Igor Brevnjovski : Chronique d'un homme en exil

La Domination Assyrienne

Malgré le fait que quelques villes commerciales importantes, telles qu'Assur et Ninive, aient été fondées dans la région, l'Assyrie ne devint que tardivement un royaume organisé.

La liste royale assyrienne nomme d'anciens "rois vivant sous la tente", aux noms énigmatiques, réminiscences d'un temps où l'écriture n'était pas répandue en Assyrie, et visiblement le nomadisme dominait. Mais pour le moment, l'Assyrie n'est encore que la Cité-Etat d'Assur.

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Prêtres du Dieu Assur, présidant une cérémonie devant l'arbre sacré

  1. La région est réunie autour du culte de sa divinité, Assur, et la cité était dirigée par son grand prêtre, "vicaire" du dieu Assur (ishi'ak Assur), qui était en fait le vrai roi (sharru). L'ordre assyrien est ainsi basé sur la religion, et il restera ainsi jusqu'à la fin, malgré les nombreuses années qui passèrent et les nombreux changements qui se produisirent.

  2. Une assemblée d'Anciens semble avoir un pouvoir important dans la cité d'Assur, tout comme le magistrat éponyme (limmu), qui siège à l'Hôtel de Ville (bît âli). Le pouvoir royal est probablement contrebalancé par ces autres pouvoirs, et ce n'est que petit à petit qu'il gagnera plus d'autorité

Assur était alors sur le plan international, une puissance très faible face aux grands royaumes qui commençaient à se former à Sumer et Akkad[/u]. Ainsi, les souverains d'Akkad, puis ceux d'Ur soumirent Assur. A la fin du XXIè siècle, après l'effondrement du royaume d'Ur, le souverain assyrien Puzur-Assur fonda la première dynastie assyrienne.

Mais la seule vrai importance de d'Assur à cette époque-là est en fait sur le plan commercial.


Les Comptoirs commerciaux en Anatolie

Aux XIXè-XVIIIè siècles, les Assyriens de la dynastie de Puzur-Assur implantent des comptoirs commerciaux en Anatolie, les karûn. Le site principal de ces établissements est la ville de Kanesh, une citadelle de forme circulaire située en Cappadoce, sur le site de Kültepe, la plus grande ville de la région à l'époque.

  1. Les colons Assyriens vivaient dans les karûn en famille. Les villes comprenaient un quartier assyrien a côté du reste de la cité habité par les indigènes. Les habitants sont surtout des marchands, et leur maison est organisé en fonction de ce travail : à côté de la partie où on vit, on trouve généralement un bureau et un entrepôt.

  2. Les colons restent sujets du roi assyrien, bien que les cités anatoliennes soient indépendantes, avec leur propre roi à leur tête. Le but des Assyriens étant le commerce, les karûn étaient donc avant tout des comptoirs, et non des colonies

Ils passaient des accords avec les souverains locaux, qui fixaient les taxes commerciales, et accordaient quelques avantages au pouvoir local (sur certains produits de luxe notamment, ainsi qu'un droit de préemption), en échange de leur protection, et du droit des colons de conserver leur propre juridiction.

Grâce à leurs moyens supérieurs à ceux des marchands locaux, les Assyriens décidaient des prix pratiqués, des taux de crédits et détenaient le pouvoir économique en Anatolie : le commerce du cuivre, de l'étain, de la laine. Ce système remarquablement organisé a permis aux Assyriens de réaliser d'importantes opérations commerciales pendant près de deux siècles, jusqu'à ce que des changements politiques, en Anatolie comme en Assyrie, surviennent.


Le Proche-Orient amorrite

Après la mort de Narâm-Sîn, la dynastie de Puzur-Assur prend fin. C'est aussi à ce moment que le premier karûn de Kanesh s'arrête. Après le règne d'Erishum II, le pays est envahi vers 1805 par Shamshi-Adad, le roi d'Ekallâtum (au nord d'Assur), qui fonde le Royaume de Haute-Mésopotamie.

  1. Il place ses deux fils Ishme-Dagan et Iasmah-Adad sur les trônes d'Ekallâtum et de Mari, se réservant le droit de surveiller leurs actions depuis sa nouvelle capitale, Shubat-Enlil.

  2. De par son prestige, les Assyriens intègreront Shamshi-Adad sur leurs listes royales. Mais il n'était en aucun cas un Assyrien. A sa mort, son fils Ishme-Dagan continue à régner sur la région autour d'Ekkalatum, Assur comprise. Son règne est long et très difficile, et il ne doit son maintient qu'à l'aide que lui apporte le roi de Babylone Hammurabi

Au XVIè siècle, un nouvel adversaire apparaît en Syrie : il s'agit des Hurrites du royaume du Mitanni. Ils marchent sans difficulté vers la Haute-Mésopotamie, et font tomber Assur, qui devient leur vassale. Durant la domination hurrite, qui dura plus de deux siècles, les Assyriens tentèrent de se révolter, sans succès.

Source :
- L'Assyrie (Esagil)

Posté par Silverside le 16.03.08 à 19:38 - Commentaires (0) - La Domination Assyrienne

L'Assyrie (I) : L'Emancipation assyrienne

La situation va évoluer après les conflits opposant les grandes puissances. Au début du XVè siècle, Suppiluliumas, roi des Hittites, bat Tushratta, le roi du Mitanni, et pille sa capitale Washshukanni. Après cette offensive, les Hurrites sont considérablement affaiblis. Le pays est en crise, Tushratta est assassiné.

Assur-uballit (1366-1330), roi d'Assyrie, va profiter de la situation pour s'émanciper de la tutelle hurrite, et décide d'apporter son soutien à un des deux prétendants au trône du Mitanni, tandis que l'autre est soutenu pas Suppiluliumas.

