Igor Brevnjovski : Chronique d'un homme en exil

La Période Néo-Babylonienne

Shamash-mudammiq (942-900) règne en Babylonie au moment de l'offensive assyrienne d'Adad-nirari II. Son royaume avait subi quelques années auparavant une attaque élamite. L'Assyrien s'empare des provinces septentrionales du royaume du sud.

  1. Le souverain babylonien suivant, Nabû-shumi-ukin (900-888) va contre-attaquer, et réussir à repousser la frontière avec l'Assyrie plus au nord.

  2. Son successeur Nabû-apla-idin (888-855) va raffermir le pouvoir babylonien, face aux tribus de Sutû notamment.

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Temple de Nabuchodonosor

Marduk-zakir-shumi (855-819), son successeur, doit faire face à une crise de succession, son frère tentant de le renverser. Il fait appel à l'assyrien, Salmanazar III pour résoudre la situation. Ce dernier l'aide à vaincre les rebelles, et poursuit même son offensive vers le sud, et pille les tribus chaldéennes devenues très puissantes, et quasiment indépendantes, en tirant un grand butin.

  1. La situation se retourne quelques années plus tard, quand l'assyrien Shamshi-Adad V fit à son tour appel à Marduk-zakir-shumipour faire face à une révolte. Le babylonien l'aida à remporter la victoire, et devint le protecteur de l'assyrien.

  2. Mais ce dernier ne supportant pas ces conditions, à la mort de Marduk-zakir-shumi, il attaque le nouveau roi de Babylone Marduk-balassu-iqbi (819-813), et le parvient à le vaincre une première fois, avant de retourner en Babylonie en 813 pour achever son adversaire.

Un babylonien nommé Baba-ah-idin (812-811) tenta de mener la résistance contre l'envahisseur, mais il fut vite vaincu. Shamshi-Adad V écrasa ensuite les Chaldéens.

Source :
- Babylone (Esagil)
- Les Mèdes (Esagil)

Posté par Silverside le 16.03.08 à 21:26 - Commentaires (0) - Les Achéménides

La Période Néo-Babylonienne (I) : Sous Domination Assyrienne

A partir de cette défaite, Babylone n'a plus de pouvoir stable. C'est donc les Chaldéens qui vont prendre le trône de la ville, et tenter de résister face à des Assyriens de plus en plus puissants.

  1. Les premiers souverains chaldéens, arrivés au pouvoir au début du VIIIè siècle, ont beaucoup de mal à rétablir l'ordre, jusqu'au règne du babylonien Nabonassar (748-734), qui, en désespoir de cause, fait appel à l'assyrien Teglat-Phalasar III pour l'aider à améliorer la situation en Babylonie, et à vaincre les Chaldéens et les Araméens.

  2. Ce dernier accepte, et déporte les adversaires de Nabonassar vers le nord. Il en profite pour établir un contrôle étroit sur Babylone, qui devient un protectorat de l'Assyrie. Mais le fils de Nabonassar, Nabû-zadin-zeri, est renversé par un dénommé Nabû-shuma-ukin II, qui est à son tour vaincu par le chaldéen Nabû-mukin-zeri. Le tout en l'espace de deux années, de 733 à 731.

  3. Teglat-Phalasar III, qui perd le contrôle qu'il exerçait sur Babylone avec l'arrivée au pouvoir des Chaldéens, décide d'intervenir dans le Sud, renverse Nabû-mukin-zeri, et monte lui-même sur le trône de Babylone, sous le nom de Pulû

A partir de 728, l'Assyrie est maître de la Babylonie.


La Période de Domination assyrienne

Deux ans après sa prise de pouvoir, Teglat-Phalasar III meurt. Son fils Salmanazar V continuera de régner à la fois sur l'Assyrie et sur Babylone, où il prendra pour nom Ulûlaiu. Mais les Babyloniens ne comptaient pas se laisser faire, et organisèrent une farouche opposition, avec l'aide de leurs anciens ennemis Elamites, qui craignaient la progression des Assyriens.

  1. Le chef de la tribu chaldéenne du Bît-Yakîn, Merodach-baladan II (722-710), petit-fils de l'ancien souverain babylonien Eriba-Marduk, profite du trouble jeté en Assyrie par l'éviction de Salmanazar V par Sargon II en 722, pour s'emparer du trône de Babylone. Il s'empare de toute la région, évinçant tout ses opposants, et sous son règne la région deviendra prospère, et il se montrera un souverain très actif.

