La Période Médio-Babylonienne
La période médio-babylonienne englobe la Dynastie Kassite (1595-1154), la Seconde Dynastie d'Isin (1156-1025), et la période suivante, faite de nombreux troubles politiques (quatre dynasties).
C'est sous les Kassites que Babylone est définitivement devenu le coeur de la culture mésopotamienne, comme le préfigurait la période précédente. La ville est même le centre intellectuel le plus important du Proche-Orient. Le médio-babylonien est la langue des relations diplomatiques, et les oeuvres mésopotamiennes sont diffusées dans tous les royaumes voisins : le plus grand succès est l'Epopée de Gilgamesh, recopiée jusqu'en Anatolie, ainsi qu'au Levant.

Ziggurat Kassite d'Aqarquf
Babylone est devenue la détentrice du savoir des Sumériens désormais disparus. On a ainsi écrit de nombreuses oeuvres littéraires à cette époque, fait des progrès dans la technique et les sciences. Les Kassites n'ont d'ailleurs pas imposé leur culture, qui fut vite dominée par celle déjà en place dans la région.
Les souverains de cette période vont de plus rénover tout le pays, que ce soit ses temples et autres monuments, ses villes, ses canaux, et construire des forts pour défendre la pays.
La dynastie avait de deux divinités protectrices d'origines kassites, Shaqamuna et Shumaliya, qui disposent d'une chapelle dans le palais royal. Mais d'une manière générale ils ont assimilé la tradition mésopotamienne, et n'ont pas cherché à imposer leurs dieux ou leur culture.
Source : http://geocities.com/esagil1/babylone.htm
Les Kassites (1595-1155)
Cette dynastie, d'origine étrangère, constitue un des moments majeurs de l'histoire mésopotamienne. Elle est hélas mal connue, car cette période a laissé très peu de sources. La chronologie jusqu'à la fin du XIVè siècle est très incertaine, et les aspects socio-économiques nous sont encore moins bien connus que pour les autres périodes. Pourtant il ne faut pas minimiser l'importance de la dynastie kassite.
Elle voit l'établissement définitif du pouvoir de Babylone sur tout l'ancien Pays de Sumer et d'Akkad, qui devient alors le pays de Karduniash, la Babylonie, grâce au maintien au pouvoir dans cette ville de la dynastie la plus longue qu'est connue la Mésopotamie (quatre siècles). Cette stabilité est exceptionnelle pour l'histoire de l'Orient Ancien. A partir des Kassites, quiconque veut dominer la Mésopotamie du Sud doit régner à Babylone.
La Prise du Pouvoir
En 1595, le souverain babylonien Samsu-ditana est vaincu par Mursili, roi des Hittites, qui s'empare de la statue de Marduk et l'emporte dans son pays. Cette défaite signifie la fin d'une dynastie déjà très affaiblie au nord par les assauts de peuples divers, Hittites, Hurrites, et mise à mal au sud par la progression de la Dynastie du Pays de la Mer, mais aussi par celle des Kassites, qui avaient déjà attaqué Babylone par le passé.
Après 1595, le dixième souverain de la dynastie des rois kassites, Agum II (), s'empare de Babylone après le sac de la cité par les Hittites. C'est le début de la troisième dynastie de Babylone (celle dite du Pays de la Mer étant considérée comme une dynastie de Babylone, bien qu'elle n'ait jamais réellement régné sur la ville), qui durera plus de quatre siècles.
Burna-Buriash I est le premier souverain kassite attesté comme roi de Babylone. C'est le successeur d'Agum II.
Au début du XVè siècle, Ulam-Buriash, quatrième successeur d'Agum II, s'empare de Urukug, la capitale du Pays de la Mer, et annexe ce royaume. A partir de ce moment, la prépondérance de Babylone en Mésopotamie méridionale n'est plus contestée, et les souverains kassites sont maîtres de tout le pays de Sumer et d'Akkad, qui deviendra la Babylonie.
Au sud, la domination kassite s'étend en direction du Golfe Persique. Il est fortement probable que Bahrain est alors été gouvernée directement par le pouvoir babylonien, et donc aussi d'autres territoires du Golfe entre le Sud mésopotamien et cette île.
