Igor Brevnjovski : Chronique d'un homme en exil

La Période Paléo-Babylonienne

Les dynasties amorrites dominent dès le XIXe siècle un vaste espace allant du Levant au sud de la Mésopotamie. Là se forme une véritable koinè qui, malgré des particularismes régionaux, présente une évidente unité autour de divers traits culturels, notamment linguistiques, religieux, fortement marqués par les traditions antérieures (surtout celle de la Mésopotamie des Sumériens et premiers Akkadiens), mais aussi avec quelques particularités dues en partie aux pratiques propres aux Amorrites, qui gardent des traces de la vie nomade, de l'organisation en tribu, même chez ceux qui se sont sédentarisés et ont pris le pouvoir dans les anciennes cités proche-orientales.

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L'Empire babylonien (1750 à 600 av. J.-C.)

On peut tenter une division de cet espace en plusieurs régions présentant une certaine unité :

  1. La Basse Mésopotamie est le "Pays de Sumer et d'Akkad", dont l'effondrement a laissé la place à plusieurs royaumes amorrites se partageant la région. Les deux premiers royaumes à occuper une place importante sont Isin et Larsa : la tradition sumérienne héritée du royaume d'Ur reste encore forte, surtout au début de la période, où le sumérien est encore la langue des inscriptions royales, de la littérature et aussi des documents de la vie quotidienne. La forte lutte entre Isin et Larsa ne doit pas masquer la division politique de cette région, surtout au nord, l'ancien pays d'Akkad, partagé entre plusieurs royaumes, comme Kish, Sippar, Malgium, Rapiqum, et surtout Babylone.

  2. La Haute Mésopotamie est une zone où se mêlent différents peuples : populations sémitiques - Amorrites notamment -, Hourrites (le futur Mitanni) au nord, Turukéens dans les contreforts du Zagros, au contact des Gutis, etc. Les principaux royaumes de la région sont Mari, à l'extrémité ouest sur l'Euphrate, et Ekallatum, quelque part sur le cours moyen du Tigre. On compte aussi la cité-état d'Assur, qui développe dans le courant du XIXe siècle un fructueux commerce vers la Cappadoce, connu par les archives retrouvées à Kanish, et une multitude de petits royaumes dans le Triangle du Khabur, comme Karana (connu par les archives de Tell Rimah), Apum (Shekhna/Shubat-Enlil), Urkish, Nagar, Andarig, etc., qui font l'objet de convoitises des grands royaumes.

  3. La Syrie est partagée entre deux grands royaumes : Alep (le Yamkhad), qui domine le nord de la région entre la Méditerranée et l'Euphrate, jusqu'à l'aire d'influence de Mari (autour de Tuttul), avec dans son giron les villes d'Emar, Ugarit, Alalakh ; au sud le royaume de Qatna, moins bien connu. On peut mentionner le royaume de Karkemish plus au nord, au contact du monde anatolien, qui conserve une certaine indépendance, et son voisin Urshum, ainsi que Ebla, entre Alep et Qatna. Le royaume d'Alep chute à la fin du XVIIe siècle après les attaques successives de rois hittites, et tombe plus tard sous la coupe des rois du Mitanni.

  4. L'Elam est le responsable direct de la chute du royaume d'Ur III, puisque c'est son armée qui mène la coalition s'emparant de la capitale de ce dernier en 2004 : les relations avec les rois d'Isin se normalisent, mais elles sont plus difficiles avec Larsa. Les autres royaumes du plateau iranien de cette période nous sont inconnus. Le Marhashi des époques précédentes n'est plus mentionné. Dans le Zagros, à proximité de la Mésopotamie, des souverains Gutis gardent une certaine importance. Les Kassites, qui règnent plus tard sur Babylone, sont supposés venir de cette même région, mais leurs premières attestations sont en haute Mésopotamie.

  5. L'Anatolie est composée de plusieurs royaumes, certains dominés par des populations indo-européennes, surtout les Hittites (qui se nomment eux-mêmes Nésites), mais aussi les Palaïtes et les Louvites, qui sont plutôt situé au sud, autour de Kanish, Purushkhanda, Warshama, Kussar ; au nord se trouvent d'autres populations, comme les Hattis, autour de Hattusha, et plus au nord le royaume de Zalpa, dont la population est inconnue.

  6. Le Sud du Levant : la ville marchande de Byblos est peu attestée dans les sources proche-orientales. Elle l'est en revanche par l'archéologie, et par les textes de l'Égypte, avec qui elle est en relation depuis longtemps, Egypte absente de la scène politique du Proche-Orient de cette période.

La fragmentation politique du Moyen-Orient à la période amorrite va voir se mettre en place un système de relations internationales élaboré entre les différents royaumes qui le constituent.