  2. Sargon II, occupé dans d'autres régions, laissera Merodach-baladan II en paix pendant douze ans. Mais, en 710, il attaque les Babyloniens et leurs alliés Elamites. Il repousse ses adversaires vers le sud, et s'empare de Dûr-Yakîn, la capitale du Bît-Yakîn, avant de se livrer au pillage de toute la région. Mais Merodach-baladan II a eu le temps de lui échapper et de s'enfuir en Elam.

Après la mort de Sargon II en 705, son fils Sennacherib lui succède. Deux ans plus tard, Merodach-baladan revient d'Elam, et reprend le pouvoir à Babylone. L'Assyrien envoie ses troupes en Babylonie, qui est mise à sac, bien que le vaillant Chaldéen leur échappe encore. Il reviendra en 700, une nouvelle fois soutenu par les Elamites, ce qui provoquera une nouvelle invasion de la Babylonie par les Assyriens, qui le repoussent encore. S'il réussit à s'enfuir une troisième fois, dans les marécages du sud, il ne reviendra plus jamais.


La Destruction de la Ville sainte

Pendant ces quelques années, Sennacherib a confié le trône de Babylone à des hommes de confiance, d'abord le babylonien Bêl-ibni (703-700), qui a été élevé en Assyrie, et ensuite, après que ce dernier se soit révélé incapable à faire face à Merodach-baladan, à Assur-nadin-shumi (700-693), son fils aîné, et donc son successeur.

Mais ce dernier est renversé en 694, par les Babyloniens, qui le livrent au roi d'Elam, qui l'emmène dans son pays et le tue.

  1. Deux souverains chaldéens vont successivement occuper le pouvoir à Babylone : Nergal-mushezib, puis Mushezib-Marduk (693-689). Mais ce dernier est tué en 689 lors de la réplique de Sennacherib.

  2. Exaspéré par la résistance acharnée des Babyloniens, et par la mort de son fils aîné, il décide de porter un coup fatal à la ville qui lui cause tant de troubles. Il ordonne le massacre ou la déportation des habitants de la région, puis le pillage et la destruction de la ville sainte, et emportera la statue de Marduk à Assur.

La ville mettra quelques temps à se remettre de ce massacre, qui fut ressenti comme un sacrilège en Babylonie, une offense fait au grand dieu Marduk. Sennacherib payera d'ailleurs ce crime en 681, lorsqu'il sera assassiné par son fils Arad-Mulissu.

Un Retour au Calme

Son fils Assarhaddon tentera de regagner le cœur des Babyloniens, et ordonnera la reconstruction des grands monuments de la ville, ainsi que la restitution des terres perdues par les habitants de la région au profit des nomades. La région restera d'ailleurs calme tout le long de son règne.

  1. A sa mort, alors que le trône d'Assyrie revient à Assurbanipal, c'est son frère Shamash-shumi-ukîn (669-650) qui devient roi de Babylone, tout en étant soumis à son frère malgré une certaine autonomie.

  2. Il ramènera en 668 la statue de Marduk à Babylone, et semble avoir été adopté par la population, au point que, après seize ans de règne en paix, gagné par l'esprit de rébellion babylonien, il se révoltera contre Assurbanipal en 652, avec l'aide chaldéenne et élamite.

Alors qu'il convoitait le trône d'Assyrie (qui lui était théoriquement du, vu qu'il était l'aîné), Shamash-shumi-ukîn fut repoussé par son frère, qui assiégea Babylone durant deux ans, de 650 à 648. Au bout de ces deux années, Shamash-shumi-ukîn, devant l'évidence de sa défaite, se suicida en incendiant son palais.

Après cette nouvelle révolte, la ville subit une nouvelle répression, moins violente cependant que celle de Sennacherib. Assurbanipal donna le trône de la ville à Kandalanû, qui lui fut fidèle. Lorsqu'ils moururent tous les deux en 627, une révolte de palais éclata en Assyrie, et annonçait le début de la fin pour ce puissant royaume.

