Igor Brevnjovski : Chronique d'un homme en exil

La Deuxième Dynastie (~2900 - ~2700)

La deuxième dynastie marque un renforcement d'un pouvoir absolu qui repose sur une organisation des pouvoirs centralisés et l'utilisation plus intensive de l'écriture. Memphis devient capitale du royaume sous Perisben. Les luttes contre les Nubiens ne connaissent pas de répit et le Nord est enfin pacifié.

La religion occupe une place essentielle. Seth est substitué à Horus comme divinité principale et le pharaon est dieu sur terre. Les cérémonies associent intimement le profane et le sacré, le politique et le religieux.

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La Monarchie Thinite

L’essentiel des institutions est déjà en place. Le principe de la transmission du pouvoir par filiation directe sur lequel repose l’institution pharaonique fonctionne déjà.

L’organisation de la maison royale est désormais ce qu’elle sera dans les siècles qui suivent.

  1. Le palais, construit en brique, abrite en même temps les appartements privés, le harem, et l’administration. Le roi assume théoriquement l’ensemble du pouvoir et est assisté par de hauts fonctionnaires. Une double institution, la chancellerie de Basse Egypte et celle de Haute Egypte, se charge par l’intermédiaire de scribes, du recensement, de l’organisation de l’irrigation et tout ce qui touche au cadastre.

  2. Elle s’occupe de la collecte des taxes et de la redistribution des biens qui sont versés à des " trésors " et des " greniers " spécialisés dans les céréales, les troupeaux, la nourriture en général.

  3. Ces organes du pouvoir central traitent avec des rouages locaux qui sont répartis en provinces que les Grecs ont appelées " nomes " et les Egyptiens sepat puis qâh (22 nomes pour la Haute Egypte, 20 pour la Basse Egypte) sous la responsabilité des nomarques.

On ne sait rien de l’organisation militaire du pays mais on peut supposer que le système en vigueur par la suite est déjà en place. On peut se faire une bonne idée de l’architecture d’après les représentations de forteresses, le plan de la partie fortifiée d’Abydos ou l’enceinte archaïque de Hierakonpolis.


La Datation

Les noms, le nombre et l'ordre des rois sont incertains car les sources se contredisent et nous manquons de documentation. En effet, il existe des divergences entre les noms sur les listes d'Abydos, de Palerme, de Saqqarah, de Turin, de Manéthon et les noms trouvés sur les monuments.

    Manéthon de Sebennytos (IIIe siècle av. J.-C.), prêtre égyptien a écrit en grec, à la demande de Ptolémée Ier Sôter, l'histoire de l'Égypte (Ægyptiaca) en trente volumes. Il était originaire de Sebennytos, ville du delta et dernière capitale pharaonique des Nectanébo. En tant que prêtre, il avait sans doute accès aux listes royales des bibiliothèques de temples, mais aussi aux contes populaires à propos de divers pharaons mythiques. Il faut signaler que son œuvre est similaire à celle d'Hérodote : truffée d'erreurs et d'affabulations.

    La Pierre de Palerme a été « découverte » en 1895 par un savant français qui, visitant le musée de Palerme, a reconnu sa signification. Aux environs de 1903, trois nouveaux fragments ont été découverts : un fragment qui avait été utilisé comme un butoir de porte, (ce qui a contribué à en effacer une bonne partie), un second fragment également acquis sur le marché noir des antiquités en Égypte, et un troisième enfin exhumé à Memphis. En 1914, Flinders Petrie a fait l'acquisition, sur le marché des antiquités, d'un autre fragment bien conservé sur ses deux côtés ; il se trouve maintenant à l'University College London, auquel Petrie l'a remis. En 1963, un fragment additionnel a été acquis sur le marché des antiquités et se trouve à présent au Musée du Caire. La Pierre est divisée en deux registres, le registre supérieur comportant les noms de rois, tandis que le second registre attribue aux années spécifiques, des événements et la hauteur de la crue annuelle du Nil. D'après les études, la Pierre de Palerme est plus certainement un document politique qu'historique. Il y a des erreurs sur les fragments.

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Pierre de Palerme

    Le papyrus de Turin est un papyrus écrit en hiératique qui est exposé au Musée égyptologique de Turin. Le texte date du règne de Ramsès II et mentionne le nom de tous les pharaons qui l'ont précédé. Lorsqu'il fut découvert en 1822 à Thèbes par l'aventurier Bernardino Drovetti, il semble avoir été en bon état. Malheureusement de mauvaises conditions de conservation l'ont beaucoup détérioré, l'émiettant en près de 160 fragments.

    Abydos (Abidjou) est une ancienne ville sainte d'Égypte vouée au culte du dieu Osiris, et située à 70 km au nord-ouest de Thèbes.

    Saqqarah est quant à elle, une vaste nécropole de la région de Memphis, où, dès les premières dynasties, les rois firent bâtir leur mastaba - construction funéraire rectangulaire.