Source : http://fr.wikipedia.org/

Posté par Silverside le 16.03.08 à 16:46 - Commentaires (0) - L'Ascension de Babylone

La Période Amorrite (I) : Présentation

Les tribus amorrites deviennent de plus en plus turbulentes durant la période de la IIIè Dynastie d'Ur. Les raisons des mouvements de populations amorrites sont difficiles à évaluer. Sans doute est-ce lié à un phénomène de réchauffement climatique, qui affecte plus rapidement les semi-nomades vivant dans les steppes où la survie dépend de rares points d'eau qui se tarissent rapidement quand les conditions climatiques se durcissent.

Les Amorrites apparaissent comme un groupe de nomades ou de semi-nomades vivant en général dans les zones de la steppe dont ils sont originaires (Syrie du Nord au sud de l'Euphrate). Ils vivent en clans, structurées autour d'un chef, le sheikh. Des tribus, à la tête desquelles se trouvent des rois, regroupent plusieurs clans. Les Amorrites accordent une grande importance à l'appartenance tribale. Ceci reste même très marqué chez les souverains amorrites, même après leur installation à la tête des grands royaumes territoriaux.

Du point de vue linguistique, les Amorrites parlent une langue sémitique appartenant au groupe nord-ouest, donc apparentée à l'Hébreu, l'Ugaritique, et l'Araméen.

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Mésopotamie ancienne


Vers 2004, Ibbi-Sîn est déporté en Élam, et avec lui s'achève le puissant royaume d'Ur III. Si ce sont les Élamites qui ont achevé ce royaume, il ne fait aucun doute que les Amorrites sont les principaux artisans de sa chute. Ce sont d'ailleurs eux qui en récoltent les fruits : alors que les Élamites repartent vite chez eux, des souverains amorrite sont à la tête de nombreux royaumes.

  1. Dans le pays de Sumer, Ishbi-Erra a réussi à garder le pouvoir à Isin, et domine encore la région après avoir chassé les Élamites d'Ur. Mais des rois amorrites sont déjà installés dans la cité de Larsa depuis la fin du règne d'Ibbi-Sîn.

  2. Les archives du royaume d'Eshnunna mentionnent la présence de tribus amorrites puissantes dans la région de la Diyala.

  3. Dans le pays d'Akkad, les royaumes amorrites se fondent plus tardivement, pendant la période de luttes entre Isin et Larsa, dans les cités de Kish, Sippar et Babylone.

  4. En Syrie, c'est sans doute dans cette même période que sont fondées les dynasties amorrites dans les royaumes de Mari, d'Alep et de Qatna, ainsi que toutes les principautés de la région du Khabur, du Balikh et de tout le Moyen Euphrate.

Les rois amorrites vont alors élargir leur domination.

Source : http://www.geocities.com/esagil1/amurru.htm

Posté par Silverside le 16.03.08 à 16:54 - Commentaires (0) - L'Ascension de Babylone

La Période Amorrite (II) : Isin et Larsa

Les deux premiers royaumes à occuper une place importante sont Isin et Larsa : on parle d'ailleurs de "Période Isin-Larsa" pour le XIXe siècle.


La ville d''Isin

La ville d'Isin a pris de l’importance à la période de la Troisième dynastie d’Ur : Ishbi-Erra, profitant de la présence de nomades qui limite les possibilités d'intervention armée du roi d'Ur, avait fait sécession.

  1. Ishbi-Erra réussit a maintenir son pouvoir à Isin après la chute d'Ur, et reprend cette ville après huit ans de domination élamite. A ce moment-là, il a déjà étendu son pouvoir plus vers le nord, comme à Eshnunna où il installe un nouveau gouverneur qui ne tarde cependant pas à s'émanciper. Au sud, le royaume de Larsa reste indépendant. Ishbi-Erra meurt vers 1985.

  2. Il est remplacé par Shu-ilishu (1984-1975), qui restaure Ur au cours de son règne, en faisant notamment revenir la statue du dieu Nanna/Sîn emportée en Élam en 2004.

  3. Le règne suivant, celui de Iddin-Dagan (1974-1954) est très peu documenté, contrairement à celui de son successeur Ishme-Dagan (1953-1935), qui procède à des constructions ou des reconstructions dans les principales cités sumériennes.

  4. Son successeur, Lipit-Ishtar (1934-1924), est connu pour avoir laissé un code de lois.

C'est alors l'apogée d'Isin : Larsa va alors commencer à devenir une menace sérieuse et finira par prendre le dessus.


La ville de Larsa

Larsa est le siège d'une dynastie amorrite indépendante dès 2025, quand un certain Naplânum, inconnu par ailleurs, prend cette ville au souverain d'Ur. Pour être renseigné de manière certaine sur le royaume de Larsa, on doit cependant attendre les règnes de Samium (1976-1942), qui s'empare de la ville de Lagash, et de Zabaya (1941-1933).

  1. A la mort de ce dernier, le trône revient à son frère Gungunnum (1932-1906), qui est l'artisan de la puissance de Larsa. Il s'empare dans un premier temps d'Ur, puis ensuite de Kisurra et d'Uruk, le tout aux dépens d'Isin.