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L'Assyrie

A la mort de ce dernier, Assur-uballit va prendre en main les opérations, et écartera les deux prétendants, provoquant la division du Mitanni en deux Etats fantoches aux mains d'un côté du Hatti, de l'autre de l'Assyrie. Assur-uballit est un souverain brillant et intelligent, qui ne tarde pas à s'affirmer comme le souverain d'un royaume puissant, malgré sa libération récente. Il noue des contacts avec le pharaon d'Egypte, avec lequel il traite déjà d'égal à égal. Cette situation n'est pas sans inquiéter les voisins des Assyriens.

  1. Les Hittites, bien qu'accaparés par leur lutte contre l'Egypte (qui finira avec une alliance conclue après la bataille de Qadesh opposant Ramses II et Muwatallis en 1286), auront à faire face à un rival très turbulent.

  2. Les Kassites qui règnent à Babylone ont désormais un adversaire direct pour le contrôle de la Mésopotamie, et seront donc forcés de sortir de leur neutralité pour faire face à cette nouvelle menace.

Assur-uballit a ainsi magistralement redressé la situation, et fait de l'Assyrie, jusqu'alors simple vassal du Mitanni, une puissance sur laquelle il faut compter.

Simple cité-état auparavant, Assur devient sous le règne d'Assur-uballit un véritable royaume. Abandonnant le titre traditionnel des rois d'Assur, "prince" (rub?), il se nomme désormais "roi" (šarru).

Posté par Silverside le 16.03.08 à 19:42 - Commentaires (0) - La Domination Assyrienne

L'Assyrie (II) : L'Affirmation de la Puissance assyrienne

Après trois siècles de calme, la Mésopotamie va de nouveau être le cadre de conflits, opposant le grand royaume du nord, l'Assyrie, à celui du sud, Babylone. C'est le début de l'opposition entre ces deux puissance, qui durera jusqu'à la fin du VIIè siècle.


L'Affirmation de la Puissance assyrienne

Assur-uballit avait donné sa fille en mariage à Burna-Buriash II de Babylone, et ainsi, à la mort de ce dernier, son petit-fils devait régner sur l'illustre cité. Mais les notables de la cour babylonienne ne l'entendaient pas ainsi, et assassinèrent le successeur.

En représailles, Assur-uballit envahit le Sud, et plaça sur le trône de Babylone un roi qu'il a lui-même choisi. Mais ce dernier n'hésitera pas à attaquer le successeur du roi assyrien, Enlil-nirari (1330-1320), rétablissant ainsi l'équilibre des forces entre les deux royaumes

Le souverain assyrien suivant, Arik-dên-ili (1320-1308), fait face à des attaque de nomades, signe que les frontières de l'Assyrie ne sont pas encore sûres.

Adad-nirari (1308-1275), qui règne au début du XIIIè siècle, doit lutter contre les Babyloniens au sud, mais aussi contre les révoltes des royaumes situés sur l'ancien territoire du Mitanni. Mais il sort à chaque fois victorieux.

  1. La tension est grande face aux Hittites, envenimée par des affaires diplomatiques (refus d'envoi de dons, humiliation d'ambassadeurs). Face à l'Assyrie, ses deux adversaires tentent de s'allier, mais ces contacts n'aboutissent à rien de dangereux pour Adad-nirari.

  2. Les Hittites de Muwatalli, affaiblis par des années de guerre contre l'Égyptien Ramses II, se font moins menaçants.

Pourtant, Salmanazar I (1275-1245), peu après sa montée sur le trône, faisant face aux mêmes adversaires, est vaincu par les Hittites. Mais il se reprend, et défait une coalition de Hittites et de Hurrites à son tour, avant de lancer des offensives au nord et dans le Zagros occidental.

C'est à ce moment-là que le royaume du Hanigalbat est soumis à l'Assyrie. Adad-nirari avait déjà envahi le pays après la rébellion de son roi Wasashatta. Salmanazar profite de sa victoire pour nommer un grand vizir (sukkallu rabû) sur le Hanigalbat et l'ouest de son royaume.


Tukulti-Ninurta I

C'est son fils Tukulti-Ninurta I (1245-1208) qui achèvera le royaume hurrite. C'est l'un des souverains les plus brillants de cette période.

  1. Il attaque d'abord les régions au nord de son royaume, vers les pays d'Alzi et de Naïri. En représailles contre cette attaque qui menace ses intérêts, le roi Hittite Tudhaliya IV impose un blocus économique contre l'Assyrie avec le soutient de ses vassaux. Mais il n'y a pas de conflit entre les deux royaumes.

  2. Le second front où Tukulti-Ninurta doit combattre est la Babylonie. Le roi kassite Kashtiliash IV a profité des campagnes au Naïri pour attaquer le sud de l'Assyrie. Le roi assyrien réagit, et défait son adversaire avant de s'emparer de sa capitale. Cette victoire brillante est célébrée dans l'Épopée de Tukulti-Ninurta, un texte tout à la gloire du souverain.

Une tentative de domination de la Babylonie par l'intermédiaire de rois vassaux est tentée, mais elle échoue face aux attaques des Élamites et les révoltes. Après sa victoire à Babylone, Tukulti-Ninurta a fait bâtir Kâr Tukulti-Ninurta ("Fort Tukulti-Ninurta"), une ville consacrée à sa gloire.


Une Assyrie en crise

Mais, après les échecs en Babylonie, le roi est renversé et tué par son fils Assurnasirpal en 1208, et le royaume tomba dans une guerre civile qui l'affaiblit considérablement.

Au sortir de la guerre civile, c'est un autre fils de Tukulti-Ninurta, Assur-nadin-apli (1208-1204), qui monte sur le trône.