Posté par Silverside le 16.03.08 à 21:30 - Commentaires (0) - Les Achéménides

La Période Néo-Babylonienne (II) : La Dynastie chaldéenne

A la mort d'Assurbanipal, son fils Assur-etil-ilani lui succède. Mais le frère du nouveau roi, Sîn-shar-ishkun, se révolte contre celui-ci, et prend le pouvoir à Babylone, d'où il chasse un ancien général assyrien ambitieux qui avait tenté de monter sur le trône de cette ville.

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L'Empire Babylonien

Nabopolassar (627-605)

Au même moment, le gouverneur du Pays de la Mer, un Chaldéen nommé Nabopolassar, profite de la situation pour faire à son tour sécession.

  1. Suffisamment prudent, il va laisser dans un premier temps les deux frères régler leurs compte, et regrouper ses troupes. Sîn-shar-ishkun défait Assur-etil-ilani, et monte sur le trône de Ninive. Nabopolassar profite de la situation pour s'emparer de Babylone, ce qui va obliger le nouveau souverain assyrien à l'attaquer. Cette guerre ravagea quelques temps la Babylonie, et Sîn-shar-ishkun, voyant son royaume se désagréger, n'eut pas le temps de se désengager et de laisser le Sud à Nabopolassar puisque Cyaxare, roi des Mèdes, s'allia avec le chaldéen, pour détruire l'Assyrie.

  2. Les armées babyloniennes repoussèrent les Assyriens vers leur pays, tandis que les Mèdes attaquaient au nord. Assur tomba en 614, puis Kalkhu peu de temps après, et enfin Ninive en 612. Les dernières poches de résistance assyriennes furent éliminées à Harran en Haute-Mésopotamie en 609. Ainsi, Babyloniens et Mèdes avient réussi à faire chuter l'Empire Assyrien, et pouvaient se partager ses restes.

Cyaxare semble en fait avoir reçu peu de territoires de l'ancien royaume assyrien. Il ne prendra que l'Est de l'Elam (l'Anshan), et la Haute-Mésopotamie, car il avait probablement des visées sur l'Anatolie avant tout, et il désirait seulement l'anéantissement de l'Assyrie qui était une entrave à sa progression.

Nabopolassar reçut donc la Mésopotamie, l'Ouest de l'Élam (la Susiane), la Syrie et le Levant. Ces deux dernières régions n'avaient cependant pas l'intention de passer dans les mains d'un nouvel envahisseur, et elles ne voulaient pas rendre l'indépendance acquise pendant la guerre. Les Babyloniens durent donc se rendre à l'ouest pour prendre possession de ces régions.


Nabuchodonosor II (605-562)

Nabopolassar, âgé, confie la direction des opérations à son fils aîné Nabuchodonosor, et continue à régner à Babylone et à rénover la ville. Il mène ses armées en Syrie, à Karkemish, où l'armée égyptienne avait pénétré pour prêter main-forte aux habitants de la région.

Il lui faut deux années pour renforcer ses lignes arrières : il passe à l'action en 605, et écrase la coalition adverse. Il peut ensuite diriger ses troupes vers la Palestine, qui est sur le point de tomber lorsqu'il apprend la mort de son père

Il monte sur le trône en septembre 605, et devient Nabuchodonosor II, roi de Babylone.

Le début du règne

Lorsqu'il devint roi, Nabuchodonosor II ne manquait ni d'expérience, ni d'ambition. Il voulait poursuivre l'œuvre de son père et rendre à son royaume son prestige passé.

  1. Aussitôt sa prise de pouvoir officialisée, il retourna sur les bords de la Méditerranée, où le souverain d'Askhalon s'était révolté, et où il voulait aussi affirmer sa domination sur les souverains des royaumes de Phénicie, et aussi sur le roi de Juda. Mais les Égyptiens étaient toujours présents dans la région pour soutenir ces derniers.

  2. En 601, le choc entre les opposants, Babyloniens d'un côté, Égyptiens et alliés de l'autre, eu lieu. Nabuchodonosor essuya une défaite, et du se retirer dans ses forteresses de Syrie. Il décida d'attaquer dans une autre direction, en Arabie, l'année suivante, et fut victorieux.

  3. Puis il retourna au Levant pour recevoir le tribut des souverains de la région. Celui de Juda, Joiakim, refusa de payer, et dut subir la répression : Jérusalem fut assiégée puis prise en 597, et il perdit la vie, son fils Joakin et les autres notables et lettrés du royaume étant déportés à Babylone

Pour mieux contrôler la région, Nabuchodonosor bâtit un fort à Riblah, au Liban. Mais cela n'empêcha pas les rois locaux de continuer à se révolter, et d'être le principal souci du souverain chaldéen.