  2. Il défait ensuite l'autre grande puissance régionale, l'Élam, en s'emparant momentanément de Suse, et précipite ainsi la chute de la dynastie élamite de Simashki, et ce pays n'est dès lors plus une grande menace pour la Mésopotamie pour plus d'un siècle. A sa mort, Larsa est devenu le royaume le plus puissant du Sud mésopotamien.

  3. Isin ne s'avoue cependant pas vaincue, et une nouvelle confrontation entre les deux royaumes sous les souverains suivants, et se solde par la victoire du roi Abî-Sîn de Larsa (1905-1895), et la mort d'Ur-Ninurta d'Isin (1923-1896) au combat.

  4. L'affrontement suivant, voit en revanche Bur-Sîn (1894-1874) prendre la revanche pour Isin face à Sûmû-El (1894-1866). Mais cela n'empêche pas ce dernier de prendre de nouvelles cités plus au nord : Kish, Kazallu, et même brièvement Kazallu et surtout Nippur.

Il eut aussi une grande activité au niveau des aménagements fluviaux, puisqu'il fit détourner un bras de l'Euphrate coulant en direction du territoire d'Isin au profit de son propre royaume, ce qui eut des conséquences économiques énormes. Son règne semble cependant s'être achevé par une catastrophe dont la nature est inconnue.


La domination de Larsa

A cette même période, la future Babylonie du nord est divisée entre plusieurs petits royaumes amorrites :

  1. Kish, qui tombe entre les mains de Larsa sous le règne de Sûmû-El, Sippar, Marad, qui connaît à un moment une grande expansion, Dilbat, Damrum, et Babylone, où une dynastie est fondée par Sûmû-la-El (1880-1845).

  2. Encore plus au nord, dans la vallée de la Diyala, le royaume d'Eshnunna s'empare de toutes les principautés voisines à partir du règne d'Ipiq-Adad (c. 1850), et devient une grande puissance politique.

  3. Dans le pays de Sumer dominé par Isin et Larsa, une nouvelle dynastie est fondée à Uruk par Sin-kashid vers 1860, qui a une grande activité de bâtisseur dans sa capitale. Il s'allie à Babylone en épousant la fille de Sûmû-la-El.

La situation d'Isin continue à empirer après les défaites infligées par Sûmû-El : à la suite du règne d'Enlil-bâni (1860-1837), Isin périclite sans cesse, alors que Larsa devient la puissance dominante de la région.

  1. Nûr-Adad (1865-1850) a une activité de bâtisseur importante, mais son seul haut fait militaire est la prise de Mashkan-shapir au nord de son royaume, et il doit mater une révolte dans son territoire.

  2. Sîn-iddinam (1849-1843) eut un règne court mais prolifique : il vainquit Sûmû-la-El de Babylone, puis Eshnunna, les deux puissances montantes situées au nord de son royaume.

  3. Après lui, Sîn-iqisham (1840-1836) défit une coalition formée par Isin, Uruk, Kazallu et l'Élam.

Une nouvelle dynastie s'installe vers 1834, avec un personnage au nom élamite, Kudur-mabun, qui ne devient cependant pas roi de Larsa, contrairement à ses deux fils, Warad-Sîn (1834-1823) et Rîm-Sîn (1822-1763). Warad-Sîn étend son autorité sur la cité sainte de Nippur, et défait le royaume de Malgium.

Rîm-Sîn eut un règne très long, de presque soixante ans, dont la première moitié fut marquée par de grands succès militaires. En 1802, il s'empare du royaume voisin d'Uruk, et met définitivement la main sur la ville de Nippur qui était retournée dans l'orbite d'Isin.

Source : http://www.geocities.com/esagil1/amurru.htm

Posté par Silverside le 16.03.08 à 17:00 - Commentaires (0) - L'Ascension de Babylone

La Période Amorrite (III) : Mari et le Royaume de Haute-Mésopotamie

La ville de Mari est fondée autour de 3000. Après une période faste, la cité est prise par le premier souverain d'Akkad, Sargon vers 2330. Avec l'effondrement de l'Empire d'Akkad, Mari recouvre son indépendance. Les gouverneurs installés par les rois d'Akkad ont conservé le pouvoir, et la titulature sumérienne.


La ville de Mari

A la fin du XIXè siècle, une nouvelle dynastie monte sur le trône de Mari. Le premier dont on a le nom est Yaggid-Lim, mais on sait peu de choses à son propos. Il a peut-être été en conflit avec Ila-Kabkabu, roi d'Ekkalâtum et père de Samshi-Addu.

  1. Son fils Yahdun-Lim prend le pouvoir à sa mort vers 1810. Dans un premier temps, il renforce son pouvoir autour de Mari. Il soumet des villes situées sur le Moyen Euphrate, dont Terqa, située au nord, et Tuttul. Yahdun-Lim entreprend ensuite de s'étendre vers la Khabur. Il y rencontre l'opposition de Samsi-Addu, souverain d'Ekallâtum qui cherche aussi à s'étendre dans cette région, et il le défait.