  1. Après le règne d'Adad-nirari III (1204-1198), le souverain Enlil-kudurri-usur (1198-1193) entre en guerre contre Babylone. Il est défait, et fait prisonnier par son adversaire Adad-shum-usur.

  2. S'ensuit une crise, qui voit la montée sur le trône d'un souverain illégitime, Ninurta-apil-Ekur (1193-1180)

  3. Peu de temps après, en 1160, l'Élamite Shutruk-Nahhunte abattait la dynastie Kassite à Babylone, avant que son fils Shilhak-Inshushinak ne menace l'Assyrie, en s'emparant du Zagros Occidental, puis en remontant jusqu'à Arrapha.

  4. Mais il ne put aller plus loin, car les Babyloniens se révoltèrent et le chassèrent, avant d'aller vaincre l'Élam sur son territoire en 1130, éloignant définitivement cette menace de l'Assyrie qui, en crise, aurait eu du mal à y résister.

Ce n'est qu'avec le règne, Assur-resh-ishi (1134-1116) que l'on connaît plus d'évènements. Il a mené des campagnes victorieuses au Zagros et en Babylonie, et a vaincu des Araméens qui se font de plus en plus dangereux.



Le Recul au XIè siècle

La fin du IIè millénaire est une période de grands bouleversements.

  1. L'invasion des "Peuples de la Mer" met fin à l'Empire Hittite, et affaiblit considérablement l'Égypte, qui n'est plus en mesure d'intervenir au Levant.

  2. En Syrie, les Mushki, les Alahmu, mais surtout les Araméens apparaissent, et progressent dangereusement vers l'est, en direction de l'Assyrie, et de la Babylonie.

  3. En Iran, les Mèdes et les Perses s'installent autour du lac d'Urmiah.

  4. En Palestine, les Israëlites s'implantent

L'Élam n'est plus qu'un royaume divisé et endormi, alors que l'Assyrie, bien qu'affaiblie, conserve une certaine puissance, et que Babylone résiste encore.


Teglat-Phalazar I

En 1115, Teglat-Phalazar I (1116-1077) monte sur le trône assyrien. Bien que les nouveaux peuples se fassent de plus en plus pressants, ils ont toujours étés repoussés par ses prédécesseurs. Le nouveau souverain se montrera très entreprenant.

  1. Il défait d'abord les tribus de Mushki qui se montraient menaçantes, repousse les Araméens, et va piller les territoires situés au nord de son royaume.

  2. Puis il avance en Syrie, et soumet les peuples phéniciens du Liban au bord de la Méditerranée.

  3. Après ces victoires à l'ouest, il attaque Babylone, où il est repoussé

Cette série de succès sera la dernière que connaîtra l'Assyrie avant plus d'un siècle.

Après la mort de Teglath-Phalasar en 1077, les rois assyriens sont subjugués par les attaques des Araméens, qui leur enlèvent leurs possessions en Haute-Mésopotamie en quelques années, et coupent leurs voies de communication vers l’ouest. Le royaume assyrien se replie autour d’Assur et de Ninive, mais parvient à se maintenir, à l’inverse de la plupart de ses anciens rivaux.

Posté par Silverside le 16.03.08 à 19:48 - Commentaires (0) - La Domination Assyrienne

L'Assyrie (III) : L'Administration du Royaume

La noblesse du pays assyrien a accru considérablement son pouvoir avec l’expansion du royaume. Ce sont ses membres qui constituent l’entourage du roi, auquel ils sont souvent liés par des liens matrimoniaux. Ils occupent les plus hautes charges dans l’administration du royaume et l’armée. Les grands nobles obtiennent des propriétés foncières importantes pendant les phases de conquêtes, en échange de leur services, selon la vieille tradition du Proche-Orient antique. Certains peuvent se constituer un très grand patrimoine, et avoir de formidables richesses.


L'Administration centrale

L’administration du royaume assyrien est centralisée autour du roi, dans le palais royal. Les charges évoluent dans le temps, que ce soient les titres ou la fonction qu’ils recouvrent, que l’on a par ailleurs bien souvent du mal à comprendre.

  1. La période paléo-assyrienne est particulière, dans la mesure où le roi doit alors partager son pouvoir avec une institution importante, la "Ville" (?lum). Le centre politique d'Assur est alors le "Bâtiment de la Ville", ou "Hôtel de Ville" (b?t alim), et non le palais royal. Ces deux parties partagent le pouvoir politique et judiciaire, et les ordres sont proclamés en leur deux noms. La Ville se réunit en assemblée (puhrum), apparemment devant le temple du dieu Assur. On ignore s'il s'agit d'un regroupement de notables, d'Anciens (ce terme revenant souvent dans les textes), ou bien de tout le peuple de la ville, et aussi s'il y avait une ou deux chambre(s). L'Hôtel de Ville était chargé de la collecte des taxes et redevances, des dettes sur les taxes impayées. Il était géré par un personnage important, le limmu, élu à cette charge pour la durée d'un an. C'est d'ailleurs lui qui donne le nom à l'année durant laquelle il exerce cette fonction.

  2. L'époque médio-assyrienne voit l'affermissement du pouvoir royal, qui n'est plus contrebalancé par les autorités municipales, l'Assyrie étant alors un véritable état territorial et non plus une simple cité-état. Le plus grand dignitaire est le vizir (šukkallu), sorte de "premier ministre", qui a des attributions militaires, civiles ou judiciaires. Lors de l'organisation des conquêtes, la partie ouest du territoire est confiée à un "grand vizir" (šukkallu rabiu). L'intendance du palais est gérée par le "maire du palais" (rab ekalli). D'autres fonctions palatiales sont confiées à des eunuques (ša r?ši). La charge de limmu subsiste, mais elle est alors honorifique, et est attribuée à un dignitaire qui donne juste son nom à l'année où il occupe ce rang. Ses détendeurs sont souvent des personnages parmi les plus importants du royaume.


