Les Dynasties Archaïques
A l'aube du III e millénaire, la basse Mésopotamie se divise en autant de territoires qu'il y a de cités importantes. Celles-ci rayonnent chacune sur une périphérie composée de petites bourgades et constituent de multiples unités indépendantes, sortes de capitales qui fonctionnent à l'image des cités-Etats.

Mésopotamie ancienne
La période des Dynasties Archaïques (DA) commence en 2900, et va jusqu'à environ 2340, lorsque Sargon fonde son Empire. Elle est divisées en trois sous-périodes :
DA I, de 2900 à 2750 : DA I correspond à la continuation de la période précédente (Jemdat-Nasr), avec l'apparition de nouveaux styles artistiques
DA II, de 2750à 2600 : A DA II, l'architecture des temples s'améliore, signe de l'importance du culte dans une société qui s'organise. Les plus anciens souverains attestés ont régné à cette époque.
DA III, de 2600 à 2340 : DA III est divisée en deux périodes : DA IIIA (2600-2500) et DA IIIB (2500-2340). A cette époque, les sociétés deviennent plus riches et plus puissantes, plus complexes aussi, et la civilisation sumérienne s'étend vers l'extérieur, permettant l'apparition d'un commerce international, et de relations avec des pays lointains
La période des DA est celle où l'écriture (développée à la fin du IVè millénaire) s'est suffisamment améliorée pour être compréhensible par les déchiffreurs de notre temps. C'est à partir de cette période que l'on peut réellement connaître des faits historiques réels. On ne peut cependant pas réellement faire une histoire de cette période comme on le fait pour les suivantes, car les connaissances sur celle-ci restent majoritairement issues de l'archéologie, comme le montre le fait que la chronologie est basée sur l'archéologie.
Source : http://geocities.com/esagil1/sumer.htm
Les Dynasties Archaïques (I) : Le Système des Cités-Etats
Le système politique sumérien des cités-Etats prévaut de 2900 à 2340. La réalité du pouvoir revient à la fois au temple (réminiscence de la période précédente) et au palais, qui est l'émanation de nouvelles forces politiques nées à la faveur de l'évolution de la société mésopotamienne.
Les Cités-Etats
Sumer est à l'époque des Dynasties Archaïques divisé en petits territoires groupés autour d'un centre urbain formé depuis les époques précédentes, où se trouvent les autorités étatiques. Ces grandes cités sont donc les capitales d'un espace rural, et quelquefois d'autres cités ou bourgs, sur un territoire qui reste toutefois réduit, la Basse-Mésopotamie, appelée par ses contemporains KALAM, "le Pays". On appelle ces ensembles les cités-Etats.
A cette époque, les plus importantes sont :
Ur, Uruk, Lagash (dont la capitale était en fait la cité de Girsu, au moins après le XXIVè siècle), Umma, Eridu au sud, constituant le pays de Sumer, peuplé en majorité de Sumériens, peuple d'origine indéterminée.
Nippur (où réside le dieu principal, Enlil, considérée comme une ville sainte, la capitale religieuse de Sumer), Kish (le titre de "roi de Kish" ayant à certain moments signifié la suzeraineté sur toutes les autres principautés), Akshak, Adab, Shuruppak au nord, formant le pays d'Akkad peuplé en majorité d'Akkadiens, qui sont des Sémites.
Une cité-Etat est constituée d'une capitale, et d'une campagne environnante, où se trouvaient des villes secondaires et des villages. Ces principautés entretenaient entre elles des rapports quelquefois conflictuels.
C'est durant cette période que se forment les bases de la société mésopotamienne qui évoluera durant plusieurs millénaires. Dès cette époque, deux grands organismes se partagent la direction de la société : le palais et le temple, organes constituant ce que nous appelons l'Etat.
Le Palais
La palais est le lieu de résidence du gouvernement de la cité-Etat. Au début de l'époque archaïque, le souverain d'Uruk était appelé EN ("seigneur"). Il était à la tête du temple principal de la cité, l'Inanna, et était considéré comme l'époux de la déesse. Son pouvoir était religieux, mais aussi politique. Certains textes plus tardifs montrent une sorte d'assemblée populaire (notamment un conseil des Anciens) assistant le roi pour cette même ville. Mais ce témoignage indirect reste incertain. On ne sait pas si ce modèle peut être étendu aux autres cités sumériennes de l'époque. La situation évolue par la suite :
L'EN devient simplement le grand prêtre du temple de la cité. Les souverains portent d'autres titres : ENSI, "gouverneur", mot dérivé d'EN, qui dénote la subordination de son porteur envers le dieu de la cité, tandis qu'avant il était plutôt son égal ou LUGAL, "grand homme", traduit généralement par roi.
