La Deuxième Guerre Punique (I) : La Prise de Sagonte (218)
Depuis la paix de - 241, Rome est intervenue en Sardaigne d'une façon qui a suscité à Carthage un regain de patriotisme. Tandis que les Barcides ont fondé en Espagne, un état solide dans le but de prendre leur revanche, les Romains ont depuis le premier conflit, obligé sous la menace d'une reprise de la guerre, Carthage à lui céder la Corse et la Sardaigne et un traité est signé en - 226 qui fixe les zones d'expansion respectives en Espagne. Mais Rome a agi prudemment en ne profitant pas de la grave crise qui affecte Carthage: la guerre inexpiable contre les mercenaires entre - 240 et -237.
Les interventions militaires de Rome se font essentiellement en Italie, par souci de sécurité.
Au nord, une loi de Flaminius prépare la colonisation du pays Sénon. Les Celtes indépendants passent à l'attaque, soutenus par des Belges, des Germains et descendent en Étrurie. Les Romains régissent tardivement mais la victoire du Cap Télamon et la mort du roi celte Viridumar (Virdomar) en - 225, suivies du succès écrasant de Clastidium en -223, permettent à Flaminius d'imposer aux Celtes la domination romaine. Vers - 220, Rome porte sa frontière sur les Alpes.
Dans le sud, les Romains débarquent en Illyrie en - 229, - 228 pour se débarrasser des pirates de l'Adriatique. Ils y reviennent en - 221 après un retour de la piraterie.
L'affaire de Sagonte
Cette ville, bien au sud de l'Ebre et proche de l'actuelle Sagonte est partagée en deux partis, l'un pro carthaginois et l'autre pro romain. Ce dernier est maître de la cité depuis que Rome est intervenu pour écraser un soulèvement populaire rejetant l'alliance romaine vers - 220. Puis la guerre éclate entre Sagonte et ses voisins Turbolètes.
Le siège de Sagonte (218)
Hannibal, en chef des forces de la "ligue ibérique" doit les soutenir. Carthage est liée par le traité de - 226 qui lui interdit d'attaquer une ville grecque ou située au nord de l'Iber (sans doute le Jucar). Hannibal rassemble dans l'hiver - 220 -219, une armée de 50 000 fantassins, 6 000 cavaliers et 200 éléphants. En juin - 219, il débute le siège de Sagonte qui va durer 8 mois. Les combats sont rudes, Hannibal est blessé et Rome mobilisée en Illyrie ne bronche pas. La cité est prise par surprise durant des négociations et le butin est envoyé en partie à Carthage. Hannibal rentre à Carthagène.
C'est alors que le Sénat romain envoie des ambassadeurs auprès d'Hannibal, c'est un échec. Puis ils vont à Carthage et se plaignent de l'accueil de Carthagène. Seul Hannon plaide pour le retour à la situation antérieure, il pense qu'un conflit renforcerait les Barcides. A Rome on est divisé au sujet de la guerre et la perspective d'un autre front contre la Macédoine refroidit les ardeurs des sénateurs.
En mars - 218, une nouvelle ambassade romaine vient à Carthage, exiger l'évacuation de Sagonte et la livraison d'Hannibal et de ses lieutenants coupables d'avoir rompu le traité.
L'ambassade se rend ensuite en Espagne pour y chercher des alliés, mais les chefs contactés n'ont plus confiance en Rome après l'abandon de Sagonte. Les Gaulois Transalpins consultés répondent indignés que c'était extravagant de proposer d'attirer la guerre sur leur propre territoire, pour qu'elle ne passât point en Italie et, avec force éclats de rire nous dit Tite Live, rejettent les propositions des Romains.
Rome connaît une expansion démographique lui permettant d'aligner 500 000 fantassins et 50 000 cavaliers, plus faciles à mobiliser en Italie pour la défendre que des Espagnols ou des Africains pour l'attaquer. Cette abondance d'effectifs permet aux officiers d'effectuer une sévère sélection et en cas de défaites mêmes sévères, ils pouvaient combler les pertes. Bien entendu dans l'antiquité, il n'est pas question d'équiper tous les adultes en âge de combattre. Le "tumultus" romain est la levée en urgence et non la levée en masse. La situation financière de Rome est bonne, les conquêtes rapportent du butin et des tributs. L'armée romaine est passée de 4 légions à 6. La marine, avec ses 220 quinquérèmes, interdit toute opération navale à l'ennemi et assure la logistique des légions.
Cette suprématie navale de Rome est permise par ses moyens financiers. Les forces politiques opposées avant le déclenchement de la guerre font l'union sacrée contre Hannibal.
Accueil