L'Administration du territoire

Les établissements de marchands paléo-assyriens installés dans les pays étrangers sont gérés par une autorité particulière, le kar?m ("quai", du nom du quartier commercial d'une ville). Elle est contituée des principaux marchands assyriens en poste dans la ville. Ses attributions sont essentiellement juridiques, mais aussi diplomatiques, puisque le kar?m passe des accords commerciaux avec des royaumes étrangers. Il reste toujours soumis au pouvoir central d'Assur, représenté par la roi et la Ville, qui font office d'institutions juridiques suprêmes, et restent en contact avec les établissements assyriens de l'étrangers, comme cela est bien documenté à Kanesh.

  1. A l'époque médio-assyrienne, le royaume qui se constitue est vite découpé administrativement après les conquêtes, selon un principe qui perdure par la suite. On crée des provinces (pahatu), administrées par un gouverneur (b?l pahati, plus tard šaknu). Il veillait au versement des taxes et redevances, et à la sécurité de la province.

  2. Quelquefois, une charge à l’administration centrale entraînait l’administration d’une province précise. Les provinces étaient divisées à leur tour en districts (haslu), qui ont aussi leurs administrateurs (hassillu). Tout ce système faisait sans doute l’objet d’une surveillance par le pouvoir central, effectuée par des inspecteurs (q?pu).

  3. Au niveau local, on trouve d'autres agents royaux : les maires (hazanu), et les inspecteurs (rab al?ni) chargés de la collecte des taxes.

A côté des provinces administrées directement par des gouverneurs assyriens, on trouvait un ensemble de royaumes vassaux. Leurs rois avaient prêté serment de fidélité au roi assyrien (m?m?tu à l'époque médio-assyrienne, ad? à l'époque néo-assyrienne), en échange de sa protection. Ils devaient verser un tribut fixé précisément lors de la signature du traité.

Posté par Silverside le 16.03.08 à 20:28 - Commentaires (0) - La Domination Assyrienne

L'Empire Assyrien (I) : Une Période d'Expansion

En 911, Arad-nirari II (911-891) devient roi d'Assyrie, et commence alors la période de renouveau du royaume, qui repart à la conquête des territoires voisins. Cette date marque le début de la période dite Néo-Assyrienne, qui s'achèvera en 609 à a fin définitive de l'Assyrie, et qui est la plus prestigieuse de cette nation.

Le nouveau souverain commence d'abord par vaincre les tribus araméennes qui avaient pris la Jazirah (à l'ouest), redonnant de l'espace à l'Assyrie qui commençait sérieusement à en manquer, avant d'aller attaquer les royaumes des montagnes du nord, avant de finalement vaincre les Babyloniens. Il s'empara ainsi de territoires au Zagros.

Son fils Tukulti-Ninurta II (891-884) poursuivit son oeuvre, et réussit à asseoir encore plus la domination des Assyriens sur les araméens de la Jazirah.

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le roi assyrien Salamanasar III rencontre un souverain Babylonien

Les Araméens

Les Araméens sont identifiés pour la première fois vers le XIIè siècle dans la région du Moyen Euphrate, et dans la partie nord du désert syro-mésopotamien, où ils sont regroupés en tribus nomades ou semi-nomades. Il s'agit d'une population sémitique : la langue araméenne est proche de l'arabe. Les Araméens commencent à migrer vers la fin du XIIè siècle, et à s'installer en Syrie et en Mésopotamie septentrionale. Les causes de ses mouvements sont inconnues. Ils sont en tout cas contemporains des invasions des Peuples de la Mer, venus des Balkans, et qui ravagent le Proche-Orient à la même époque.

Les Araméens vont être, à partir du règne d'Adad-Nirâri II qui débute en 911, chassés d'Assyrie, et perdre le contrôle de tout le Nord de la Mésopotamie.

  1. Les Assyriens vont alors entreprendre des expéditions punitives contre les régions dominées par les Araméens. Ceux-ci avaient maintenant en face d'eux un adversaire trop puissant. Une partie d'entre eux choisit d'ailleurs la souveraineté assyrienne plutôt que de résister. Les rois assyriens reprirent peu à peu le contrôle de la région du Moyen Euphrate.

  2. Les Araméens rebelles vont alors commencer à être victimes des déportations massives perpétrées par les Assyriens dans le but d'abattre les velléités de soulèvements.

Plus tard, les royaumes vaincus seront intégrés à l'empire assyrien après élimination de leurs élites. Tous les royaumes araméens seront détruits et intégrés à l'Assyrie. A la mort de Teglat-Phalazar III en 726, il n'existe plus aucune puissance politique araméenne. Mais les Araméens sont alors devenus un élément ethnique influent dans tout le Proche-Orient.

Lorsque les Perses voudront unifier tout leur territoire avec une seule langue et une seule écriture, ils se reporteront logiquement sur l'araméen. Ceci assura à cette langue une longévité remarquable, puisqu'elle ne commença à péricliter que lorsque survint l'invasion arabe au VIIè siècle de notre ère. On la parle même encore dans certaines régions isolées du Proche-Orient.


Une Période d'Expansion

En 883, Assurnasirpal II (883-859) devient roi, et se lance dans une série de guerres victorieuses à l’ouest, contre les royaumes araméens et néo-hittites. Souverain aux méthodes violentes, il introduit les principes d'expéditions punitives, à buts lucratifs (pour recevoir un tribut), les massacres de milliers de vaincus, jusqu'aux civils.