Le titre ENSI, "gouverneur", appliqué à Lagash, montre bien la conception de cette charge : il s'agit de celui qui dirige les terres du Dieu tutélaire de la cité, qui agit au nom des Dieux, selon leur volonté, pour leur bien. Il ne faut pas oublier qu'en Mésopotamie, les hommes sont sur Terre pour servir les Dieux
Ce système a été identifié par certains auteurs comme un sorte de théocratie. Le titre d'ENSI est surtout employé à Sumer, alors que celui de LUGAL l'est à Akkad et aussi à Mari, mais pas à Ebla, où le souverain porte le titre d'EN.
Le roi doit s'assurer du bien-être des siens, et pour cela il doit entreprendre des travaux, rendre la justice pour prévenir du désordre, et mener la guerre contre une cité ennemie pour faire prévaloir son Dieu sur celui du voisin. Le souverain a aussi une fonction de prêtre, et il est le premier pourvoyeur des temples : c'est lui qui les bâti et les rénove.
Le Temple
Le temple est la demeure terrestre du Dieu. Son image, une statue le représentant, qui se trouvait dans la cella du temple assurait sa présence. Ce lieu était donc sacré. Le clergé qui y officiait assurait le service du Dieu, avec le concours occasionnel du roi, le premier prêtre du royaume. A la tête du secteur religieux du temple se trouve le grand-prêtre (EN). Chaque principauté disposait d'un dieu principal, siégeant dans le plus grand temple de la capitale. Le reste de la famille de la divinité tutélaire avait des temples dans le reste de la principauté.
Mais en plus de cette fonction religieuse, qui était très importante aux yeux des habitants de la Mésopotamie ancienne, le temple (en tant qu'organisme, mais il en existait plusieurs dans une même Cité-Etat) avait une fonction économique déterminante.
C'est lui qui encadrait les classes laborieuses dans leur travail.
Il était le plus grand propriétaire terrien, et un agent important du commerce
On voit ainsi que, parallèlement au système administratif dirigé par l'ENSI s'était développé un autre système dépendant du temple. Les deux sont certes imbriqués, et du fait de l'enclavement de la religion et de toute la société, on ne voyait probablement pas la différence. De toute manière, le pouvoir du souverain de la cité primait sur celui du temple.
Tout un système administratif hiérarchisé et spécialisé avait été mis en place pour diriger ces grands organismes. Ils étaient dirigés par le SHANGA, le grand prêtre du temple et son administrateur en chef. Les pouvoirs "civil" et religieux sont très imbriqué : les grand prêtres ont de tout temps été principalement des membres de la famille royale ou des proches.
Source : http://geocities.com/esagil1/sumer.htm
Agriculture et métallurgie, sources de prospérité
La région, contrairement à ce que l'on croit, n'était guère fertile – mais néanmoins beaucoup plus que les montagnes ou les plateaux arides qui l'entouraient. La richesse des cités sumériennes reposait sur une agriculture savante, bien adaptée au pays. Les paysans sumériens pratiquaient une agriculture diversifiée et efficace, fondée sur la culture irriguée des céréales, orge et blé, des vergers, ainsi que l'élevage des bovidés, des moutons et des porcs. Sumer fut le pays des villes parce qu'il fut d'abord le pays des champs.
Les Sumériens ne se contentèrent pas d'être de bons agriculteurs. Ils firent preuve aussi d'un grand savoir-faire métallurgique. La basse Mésopotamie était dépourvue de ressources minérales, mais les tombes de l'élite étaient remplies d'objets de cuivre ou de bronze, d'argent ou d'or, dont les techniques étaient variées, en avance sur celles des pays voisins.
Les Sumériens utilisaient, certes, le martelage qui suffisait à fabriquer des objets simples, pointes ou lames, mais ils pratiquaient aussi le moulage et la fonte à la cire perdue pour fabriquer des objets élaborés.
À côté du cuivre et de ses alliages, ils travaillèrent l'argent. L'or, facilement rayé mais inoxydable et brillant, ne servait à rien, sinon à marquer le statut social élevé de celui qui le détenait. À ce titre, il devint indispensable au monde sumérien.
Les orfèvres savaient le travailler à l'aide de deux techniques remarquables, le filigrane et la granulation.
D'autres matériaux retrouvés sur le sol mésopotamien témoignent des relations d'échange de cette société avec des régions fort éloignées, sur des distances qui peuvent surprendre. À côté du bois, de l'or, de l'argent ou du cuivre, il arrivait dans le pays de Sumer des pierres rares, chlorites venus d'Arabie ou d'Iran, ou albâtre ; on les utilisait pour fabriquer des vases peu fonctionnels, dont l'emploi dans la pratique était limité, mais qui étaient des symboles qu'on échangeait à titre de cadeau ou de signe de reconnaissance sociale. L'élite témoignait également d'un goût prononcé pour le lapis-lazuli, magnifique pierre bleue qu'on ne trouve qu'en Afghanistan oriental. Les tombes d'Ur ou de Kish en renfermaient des quantités considérables.