A part cela, on connaît quelques traités concernant les frontières entre Babylone et l'Assyrie à cette époque, et quelques assauts Élamites. Les souverains babyloniens ont jugé nécessaire de sécuriser l'accès à la Vallée de la Diyala, qui ouvrait les routes commerciales vers le Plateau iranien, comme en témoigne la construction de Dûr-Kurigalzu.
Source : http://geocities.com/esagil1/babylone.htm
Le Royaume Kassite
Le pouvoir est toujours exercé par un roi vicaire des Dieux sur Terre. Pour faire connaître leurs réalisations, les rois kassites, en plus des habituelles inscriptions sur briques, font faire des kudurru, stèles portant des inscriptions et des images gravées. Ils sont les égaux des grands rois de la période, souverains d'Égypte, du Hatti, du Mitanni et d'Assyrie, avec lesquels ils entretiennent des relations diplomatiques, marquée par une correspondance abondante, et des échanges de présents.
Le roi était entouré par une cour constitué de nobles issus principalement de la noblesse guerrière kassite qui est au pouvoir à cette période : on trouve ainsi le shakrumash (chef militaire), ou le kartappu (chef de la cavalerie).
Les familles kassites sont regroupées selon un système tribal. L'administration est exercée en grande partie par les descendants des anciens fonctionnaires de la Ière Dynastie, qui se mêlent aux élites kassites, qui sont minoritaires.
C'est donc en toute logique que l'on retrouve globalement le système administratif de la période précédente. Des ministres (sukkalu), appartenant à la famille royale ou aux grandes maisons assistent le roi dans l'exercice du pouvoir.
Une division en provinces
Le territoire est divisé en provinces dirigées par des gouverneurs (shaknu ou bêl pahâti), tandis que l'autorité municipale est exercée par un agent royal (hazannu), qui sert de relais entre le pouvoir central et les communautés locales dirigées par un conseil d'Anciens. Des qîpûtû ("hommes de confiance") servent d'inspecteurs royaux dans les provinces. Le royaume kassite est polarisé autour des grands centres urbains qui constituent les capitales provinciales, à l'exemple de ce qui se passe à Nippur.
Le gouverneur de Nippur semble disposer d'un régime particulier, et possède un vaste domaine foncier. De nombreux dépendants évoluent dans l'entourage du gouverneur ; ils s'agit de différentes catégories professionnelles : membres de l'administration, gardes, artisans, personnel de temples, etc. Selon toute vraisemblance, le gouverneur de la cité avait une grande richesse, et un poids économique et politique très important.
L'économie
L'économie est toujours dominée par les grands organismes, le palais et les temples. Ils possèdent des grands domaines, dont une partie est concédée par le palais en tenure à des fonctionnaires. L'un des aspects de l'économie de la période kassite est celui des donations de terres, les kudurru, effectuées par le roi :
Les bénéficiaires en étaient de hauts dignitaires évoluant dans l'entourage du roi : hauts fonctionnaires, membres de la cour, voire même de la famille royale, des généraux, des prêtres. La donation était sans doute faite en récompense de la loyauté de la personne, ou d'un acte ayant distingué celle-ci.
Les grands temples de Babylonie recevaient aussi de grands domaines : l'Esagil, le temple de Marduk à Babylone, a ainsi reçu près de 5 000 ha à cette période. Ceci permet alors aux temples de disposer d'un poids économique énorme, ce qui n'est pas sans jouer un grand rôle par la suite.
Quelquefois les donations s'accompagnaient d'exemptions de taxes ou de corvées. Dans les meilleurs cas, le bénéficiaire disposait même d'un pouvoir sur la population locale, qui se substituait à celui de l'administration provinciale (contre laquelle il était protégé par des clauses spéciales).
Note : L'Esagil, le "temple à la tête haute", était le temple le plus important de la Mésopotamie, situé dans sa capitale religieuse, Babylone, qui comptait un nombre incalculable de temples, notamment dans son district sacré, où était justement situé l'édifice étudié. Son aura était immense, et parmi ses dépendances se trouvait la ziggurat Etemenanki, la Tour de Babel. De tous le(s) pays on venait admirer les richesses et on vénérait le dieu tutélaire, Marduk, le plus grand des dieux, de ce qui était considéré comme le centre du Monde.