Assurnasirpal II

Assurnasirpal II est le souverain énergique qu'il fallait pour poursuivre la conquête des pays voisins.

  1. Dès sa montée sur le trône, il lance d'abord des attaques au nord, avant de s'attaquer aux Araméens de l'ouest. Il défait les royaumes du Bît-Adini et du Bît-Agusi, après avoir soumis Suhu et Laqê, plus au sud, à la limite du désert Arabo-syrien.

  2. Il s'attaque ensuite aux royaumes Néo-hittites d'Anatolie, Karkemish, Kummuh et Gurgum, alliés des Araméens, et reçoit le tribut des états phéniciens, sa domination atteignant ainsi la Méditerranée.

  3. Pour assurer la solidité de son royaume, il bâtit des forteresse sur les nouveaux territoires, avant de bâtir une nouvelle capitale dans l'ancienne cité de Kalakh (au sud de Ninive)

Grâce à son oeuvre, l'Assyrie est devenu un état très puissant, disposant de moyens considérables dans un monde qui sort du chaos.

Mais les états soumis disposent encore d'une certaine autonomie, et s'il ne sont pas régulièrement "visités", ils s'émancipent vite. Malgré sa puissance, le souverain assyrien a encore certaines difficultés à se faire respecter.

Salmanazar III

Ces carences vont se révéler coûteuses sous le règne du fils d'Assurnasirpal, Salmanazar III (859-824), qui prend le pouvoir en 858. S'il est très entreprenant comme son père, la réussite n'est pas toujours au rendez-vous. Grâce à sa puissante armée, il va dévaster les pays de l'ouest, avant tout pour les piller, et obtenir plus de richesses. Mais plus il s'avance, plus il éprouve des difficultés.

  1. Les royaumes plus éloignés sont en effet d'un autre gabarit que les voisins direct, et sont surtout prêts à l'affrontement, tandis que dans tous les pays soumis aux offensive assyriennes, laissés trop autonomes, un esprit de résistance acharnée se développe.

  2. Salmanazar éprouve ainsi de grandes difficultés à s'emparer de Til Barsip, la capitale du Bît-Adini, pour anéantir ce royaume. Il rebaptisera la cité Kâr-Salmanazar (Fort Salmanazar), et en fera une place forte sur l'Euphrate.

  3. Peu de temps après, en 853, il subit une défaite cuisante à Qarqar, sur l'Oronte en Syrie centrale, face à une coalition rassemblant les rois de Damas, des cités de Phénicie, d'Israël, d'Ammon, venus soutenir le souverain d'Hamat face à la menace assyrienne, qui les lie tous.

Pour se remettre de cet échec, il va soutenir le souverain de Babylone face aux Chaldéens peu après, puis retente de forcer le passage vers l'ouest, une nouvelle fois sans succès. Il ne retrouvera la victoire qu'en 841, quand il vaincra le roi de Damas, et ses alliés, anciens vainqueurs de Qarqar.

Mais il ne réussit pas à rester à Damas, et son règne s'acheva piteusement lorsqu'il confia le trône à son fils Shamshi-Adad V (824-811), qui dut faire face à une révolte d'un de ses frères.

Source : http://geocities.com/esagil1/aram.htm - http://membres.lycos.fr/txm/assyrie.htm

Posté par Silverside le 16.03.08 à 20:42 - Commentaires (0) - La Domination Assyrienne

L'Empire Assyrien (II) : Les Temps difficiles

Cette révolte, due aux contestations face aux grands notables de la cour, qui empiétaient sur le pouvoir du roi et s'accaparaient les bénéfices des victoires, fut matée tant bien que mal, et le pays ne s'en sortit qu'avec la perte des territoires de l'ouest.

Shamshi-Adad restera alors prudent, et son seul coup d'éclat sera de vaincre le roi de Babylone, qui pourtant l'avait soutenu durant la crise, jetant encore plus le trouble dans cette région, qui désormais sera plus que jamais très instable.


L'Urartu

Vers 1000, une entité politique autour du lac de Van se forme, le royaume d'Urartu. Le processus d'unification des tribus montagnardes dure longtemps et n'aboutit qu'au IXe siècle. Les conflits armés et la rivalité entre la puissance Assyrienne et Ourartéenne vont s'alterner avec des périodes d'ententes.

Le royaume s'étendait sur une zone regroupant la vallée de l'Araxe, l'Azerbaijan iranien, la Turquie orientale. Le véritable coeur de l'Ourartou était le Bihaina, région située entre le lac de Van, où s'élevait Tushpa la capitale, et le lac de Sevanga. De nombreux pays passèrent sous la tutelle ourartéenne : le Hatti, le Zoupani, le bassin du lac d'Ourmia et même la Syrie septentrionale, au nord de l'Oronte.

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La civilisation de l'Ourartou, brillante mais éphémère, reste souvent mal connue. Ce royaume qui exista du IXe au VIe siècle av. J.-C. constitué par un peuple apparenté aux Hourrites sur un territoire centré sur le Lac de Vanet s'étendait à son apogée jusqu'en Arménie. Sa capitale s'appelait Tushpa.

La fin de l'Ourartou reste méconnue. Pratiquement toutes les cités montrent des signes de destructions brutales où, semble-t-il, les Scythes prirent une part importante. En 585, le dernier Roi de l'Ourartou, Rousa IV voit son royaume envahi complètement par ces derniers. Dans les montagnes de l'Ourartou, une tribu Thraco-Illyrienne : les Haïkans (Les Arméniens) se retrouve fixée par les Mèdes. Elle va suivre leur destin lors de l'invasion Perse Achéménide et en 331, va former le royaume d'Arménie.