  2. Une fois devenu le plus grand souverain de sa région, il cherche des alliés extérieurs. Il se tourne dans un premier temps vers Alep, à l'ouest, mais choisit finalement Eshnunna à l'est, dont il devient le vassal.

  3. Ceci causa une rupture avec Alep, qui soutint une révolte de tribus benyaminites contre Mari. Mais Yahdun-Lim est victorieux, et pousse même ses expéditions jusqu'au littoral méditerranéen au Liban.

  4. Pour défendre sa frontière occidentale, il fonde Dûr-Yahdun-Lim ("Fort-Yahdun-Lim") en amont de Terqa.

Après cette période faste, la fin du règne est difficile. Son fils Sûmû-Yamam le chasse vers 1794. Celui-ci doit faire face à l'invasion des Ekallatéens amenés par leur roi Samsi-Addu, qui a pris de l'importance depuis sa première défaite. Après deux ans de règne, le nouveau roi mariote est assassiné par ses serviteurs, sans doute à l'instigation de son ennemi qui s'empare alors de Mari.


Le Royaume de Haute-Mésopotamie

Samsi-Addu monte sur le trône d'Ekallatum vers 1815. Après un début de règne difficile, qui le voit s'exiler temporairement à Babylone, dr retour dans sa ville vers 1810, il entreprend une série de conquêtes sur le Haut-Tigre, qui culminent par la prise d'Assur et de Ninive, puis il s'empare des royaumes de la région du Khabur, dont la ville de Shekhna. Son expansion le mène à affronter le roi de Mari, Yahdun-Lim, qui réussit à l'arrêter.

La crise dynastique se produit peu après à Mari, permet à Samsi-Addu de mettre la main sur ce royaume. Son royaume s'étend dès lors sur toute la Haute-Mésopotamie, des rives du Tigre à celles de l'Euphrate. Pour mieux le contrôler, il s'établit dans la ville de Shekhna, qu'il renomme Shubat-Enlil, et place ses deux fils Ishme-Dagan et Yasmah-Addu sur le trône d'Ekallatum et de Mari.

  1. Avec Yasmah-Addu à la tête de cette cité, Mari est alors la capitale d'une province s'étendant sur le Moyen Euphrate, depuis Tuttul, puis Shubat-Shamash au nord, et le pays de Suhûm au sud.

  2. C'est essentiellement Samsi-Addu qui s'occupe des affaires politiques, Yasmah-Addu étant une personnalité plutôt faible. Le roi conclut ainsi une importante alliance avec son homologue de Qatna, royaume qui occupe une position stratégique. Ceci le force à soutenir celui-ci dans son conflit contre Alep quelques années plus tard. Cela fit du souverain aleppin un ennemi de Samsi-Addu, alors qu'auparavant ils étaient des voisins pacifiques.

C'est alors que commencent les troubles sur la région orientale du royaume, le roi Dâdusha d'Eshnunna lançant une offensive importante qui lui permet de s'emparer du Suhûm. Mais Samsi-Addu contre-attaque et refoule l'envahisseur. Il peut alors envoyer de l'aide au souverain de Qatna, qui réussit à repousser son adversaire. Le roi d'Ekallâtum envahit pendant ce temps la région du Haut Tigre, ce qui aboutit à la prise de Ninive, puis Arbeles, avec l'aide des Eshnunnéens, désormais ses alliés. Puis il envoie une nouvelle aide au roi de Qatna, qui n'arrive toujours pas à prendre l'avantage.

La guerre s'arrête sans que personne n'ait pris l'avantage. De son côté, Yasmah-Addu soumet quelques révoltes.

Source : http://www.geocities.com/esagil1/mari.htm - http://fr.wikipedia.org/

Posté par Silverside le 16.03.08 à 17:06 - Commentaires (0) - L'Ascension de Babylone

La Période Amorrite (IV) : L'Ascension de Babylone

Les dernières années du règne de Samsi-Addu sont assez troublées. Une épidémie de peste sévit dans la région de Mari, alors que des révoltes éclatent dans plusieurs endroits. A la mort du roi, en 1775, les voisins du Royaume de Haute-Mésopotamie sentent le vent tourner, et se jettent à l'assaut contre lui.

Le roi Iba-pi-El II d'Eshnunna vient secouer l'autorité de Ishme-Dagan dans le région du Tigre. Celui-ci parvient à se maintenir à Ekallâtum, mais il s'avère incapable de récupérer l'héritage laissé par son père. Son frère Yasmakh-Addu disparaît face à une révolte menée par les souverains de la région du Moyen-Euphrate chassés par Samsi-Addu. A Mari, c'est Zimri-Lîm, un descendant de Yakhdun-Lîm, qui monte sur le trône.


Un nouvel équilibre

Les années suivant la mort de Samsi-Addu sont marquées par une recherche d'un nouvel équilibre dans les anciens territoires du Royaume de Haute-Mésopotamie. Mari se trouve au centre du problème.

Zimri-Lim, petit-fils ou neveu de Yahdun-Lim, s'inscrit dans la continuité de Yasmah-Addu, dont il reprend l'administration et le harem, à la seule différence qu'il est l'allié du roi d'Alep. Il doit asseoir son autorité en matant plusieurs révoltes.