La Chute de la Dynastie Kassite
Babylone se retrouve entraînée dans une série de conflits avec l'Assyrie lorsque Assur-uballit, souverain assyrien, se libère de la domination du Mitanni vers 1365. C'est le début de l'affrontement pluriséculaire entre le Sud et le Nord de la Mésopotamie.
Les Problèmes avec l'Assyrie
Parce qu'il cherche des appuis contre le Mitanni, Assur-uballit se montre d'abord conciliant avec Babylone, dont le roi est alors Burna-Buriash II, qui au début voit d'un mauvais oeil l'indépendance de l'Assyrie.
Ce dernier épouse la fille du roi Assyrien, qui lui donne un fils, Karahardash, qui monte sur le trône vers 1333, mais est aussitôt assassiné et Nazi-Bugash monte sur le trône.
Assur-uballit I réagit et envahit Babylone pour introniser son autre petit-fils, Kurigalzu II, qui lui sera fidèle. Mais il n'agira pas de la même façon avec son successeur Enlil-nirari, contre lequel il provoque une guerre.
La bataille ne trouve cependant pas vainqueur, mais au moins Babylone est libérée de l'influence assyrienne. Quelques années plus tard, un nouveau conflit opposant Babylone à l'Assyrie se produit, tournant cette fois à l'avantage des premiers.
L'Affrontement
La situation contre l'Assyrie ne s'arrange pas les années qui suivent. Après quelques problèmes internes qui font un temps vaciller le pouvoir Kassite, Kashtiliash IV (1243-1235) attaque l'Assyrie vers 1235, et s'empare d'Arbélès et de Rapiqum.
Son adversaire Tukulti-Ninurta contre-attaque, ne se contentant pas de le repousser, mais envahit la Babylonie et la ravage. Il impose alors des souverains fantoches en Babylonie.
Cette situation ne plaît pas aux Kassites, qui se révoltent plusieurs fois et sont vaincus.
Mais la situation devient de plus en plus difficile pour l'Assyrie, qui perd des forces dans ces combats. Et elle empire quand le roi Elamite Kiten-Hutran III se mêle à la partie : il dévaste la région et rend la situation difficile pour les souverains imposés par les Assyriens, qui sont renversés l'un après l'autre.
Adad-shuma-iddina (1224-1215), qui règne à Babylone, est renversé par les dignitaires de cette ville vers 1215, à la suite d'une autre attaque de Kiten-Hutran.
Au début du XIIè siècle, le roi kassite Adad-shum-usur (1215-1189) réussit à vaincre le roi assyrien Enlil-kudurri-usur qu'il capture. Il peut ainsi reprendre pied à Babylone en même temps qu'il plonge l'Assyrie dans une période de troubles internes
Au sortir de ces conflits, la Babylonie et l'Assyrie sont considérablement affaiblies. La première a connu des années de conflits qui ont dévasté son territoire, tandis que la seconde a été perdue des forces dans ces combats et connaît des troubles internes.
La Chute des Kassites
A partir de 1200, l'Élam, où la nouvelle dynastie des Shutrukides a pris le pouvoir, devient de plus en plus menaçant.
Et en 1160, alors que Marduk-apla-idina avait réussi à stabiliser le pouvoir à Babylone, l'Élamite Shutruk-Nahhunte attaque envahit Babylone et la prend.
Il nomme son fils Kutir-Nahhunte gouverneur de la région, mais un kassite du nom d'Enlil-nadin-ahhe reprend le pouvoir momentanément, avant d'être destitué, au cours d'une nouvelle prise de la ville par les Élamites, qui s'achève par un pillage.
Ainsi prend fin, après plus de quatre siècles de domination, la dynastie Kassite.
Source : http://geocities.com/esagil1/babylone.htm
Les Elamites (I) : La Civilisation élamite
La civilisation élamite s'est développée durant la Haute-Antiquité dans le sud-ouest de l'Iran, en marge de la civilisation mésopotamienne. Elle est bien connue par le site de Suse, qui faisait le lien entre l'Élam et la Mésopotamie.
L'Elam était divisé en plusieurs régions à la géographie différente, situées toutes dans les alentours des Monts du Zagros, ce qui a entraîné des disparités régionales par la suite. Les principales régions de l'Elam sont : la Susiane (actuel Khûzistân), l'Anshan (actuel Fars), ainsi que le Luristan, et le Bushehr, régions limitrophes.