Adad-nirari III

Adad-nirari III (811-783), le souverain suivant, monte sur le trône très jeune, et le pouvoir fut donc d'abord assuré par sa mère Sammuramat (Sémiramis), et surtout par le turtanû Shamshi-ilu, homme très influent, qui sera à ce poste pendant plus d'un demi-siècle.

  1. Adad-nirari n'en sera pas moins actif une fois au pouvoir, et ira vaincre le souverain de Damas, Israël, la Palestine, les Phéniciens et les royaumes Néo-hittites. Mais, pendant ces années, un adversaire redoutable était apparu au nord : l'Urartu, seul en mesure de rivaliser face à l'Assyrie.

  2. Le souverain suivant Salmanazar IV (783-773), sera soumis à leurs assauts, et ne pourra jamais faire autre chose que les contenir.

  3. Son frère Assur-dan III (773-755) monte sur le trône, tandis que le pays est ravagé par la peste, et que la ville d'Assur se révolte. Le pouvoir militaire appartient alors à Shamshi-ilu, comme sous le souverain précédent, et celui-ci réussit à conserver les régions de Syrie orientale, et contient les offensives de l'Urartu.

  4. Il en fut de même sous Assur-nirari V (755-745), troisième fils d'Adad-nirari III à régner, à partir de 754, toujours sous l'autorité de Shamshi-ilu, tandis que l'Assyrie était dans un état de crise quasi-permanente.

Enfin, une révolte éclata en 746, et, un an plus tard, Teglat-Phalasar (745-727), gouverneur de Kalakh, qui avait lancé cette rébellion, dont l'origine est inconnue, bien qu'il semble avoir été membre de la famille royale (voire même le frère de Assur-nirari III), prend le pouvoir.


Teglat-Phalazar III (745-727)

Teglat-Phalazar III est l'homme qui va résoudre les problème qui minaient l'Assyrie depuis un demi-siècle. Ce souverain très brillant va réformer la structure administrative et militaire du royaume. Il va le rendre plus efficace, tout en le gardant centralisé, et augmenter le contrôle sur les gouverneurs, et aussi en doublant le poste de turtânu, pour éviter qu'un homme tel que Shamshi-ilu, qu'il a écarté, n'en vienne à avoir autant d'influence.

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L'Empire Assyrien sous Teglat-Phalazar III

Grâce à cela, l'Etat Assyrien se dote enfin d'une structure administrative adaptée à sa soif de conquête, et n'est plus le simple royaume bâti au hasard des conquêtes qu'il était avant.Ce souverain va commencer à annexer directement les provinces vaincues, instaurer le principe des déportations de population (qui auront des conséquences très importantes dans la composition ethnique de la population du Moyen Orient par la suite), et réformer l'armée, pour la rendre plus puissante. Toutes ces réformes seront à la base de l'Empire Assyrien qui deviendra le plus puissant de son temps, et dont on peut dater le début au règne de Teglat-Phalazar III. Sur le plan militaire, il fut aussi très actif :

  1. Il réaffirme sa domination sur Babylone en aidant son roi face aux tribus araméennes, et va piller celles du Zagros.

  2. Puis il attaque la Syrie en 743, et défait les Urartéens et leurs alliés araméens et néo-hittites à Samosate.

  3. Il va ensuite vaincre les souverains phéniciens, et se rendre suzerain de tous les souverains des royaumes alentours (Néo-hittites, Araméens, Israëliens, Arabes), grâce au seul prestige de ses victoires.

  4. Puis il va en Iran, vaincre les Mèdes, et enfin attaque l'Urartu, mais échoue aux pieds de la capitale Tushpa. Mais au moins cet adversaire est moins menaçant.

  5. Puis il retourne au Levant, où il reçoit le tribut des rois de Tyr, de Sidon, de Palestine, et même d'Israël, et annexe au passage quelques royaumes araméens de Syrie, dont Damas.

En Babylonie, la situation est grave, et le pays est en proie à la guerre civile. Bien qu'il exerce déjà une tutelle sur ce royaume, Teglat-Phalazar va quand même profiter de l'aubaine, et s'empare de Babylone, se proclamant roi de la cité sous le nom de Pûlu. A partir de ce moment, l'Assyrie est enfin maître de Babylone, mais cette situation ne sera pas sans lui causer des soucis.

Son fils Salmanazar V (727-722) prend le pouvoir, et, malgré la situation confortable dont il hérite, il se montre très entreprenant, et s'empare en 722 du royaume d'Israël lorsqu'il prend sa capitale Samarie, après avoir soumis et annexé les derniers royaumes araméens de Syrie encore indépendants. Mais il ne poursuivra pas ses succès plus loin : quelques mois après ces victoires, il est renversé par un membre de la famille royale aux origines incertaines, qui prendra le nom de Sargon.

Posté par Silverside le 16.03.08 à 20:46 - Commentaires (0) - La Domination Assyrienne

L'Apogée de l'Assyrie : Les Sargonides

Cette période marque l'apogée de l'Empire assyrien. A partir de ce moment, plus que par les conquêtes, l'histoire de ce royaume est marquée par les nombreuses révoltes des peuples soumis qui tentent de se libérer (l'Ancien Testament fournit un excellent témoignage sur les peuples vassaux d'Assur à cette époque).

  1. Celles-ci sont soutenues par les grandes puissances seules capables de contrecarrer la puissance assyrienne, l'Urartu, et surtout l'Élam et l'Égypte, que l'Assyrie va devoir affronter.

  2. C'est autour de son incapacité à trouver la stabilité (à l'extérieur mais aussi à l'intérieur) que se trouve la faiblesse de cet État.