Une grande inégalité sociale
D'autres constatations attestent la progression des inégalités, dont l'architecture monumentale ou privée est un bon reflet.
Les villes sumériennes connurent de véritables opérations d'urbanisme au profit de la partie la plus favorisée des habitants. De grands bâtiments, souvent qualifiés de palais par les fouilleurs, étaient de vastes résidences réservées à une élite.
Les sculptures sur pierre, assez nombreuses, témoignent des mêmes phénomènes, en particulier les statues dites « d'adorants », fidèles en prière ou convives de banquet. Le thème a persisté à travers toute l'époque sumérienne, même si le style et l'exécution ont évolué.
Un des témoins les plus spectaculaires de cette époque reste le cimetière d'Ur, fouillé en 1927-1929, dont les trésors se répartissent aujourd'hui entre les musées de Bagdad, Londres et Philadelphie. La richesse du mobilier funéraire est unique : splendide bijouterie en or et lapis-lazuli, vases d'or et d'argent, harpes, tabliers de jeux, pièces de harnais, armes, sceaux-cylindres. Ces tombes extraordinaires témoignent du haut degré d'inégalité atteint par la société sumérienne au milieu du troisième millénaire.
Source : http://www.clio.fr
Les Dynasties Archaïques (II) : Les Principales Cités-Etats
L'âge héroïque de la Mésopotamie est une période connue surtout par des légendes transmises de bouche à oreille. La liste royale sumérienne commence aux débuts de l'humanité, "avant le Déluge". Les rois régnaient alors plus de dizaines de milliers d'années, et auprès des Dieux. La royauté à d'abord appartenu à Eridu, puis à Bad-Tibira, à Larak, à Sippar, et enfin à Shuruppak, qui est la ville où selon la tradition s'est produit le Déluge (Ziusudra, Atra-hasis et Ut-napishtim, les trois protagonistes des trois différentes versions du Déluge venaient tous de cette cité).
Kish
Après le Déluge, la vie des Hommes est raccourcie par les Dieux, et ils sont rendus plus vulnérables, dont les règnes raccourcicent au fur-et-à mesure que le temps passe. La royauté passe ensuite à Kish.
La liste royale sumérienne
Parmi les vingt-trois rois de cette dynastie semi-légendaire, Etana, Enmebaragesi et Agga sont particulièrement importants.
Etana est le héros d'un mythe sumérien : Il est le personnage principal d'un récit nommé Mythe d'Etana, dans lequel il tente d'atteindre le Ciel (ce qui renvoie à l'allusion de la Liste royale sumérienne), dans le but d'obtenir une plante qui lui permettra de pouvoir avoir un fils qui lui succèdera sur le trône de Kish. La fin de ce texte étant manquante, on ne sait pas s'il réussit dans son entreprise, même si cela est vraisemblable, la Liste royale lui attribuant un fils du nom de Balih pour successeur.
Enmebaragesi, à qui la liste attribue une victoire contre l'Élam, est l'un des premiers rois mésopotamiens a être attesté historiquement par les sources épigraphiques, puisqu'on a retrouvé à Nippur deux vases portant son nom datant du XXVIIe siècle.
Agga, son fils, est connu par un récit racontant une de ses batailles contre Gilgamesh d'Uruk. Après Agga, la royauté passe à Uruk, où règnent des personnages encore plus célèbres : Meskiangasher, Enmerkar, Lugalbanda, Dumuzi, et surtout Gilgamesh.
Deux autres dynasties de Kish exercent par la suite la royauté. Les sources épigraphiques mentionnent d'autres rois de Kish, dont la plupart ne peuvent être rattachés à des souverains cités par la liste royale.

Temple de Kish
Une sorte de domination
Kish a eu une grande importance aux débuts de l'histoire mésopotamienne. Certains de ses souverains ont exercé une sorte de domination, au moins théorique, sur les autres rois du sud mésopotamien, comme l'atteste le fait que le roi kishite Mesalim ait arbitré un conflit frontalier entre Umma et Lagash vers 2600.
Les rois de Kish sont parés du titre de LUGAL, qui signifie « roi », tandis que les souverains voisins se nomment EN ou ENSÍ.
Le titre de « roi de Kish » est repris par des souverans d'autres cités en raison de son prestige, puisqu'il paraît signifier que celui qui le porte exerce la domination sur la Basse Mésopotamie.