L'Elam
La Susiane est la région dominée par la ville de Suse. La plaine de Susiane est en fait un prolongement de la Mésopotamie. Les conditions géographiques et climatiques y sont identiques. Les monts du Zagros, situés au nord-ouest, donnent naissance à plusieurs cours d'eau qui vont ensuite alimenter deux rivières principales au tracé parallèle qui coulent du nord au sud, le Kerkhah (l'ancien Uknu), qui va se jeter dans le Tigre, sur lequel est situé Suse, et le Karun (l'ancien Ulaï), qui rejoint la rivière Al-Arab à l'extrême sud de l'Irak. Ces deux rivières permettent le développement d'une agriculture similaire à celle de la Mésopotamie. La Susiane est le lien entre le Plateau iranien et la Mésopotamie. De ce fait, sa population sera partagée entre les deux. On retrouvera souvent le cas de figure où la population susienne, à majorité akkadienne (donc influencée par les Mésopotamiens, culturellement plus forts), est dirigée par une minorité élamite venu de l'Anshan.
L'Anshan est le Haut Pays, le cœur de la nation Elamite, la future Perse. La région est développée autour de la ville d'Anshan, capitale politique de l'Elam. L'Anshan est la région sud-est des Monts du Zagros. La région est donc montagnarde, partagée entre quelques plaines. Etant peu peuplée, en majorité constituée de pasteurs transhumants, sa population est très accoutumée au nomadisme, et n'est sédentarisée que durant les périodes de stabilité politique, autour de la ville d'Anshan. Cette région tire sa richesse du commerce trans-iranien, et exploite les ressources naturelles du Plateau, que ce soit sur son territoire où plus à l'est, vers le Kermân. Il s'agit du bois, de minerais tels que le cuivre, de pierres comme le lapis-lazuli, l'albâtre ou le marbre, des pierres précieuses, etc. soit tout ce dont la Mésopotamie était très dépourvue.
Le Luristan est une région située au nord de la Susiane, qui constitue la séparation entre celle-ci et le Plateau iranien. On ne peut pas réellement dire que le Luristan était une région élamite, car elle était habitée par des populations non-élamites. Mais l'influence susienne était importance, notamment du fait des relations commerciales qu'entretenaient entre elles ces deux régions, jusqu'à ce que les Mèdes s'y soient installés à la fin du IIè millénaire avant notre ère. Le Luristan était donc le cadre de civilisations fortement influencées par la Mésopotamie voisine ainsi que l'Elam. Cette région est située dans la chaîne du Zagros.
Le Bushehr, situé au sud de la Susiane et de l'Anshan, le long de la côte du Golfe Persique, le Bushehr a évidemment été fortement influencé par les Elamites. Cette région a cependant joué un rôle relativement effacé dans l'histoire élamite, probablement parce que la région a été peuplée plus tardivement que les autres, confinée dans un espace réduit entre les montagnes et la mer. Le climat de la région est chaud et sec, et l'habitat s'est développé le long des fleuves, dont le principal est le Mand, et surtout sur le littoral. On peut ainsi y cultiver des céréales, des fruits et des légumes. Le palmier est bien sûr la base de l'agriculture de la région.
Source : http://www.geocities.com/esagil1/elam2.htm - http://www.geocities.com/esagil1/elammap.htm
Les Elamites (II) : La Période paléo-élamite
L'Élam devient une puissance politique notable à partir de la seconde moitié du troisième millénaire, et entre en lutte avec les empires mésopotamiens.
La Dynastie d'Awan
La première dynastie élamite attestée historiquement est celle originaire d'Awan, une ville encore non identifiée se trouvant sans doute dans l'actuel Lorestan. Ses souverains dominent le reste des principautés élamites.
Ils sont plusieurs fois rentrés en conflits avec les souverains de Sumer et d'Akkad, et la Liste royale sumérienne rapporte même qu'ils auraient dominé à un moment la Basse-Mésopotamie.
Les souverains d'Awan sont néanmoins vaincus par les souverains de l'Empire d'Akkad, à commencer par Sargon, malgré l'aide récurrente de leur alliés de Marhashi. Ils conservent cependant leur indépendance, et restent une menace pour les Akkadiens jusqu'à l'époque de Naram-Sîn, qui signe un traité de paix avec le roi d'Awan, sans doute Khita, vers 2250.