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L'Empire Assyrien

Pour continuer à dominer, les Assyriens devront vaincre encore et encore, et ses batailles atteindront des sommets de violence (prises de Babylone par Sennacherib, de Thèbes et de Suse par Assurbanipal, déportations massives), ce qui fragilisera encore plus leur Empire.

Posté par Silverside le 16.03.08 à 20:52 - Commentaires (0) - La Domination Assyrienne

L'Apogée de l'Assyrie (I) : Sargon II (722-705)

Salamanzar V est donc écarté par Sargon II, probablement un membre de la famille royale. Après ce coup d'État, l'Assyrie est en crise. Mais le nouveau souverain est énergique, et se débarrasse de tous ses opposants, avant de résoudre les troubles qui sont nés dans l'Empire après ce bouleversement.

  1. Babylone, soutenue par l'Élam, s'étant soulevée, était sortie de l'orbite assyrien sous l'impulsion de l'énergique chaldéen Merodach-Baladan. En 720, Sargon dirige ses troupes vers les rebelles, mais il tombe d'abord sur leurs alliés Élamites, qui l'emportent. Cette victoire va donner aux Babyloniens une dizaine d'années de répit.

  2. En effet, Sargon avait d'autres problèmes à résoudre, à l'ouest, en Syrie. Les provinces araméennes d'Arpad et de Damas se soulèvent sous l'impulsion du roi de Hamat, en 720. Bientôt, le roi de Gaza se joint à eux, avec le soutient de l'Égypte, qui commence à craindre l'expansion assyrienne. Mais sur ce front, Sargon est intraitable : les révoltes sont rapidement matées, et leurs habitants sont déportés.

En 717, il va vaincre le roi de Karkemish, qui s'est révolté grâce à l'aide du roi Midas de Phrygie.

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Palais de Sargon II - Taureau androcéphale ailé

Les problèmes de l'Urartu

Mais le plus gros problème reste l'Urartu, qui, éloigné des conflits, récupère de la défaite infligée par Teglat-Phalasar, et continue à soutenir les souverains des régions de Haute-Mésopotamie et du Zagros contre l'Assyrie.

  1. Après avoir ravagé le pays des Manéens, Sargon décide donc d'aller cueillir son ennemi, le roi Rusa, chez lui. En 714, il lance ses armées dans sa "Huitième campagne".

  2. Les troupes d'Assur franchissent les cols de montagnes les séparant de l'Urartu, et battent tous leurs adversaires, avant de s'emparer de la forteresses de Musashir, capitale religieuse de l'Urartu, qui fut pillée. Devant l'ampleur de la défaite, Rusa se suicida dans son palais de Tushpa

L'Urartu ne représente désormais plus une menace pour l'Assyrie.


Les problèmes de la Phrygie et de l'Egypte

En Anatolie et en Syrie, les révoltes continuent, et au soutien de l'Urartu qui s'affaiblit se substitue celui de la Phrygie au Nord, et de l'Égypte au sud.

  1. Mais Sargon est désormais partout victorieux, et va repousser tous ses adversaires, étendant même son influence jusqu'à l'île de Chypre, après avoir raffermi sa domination sur la Palestine, ce qui provoquera un volte-face de Midas, qui lui demandera son alliance.

  2. En 710, Sargon peut retourner en Babylonie. Ses armées, désormais très aguerries, sont irrésistibles, mais mettra quand même deux années à chasser définitivement Merodach-Baladan, qui fuira chez ses alliés Élamites. L'Assyrie est désormais paisible, et Sargon peut bâtir une ville toute dédiée à sa gloire à Dûr-Sharrunkîn.

Mais il n'en sera pas pour autant éloigné définitivement des champs de bataille. C'est même là qu'il trouvera la mort. En 705, après avoir tenté de dévaster l'Élam, il dirige une offensive sur le Tabal. Mais il tombe dans une embuscade, où il est tué, son corps n'étant même pas retrouvé, ce qui constitue quelque chose de très grave pour les Assyriens.

Posté par Silverside le 16.03.08 à 20:56 - Commentaires (0) - La Domination Assyrienne

L'Apogée de l'Assyrie (II) : Sennacherib (705-681)

Sennacherib monte sur le trône après la mort brutale de son père. La situation dans l'Empire est plus paisible que lors de la prise de pouvoir de Sargon : les campagnes de ce dernier ont en effet affaibli la plupart des foyers de résistance au pouvoir assyrien.

Mais l'Égypte et l'Élam craignent toujours autant que l'expansion des armées d'Assur en viennent à menacer leurs terres, et vont donc rester toujours aussi actifs, et lever de nombreuses révoltes. Sennacherib va d'ailleurs passer la plupart de son règne à combattre des révoltes, plus qu'à étendre son Empire. Babylone va être son plus grand problème.

  1. Dès 703, Merodach-Baladan tente de remonter sur le trône de la ville, grâce au soutien des Élamites. Il en sera vite chassé, et Sennacherib installe sur le trône de Babylone un homme de confiance, Bêl-ibni, qui, bien que Babylonien de naissance, connaissait de longue date le souverain.

  2. Mais il ne tarda pas à être dépassé par l'ampleur des problèmes, et Merodach-Baladan était sur le point de l'évincer, quand Sennacherib intervint, le faisant fuir sans même le combattre. Après cet évènement, le chaldéen se réfugiera dans les marais du Sud, où il est probablement mort peu de temps après

Le roi d'Assyrie met sur le trône de Babylone son fils aîné Assur-naddin-shumi.


Les troubles de Babylone

En Palestine, la situation était elle aussi grâve, l'influence égyptienne se faisant de plus en plus pressante.