Il y a donc vers les XXVIe-XXIVe siècles une pré-éminence de Kish sur les autres cités de cette région, qu'elle soit politique ou symbolique.
Kish domine alors la partie nord de la Basse Mésopotamie, peuplée en majorité de populations sémites, ceux que l'on nommera par la suite « Akkadiens », par opposition aux Sumériens vivant plus au sud. Cette zone partage d'ailleurs des traits communs avec d'autres ensembles politiques situés dans la vallée de la Diyala, à Nuzi, en Haute Mésopotamie autour de Tell Beydar ou Mari, et jusqu'à Ebla en Syrie (dont les archives attestent de l'existence de contacts poussés avec les rois de Kish). On a proposé de qualifier cet ensemble comme constituant une « civilisation kishite », marquant ainsi l'importance de cette cité.
Source : http://fr.wikipedia.org/
Ur
Ur a été fondée au IVè millénaire dans l'extrême sud mésopotamien (elle était alors située très près de la mer), par des gens colons du nord, à la période d'el Ubaid (nommé d'après une ville voisine d'Ur). La ville connut à l'époque suivant (période d'Uruk) une importante inondation, que l'on a rapprochée de celle évoquée dans les nombreux textes parlant du "Déluge". Pour la période de Jemdat Nasr (au tournant du IVè et du IIIè millénaires), un grand cimetière a été exhumé.

Cimetière d'Ur
A la période des Dynasties Archaïques, les premiers souverains attestés sont Meskalamdug et Akalamdug (vers 2600), dont les tombeaux ont été retrouvés dans le cimetière royal entouré de fabuleuses richesses, ainsi que de leur cour qui les avait accompagné dans leur mort.
Les premiers rois d'Ur évoqués dans la liste royale sumérienne sont ceux de la Première Dynastie, qui est fondée vers 2560-2650 par Mesannepadda. Celui-ci s'empare des ville de Kish et de Nippur (ce qui fait théoriquement de lui l'élu des Dieux), et exerce son hégémonie sur la Basse-Mésopotamie.
Son fils Aaennepada poursuivra son oeuvre après sa mort vers 2525, mais la puissance d'Ur s'effritera peu après, sous les règnes de Meskiagnunna, puis Elili et Balili, qui vont perdre le contrôle des territoires dominés avant que les deux derniers ne se fassent écraser par les Elamites du Hamazi avant de se faire renverser (vers 2450). De la Seconde Dynastie d'Ur, qui débute peu après, on ne sait presque rien.
C'est à ce moment que la ville de Lagash commence à prendre de l'importance. Sous les règne de Enhegal et Lugal-shag-engur, peu avant le début de l'hégémonie d'Ur, la ville avait été en conflit avec sa voisine et éternelle rivale Umma, et avait du faire appel à l'arbitrage de Mesilim le roi de Kish. Le souverain suivant Ur-Nanshe, qui prend le pouvoir par la force et fonde une nouvelle dynastie, se contenta d'œuvres pacifiques, des grands travaux surtout, tandis que son fils Akurgal semble avoir combattu Umma.
Après cela, c'est Lugal-zagesi, fondateur de la Troisième Dynastie d'Uruk bien qu'en fait originaire d'Umma, qui va exercer sa domination sur la ville. Il sera renversé par Sargon d'Akkad, qui fondera vers 2330 son Empire englobant Ur et ses territoires, et qui durera un siècle (jusqu'au début du XXIIIè siècle).
Durant cette période, Ur participera à des révoltes contre l'autorité des souverains akkadiens, qui seront toutes matées brutalement, la ville subissant de plein fouet la répression.
Lagash et Umma
Le roi Ur-Nanshe fonde une nouvelle dynastie à Lagash vers 2520. C'est avec lui et ses successeurs que l'on est pour la première fois bien renseigné sur l'histoire du pays de Sumer, grâce aux nombreuses archives retrouvées à Girsu pour cette période.

Relief votif perforé d'Ur-Nanshe
Lagash est alors en lutte quasi-permanente contre son voisin septentrional, Umma, pour la possession d'un territoire frontalier. Ce long conflit dure près de trois siècles, et Lagash connaît tantôt des victoires, tantôt des défaites.
Eannatum, successeur de Akurgal sur le trône de Lagash qui va alors prendre les choses en main. Il repousse les Elamites, puis vainc Umma, avant de battre tous les autres souverains des grandes villes voisines coalisés contre lui, ainsi que le roi de la lointaine cité de Mari sur le Haut-Euphrate. Victorieux partout, Eannatum peut inscrire sur la "Stèle des Vautours" le récit de sa brillante victoire sur l'éternel ennemi de sa ville, la cité voisine d'Umma dirigée par son roi Enakalli.