La fin de règne

Une révolte eut aussi lieu en Babylonie même en 593, et fut vite réprimée avec violence. En 589, les Égyptiens s'emparèrent de Gaza, et assiégèrent Tyr et Sidon. Puis il formèrent une coalition avec les Phéniciens, à laquelle se rallia Sedecias, le nouveau roi de Juda, pourtant à ce poste grâce à Nabuchodonosor II.

  1. Celui-ci revient donc à Ribla, d'où il prépare sa contre-attaque. Il assiège Jérusalem en 588, et après près de deux ans de siège, la ville tombe. Les fils de Sedecias sont tué, puis il est mutilé et déporté à Babylone avec la majorité de ses sujets. Jérusalem est ensuite brûlée et rasée. Le royaume de Juda est tombé.

  2. Parallèlement, Tyr était aussi assiégée. Cette fois-ci, la situation mit plus de temps à se résoudre, et ce ne fut qu'au bout de treize années que Nabuchodonosor II put faire entrer ses troupes dans la ville. En 585, le Babylonien arbitra un conflit opposant son allié le Mède Cyaxare au roi Alyatte de Lydie, et en profita pour s'emparer de quelques villes en Cilicie. Peu après, la Palestine se révolta en 582, et sa population avait été déportée

La situation au Proche-Orient ne s'arrangea qu'en 568, lorsque Nabuchodonosor II mit en déroute les Égyptiens près de Gaza.

La fin du règne de Nabuchodonosor II est obscure, et on sait qu'il mourut en 562 à Babylone, de maladie probablement. Durant toutes ces années, il n'avait cessé d'embellir les grandes villes de la Mésopotamie, et, en premier, sa capitale Babylone, qui devint la plus belle cité de l'Orient, dont le souvenir est passé à la postérité. Ce grand monarque aura aussi étendu l'Empire de Babylone au maximum, et lui a donné une gloire comme il n'en a jamais eu et comme il n'en aura plus jamais.


Les Derniers Rois Babyloniens

Après le règne de Nabuchodonosor II, Babylone ne retrouvera plus la stabilité politique, à cause de trop grands conflits au sommet du pouvoir. Le fils de Nabuchodonosor II, Amêl-Marduk (562-560) ne régna que deux ans au cours desquels le seul acte notable fut la libération de Joakin, roi de Juda.

Il fut assassiné au cours d'une révolution de palais mené par Nériglissar (560-556), homme influent à la cour de Babylone, gouverneur d'une province à l'est). A sa mort en 556, son fils Labashi-Marduk (556-555) monta sur le trône mais fut assassiné l'année même de son intronisation par des dignitaires de la cour.

Nabonide et Balthazar

Ce furent les deux chefs de la révolte, Nabonide, personnage important à la cour de Babylone, et son fils Balthazar qui prirent le pouvoir.

Nabonide (555-539) régna seize ans, durant lesquels il rencontra de nombreuses difficultés.

  1. Les révolutions de palais qui avaient ébranlé la cour royale n'avaient eu aucune conséquence dans l'Empire, qui restait assez calme. Une fois au pouvoir, il fit ce qu'un souverain de Babylone faisait : il rendit le culte, rénova les monuments, et mena même une campagne en Cilicie.

  2. Cependant, il fut fortement contesté en raison de son attitude religieuse. Originaire de Harran, l'un des deux lieux de cultes principaux de Sîn, dieu-soleil, il vouait à ce dernier plus d'admiration qu'à Marduk, ce qui lui attira l'hostilité du clergé de Babylone. De plus, pour résoudre quelques problèmes au niveau économique, il augmenta le contrôle de l'État sur les temples.

Devenu indésirable à Babylone, craignant d'être évincé, par son fils même, il partit d'abord mener une campagne en Palestine, avant de s'installer pendant dix ans à Têma, en Arabie, lieu de culte au dieu-soleil.

Quoiqu'il en soit, c'est son fils Balthazar qui gouverne Babylone pendant ces années, sans être roi toutefois. S'il semble avoir été lui aussi un restaurateur et un bâtisseur, il a hérité d'une réputation d'homme peu habile en politique, et contesté.