  1. En 701, Sennacherib défit une coalition de rois Phéniciens, à laquelle se mêlait Ezechias, roi de Juda. Ce dernier réussit à éviter le pillage de sa capitale Jérusalem, mais dut concéder de lourds sacrifices, qui ruinèrent son pays.

  2. Les troubles de l'ouest à peine résolus, Sennacherib doit renforcer sa frontière septentrionale par des campagnes punitives de 699 à 694, avant de retourner à Babylone, pour tenter de soumettre les souverains des principautés côtières de l'Élam. Après cette opération, qui fut un semi-échec, les Élamites se réveillèrent, alertés par cette menace pressante, et envahirent Babylone, tuant le fils de Sennacherib après l'avoir déporté.

  3. Les Élamites mirent un de leurs sur le trône de la ville, avant que le souverain assyrien ne revienne le chasser, et qu'il ne commettre l'erreur de mettre à sa place un homme plébiscité par les Babyloniens, qui ne tarda pas à se révolter avec une nouvelle fois l'aide élamite

En 691, Sennacherib intervint, mais il est cette fois-ci repoussé par les rebelles.


La résolution du problème babylonien

C'en est trop pour Sennacherib, qui a déjà perdu son successeur dans l'affaire, et ne voit plus comment il va pouvoir résoudre le problème babylonien. Il va pourtant prendre une décision radicale en 689.

  1. Il marche sur Babylone, défait Chaldéens et Élamites, et pille la cité sainte, saccageant jusqu'à ses sanctuaires les plus illustres, massacrant ses habitants. Babylone ne se remettra pas de cette défaite pour une quarantaine d'années.

  2. Une fois ce problème résolu, Sennacherib partit en Palestine, probablement dans l'idée de renouveler ce qu'il vient de faire à Babylone. Mais, alors que la campagne avait bien débuté, et que des rois arabes avaient étés pillés et soumis, il posa le camp au sud de la Palestine, où son armée fut ravagée par un épidémie, l'obligeant à rebrousser chemin

Mais Sennacherib ne trouva pas la mort loin de son pays, sur des champs de batailles auxquels il participait par ailleurs très peu, déléguant son pouvoir à ses turtanû, mais en Assyrie même.

Après la mort de son fils aîné, Arad-Mulissu aurait du être son successeur . Mais, sous l'influence de sa favorite Zaqûtu, il choisit le fils de celle-ci, Assarhaddon (681-669). Cette décision fut très contestée, au point qu'il dut éloigner ce dernier de la cour. Arad Mulissu se vengea de cette décision : en 681, il assassina Sennacherib dans le temple de Nabû à Ninive, avec l'aide d'autres de ses frères. Dans tout l'Empire, cet acte fut considéré comme la punition de tous les crimes commis par Sennacherib.

Posté par Silverside le 16.03.08 à 21:00 - Commentaires (0) - La Domination Assyrienne

L'Apogée de l'Assyrie (III) : Assarhaddon (681-669)

Cet assassinat plongea l'Assyrie dans une guerre de succession très grave. Les meurtriers ne restèrent pas longtemps alliés, et commencèrent à se battre les uns et les autres, ravageant l'Assyrie, provoquant la colère de ses habitants.

  1. Ainsi, lorsque Assarhaddon sortit de sa retraite en 681, il avait avec lui l'appui de la population. Il lui faudra cependant quelques mois pour résoudre le problème, et faire fuir les rebelles en Urartu.

  2. Cette crise marquera profondément son règne, et provoquèrent chez le roi, déjà de nature souffreteux, et facilement influençable, par sa mère notamment, une très grande foi en la divination

Assarhaddon n'en sera pas moins un souverain plus avisé que son père. Profitant du fait qu'aucune révolte ne s'était produite dans son Empire après sa difficile prise de pouvoir, il décida de restaurer la ville bénie des dieux, Babylone. Grâce à cela, il n'eut aucun problème avec les habitants du Sud, qui se montrèrent, de manière très surprenante, de bons et voire même loyaux sujets.


Une domination assyrienne

Mais les rois du Levant n'étaient pas aussi conciliants. Assarhaddon dut intervenir en 676 pour réprimer une révolte phénicienne, et dut y revenir par la suite pour asseoir sa domination, après quoi la région sera un problème moindre.

  1. Au Nord, les tribus Scythes et Cimmériennes, apparues récemment dans la région, s'introduirent sur le territoire dominé par les Assyriens, mais furent vite repoussées. Leur présence fut de plus bénéfique à Assarhaddon, puisqu'ils affaiblirent encore plus l'autre puissance de cette région, l'Urartu.

  2. A l'est, en Iran, les Mèdes et les Mannaï se montraient menaçants. Mais quelques campagnes, et des position raffermies dans le Zagros occidental permirent au souverain assyrien d'éloigner ses nouveaux adversaires, tout en se faisant menaçant pour des Élamites, qui devenaient de plus en plus conciliants. Cependant, la pression des Cimmériens le pousse à se désengager de l'Asie Mineure.

  3. Après avoir renforcé son pouvoir, Assarhaddon se lança en 674 à la conquête d'un pays d'une autre taille que ses autres victimes : l'Égypte, morcelée en plusieurs principautés, dominées par les souverains Kushites de Thèbes. En 671. Il fit traverser le Sinaï à ses troupes, et parvint enfin en Égypte ou il fit tomber Thèbes, et repoussa Taharqa vers le sud. Une fois Assarhaddon retourné dans son pays, le pharaon Taharqa n'eut aucun mal à reprendre le pouvoir

Assarhaddon ne put venir laver cet affront, puisqu'il tomba malade et mourut peu après, en 669, alors qu'il préparait la reconquête de la Basse Égypte.

Posté par Silverside le 16.03.08 à 21:04 - Commentaires (0) - La Domination Assyrienne

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