Enannatum, frère et successeur d'Eannatum vers 2425 affronte une nouvelle attaque d'Umma et de son roi Urlumma, qui ne s'avoue pas vaincu, et réussit à tuer le roi de Lagash dans la bataille. Entemena, fils d'Enannatum, repousse son adversaire, puis son successeur Il, et s'alliera avec Lugal-kinishe-dudu pour assurer sa protection.
Lagash connaît alors une phase de déclin, et vers 2350, un coup d'Etat met fin à la dynastie fondée par Ur-Nanshe, et porte Urukagina au pouvoir. Ce dernier prétend alors avoir mis fin aux nombreux abus de ses prédécesseurs despotiques.
Mais il est rapidement vaincu par le souverain d'Umma Lugal-zagesi (vers 2360), qui pille Lagash, avant de s'emparer d'Ur, d'Uruk, et de Kish, et toute la Basse-Mésopotamie. Sa domination durera une vingtaine d'années, avant que ne s'élève face à lui un adversaire encore plus puissant, Sargon d'Akkad, qui prend le pouvoir à Kish vers 2340. Lagash, incorporée dans le royaume de Sargon d'Akkad, perd alors son indépendance.
Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Lagash - http://www.geocities.com/esagil1/sumer.htm
Les Dynasties Archaïques (III) : L'Empire d'Akkad
L'Empire d'Akkad est une étape majeure dans l'histoire mésopotamienne, puis qu'il met fin à la période de lutte des cités-Etats, qui n'avaient pour horizon que leur "Pays" (kalam), pour débuter la période des grands royaumes.
Cette période marque aussi le début de la domination des peuples sémitiques (après les Akkadiens en vinrent d'autres) sur le peuple de Sumer, initiateur de la civilisation mésopotamienne.
Cet évènement est le fait de la lente progression des Sémites, installés depuis longtemps dans la région de Kish, d'où vient le fondateur de l'Empire d'Akkad, Sargon le Grand (ou Sargon l'Ancien, ou encore Sargon d'Akkad)

Empire d'Akkad
Sargon le Grand (2334-2279)
Vers 2340 Lugal-zagesi domine toute la Basse-Mésopotamie. Il attaque alors Kish et la pille. Mais il ne garde pas le contrôle de la cité, qui est reprise par son souverain Ur-Zababa. Mais celui-ci est vite détrôné par son échanson, qui prend le pouvoir avec le nom de Sharru-kîn ("souverain légitime"), pour masquer son usurpation. Plein d'audace, Sargon se dirige alors contre Uruk où se trouvait Lugal-zagesi, pour venger l'affront fait par celui-ci à sa ville.
Il prend de fait son adversaire et prend la cité. Le roi ennemi est capturé, et emmené à Nippur, où se déroule le triomphe de Sargon, qui devient dans la cité sainte le roi élu des Dieux de toute la Basse-Mésopotamie.
Le nouveau souverain fonde peu après sa capitale, Akkad (ou Agadé), qui donnera son nom à la partie septentrionale de la Basse-Mésopotamie, peuplée d'Akkadiens (des sémites) par opposition à la partie australe, Sumer, peuplée de Sumériens
Après avoir dominé le sud mésopotamien, Sargon va faire preuve d'une audace inconnue des anciens princes sumériens, et attaquer les deux royaumes voisins les plus puissants : Ebla à l'ouest en Syrie, et Awan à l'est en Elam. Il s'en empare après de longues campagnes.
La Mésopotamie est unifiée et ce royaume et s'étend hors des seules limites de la Basse-Mésopotamie, et peut être appelé un Empire. Sargon était un souverain dominant plusieurs territoires dirigés par des gouverneurs qui étaient souvent les anciens princes qui étaient maintenant ses vassaux. Mais la constitution d'un tel Empire n'était pas sans poser de nombreux problèmes : tant de régions, de peuples unis sous la direction d'un même souverain allait provoquer des réactions d'opposition. Pourtant, après un demi-siècle de règne, il a réussit une oeuvre considérable, qu'allaient poursuivre ses successeurs.
Rimush, Manishtusu et Narâm-Sîn (2279-2218)
Dès sa montée sur le trône, Rimush (2279-2270), fils de Sargon, doit affronter une terrible révolte à Sumer qu'il réprime avec violence. Il doit ensuite vaincre les souverains élamites de Warahshe sur leur terrain. Mais son règne est de courte durée, puisqu'il est assassiné après neuf ans de règne.
Son frère Manishtusu (2270-2255) lui succède. Il attaque rapidement l'Elam, et mène une expédition maritime contre des pays des côtes, peut-être vers l'Indus, mais plus probablement en Oman (Magan).
Le fils de Manishtusu, Narâm-Sîn (2255-2218), lui succéde à sa mort en 2255. Face aux nombreux royaumes menaçant son Empire, il choisit la manière forte, et mène ses armées contre tous ceux qui s'opposent à lui.