Lorsque Nabonide revient en 541, il réorganise son administration et évince quelques membres influents de la cour. Mais il reste toujours très contesté.

Posté par Silverside le 16.03.08 à 22:16 - Commentaires (0) - Les Achéménides

Les Mèdes et les Perses

Les Mèdes (Madaï) et les Perses (Parsua) sont arrivés en Iran du nord-ouest vers le fin du IIè millénaire. Ils sont arrivés du nord, par le Turkmenistan. On retrouve les premières traces archéologiques des Mèdes sur le site de Tureng Tepe en Hyrcanie, d'où ils ont ensuite pénétré dans le nord-ouest iranien, et on retrouve leurs traces depuis le sud du lac d'Urmiyah jusqu'à Tepe Sialk, ainsi qu'à Tepe Giyan. Les premiers peuples iraniens sont caractérisés par leur poterie noire ou grise.

Les Iraniens ont d'abord surtout résidé dans la région du lac d'Urmiyah, où dominent les Mèdes et les Manéens (Mannaï), qui entrent en contact avec les puissants royaumes d'Assyrie et d'Urartu.

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Le Plateau Iranien

Les Mèdes apparaissent sous la forme d'une coalition de tribus dans les annales assyriennes au IXè siècle sous le règne de Salmanazar III (859-824), et ils auront alors à subir des expéditions punitives menées par les souverains d'Assyrie. Toutes ces attaques n'auront que peu d'effets, car ni les Mèdes, ni les Perses ne sont délogés, et rien n'empêche la montée en puissance des souverains mèdes, enrichis par leurs échanges avec les royaumes voisins, l'Urartu, l'Elam et bien sûr l'Assyrie.

  1. La montée en puissance d'un peuple voisin, celui des Manéens, habitant la région au sud du lac d'Urmiyah, va renforcer le danger que représente cette région pour l'Assyrie.

  2. A partir du VIIIè siècle, l'Urartu va fomenter des révoltes contre l'Assyrie dans les peuples iraniens, tout en prenant pied dans cette région (destruction du site d'Hasanlu, en pays manéen).

  3. Au VIIè siècle, les Perses s'installent dans les monts du Zagros, à l'est de l'Anshan, qui devient la Perse.

La Médie s'étend quant à elle depuis le lac d'Urmiyah au nord, jusqu'à la limite nord du Luristan au sud. Son centre est situé autour de la capitale mède, Ecbatane.

Posté par Silverside le 16.03.08 à 22:24 - Commentaires (0) - Les Achéménides

Les Mèdes et les Perses (I) : Le Royaume mède

L'élaboration d'un royaume mède se fait lentement. Les sources assyriennes et archéologiques du VIIIè siècle jusqu'au milieu du VIIè siècle présentent plutôt un ensemble de tribus divisées.

La Formation du Royaume mède

L'unification d'un royaume mède serait en fait à dater des règnes de Phraotes et de Cambyse.

  1. Les contacts avec l'Assyrie et l'Urartu ont eus un fort impact dans la constitution de ce royaume. Les élites mèdes que présentent les sites archéologiques (Godin Tepe, Nush-i Jân) se sont enrichies au contact de leurs voisins, et les luttes qu'il menèrent contre eux (et contre les Scythes plus tard) ont probablement hâté l'unification des tribus mèdes.

  2. On connaît une grande campagne d'Assarhaddon en Iran septentrional, qui le mène jusqu'au pays des "Mèdes lointains", différents des Mèdes (tout court). Il est allé jusqu'au mont Bikni, couramment identifié comme le Demavend, où il aurait soumis le roi du pays de Patusharri. Mais il se peut que ce pays soit situé plus loin vers l'est, au-delà du Désert Salé.

Les Mèdes sont très mal connus, puisqu'ils n'ont laissé aucune trace écrite, et qu'on ne les connaît que par les auteurs grecs, qui ont de plus beaucoup de mal à les distinguer avec les Perses (même s'il est vrai que ces deux peuples sont très proches). Le royaume mède devait être une confédération de royaumes vassaux, dont fait partie la Perse, qui garde son roi, comme probablement les autres.