Quand l'Empire d'Akkad s'effondre à la mort de ce roi, le nouveau roi d'Awan, Puzur-Inshushinak, réussit à constituer un royaume puissant depuis Suse, qu'il a reprise.
Son œuvre reste néanmoins éphémère, et son règne s'achève sans doute dans le chaos, face aux barbares Gutis, qui emportent la dynastie d'Awan.
La Dynastie de Simashki
Après quelques décennies qui nous sont inconnues, une nouvelle dynastie domine l'Elam, celle de Simashki, une ville située soit dans le Lorestan, soit dans le Kerman.
La partie occidentale de l'Elam, Suse comprise, est depuis la fin du XXIIè siècle sous la coupe des rois d'Ur, qui ont réussi tant bien que mal à soumettre les rois d'Anshan, de Marhashi, et de Zabshali. Mais lorsque cette dynastie s'affaiblit à la fin du XXIè siècle, le roi Kindattu de Simashki prend la direction de l'Elam, et il réussit à s'emparer d'Ur en 2004, capturant son roi Ibbi-Sîn.
Mais il ne parvient pas à maintenir sa domination sur la Basse-Mésopotamie.
L'apogée de Simashki dure quelques années, avant que les souverains amorrites d'Isin, puis de Larsa, nouveaux maîtres de Sumer et d'Akkad, ne lui infligent plusieurs défaites sévères.
La Dynastie d'Anshan
Alors que les rois de Simashki s'affaiblissent inexorablement, une nouvelle dynastie émerge depuis Anshan, celle dite des Epartides, du nom de son fondateur Ebarat, ou des sukkalmah, d'après le titre que se donnaient ses souverains.
L'Elam acquiert sous leur direction une grande puissance. Shiruktuh réussit à se faire considérer comme un roi supérieur à ses contemporains les rois de Babylone, d'Eshnunna, de Mari ou de Larsa.
Son successeur Siwepalarhuhpak tente de rendre réelle cette domination théorique en s'attaquant à Eshnunna. Il l'emporte grâce à l'appui de Zimri-Lim de Mari et Hammourabi de Babylone, mais il continue ensuite ses attaques en direction de ses deux alliés, qui réussissent à le repousser tant bien que mal en se faisant aider par les autres rois amorrites.
L'Élam n'est pas affaibli pour autant, et quelques années plus tard le roi Kutir-Nahhunte Ier pille la ville d'Ur, en plein territoire babylonien.
Mais la dynastie s'effondre par la suite, dans le courant du XVIIè siècle.
Les Elamites (III) : La Période médio-élamite
Après la crise qui frappa l'Anshan, le pays fut divisé en de multiples principautés qui entretenaient des rapports conflictuels entre elles durant le XVè siècle. Suse resta quand à elle une ville prospère, toujours en contacts avec la Mésopotamie, mais encore dominée par la population nomade élamite.
La Dynastie des Kidinuides
La dynastie des Kidinuides tient son nom de son fondateur, Kidinu, qui a régné au début du XVè siècle (en même temps que le dernier sukkalmah, Kuk-nashur III). Il se proclame "roi de Suse et d'Anzan (nouvelle forme d'Anshan)".
De ses quatre successeurs, seul un, Tepti-ahar, est bien connu. Il fit de la ville de Kabnak (actuellement le site de Haft-Tepe), à une dizaine de kilomètres au sud-est de Suse, sa capitale, et eut une intense activité de bâtisseur. Il vénérait particulièrement Kirwashir, une divinité élamite qui est par ailleurs très peu connue.
Cette ville comptait un complexe funéraire destiné à Tepti-ahar et à sa famille. L'art de Kabnak témoigne de fortes influences artistiques et architecturales mésopotamiennes, kassites (la population qui dominait alors Babylone) et même hurrites (établis à l'ouest du Zagros).
L'Élam est alors fortement marqué par les peuplades installées dans le Zagros, notamment les Hurrites, récemment installés dans la région, mais aussi les Kassites, les Guti,et les Subaréens.