  1. En 1772, il lance une expédition victorieuse vers la Khabur. Mais il doit faire face immédiatement à un conflit l'opposant à Eshnunna, dont il a repoussé l'alliance, et à ses alliés, les Benyaminites, avec lesquels il finit par se réconcilier.

  2. Il normalise ses relations avec ses voisins. Il s'allie ainsi avec Alep, car le roi Sûmû-epuh l'a aidé à monter sur le trône.

  3. Les relations entre Mari et Babylone sont perturbées par des querelles autour de la région du Suhûm, et notamment de la ville frontière de Hît.

Un nouvel intervenant surgit alors dans le concert des royaumes amorrites, le roi élamite Siwe-palar-huhpak.


L'invasion élamite

Siwe-palar-huhpak choisit de s'attaquer à Eshnunna, et sollicite pour cela l'aide de Mari et de Babylone.

  1. Zimri-Lîm et Hammurabi sautent alors sur l'occasion, et aux côtés des Élamites leurs troupes prennent Eshnunna en 1765.

  2. Mais Siwe-palar-huhpak ne s'arrête pas là, et s'empare des territoires d'Eshnunna, reprenant les ambitions territoriales de ceux-ci vers la région du Khabur, où ses troupes prennent Shubat-Enlil. Il se brouille dans le même temps avec Hammurabi, qui s'est emparé de villes appartenant à Eshnunna et qui refuse de lui restituer. Un conflit s'engage alors entre les deux.

  3. Hammurabi est vite mis en difficulté, mais il bénéficie du soutien du roi de Mari (avec lequel il contracte une alliance), qui est craint pour ses possessions dans le Triangle du Khabur, et aussi de la plupart des autres rois amorrites qui s'opposent à cette invasion "étrangère" (l'Élam étant le seul grand royaume non dirigé par une dynastie amorrite), exception faite de Qatna et de Larsa.

Face à cette opposition, Siwe-palar-huhpak rebrousse finalement chemin. Après cette offensive arrêtée in extremis, Hammurabi sort grand vainqueur. Cet évènement constitue un tournant pour la période, car c'est à partir de ce moment que Babylone enchaîne les conquêtes en Mésopotamie.


L'irrésistible ascension de Babylone

Bénéficiant de l'aide des troupes de Mari, Hammurabi peut se tourner vers son vieil ennemi Rîm-Sîn de Larsa, qu'il réussit enfin à vaincre en 1764. Cette victoire fait de lui le maître incontesté du sud de la Mésopotamie, ce que personne n'avait réussit à faire depuis la chute d'Ur.

Il peut alors se tourner vers le nord, et il intervient dans la région du Jebel Sinjar en direction des possessions de Mari, avant de s'emparer d'Eshnunna où un souverain s'était établi après le départ des Élamites. On ne sait pas dans quelles conditions se déclenche la guerre entre Babylone et Mari. Quoiqu'il en soit, cette dernière tombe en 1760, avant d'être détruite en 1759. Puis Hammurabi se lance dans une série de conquêtes dans la Vallée du Tigre, sans doute jusque dans la région d'Assur.

En quelques années, Hammurabi s'est ainsi constitué un royaume très puissant, éliminant ses adversaires les plus redoutables les uns après les autres. Il ne porte cependant pas les armes contre Alep, ni contre l'Élam, qui restent les deux autres grandes puissance du Moyen-Orient de cette période.

Source : http://www.geocities.com/esagil1/amurru.htm - http://fr.wikipedia.org/

Posté par Silverside le 16.03.08 à 17:16 - Commentaires (0) - L'Ascension de Babylone

La Première Dynastie Babylonienne (I) : Présentation

Babylone est attestée pour la première fois dans les textes de la IIIè Dynastie d'Ur en tant que ville contribuant au trésor royal. Elle était cependant un ensemble suffisament important pour nécessiter la présence d'un ENSI (administrateur de province) à sa tête. Après l'effondrement du grand Empire sumérien, des chefs de tributs amorrites s'emparent de la cité au début du IIè millénaire, et y fondent la Ière Dynastie.

Le premier souverain amorrite de Babylone est Sumu-abum (1894–1881) et son successeur, Sumu-le-El (1880–1845), qui n'est pas son fils, est le véritable fondateur du royaume babylonien : il réussit à prendre les cités des environs de Babylone.

Son fils Sabium (1845-1831) et son petit-fils Apil-Sîn (1831-1813) règnent successivement et agrandissent le territoire, qui s'étend au sud jusqu'aux environs de Nippur (qui appartient à Larsa), et au nord sur la région du cours moyen du Tigre (jusqu'au royaume d'Eshnunna).

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Babylone

Babylone s'affirme alors comme une grande puissance, rivale de Larsa.

Sous Sîn-muballit (1812-1792), le royaume progresse face à Larsa, et Nippur et Isin sont prises. Mais la présence au nord du grand royaume Nord-mésopotamien de Shamshi-Adad, ainsi que de celui d'Eshnunna dirigé par Dadusha puis Ibal-pî-El II, limite la progression vers le nord.