Le premier souverain mède attesté est Phraortes (675-653). Celui-ci prend la direction des tribus mèdes. Il est donc probablement le véritable fondateur du royaume mède, et commence à constituer une menace pour ses puissants voisins Assyriens. Il est d'ailleurs pris dans les guerres entre l'Urartu, quoique affaibli par les graves défaites subies face à Sargon II, et Assarhaddon (681-669).

Phraortes soumet ensuite les peuples voisins, et s'allie aux redoutables Manéens (ou Mannaï), avec lesquels il forme une coalition contre l'Assyrie. Le souverain assyrien suivant, Assurbanipal, alors engagé dans de longs conflits en Babylonie et en Elam, lance une offensive contre les Mèdes et les Mannéens vers 653, avec l'appui des Scythes.

Au cours de cette bataille, Phraortes est vaincu et tué.



Le Roi Cyaxare (653-585)

Le très long règne de Cyaxare marque l'apogée du royaume mède. La première partie de son règne aurait été marquée par une incursion des Scythes, qui dominent la région pendant 28 ans. Il se peut que Cyaxare, probablement roi très jeune, n'ait été assez autoritaire pour repousser les envahisseurs. Il arrive à éliminer les chefs scythes au cours d'un banquet auquel il les à conviés puis enivrés. La libération de la Médie se serait donc produite vers 625

Une fois au pouvoir, Cyaxare démontre toutes ses capacités de roi. Il dirige à nouveau le territoire dominé par son père, y compris la Perse de Cyrus I. Il réorganise les institutions de son royaume selon le modèle assyrien, ainsi que son armée, qui devient alors une redoutable machine de guerre. Il cherche à s'étendre vers l'ouest, et menace les Manéens, ainsi que le royaume d'Urartu, qui vivote tant bien que mal depuis près d'un siècle.


Les luttes avec l'Assyrie

Mais son adversaire principal est l'Assyrie, affaiblie depuis la mort d'Assurbanipal en 627 par les luttes entre ses deux fils, Assur-etil-ilâni et Sîn-shar-ishkun, et un troisième personnage, le babylonien Nabopolassar.

  1. En 623, Sîn-shar-ishkun devient roi d'Assyrie après avoir éliminé son frère, et laisse les mains libres à Nabopolassar en Babylonie. Cette guerre civile affaiblit considérablement l'Assyrie qui perd un à un tous ses vassaux. Alors que la guerre reprend entre Assyriens et Babyloniens après 620, et les seconds prennent rapidement l'avantage, mais ne peuvent gagner sans aide extérieure.

  2. C'est Cyaxare qui va fournir ce soutien à Nabopolassar. En 615, il lance une attaque-éclair en Assyrie, et s'empare d'Arrapha. Puis les Mèdes reprennent l'offensive l'année suivante, contournent Ninive, s'emparant de Tarbisu, avant de fondre sur la ville sacrée d'Assur. Ils la prennent, puis la pillent et la rasent. Cyaxare est alors rejoint par Nabopolassar, avec lequel il s'allie, pour la perte de l'Assyrie. Ils scellent cette alliance par le mariage de Nabuchodonosor, fils de Nabopolassar, avec Amitys, fille de Cyaxare. Ce dernier apportera son soutient à ceux-ci deux ans plus tard, en 612.

  3. Les deux armées se jettent sur Ninive, qui tombe après une résistance acharnée. Sîn-shar-ishkun est probablement tué dans la bataille. La cité est rasée. La prise de Ninive signifie la fin de l'Empire Assyrien qui avait dominé le Moyen-Orient pendant plusieurs siècles. Un dernier souverain assyrien, le général Assur-uballit (II) se réfugie à Harran avec l'aide des Egyptiens. Il en est délogé par les alliés en 610, et est tué l'année suivante

Après avoir mis fin à l'Assyrie, les vainqueurs se partagent ses restes. La Mésopotamie du sud, la Syrie et le Levant sont laissés aux Babyloniens. Les Mèdes se contentent de garder Harran, parce que Cyaxare désire avant tout s'étendre en Asie Mineure.


La fin de son règne

Il soumet définitivement les Mannaï et l'Urartu, avant de pénétrer en Cappadoce (le tout entre 609 et 590). Il entre après en guerre contre le royaume de Lydie, dirigé par le roi Alyatte.