Il faut bien avoir en mémoire qu'effacer le nom d'une personne sur ses monuments équivalait non seulement à effacer son souvenir dans le monde visible mais aussi à le priver d'existence dans l'autre.


Les Pharaons de la Deuxième Dynastie

La première dynastie instaure le pouvoir absolu en Egypte : ils mettent en place les institutions pharaoniques et imposent Horus à la tête des divinités officielles égyptiennes.

  1. Horus Hotep-Sekhemouy ("les Deux Puissants sont en paix") - Boethos (en grec) -, originaire d'Abydos, est le premier roi de la deuxième dynastie qui en comptera neuf. Des luttes intestines avaient entraîné la division du pays et deux royaumes bien distincts s'étaient constitués. Alléguant la dichotomie dans la titulature de Hotepsekhemoui, où Horus symboliserait le delta des paysans sédentaires et Seth, le désert des pasteurs nomades, on a voulu reconnaître dans ces conflits « l’ancien antagonisme entre une aristocratie enracinée dans la tradition des chasseurs nomades et une plèbe composée des descendants des peuplades paysannes de la vallée »

  2. Neb-rê - Kajechos (en grec) - est le premier roi à se rattacher au dieu Rê.

  3. Ninétèr ou Ninetjer - Binôthris (en grec) - : la pierre de Palerme décrit de nombreuses cérémonies religieuses ayant eues lieu sous son règne.

  4. Ouneg ou Oueneg ou Ouadjenesest - Tlas (en grec) - n'a probablement régné que sur le Nord, à Memphis, ainsi que certains de ses successeurs.

  5. Sénedj - Séthenès (en grec) - a peut-être été co-pharaon avec Ouneg car un document indique qu'il aurait été le successeur direct de Ninetjer. Si tel est le cas il n’aurait régné que sur le sud, comme semble le confirmer la stèle de Berlin (Niswt snd) Nisout Sened.

  6. Horus Sekhemib - Chairos (en grec) - et Seth Périb Sen - Neferkarès (en grec) - : le fait que ce dernier aurait eu le désir de mettre le dieu Seth au rang de divinité principale et qu’il aurait alors changé son nom d’Horus en faveur d'un nom de Seth est si important, qu'il a incité les historiens à créer beaucoup d'hypothèses sur son règne : usurpation du nom de Péribsen, révolution religieuse sous son règne).

      À cette époque, le grand dieu du désordre et du chaos (ainsi que de la mort sous son aspect négatif) était considéré comme un mal nécessaire au maintien de l'équilibre cosmique (notamment Rê utilisait sa violence de façon positive, afin de combattre l'incarnation du mal, le serpent Apophis). Dans tous les cas cela confirmerait la division de l'Égypte en deux. Sekhemib est chassé du Nord et se réfugie dans le Sud où il change de nom pour devenir Péribsen ? On peut penser aussi que Sekhemib Perenmaât et Péribsen étaient deux rois différents. Dans ce cas, Sekhemib serait successeur de Péribsen... Ce qui est presque certain sous le règne de Péribsen, c’est que le pouvoir avait été décentralisée et des règnes simultanées ont eu lieu.

  7. Horus Khasekhem - Sesochis (en grec) - a été contemporain du roi Peribsen dont on connaît la sépulture à Abydos aménagée par son (possible) successeur local Sekhemib - "l'homme au coeur puissant".

  8. Horus/Seth Khasekhemouy ("les Deux Puissants sont couronnés") - Cheneres (en grec) - est le neuvième et dernier roi de la IIème dynastie. Il porte un nom composé de Khâ, également porté par le dernier pharaon de la première dynastie et de Sekhmouy, premier roi de la seconde dynastie. Il pourrait s'agir d'une allusion à la rencontre des deux puissances "Horus et Seth". Il semble que son règne ait connu une guerre civile entre les capitales des deux royaumes divisés sous les règnes précédents et que le pharaon soit à l'origine d'une nouvelle unification.

Le nom de son épouse Ny-Hépet-Maât (le gouvernail appartient à Maât) mentionne l'existence de la grande déesse Maât, symbole de l'ordre cosmique universel. Membre du tribunal d'Osiris, elle fournit la plume posée sur la balance chargée de faire contrepoids à l'âme du défunt. Maât, en tant que déesse de la vérité, dirige le coeur du pharaon et de ses sujets. Son existence avant les réformes du Grand Imhotep prouve que l'Egypte avait élaboré certaines théories sur la vie dans l'Au-delà et la relation entre la conscience humaine et le droit d'accéder au paradis

Source :
- http://www.bubastis.be/histoire/grimal03.html
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Égypte_antique
- http://www.insecula.com/

Posté par Silverside le 18.03.08 à 21:08 - Commentaires (0) - L'Epoque Thinite

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