En 1794, le roi de Larsa Rîm-Sîn réussit à reprendre les pertes précédentes.

Posté par Silverside le 16.03.08 à 17:20 - Commentaires (0) - L'Ascension de Babylone

La Première Dynastie Babylonienne (II) : Hammurabi et ses successeurs

Sous le règne d'Hammourabi, Babylone devientla plus grande puissance politique de Mésopotamie. C'est à ce moment que la ville capte à son seul profit, outre le rôle de capitale politique, la fonction de capitale religieuse, unique résidence du dieu Mardouk roi des dieux du panthéon mésopotamien.

L'empire d'Hammourabi assure ainsi la synthèse entre les traditions culturelles et religieuses des capitales de Sumer et d'Akkad qui avaient dominé la Mésopotamie au IIIe millénaire av. J.-C. et celles des bédouins amorrites.


Hammurabi (1793-1750)

Dès son intronisation, Hammurabi doit donc passer à l'action face à son rival. Après avoir renforcé sa puissance, il attaque le territoire dominé par Larsa, et s'empare d'Isin, Uruk et Ur. Il étend ensuite sa domination vers l'est contre Eshnunna, puis vers l'ouest, de sorte que les frontières de son territoires sont éloigné de son centre, et que d'éventuels adversaires sont affaiblis, tandis que ses puissants voisins ne réagissent pas.

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Hammurabi

  1. A la mort du grand Shamshi-Adad, avec lequel Hammurabi avait été conciliant, la situation politique change. Zimri-Lim s'empare de Mari et constitue un état puissant sur le Haut-Euphrate, et remporte une victoire contre Eshnunna, avant de renforcer son pouvoir sur ses vassaux.

  2. Pendant ce temps, Hammurabi reste patient, et organise son royaume pour le rendre plus puissant, en tout cas supérieur à celui de Larsa. En 1765, il s'allie au roi de Mari, alors grand maître de la politique internationale, pour repousser un attaque Elamite qui au passage a détruit Eshnunna.

  3. L'année suivante, il provoque la guerre contre Larsa s'empare enfin de la ville, se débarrassant ainsi du vieux mais toujours redoutable Rîm-Sîn, qui avait réussit à solliciter une aide de Mari.

  4. Hammurabi a alors la plupart des souverains de la région contre lui. Qu'importe, puisqu'il défait une coalition des souverains du nord en 1762, avant de se porter contre Mari. Zimri-Lin ne fait pas le poids, et est écrasé par les armée babyloniennes qui détruisent la ville, qui ne se relèvera pas de cette attaque.

  5. Hammurabi poursuit sur sa lancée, maintenant que plus personne n'est en mesure de l'arrêter : il s'empare d'Assur, puis d'Eshnunna

A sa mort en 1750, il a fait de Babylone la plus grande et la plus prestigieuse des cités de Mésopotamie, ce qu'elle restera pour plusieurs siècles malgré l'effondrement rapide de la Ière Dynastie après le règne de Hammurabi.


Les Successeurs de Hammurabi

Samsu-iluna (1750-1712) succède à son père, et essaie de poursuivre son œuvre, mais de nombreuses révoltes affaiblissent son royaume.

  1. Dès l'an 8 éclata une triple crise : économique, politique et militaire. La situation économique se dégrada si rapidement que le roi fut obligé, huit ans après sa première remise de dettes – mîsharum – d'en proclamer une seconde. On constate d'autre part la volonté d'indépendance des cités du sud, mal résignées à la domination babylonienne malgré l'habileté dont Hammurabi avait fait preuve.

  2. Une deuxième période dans le règne de Samsu-iluna s'ouvrit en l'an 12. Après avoir vaincu le roi d'Eshnunna et imposé son autorité dans la vallée de la Diyala, Samsu-iluna s'aventura en 1728 jusqu'au cœur du « triangle du Habur ». Il y mit fin au royaume d'Apum et détruit sa sa capitale, Shubat-Enlil.

  3. Samsu-iluna tenta ensuite de rééquilibrer son royaume en direction du Moyen Euphrate. Il construisit une petite ville fortifiée à Harrâdum : il s'agissait d'un point fortifié avant sa campagne contre Terqa, qui eut lieu en l'an 27. Le fils du roi local fut installé sur le trône, sous tutelle babylonienne.

  4. L'année 30 de Samsu-iluna fut marquée par une nouvelle amputation territoriale. Ce qui restait du sud sumérien fut perdu, dans des conditions encore obscures. Comme dix-huit ans plus tôt à Ur, Larsa ou Uruk, la documentation écrite s'interrompt à Isin et à Nippur pour plusieurs siècles. Les dernières années du règne sont très mal connues.

A la fin de son règne, Samsu-iluna a perdu la plupart des provinces du royaume hérité de son père, dont Sumer. Le pays est de plus frappé par une crise économique caractérisée par l'endettement des plus pauvres, que le roi n'arrive pas à résoudre malgré la proclamation de l'andurarû par deux fois.