Ce conflit s'achève en 585, lors d'une bataille à laquelle une éclipse de soleil met fin en provoquant la peur des belligérants. Nabuchodonosor, devenu roi de Babylone, se pose alors en arbitre, et fixe la frontière entre les deux royaumes sur l'Halys (l'actuel Kizil Irmak). Cyaxare meurt en 585, après un règne bien rempli. Son royaume s'étend alors depuis l'Anatolie jusqu'à la Perse.

Son fils Astyage (585-550) lui succède. Dès les premiers mois de son règne, Nabuchodonosor, qui se méfie de la puissance mède, peut impunément prendre la Cilicie. Son règne est très pacifique.

Posté par Silverside le 16.03.08 à 22:26 - Commentaires (0) - Les Achéménides

Les Mèdes et les Perses (II) : La Domination Achéménide

Les Perses sont arrivés dans le nord-est de l'Iran en même temps que les Mèdes, au début du Ier millénaire. Ils sont attestés pour la première fois dans les Annales du règne de Salmanazar III, pour l'année 844, lorsque ce roi combat des tribus perses dans les alentours du lac d'Urmiyah.

C'est quelques années plus tard qu'ils migrent en direction du sud, pour s'établir dans le Zagros, probablement sous la pression des souverains d'Urartu qui constituent alors un royaume puissant. Puis ils effectuent ensuite une autre migration, qui va les amener au début du VIIè siècle dans le région à laquelle ils vont donner leur nom, la Perse (Parsumash, actuellement Fars), dans l'ancienne région élamite d'Anzan.


Les Rois d'Anzan

Le vieux royaume d'Elam est alors dans une situation particulièrement troublée.

  1. Sous la pression des nouveaux arrivants, il s'est rétracté dans la région de Suse, désormais centre du royaume élamite (alors qu'auparavant c'était la région d'Anzan, le Haut-Pays élamite). Les Elamites sont alors engagés dans une série de conflits contre les Assyriens, en même temps que ce contexte troublé provoque une très grande instabilité à la tête du royaume.

  2. En 646, les armées d'Assurbanipal écrasent les troupes élamites, et Suse est prise et pillée. Après cet évènement, le royaume élamite est considérablement affaibli, et se divise en petites royautés.

C'est dans ce contexte que les Achéménides s'emparent du pouvoir à Anzan, où ils fondent une dynastie.

La Composition sociale

La proximité de la vieille et brillante civilisation élamite est un élément déterminant dans l'émergence du royaume perse. Il est avéré que des Perses ont eu des contacts poussés avec les Elamites, et que certains d'entre eux ont même occupé des postes importants dans le royaume. Les populations d'Elam et de Perse étaient d'ailleurs probablement fortement imbriquées.

  1. L'apport élamite est déterminant dans la constitution d'un royaume organisé. Il y a eu une forte acculturation entre les éléments perses et élamites, qui est décisive dans la création du royaume. Sans parler des influences babylonienne et mède (ces dernières sont impossible à déterminer, puisqu'on ne sait que très peu de choses de ce peuple).

  2. Les Perses conservent néanmoins leur composition sociale, qui reste proche de celle des Mèdes. La société est composée de tribus (zantu), dirigées par un chef de tribu (zantupati), divisées en clans (vith), eux-mêmes constitués de familles (mana). Les tribus et les clans disposent de leur propre territoire.

On ne sait pas comment était composé le royaume d'alors. Le roi était avant tout le chef de la tribu la plus puissante, reconnu grâce à ses qualités militaires.


Cyrus II et la Prise du Royaume Mède

Le premier roi perse d'Anzan est Teispes, fils d'Achéménès, qui a pris le pouvoir vers 635. Son fils Cyrus lui succède vers 610, puis c'est Cambyse qui succède à son père vers 585.

Il semble que les Perses soient tombés sous la domination des Mèdes, emmenés par leur roi Phraortes II. Le successeur de celui-ci, Astyage, aurait marié sa fille Mandane à Cambyse. De leur union naît Cyrus.

Cyrus II (559-530), vivant dans l'ombre de son suzerain mède, a donné à son royaume plus de puissance, jusqu'à contester l'autorité de celui-ci. La guerre se déclenche dans des conditions qui restent obscures.