Cette dynastie fut de courte durée, et n'annonçait en rien la plus prestigieuse période de l'histoire élamite, à venir les deux siècles suivants. Elle marque en tout cas un début de renforcement de l'influence élamite sur la Susiane, comme en témoigne le site de Kabnak. Son œuvre reste néanmoins éphémère, et son règne s'achève sans doute dans le chaos, face aux barbares Gutis, qui emportent la dynastie d'Awan.
La Dynastie de Simashki
Après quelques décennies qui nous sont inconnues, une nouvelle dynastie domine l'Elam, celle de Simashki, une ville située soit dans le Lorestan, soit dans le Kerman.
La partie occidentale de l'Elam, Suse comprise, est depuis la fin du XXIIè siècle sous la coupe des rois d'Ur, qui ont réussi tant bien que mal à soumettre les rois d'Anshan, de Marhashi, et de Zabshali. Mais lorsque cette dynastie s'affaiblit à la fin du XXIè siècle, le roi Kindattu de Simashki prend la direction de l'Elam, et il réussit à s'emparer d'Ur en 2004, capturant son roi Ibbi-Sîn.
Mais il ne parvient pas à maintenir sa domination sur la Basse-Mésopotamie.
L'apogée de Simashki dure quelques années, avant que les souverains amorrites d'Isin, puis de Larsa, nouveaux maîtres de Sumer et d'Akkad, ne lui infligent plusieurs défaites sévères.
La Dynastie des Igehalkides
C'est sous la Dynastie des Igehalkides (peut-être originaires de la région de Malamir), instaurée par le souverain Ige-halki au début du XIVè siècle, que l'Élam redevint unifié. On retrouve certaines caractéristiques hurrites dans cette dynastie, aussi bien dans les noms (le composant -halki est probablement hurrite), que dans les pratiques (à sa mort, Untash-Naparisha se fera incinérer selon une coutume hurrite).
Pahir-Ishshan, fils et successeur d'Ige-halki, peut être considéré comme le véritable fondateur de la dynastie, puisqu'il est le premier à avoir laissé des inscriptions, commémorant son action militaire. Il épouse la fille du roi babylonien Kurigalzu I, témoignage de la bonne entente entre les deux royaumes.
Son frère Attar-kittah lui succède qui reprend enfin Suse. Il peut alors se proclamer "roi de Suse et d'Anzan". Puis ses deux fils, Unpahash-Naparisha et Kiten-Hutran I montent sur le trône l'un après l'autre.
Humban-numena, qui règne au milieu du XIVè siècle depuis Anzan, multiplie les conquêtes, et agrandit considérablement son Empire. Il peut ainsi se proclamer "Celui qui a agrandit l'Empire". Il est contemporain du roi kassite Burnaburiash II.
Untash-Napirisha, son fils, fait une incursion en Babylonie et inflige à son roi Kadashman-Enlil une sévère défaite. Il ravage la région de la Diyala comme ses ancêtres de la lignée d'Eparti.
Le ton est donné : l'Élam est prêt à reprendre ses attaques en Mésopotamie.
On ne sait rien à propos des deux souverains suivants, tous deux fils d'Untash-Naparisha, Kiten-Hutran II et Naparisha-untash. Il semble que l'Assyrien Tukulti-Ninurta ait mené un raid dévastateur dans le nord de l'Élam. Le souverain élamite suivant, Kiten-Hutran III, dévasta la Babylonie à deux reprises, sous les règnes de Enlil-nadin-shumi et Adad-Shuma-idinna, affaiblissant encore plus un pouvoir kassite déjà en conflit quasi-permanent avec la puissante Assyrie. On est peu renseigné sur la période qui voit la transition en les Igehalkides et les Shutrukides. Il est d'ailleurs possible que ces deux dynasties ne soient en fait qu'une, et qu'il n'y ait pas de coupure successorale entre les deux.
La Dynastie des Shutrukides
La Dynastie des Shutrukides, commence à la fin du XIIIè siècle. Tukulti-Ninurta mort, l'Assyrie est considérablement affaiblie et très éteinte, tout comme la Babylone kassite. Celui qui est considéré comme le premier souverain shutrukide, Hallutush-Inshushinak, peut ainsi réaffirmer son pouvoir après une courte période de querelles de succession.