La Prise de Babylone

Les quatre derniers rois de la première dynastie régnèrent pendant plus d'un siècle, généralement désigné comme période paléo-babylonienne tardive. Il ne semble pas y avoir eu de difficultés de succession, et les règnes de ces souverains ont été longs, ce qui est souvent considéré comme un gage de stabilité. Toutefois, les signes d'un déclin politique sont évidents.

  1. Abieshuh (1712-1684), Ammi-ditanna (1684-1646) et Ammi-saduqa (1646-1626) résistent et réussissent même à reprendre des territoires perdus auparavant. Pourtant, la situation du royaume est désastreuse, et une grave crise économique le frappe.

  2. Aux frontières, les Kassites, ainsi que les Hurrites et les Hittites se font pressants. Les souverains babyloniens ne peuvent résoudre les problèmes qui se posent à eux.

  3. Samsu-ditana (1626-1595) hérite d'une situation très difficile à laquelle il ne pourra pas plus que ses prédécesseurs mettre fin. Malgré une politique de construction de forts visant à protéger les frontières du territoire, celui-ci reste mal défendu.

Lorsque vers 1620, le roi hittite Hattusili, ravage la Syrie, il accentue sa menace sur la Babylonie. Les évènements de ces années sont mal connus, mais il semble que les assauts des nouveaux peuples soient de plus en plus rudes. En 1595, le successeur d'Hattusilis, Mursili, après avoir attaqué une nouvelle fois en Syrie, descend l'Euphrate et pénètre en Mésopotamie, puis fonce vers Babylone qu'il prend et pille. Samsu-ditana disparaît, et avec lui la Ière Dynastie de Babylone.

Source : http://www.clio.fr - Esagil

Posté par Silverside le 16.03.08 à 17:24 - Commentaires (0) - L'Ascension de Babylone

La Première Dynastie Babylonienne (III) : L'organisation politique

Le roi babylonien de la Ière dynastie porte le titre akkadien de sharrum (roi). Il gouverne depuis le palais de sa capitale, aidé par son entourage dont on ne connaît pas la composition exacte ni la titulature.

  1. Le roi est à sa place parce que les Dieux l'ont voulu. Il doit de ce fait faire respecter leur justice, et diriger leur territoire le mieux qu'il peut pour que les sujets y produisent de quoi satisfaire leurs maîtres divins. Le roi est donc le personnage central du royaume babylonien, exerçant une très grande autorité.

  2. Le roi est entouré de ministres le secondant dans ses tâches. On trouve un premier ministre (sukkalum), un ministre des relations extérieures (sukkal ubarim), ainsi que des secrétaires royaux (tupshar sakkakkim). Tout le secteur administratif est géré par un important corps de scribes (tupsharrum)

Le territoire était divisé en provinces dans les régions de Babylonie même. Un gouverneur dirigeait ce territoire depuis sa plus grande cité, entouré de fonctionnaires qui l'aidaient dans ses tâches.

L'ordre public était assuré par des garnisons, - constituées de soldats de métier, encadrant des conscrits accomplissant leur service du au roi (l'ilkum), ainsi que quelques mercenaires -, stationnant dans les chefs-lieux des provinces, qui pouvaient aussi servir d'armée et d'autorité encadrant les grands travaux publics accomplis par la volonté du pouvoir central.

L'Organisation de la cité

Dans les cités, un système efficace était en place. On trouvait un agent royal, le rabiânum, aidé d'adjoints (hazannum) et une assemblée d'Anciens (puhrum) représentant la communauté.

  1. Une "chambre de commerce" (kârum) réglait les litiges commerciaux sous la coupe d'un agent royal, le "chef des marchands" (wakil tamkarî).

  2. Les agents du pouvoir local pouvaient avoir des fonctions juridiques, administratives ou dans la collecte des impôts.

  3. Le pouvoir judiciaire était exercé par un juge royal (dayyan sharrim) aidé par des assistants (rêdûm), quand les pouvoirs locaux n'arrivaient pas à régler les affaires ou pour des cas d'une certaine importance.

Le pouvoir royal exerce un contrôle sur ces institutions grâce à des inspecteurs (waklum).

Les provinces lointaines étaient gouvernées par des personnages, souvent issus de l'ancienne famille royale dirigeant le pays, disposant d'une autonomie assez large, mais qui étaient quand même vassaux de Babylone et devaient lui verser de ce fait un tribut.

Les stratifications sociales

Les hommes libres sont généralement appelés awilum (traduit par "homme"). Le Code d'Hammurabi distingue deux catégories d'hommes libres : les awilû proprement dits et les mushkenû.