  1. Il semble que dans un premier temps les Perses soient attaqués dans leur pays même après une première défaite. Selon certains récits, les Perses, inférieurs en nombres, remportèrent ensuite une victoire brillante contre Astyage venu les soumettre, grâce à leur brillant roi. Selon d'autres sources, les autres rois vassaux auraient rallié Cyrus, et l'armée de Astyage l'aurait livré à Cyrus. Le roi mède fut dans tous les cas fait prisonnier, et probablement laissé en vie mais écarté du pouvoir.

  2. Devenu maître du royaume mède, Cyrus entreprit alors une série de victoires en Anatolie, et défit le roi Crésus de Lydie, brisant alors son alliance avec les Babyloniens, et devenant ainsi une nouvelle menace en lieu et place des Mèdes. Parvenu sur les rives de l'Égée, le brillant roi perse changea de direction, et s'empara de territoires en Iran, Afghanistan, jusqu'au Sud de l'Asie Centrale et la vallée de l'Indus.

Cyrus charge ensuite un de ses généraux, Harpage d'après les sources grecques, de soumettre les cités grecques d'Asie Mineure, anciennes vassales de la Lydie, qui refusent de reconnaître la souveraineté perse. Après un long conflit, elles sont vaincues et intégrées à l'Empire perse. Cyrus a donc mis la main sur toute l'Anatolie.

La Prise de Babylone

Après l'élimination des royaumes mède et lydien, il ne reste plus qu'un puissant royaume dans tout le Moyen Orient face aux Perses, Babylone. Malgré les précautions de Nabonide, qui sentit le vent tourner et renforça ses lignes de défense septentrionales, le Perse était impossible à arrêter.

  1. Il y a peut-être eu des précédents à ce conflit, mais rien ne l'atteste clairement. Cyrus commence par mettre la main sur les dernières principautés élamites encore indépendantes, puis il attaque directement l'armée babylonienne, dirigée par Balthasar, le fils de Nabonide. Bénéficiant de la défection du général adverse Ugbaru/Gobryas, Cyrus l'emporte, et Balthasar est tué dans la bataille.

  2. Cyrus put alors entrer en paix dans Babylone, acclamé par ses nouveaux sujets. Nabonide est démis, et on l'envoya dans une satrapie de moindre importance de l'Empire Perse.

En 539, Cyrus la Grand s'emparait donc en quelques temps de tout l'Empire Babylonien, et étendait ses possessions sur la Mésopotamie et le Proche-Orient. C'en était fini de l'indépendance babylonienne, malgré la fait que le nouveau roi se présentant comme nouveau souverain du pays, respectant ses us et coutumes.

Posté par Silverside le 16.03.08 à 22:28 - Commentaires (0) - Les Achéménides

La Paix et la Prospérité du nouvel Empire

Cyrus II est devenu le roi d'un territoire immense regroupant plusieurs nations, dans lequel la Babylonie occupait une place certes importante, mais n'était plus le centre du Monde.

Des rebellions vont secouer la région sous le règne de Darius Ier. On voit ainsi apparaître un Nabuchodonosor III en 522, soit-disant fils de Nabonide, et un Nabuchodonosor IV l'année suivante, mais tous deux furent vaincus sans mal par le "Grand roi" Darius, et exécutés.

La Babylonie, dans un monde en plein changement, semble avoir refusé à sa propre existence, tellement elle paraissait anachronique, elle, dernier témoin d'une civilisation ancestrale sur le déclin. Pourtant, sa culture fut préservée encore par les temples, malgré le fait que les mouvements de population et l'aramaïsation du pays (Darius choisira l'araméen comme langue officielle des échanges) portaient un coup à l'identité nationale babylonienne.

La Babylonie était donc sur le déclin. Celui-ci s'accentua sous le règne de Xerxes, fils de Darius, qui réorganisa l'administration de son empire, et sépara en deux la province de Babylone : elle fut séparée de ses anciennes possessions occidentales, c'est-à-dire le Levant (en effet, la province de Babylone correspondait à l'ancien Empire).

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L'Empire Perse

Sous la domination perse, Babylone connaîtra la paix et la prospérité, malgré le fait que la "voie royale", qui relie les trois capitales de l'Empire (Persépolis, Suse et Sardes) l'évite pour passer plus au nord, dans la région où le Tigre et l'Euphrate sont les plus proches, qui deviendra le nouveau centre de la Mésopotamie.

Posté par Silverside le 16.03.08 à 22:44 - Commentaires (0) - Les Achéménides

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