois théories en utilisant deux méthodes totalement différentes mais complémentaires. Ils ont en effet combiné une étude génétique sur les populations humaines du globe avec une étude des caractéristiques physiques de plus de 6000 squelettes fossiles provenant également de plusieurs régions de la planète.

Les résultats montrent que plus les populations sont éloignées géographiquement de l'Afrique, plus la diversité génétique et la variété phénotypique diminuent. Le Dr Andrea Manica (University's Department of Zoology) explique : « Certains ont utilisé des données morphologiques pour argumenter que les hommes modernes avaient des origines multiples. Nous avons combiné nos enregistrements génétiques avec de nouvelles mesures d'un large échantillon de squelettes pour démontrer définitivement que les hommes modernes sont originaires d'une seule région au sud du Sahara en Afrique. »

Pour valider leurs résultats, les chercheurs ont tenté d'utiliser leurs données pour trouver des origines non-africaines aux hommes modernes. Le Dr Francois Balloux explique : « Pour tester une théorie alternative aux origine de l'homme, nous avons essayé de trouver une origine non-africaine. Nous avons simplement trouvé que cela ne fonctionne pas. Notre étude montre que les humains sont bien originaires de l'Afrique sub-saharienne. »


Une autre étude

L'Europe a peut-être été colonisée par cette dernière, voilà plusieurs centaines de milliers d'années. C'est la thèse que défendent, dans la dernière livraison des Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) américaines, publiée lundi 6 août, des spécialistes espagnols, géorgien et italien de l'évolution humaine.

L'hypothèse la plus répandue parmi les paléoanthropologues, concernant le peuplement du globe, est celle du berceau africain. Plusieurs vagues migratoires successives se seraient produites depuis ce foyer originel, que les premiers représentants du genre Homo auraient quitté voilà quelque 2 millions d'années. L'homme moderne, Homo sapiens, y serait apparu il y a environ 200 000 ans, avant de se répandre en Asie et en Europe, puis sur le reste de la planète, voilà 100 000 ans. C'est la théorie du "out of Africa". L'étude publiée dans les PNAS met à mal ce scénario.

  1. Les auteurs ont scruté à la loupe plus de 5 000 dents fossilisées datant du pléistocène, sur une période s'étendant de l'émergence d'Homo erectus, 1,8 million d'années avant notre ère, à l'apparition de l'homme de Neandertal, il y a quelque 250 000 ans. Au vu de cette analyse dentaire comparée, deux groupes humains bien distincts apparaissent : l'un formé de fossiles découverts sur l'ensemble continental eurasiatique (Homo erectus, Homo heidelbergensis, Homo neanderthalensis), l'autre de fossiles exhumés en Afrique (Australopithecus afarensis, Australopithecus africanus, Homo habilis).

  2. L'examen montre "d'importantes différences morphologiques" entre les spécimens mis au jour. Chez les Eurasiates, la denture antérieure (incisives et canines) est marquée par une robustesse que l'on ne trouve pas au même degré chez leurs homologues africains. La denture postérieure (prémolaires et molaires) des premiers se caractérise, au contraire, par une importance réduite (perte des cuspides par exemple, c'est-à-dire des pointes en contact avec les dents opposées) par rapport aux seconds.

Autant d'indices qui donnent à penser que les cours de l'évolution en Eurasie et en Afrique "ont été relativement indépendants pendant une longue période". Au sein de l'ensemble eurasiatique, l'Asie aurait donc pu être un creuset de l'évolution des espèces. Et, au niveau génétique, avancent les chercheurs, son influence sur le peuplement de l'Europe aurait été "plus importante que celle de l'Afrique". Les "paléodentistes", toutefois, n'écartent pas totalement la piste africaine. L'arrivée en Europe de nos lointains ancêtres serait peut-être la résultante d'un "puzzle complexe" de contacts et de migrations entre continents.

Source :
- http://www.hominides.com/html/dossiers/expansion.html
- http://www.hominides.com/html/actualites/theorie-out-of-africa-confirmation-0057.html
- http://pagesperso-orange.fr/nicole.rolin/prehistoire/Pages/Le%20peuplement%20de%20la%20terre.htm
- http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3244,36-943424,0.html

Posté par Silverside le 06.04.08 à 19:42 - Commentaires (0) - Chronologie

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