Il attaque en Syrie les villes Alep, Mari et Ebla, à laquelle il inflige une terrible défaite.
Puis il dirige ensuite une expédition au Nord dans la future Assyrie.
Puis il défait les Lullubi et les Guti dans le Zagros occidental, et retourna sur les traces de son père en Oman
Fier de tous ses succès, le brillant Narâm-Sîn domine à son apogée un royaume plus grand encore que celui de Sargon. Il peut alors se proclamer shar kibat arba'im, "Roi des Quatres Régions" (des quatres points cardinaux, c'est à dire de tout le monde connu). Il ira même jusqu'à se faire déifier, ce qu'il est le premier à faire en Mésopotamie.
Pourtant, après ces succès, la fin de son règne fut chaotique. Son prestige avait suscité la haine et attisé les convoitises. Les attaques des Lullubi et surtout des Guti se font plus pressantes, et Narâm-Sîn doit lutter avec ardeur pour les repousser.
La fin de l'Empire d'Akkad (2218-2193)
Shar-kallishari (2218-2193) monte sur le trône à la mort de son père. Aussitôt, le gouverneur de Suse Puzur-Inshushinak se déclare indépendant, et attaque la région d'Akkad.
Shar-kallishari doit après cela faire face à de nouvelles incursions des peuples voisins. Les Guti et les Lullubi ne sont plus arrêtés par les Elamites et peuvent déferler vers la Basse-Mésopotamie tandis qu'un nouveau peuple, appelés Martu (les Amorrites) fait son apparition.
L'Empire se désagrége rapidement, malgré les efforts du roi qui repousse momentanément les Martu et les Guti. Ces victoires précaires n'empéchent pas le désastre final.
Il meurt en 2193, alors que les Guti déferlent sur la Mésopotamie, et le pays sombre dans l'anarchie. Si quelques rois semblent avoir toujours porté le titre de roi d'Akkad, ils n'ont en fait eu aucune influence. Désormais, le pays est gouverné par les souverains Guti.
Ainsi s'achève la première expérience "impériale" dans la Mésopotamie ancienne, qui en entrainera d'autres, qui connaîtront toutes un destion semblable : progression fulgurante, et fin toute aussi rapide. En cela l'Empire d'Akkad aura constitué un évènement précurseur dans l'histoire de cette région.
Source : http://www.geocities.com/esagil1/akkad.htm
Les Dynasties Archaïques (IV) : La troisième dynastie d'Ur
Durant cette période de domination d'Akkad, Ur participe à des révoltes contre l'autorité des souverains akkadiens, qui sont toutes matées brutalement, la ville subissant de plein fouet la répression.
L'Empire d'Akkad détruit par les barbares Gutis, qui domine à partir de ce moment le pays de Sumer et d'Akkad, les Sumériens ne se laissent pas dominer longtemps, et vers 2120, le roi d'Uruk, Utu-hegal, défait Tiriqan le roi des Gutis. Il peut alors exercer sa souveraineté sur le sud mésopotamien. Mais son règne fut de courte durée. En 2113, il est détrôné par des notables de la cour, à la tête desquels se trouve Ur-Nammu, gouverneur d'Ur, et qui est peut-être son frère. Ce dernier prend le pouvoir et transfère la capitale dans sa ville.
Ur-nammu (2112-2095)
Dès son intronisation, Ur-nammu affirme sa domination sur le territoire dirigé auparavant par Utu-hegal. Il se fait couronner à Nippur, la ville sainte de Sumer, et prend le titre de roi "d'Ur, de Sumer et d'Akkad".
Ur-nammu montre son intention de réunir sous sa coupe toutes les puissantes cités autrefois rivales du sud de la Mésopotamie, et se présente en continuateur du royaume d'Akkad. Son règne sera avare en exploits militaires. Ur-nammu accomplira avant tout ses devoirs de souverain à l'intérieur de son pays : il restaurera les grandes cités, rendra de nombreux hommages aux dieux, développera l'agriculture, encouragera le commerce, et permettra ainsi à son royaume d'atteindre un haut niveau de prospérité.
Son règne est surtout connu par l'introduction du code de lois qu'on lui attribue : la dénomination de "Code d'Ur-Nammu" sert à désigner un texte qui constitue le plus ancien code de lois que l'on connaisse. Comme son nom l'indique, il est généralement attribué au roi Ur-Nammu d'Ur (2112-2095). Le fait que l'en-tête du texte soit lacunaire nous empêche néanmoins d'avoir une certitude à ce sujet, puisque le nom du roi l'ayant promulgué n'apparaît pas. Si ce n'est pas à Ur-Nammu qu'il faut l'attribuer, c'est à son fils Shulgi qu'il faut le faire.