Shutruk-nahhunte (1185-1155) attaque les premières années de son règne les ville situées dans la vallée de la Diyala, l'ancienne région d'Eshnunna, cible privilégiée des souverains élamites de tout temps. La région est alors le cadre de guerres opposant babyloniens et assyriens. Mais Shutruk-Nahhunte, accompagné de son fils aîné Kutir-Nahhunte, est de taille à lutter face à ces opposants, affaiblis par des années de guerre.
Sa plus brillante victoire de ce roi va se produire vers 1160, lorsqu'il mène une armée puissante en Babylonie, alors que l'Assyrie était affaiblie par des querelles de succession. Le faible souverain kassite Zababa-shuma-iddina ne résiste pas longtemps, et il est tué. Son pays est ravagé, sa ville pillée, et des oeuvres célèbres telles que la stèle du "Code" d'Hammurabi et la statue de Marduk, le dieu national babylonien, sont emportées en Susiane. Shutruk-nahhunte va même nommer son fils aîné Kutir-Nahhunte gouverneur de Karduniash (la Babylonie). Shutruk-Nahhunte garda la mainmise sur la région jusqu'à sa mort en 1160.
Son fils Kutir-nahhunte quitte alors la Babylonie pour diriger l'Elam. Un dernier roi kassite, Enlil-nadin-ahhe, réussit à reprendre le trône de Babylone en 1157 et à le conserver pendant trois ans, mais le roi élamite revint et le déposa. Ce dernier mourut brusquement, peut-être assassiné, en 1150, et c'est son frère Shilhak-Inshushinak (1150-1120) qui lui succéda.
Le nouveau souverain continua l'œuvre de son père, et l'Élam resta un puissant empire militaire, avide de conquêtes : déjà maître d'une partie de la Basse-Mésopotamie, il lance ses attaques surtout vers le nord où l'Assyrie s'affaiblit. Il met de longues années à soumettre la région située aux pieds du Zagros occidental. Il affronte des tribus sémites, hurrites, kassites, et il a besoin d'effectuer plusieurs passages pour soumettre ces région où la résistance est farouche. Puis l'armée élamite atteint le Tigre et remonte jusqu'aux cités d'Arrapha et de Nuzi, dont il s'empare.
Aux portes de l'Assyrie, elle ne peut continuer. Shilhak-Inshushinak avait en effet trop négligé la Babylonie pendant ses années de conquête, et la révolte grondait dans cette région. Il doit donc y retourner, et réprime la révolte.
Mais en 1130, les Élamites subissent une cuisante défaite et doivent se replier dans leur contrée. Cette défaite plonge l'Élam dans une crise, et Shilhak-Inshushinak voit toutes ses conquêtes redevenir indépendantes une à une. Lorsqu'il meurt en 1120, l'Élam n'est plus que l'ombre de ce qu'il a été. Nabuchodonosor I de Babylone décide de l'attaquer et finit, profitant de la trahison d'un chef élamite, par écraser l'armée adverse. Le pays est ravagé. L'Élam plonge dans l'obscurité pendant plus de trois siècles.
Vers une période de trouble
Les Élamites on mit fin à quatre siècles de domination de la dynastie Kassite. Ils poursuivent alors sur leur lancée et progressent vers le nord jusqu'à Arrapha, après s'être emparé des provinces orientales de l'Assyrie.
La IIè Dynastie d'Isin
C'est alors que le souverain Ninurta-nadin-shumi (1131-1125) de la ville restée indépendante d'Isin, située au sud de Babylone, décide de l'attaquer.
La IIè Dynastie d'Isin est en effet restée dans l'ombre pendant quelques années à préparer une attaque contre les Élamites. Maintenant, elle est assez forte, et la présence de Shilhak-Inshushinak dans la région est l'occasion rêvée de le chasser.
C'est ce qui est fait en 1130, quand les Élamites subissent une cuisante défaite et doivent se replier dans leur contrée. Cette défaite plonge l'Élam dans une crise, et Shilhak-Inshushinak voit toutes ses conquêtes redevenir indépendantes une à une.
Ninurta-nadin-shumi s'empare donc de Babylone en 1130.
Elam ravagée
Les souverains d'Isin avaient bien l'intention de faire en sorte que l'Élam ne soit plus un danger potentiel. Après la mort de Shilhak-Inshushinak, le pays était en état de guerre civile.
