La Deuxième Guerre Punique (VI) : La résistance de Rome
L’effet de la victoire carthaginoise à Cannes pousse de nombreuses parties de l’Italie à se rallier à la cause d’Hannibal. Comme le note Tite-Live, « le désastre de Cannes fut plus grave que les précédents, on en a déjà un indice dans ce fait que la fidélité des alliés, qui jusqu’à ce jour était restée ferme, commença à chanceler, sans aucune raison, assurément, sinon qu’ils désespéraient de l’empire. »
Durant la même année, les cités grecques de Sicile se révoltent contre le contrôle politique des Romains alors que le roi Philippe V de Macédoine apporte son appui à Hannibal, lançant par la même la Première Guerre macédonienne contre Rome.
Hannibal noue aussi une alliance avec le nouveau roi Hiéronyme de Syracuse.
On affirme souvent que si Hannibal avait reçu le matériel nécessaire de la part de Carthage, il aurait pu conduire une attaque directe contre Rome. Pour le moment, il se contente de harceler les forteresses qui lui résistent encore et le seul événement marquant de l’année est la défection de certains territoires italiens importants tels que Capoue, la seconde ville d’Italie, dont Hannibal fait sa nouvelle base. Néanmoins, seul un petit nombre des cités italiennes qu’Hannibal espère rallier consentent à le rejoindre.
L'Enlisement en Italie (215-209)
Capoue accueille chaleureusement Hannibal mais refuse qu'on enrôle ses citoyens et la majeure partie de l'Italie du Sud se rallie mais pas les Grecs.
Rhegion, Thurium, Metaponte et Tarente refusent d'ouvrir leurs portes par traditionnelle hostilité envers les Puniques.
Naples qui reçoit une garnison romaine, les cités côtières et celles du Nord de la Campanie restent fidèles à Rome qui reprend la tactique de harcèlement du Cunctator. Marcellus a réussi à devancer et repousser Hannibal de Nola avec pertes. Cette victoire insignifiante produit une effet moral disproportionné.
Hannibal assiège et prend Nucérie, Acerra, et après un long siège Casilinum, clef du Vulturne mais il échoue devant Cumes. L'hiver arrive, l'armée d'Hannibal peut enfin se reposer à Capoue.
A Syracuse, la mort de Hiéron à 90 ans, autorise son petit fils et successeur Hieronymos, à rejoindre le camp du vainqueur qui lui promet que la Sicile entière lui reviendrait.
La Sardaigne se soulève à nouveau.
Dans l'Italie du Nord, les Gaulois anéantissent les 2 légions et les alliés de l'armée de Lucius Postumius Albinus, soit 25 000 soldats, dans la forêt Litana ou Litena.
Hannibal doit parcourir la Campanie pour protéger ses alliés. Il a besoin de renforts que Carthage mené par Hannon consent chichement à lui envoyer et que la marine romaine empêche d'arriver en nombre. En - 215, Bomilcar lui envoie par le port de Locres, un renfort de 4 000 Numides, des éléphants et de l'argent. Il étend sa domination sur l'Italie du Sud. Les ports italiens restent contrôlés par Rome. Hannibal est surveillé en permanence par 3 armées romaines, Marcus Marcellus dans le Samnium qui contrôle la route de Brindes, Sempronius Gracchus en Campanie même et Fabius Maximus près de Calès, inspirant la stratégie romaine.
Syracuse
Hiéronyme, héritier du trône, conseillé par ses deux oncles, préfère se rapprocher des Carthaginois. Cependant, la conduite scandaleuse de Hiéronyme provoque une sédition et il est assassiné en 214. Ceci entraîne des troubles dans la ville et finalement, toute la famille royale est massacrée. Les Carthaginois en profitent pour prendre le contrôle de la cité et, de là, tenter de reconquérir la Sicile. La prise de contrôle s'effectue plutôt par voie diplomatique, en retournant les alliances, que par des combats militaires.
Le consul Marcus Claudius Marcellus ne parvient pas à rétablir l'alliance avec Syracuse par la négociation, et au printemps 213 commence le siège de Syracuse. Dans le même temps, une armée carthaginoise de 25 000 hommes et 3 000 cavaliers débarque en Sicile, commandée par Himilcon. Il occupe Agrigente, mais ne peut faire lever le siège de Syracuse. Une épidémie décime ensuite son armée. La flotte carthaginoise ravitaille plusieurs fois Syracuse, mais retourne à chaque fois vers Carthage, redoutant un combat naval avec la flotte de guerre romaine.
En 211, Marcellus finit, après un long siège et de nombreuses péripéties par reprendre Syracuse, la plus belle et la plus illustre des villes grecques, qu'il livre partiellement au pillage. Le grand savant Archimède est, selon une légende rapportée par Tite-Live, tué pendant le sac par un soldat qui ne le connaissait pas alors qu'il était en train de contempler des figures géométriques dans le sable. Toutes les œuvres d’art de la ville, publiques ou appartenant à des particuliers, sont transférées à Rome.
Les Romains s'assurent la fidélité de leurs alliés siciliens tentés par une alliance avec Carthage par différents moyens, y compris par le massacre « préventif » des habitants d'Enna : Alors on égorgea les habitants d'Enna parqués dans le théâtre. C'est ainsi que l'on garda Enna : je ne sais si ce fut un crime affreux ou une mesure indispensable.
Tarente et Capoue
Lors de l'hiver 213/212, Tarente ouvre ses portes à Hannibal. Toutefois la garnison romaine retranchée dans la citadelle verrouille l'accès du port. Hannibal parvient enfin à se donner un accès à la mer, en s'emparant des cités côtières voisines de Métaponte, Héraclée et Thourioi. Si la flotte punique parvient à embarquer les troupes de Philippe V de Macédoine, elle pourra les débarquer en Italie du Sud. Mais en 211, la flotte de Bomilcar ravitaille une dernière fois Syracuse assiégée et se contente de bloquer la citadelle de Tarente, restant à l’écart de la flotte romaine de Brindisi.
Profitant de la fixation d'Hannibal sur Tarente, les Romains reprennent pied en Campanie et assiègent Capoue une première fois en 212, mais Hannibal les bat. En 211, ils reprennent leur blocus, que Hannibal ne peut rompre. Ce dernier tente alors un raid de diversion en se dirigeant sur Rome avec sa cavalerie. Aucune force ne s’interpose, les Romains refusent toujours une bataille rangée frontale.
Hannibal ad portas ("Hannibal est à nos portes") rapporte Tite-Live. Le Sénat s'empresse d'organiser la défense de la ville derrière ses murailles. La cavalerie d’Hannibal campe près de Rome, mais faute de machines de siège, elle doit rebrousser chemin vers l'Italie du sud.
Les Romains n'ont pas levé leur siège autour de Capoue : la diversion d'Hannibal a échoué. Capoue capitule en 211. En punition de sa trahison envers Rome, toutes ses terres sont confisquées et rattachées à l’ager publicus. Enfin, en 209, Fabius Cunctator réoccupe Tarente. La répression est plus sévère qu’à Capoue : Tarente est pillée, et 30 000 habitants sont vendus comme esclaves.
Source :
- http://pagesperso-orange.fr/miltiade/guerpunique_2eme.htm
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Deuxi%C3%A8me_guerre_punique
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