Ur-nammu meurt en 2095, semble-t-il dans une expédition militaire.

Plan du sanctuaire de la ziggurat d'Ur
Une ziggurat est un édifice religieux mésopotamien en forme de pyramide à étages, dont la fonction demeure floue même s'il s'agirait plutôt d'un lieu de cultes et de sacrifices, qui comportait un sanctuaire. C'est à partir de trois plates-formes que ce genre d'édifices est appelé ziggourat, le maximum est de sept niveaux.
Source : http://fr.wikipedia.org
Shulgi (2094-2047)
Son fils Shulgi lui succède. Il décide dès le début de son règne d'entreprendre plusieurs réformes qui vont être à la base de l'Empire d'Ur pendant de longues années.
Il unifie le système administratif de son royaume pour le rendre plus cohérent, réforme le système de propriété des terres, réorganise l'armée.
Il se trouve ainsi à la tête d'un Etat bien organisé, servi par des fonctionnaires efficaces et dévoués.
Devenu un roi puissant et incontesté, il peut se faire diviniser la vingtième année de son règne (2074), fait très rare dans l'histoire mésopotamienne
On peut imaginer que son pouvoir est dès lors sans limites.
En 2070, Shulgi rentre dans une politique extérieure expansionniste, et dirige son armée vers le nord de la Mésopotamie et l'Elam. Ces guerres sont motivées par un besoin de sécuriser les frontières du riche pays d'Ur, qui attise bien des convoitises.
Au nord, les pays de Karkhar, Simurrum, Urbilum et Harshi (situés en bordure du Zagros, dans la région des deux Zab), peuplés de Lullubi et de Hurrites sont soumis au bout de onze campagnes.
Pour protéger son pays, le souverain d'Ur (ou un de ses prédecesseurs) fait bâtir un mur, le bâd mada ("mur de territoires non incorporés") dans la région où la Diyala rejoint le Tigre. Les royaumes élamites d'Anshan, de Warahshe et surtout de Simashki (au Luristan) sont vaincus par la méthode douce (alliances matrimoniales) ou forte (campagnes militaires). Shulgi s'empare de la grande cité de Suse et l'intègre à son Empire
Shulgi meurt en 2047, après 48 ans d'un règne bien accompli. Quoiqu'il en soit, son fils Amar-Sîn lui succède alors, et fait ériger un splendide tombeau à son père, digne de son statut divin.
Amar-Sîn, Shu-Sîn et Ibbi-Sîn (2047-2004)
Les trois fils de Shulgi vont se succéder à la tête de l'Empire d'Ur.
L'aîné Amar-Sîn (2046-2038) s'empare d'Assur, et poursuit l'oeuvre militaire de son père au nord et à l'est, pour mater des soulèvements. Ses victoires lui permettent d'assurer le calme dans ces régions. Tout comme son père, Amar-Sîn se fait déifier. Il meurt en 2038, probablement d'une infection due à une ampoule plantaire.
Shu-Sîn (2037-2029) doit dès son intronisation faire face à des révoltes contestant son autorité au nord et attaquer l'Elam. Mais le danger principal ne vient pas de ces région affaiblies par de longues années de guerre, mais plutôt de l'ouest, d'où arrivent ceux que les sumériens appelaient mar.tu, c'est-à-dire des nomades dont les principaux sont les Amorrites. Pour faire face à leurs intrusion, Shu-Sîn fait bâtir un grend mur défensif. Désormais, le puissant royaume d'Ur est sur la défensive face aux hordes nomades.
Ibbi-Sîn (2028-2004) monte sur le trône à la mort de son frère : il fait les frais de la montée en puissance des adversaires d'Ur, et voit la fin du royaume.
L'Organisation du Royaume d'Ur
Plus que les faits historiques, c'est avant tout l'étude de l'organisation de l'Empire sumérien qui fait l'intérêt de cette époque, parce qu'il est l'un des premiers grands Etats historiques auquel on ait tenté de donner des structures cohérentes et efficaces, et parce que cette période a connu une grande prospérité.
Le personnage le plus haut placé est le lugal (roi) d'Ur. Il est l'élu de Enlil, roi des Dieux et patron de l'Empire, ce qui lui assure une supériorité sur tous ses sujets. Depuis Shulgi, le roi se fait diviniser. Il dispose donc d'un prestige encore plus grand, mais son autorité n'est cependant pas sans limites. A sa mort, il est toutefois vénéré comme un Dieu. Shulgi s'est même fait construire un mausolée prestigieux, et s'est vu dédié des lieux de cultes.
Après le lugal, le second personnage de l'administration centrale est le sukkalmah (le grand chancelier).