Nabuchodonosor I (1125-1104) de Babylone décide alors de l'attaquer. Il lance une offensive en Élam, qui est bien défendue par son nouveau roi Huteludush-Inshushinak, qui le défait et le repousse.
Il revient cependant à la charge, affronte les Élamites sur la fleuve Karun, et cette fois-ci, profitant de la trahison d'un chef élamite, il écrase l'armée adverse. Huteludush-Inshushinak doit s'enfuir à Anshan, et son pays est ravagé.
Babylone tient sa revanche, et Suse est ravagée. La statue de Marduk peut ainsi retourner dans son temple, l'Esagil.
Les Mésopotamiens, qu'ils soient Babyloniens, ou même Assyriens, qui avaient vu les Élamites s'emparer de leurs provinces occidentales, n'ont plus rien à craindre des Élamites avant un bon moment.
Son petit-fils Marduk-nadin-ahhe (1099-1081) va quant à lui attaquer l'Assyrie, mais son adversaire Teglat-Phalasar I le repousse et envahit la Babylonie, avant d'être lui-même arrêté. Adad-apla-idina (1068-1046) doit résister aux assauts de tribus barbares, et, en 1024 meurt Nabû-shum-libur (1033-1024), dernier roi de la IIè dynastie d'Isin.
La crise du Xè siècle
La fin du XIe siècle est marquée par de grands mouvements de population en Babylonie, comme dans tout la Mésopotamie.
Des tribus d'Araméens et de Chaldéens s'installent en Babylonie, où elles constituent des entités politiques rivales du pouvoir babylonien. Les nouveaux souverains de cette cité s'avèrent incapables de rétablir l'ordre, et la région connaît une triste période durant tout le Xe siècle.
Les Dynasties
Cette période est faite de nombreux troubles politiques. On dénombre quatre dynasties :
Un kassite nommé Simbar-Shippak règne seize ans, et fondera la IIè dynastie du Pays de la Mer, qui prend fin en 1006, après son troisième successeur.
Elle est remplacée par la dynastie de Bazi, fondée par un cheik d'origine inconnue, nommé Elam-shakin-shumi, venant probablement d'une tribu vivant dans la région entre le Tigre et l'Euphrate au niveau de Babylone, qui connaîtra elle aussi trois rois, et durera jusqu'en 986.
La dynastie suivante sera fondée par un soldat élamite, Mar-biti-apla-usur, et ne connaîtra que ce seul roi.
Enfin, la dynastie suivante, fondée par Nabû-mukin-apli en 977, fut plus longue.
Le pays n'en connait pas pour autant une plus grande stabilité.
Les Troubles
Ces troubles politiques sont communs à tout le Moyen-Orient de la fin du IIè millénaire et du début du Ier millénaire.
A l'ouest, sur le littoral méditerranéen, les "Peuples de la Mer" ont mis fin à l'Empire Hittite et affaibli l'Egypte des Ramsessides, tandis qu'en Palestine, de nouvelles tribus, telles que les Hébreux, s'étaient installés.
En Syrie et en Mésopotamie, c'est l'invasion des Araméens, qui fondent plusieurs royaumes sur la Haut Euphrate et encerclent l'Assyrie. Ils parviennent même jusqu'en Babylonie, et Nabû-mukin-apli semble avoir été l'un des premiers à les avoir affrontés.
Mais ils ne sont pas les seuls à causer des problèmes en cette région, et d'autres tribus nomades, comme les Sutû, déjà installés dans la région depuis un certains temps, attaquent fréquemment les villes, ce qui explique les troubles que traverse la région.
A ceux-ci viennent s'ajouter de nouveaux arrivants, tels que les Gambulû dans les régions du Zagros surplombant Babylone, et surtout, en Babylonie même, les Chaldéens, qui devinrent rapidement très influents.
Les Chaldéens, plus forts que les autres nouveaux peuples de la région, s'installeront progressivement dans l'extrême sud, le Pays de la Mer, région marécageuse, où ils sera très difficile de les attaquer.
Les Chaldéens deviendront plus actifs au cours du temps, et seront l'ethnie la plus puissante vers le VIIè siècle, et fonderont en 627 la dixième dynastie de Babylone.
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