Les awilû exercent une fonction pour le compte du palais, pour laquelle ils sont rétribués par des rations, ou bien par des champs de subsistance, qui sont attribués en échange de la fonction et ne sont donc pas des biens transmissibles par héritage, sauf apparemment dans le cadre d'une fonction militaire. Les mushkenû (d'où dérive le mot français "mesquin") évoluent en dehors de la sphère palatiale. Ils échappent à la documentation écrite, et de ce fait sont très mal connus

Les hommes libres sont sujets du roi, ils sont ses serviteurs. Mais, dans leur religion, ils sont avant tout soumis à leurs dieux, qu'ils ont pour devoir de servir.

Les esclaves, wardum, disposaient de la place la plus basse dans l'échelle sociale. Les esclaves étaient avant tout des prisonniers de guerre, ramenés de campagne par les troupes royales, pouvant être offerts ou vendus aux particuliers, ou bien aux temples, ou restant au service du roi. Ils étaient aussi nombreux à être des descendants d'esclaves restés au service du maître de leurs parents. Il existait aussi l'esclavage pour dettes.

Economie

Le roi dirige tout le système de propriété des terres, en les distribuant aux membres de son administration (des plus hauts dignitaires à certains de ses domestiques) ou aux temples. Il garde le contrôle sur toutes les terres qu'il concède, cette propriété n'étant pas pleine.

Bien que soumis à l'autorité royale, les temples gardent une certaine importance dans le domaine économique. Ils accordent notamment divers types de prêts, que ce soient les ikribû (prêts concédés à des marchands, qui en contrepartie font des offrandes importantes au temple), ou des prêts avantageux accordés à des agriculteurs pendant la crise agricole qui secoue le pays au XVIIè siècle, le temple effectuant ainsi un rôle d'assistanat.

La distribution des terres par le roi en échanges de services (ilkû) aboutit à la constitution d'une élite urbaine qui s'enrichit grâce à ses terres qu'elle afferme, et peut se lancer dans des entreprises commerciales et financières. Si le commerce est en partie dirigé par le palais et aussi les temples, qui emploient les marchands, ces derniers peuvent se lancer dans des entreprises commerciales pour leur propre compte.

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Le Code d'Hammurabi

Le Code d'Hammurabi est l'une des plus anciennes lois écrites trouvées.

La stèle du Code d'Hammurabi dont on dispose fut gravée dans un bloc de basalte et fut placé dans le temple de Sippar. Plusieurs autres exemplaires similaires furent vraisemblablement placés à travers tout le royaume. Cela avait pour but de faire connaître l'autorité et la sagesse de Hammurabi sur l'ensemble du territoire qu'il dirigeait.

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Code d'Hammurabi

Le Code d'Hammurabi n'est pas un code de lois comme nos Codes civil ou pénal, où chaque délit est censé être répertorié, les juges devant se baser sur un article précis pour décider leur jugement. Il s'agit en fait d'un texte établi à partir de la compilation de décisions de justice prises par le roi Hammourabi et compilées en un grand texte.

Le Contenu

Le texte, réparti en cases, comprend 282 articles de justice qui concernent les principaux aspects de la vie sociale. Plus que de lois, il s’agit de sentences sur des cas exemplaires portés en dernier recours devant le roi. L’exposition des cas est précédée d’un prologue, sorte de testament politique énoncé par Hammurabi, le fondateur de la puissance babylonienne. On y voit les grands dieux, qui ont accordé la prépondérance à Babylone, appeler Hammurabi sur le trône "pour proclamer le droit dans le pays, pour éliminer le mauvais et le pervers, pour que le fort n’opprime pas le faible".

Les différents "articles" régissent notamment :

  1. la hiérarchisation de la société : trois groupes existent, les hommes libres, les subalternes et les esclaves.

  2. la protection sociale : un esclave ne doit en aucun cas être séparé de sa femme et de ses jeunes enfants.

  3. les prix : les honoraires des médecins varient selon que les soins donnés s'adressent à un homme libre ou à un esclave.

  4. les salaires : ils varient selon la nature des travaux réalisés.

  5. la responsabilité professionnelle : un architecte qui a réalisé une maison qui s'est effondrée sur ses occupants et ayant causé leur mort, est condamné à la peine de mort.

  6. le fonctionnement judiciaire : la justice est rendue par des tribunaux et il est possible de faire appel auprès du roi, les décisions doivent être écrites.

  7. les peines : toute une échelle des peines est inscrite suivant les délits et crimes commis. La Loi du Talion est la base de cette échelle.

Les sentences ont toutes été écrites selon un même schéma : si un homme fait telle action, alors il en résultera telle conséquence. Parmi les grands thèmes abordés, on trouve le faux témoignage, le vol, le travail agricole, le commerce, les dépôts et gages, la famille, le mariage, les enfants, les coups et blessures et des professions très spécifiques, comme les médecins, etc. Le souverain se veut le défenseur du faible contre le fort, le protecteur de l’orphelin et de la veuve. L’inscription s’achève par des incantations aux grandes divinités afin qu’elles protègent ceux qui respecteront le droit ainsi établi et qu’elles punissent ceux qui le bafoueraient.

Source : Antiquites Louvre - Wikipedia

Posté par Silverside le 16.03.08 à 17:32 - Commentaires (0) - L'Ascension de Babylone

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