Il dirige les sukkal (messagers), qui sont des inspecteurs ayant pour devoir de contrôler les administrations locales. Le roi dispose ainsi d'un réseau de controleurs fidèles qui lui permettent de savoir tout ce qu'il advient dans son pays.
Grâce à un système de relais situés chacun à une journée de marche d'un autre relai, ces fonctionnaires peuvent se déplacer aisément et quadriller tout le territoire. Le sukkalmah est aussi chargé du gouvernement des marches, qui sont les provinces les plus instables politiquement.
L'Empire d'Ur était ainsi un Etat fortement centralisé.
L'Empire était divisé en une trentaine de provinces, ayant chacune un gouverneur à leur tête, chargé de diriger l'administration civile et de rendre la justice, ensi (ancien titre issu de la période des Dynasties Archaïques) ainsi qu'un gouverneur militaire, le shagin en sumérien (shakkanakkum en akkadien).
Les provinces extérieures abritaient des colonies militaires destinées à y maintenir la domination d'Ur et à défendre les frontières. Les gouverneurs sont souvent issus de la province qu'ils dirigent, et il arrive même que ce titre soit transmis par hérédité.
La seule différence avec l'avant-Empire est qu'ils sont désormais soumis à l'autorité du lugal d'Ur. Les souverains ont essayé de se les attacher par une politique d'alliances matrimoniales. Il pouvait arriver aussi que certains personnages réussissent à cumuler plusieurs fonctions d'ensi
Dans les campagnes, le hazannum (le maire) dirige les petits bourgs et les villages.
Pour diriger l'Etat, le lugal dispose d'abord de terres à Ur. Mais celles-ci sont insuffusantes pour permettre à l'Etat de subsister. Il perçoit donc des impôts (en fait des redevances sur les produits agricoles ou manufacturés), payés principalement par les temples, mais aussi par les particuliers, ainsi que des tributs livrés par les pays vaincus.
Il existe aussi un système de prélèvement spécifique à l'Empire d'Ur : la bala. Chacune des provinces du kalam est chargée de payer à tour de rôle un tribut dont le montant est négocié par avance avec des représentants du pouvoir central, en fonction des capacités de la région (animaux, céréales, bois).
La Fin de l'Empire d'Ur
Ibbi-Sîn monte sur le trône en 2028, et entreprend les premières années de on règne des expéditions contre Simmurum au nord, et contre Suse et Anshan à l'est en Elam. Mais ce ne sont que des victoires inutiles contre des adversaires qui ne sont pas les plus dangereux.
En effet, les Martu pénètrent de plus en plus profondément vers le coeur du pays de Sumer, et affaiblissent le pouvoir d'Ur. Ibbi-Sîn perd rapidement sa souveraineté sur plusieurs territoires : Eshnunna au nord, puis Suse et Dêr à l'est, ainsi que Umma et Lagash, dans le pays de Sumer même.
Le royaume connaît alors la disette et l'inflation, causées par la perte de ces riches terres, la perturbation du commerce et les ravages causés par les Martu. En 2017, une incusion de ceux-ci cause la famine à Ur.
Ibbi-Sîn envoie alors Ishbi-Erra, un de ses fidèles, à la recherche de grain à Isin. Profitant de la présence de nomade qui limite les possibilités d'intervention armée du roi d'Ur, ce dernier fait sécession. Il restaure l'ordre dans ses territoires, et s'empare de Nippur, la cité sainte, et devient ainsi le souverain légitime du pays, choisi par Enlil le roi des Dieux.
Ibbi-Sîn est alors considérablement affaibli, mais, grâce à des derniers fidèles, il conserve son autorité sur certains territoires.
Mais Ishbi-Erra, s'il ne peut s'emparer d'Ur, est toutefois à la tête d'un royaume plus prospère qu'il peut mieux défendre. Il réussit ainsi à se débarrasser des Martu.
En 2007, le roi Kindattu de Simashki dirige une armée composée d'Elamites et de soldats des pays de Subartu (le nord de la Mésopotamie) et de Su (indéterminé) vers le pays de Sumer, qu'ils ravagent. Mais ils sont repoussés par Ishbi-Erra.
En 2004, une nouvelle armée revient dans la région. Elle s'attaque cette fois-ci au plus faible, c'est-à-dire Ibbi-Sîn. Ur ne tient le siège que quelques jours, et tombe rapidement. Elle est pillée, incendiée, et son roi est emmené captif vers l'Elam où il finira ses jours
C'est ainsi que fut porté le coup de grâce au royaume qui s'était élevé plus haut qu'aucun autre avant lui, et avait laissé de ses riches années une impression d'âge d'or, qui fit que sa chute fut considérée comme un désastre, la fin d'une grand époque.
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