Igor Brevnjovski : Chronique d'un homme en exil

La Période Néo-Babylonienne (II) : La Dynastie chaldéenne

A la mort d'Assurbanipal, son fils Assur-etil-ilani lui succède. Mais le frère du nouveau roi, Sîn-shar-ishkun, se révolte contre celui-ci, et prend le pouvoir à Babylone, d'où il chasse un ancien général assyrien ambitieux qui avait tenté de monter sur le trône de cette ville.

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L'Empire Babylonien

Nabopolassar (627-605)

Au même moment, le gouverneur du Pays de la Mer, un Chaldéen nommé Nabopolassar, profite de la situation pour faire à son tour sécession.

  1. Suffisamment prudent, il va laisser dans un premier temps les deux frères régler leurs compte, et regrouper ses troupes. Sîn-shar-ishkun défait Assur-etil-ilani, et monte sur le trône de Ninive. Nabopolassar profite de la situation pour s'emparer de Babylone, ce qui va obliger le nouveau souverain assyrien à l'attaquer. Cette guerre ravagea quelques temps la Babylonie, et Sîn-shar-ishkun, voyant son royaume se désagréger, n'eut pas le temps de se désengager et de laisser le Sud à Nabopolassar puisque Cyaxare, roi des Mèdes, s'allia avec le chaldéen, pour détruire l'Assyrie.

  2. Les armées babyloniennes repoussèrent les Assyriens vers leur pays, tandis que les Mèdes attaquaient au nord. Assur tomba en 614, puis Kalkhu peu de temps après, et enfin Ninive en 612. Les dernières poches de résistance assyriennes furent éliminées à Harran en Haute-Mésopotamie en 609. Ainsi, Babyloniens et Mèdes avient réussi à faire chuter l'Empire Assyrien, et pouvaient se partager ses restes.

Cyaxare semble en fait avoir reçu peu de territoires de l'ancien royaume assyrien. Il ne prendra que l'Est de l'Elam (l'Anshan), et la Haute-Mésopotamie, car il avait probablement des visées sur l'Anatolie avant tout, et il désirait seulement l'anéantissement de l'Assyrie qui était une entrave à sa progression.

Nabopolassar reçut donc la Mésopotamie, l'Ouest de l'Élam (la Susiane), la Syrie et le Levant. Ces deux dernières régions n'avaient cependant pas l'intention de passer dans les mains d'un nouvel envahisseur, et elles ne voulaient pas rendre l'indépendance acquise pendant la guerre. Les Babyloniens durent donc se rendre à l'ouest pour prendre possession de ces régions.


Nabuchodonosor II (605-562)

Nabopolassar, âgé, confie la direction des opérations à son fils aîné Nabuchodonosor, et continue à régner à Babylone et à rénover la ville. Il mène ses armées en Syrie, à Karkemish, où l'armée égyptienne avait pénétré pour prêter main-forte aux habitants de la région.

Il lui faut deux années pour renforcer ses lignes arrières : il passe à l'action en 605, et écrase la coalition adverse. Il peut ensuite diriger ses troupes vers la Palestine, qui est sur le point de tomber lorsqu'il apprend la mort de son père

Il monte sur le trône en septembre 605, et devient Nabuchodonosor II, roi de Babylone.

Le début du règne

Lorsqu'il devint roi, Nabuchodonosor II ne manquait ni d'expérience, ni d'ambition. Il voulait poursuivre l'œuvre de son père et rendre à son royaume son prestige passé.

  1. Aussitôt sa prise de pouvoir officialisée, il retourna sur les bords de la Méditerranée, où le souverain d'Askhalon s'était révolté, et où il voulait aussi affirmer sa domination sur les souverains des royaumes de Phénicie, et aussi sur le roi de Juda. Mais les Égyptiens étaient toujours présents dans la région pour soutenir ces derniers.

  2. En 601, le choc entre les opposants, Babyloniens d'un côté, Égyptiens et alliés de l'autre, eu lieu. Nabuchodonosor essuya une défaite, et du se retirer dans ses forteresses de Syrie. Il décida d'attaquer dans une autre direction, en Arabie, l'année suivante, et fut victorieux.

  3. Puis il retourna au Levant pour recevoir le tribut des souverains de la région. Celui de Juda, Joiakim, refusa de payer, et dut subir la répression : Jérusalem fut assiégée puis prise en 597, et il perdit la vie, son fils Joakin et les autres notables et lettrés du royaume étant déportés à Babylone

Pour mieux contrôler la région, Nabuchodonosor bâtit un fort à Riblah, au Liban. Mais cela n'empêcha pas les rois locaux de continuer à se révolter, et d'être le principal souci du souverain chaldéen.

La fin de règne

Une révolte eut aussi lieu en Babylonie même en 593, et fut vite réprimée avec violence. En 589, les Égyptiens s'emparèrent de Gaza, et assiégèrent Tyr et Sidon. Puis il formèrent une coalition avec les Phéniciens, à laquelle se rallia Sedecias, le nouveau roi de Juda, pourtant à ce poste grâce à Nabuchodonosor II.

  1. Celui-ci revient donc à Ribla, d'où il prépare sa contre-attaque. Il assiège Jérusalem en 588, et après près de deux ans de siège, la ville tombe. Les fils de Sedecias sont tué, puis il est mutilé et déporté à Babylone avec la majorité de ses sujets. Jérusalem est ensuite brûlée et rasée. Le royaume de Juda est tombé.

  2. Parallèlement, Tyr était aussi assiégée. Cette fois-ci, la situation mit plus de temps à se résoudre, et ce ne fut qu'au bout de treize années que Nabuchodonosor II put faire entrer ses troupes dans la ville. En 585, le Babylonien arbitra un conflit opposant son allié le Mède Cyaxare au roi Alyatte de Lydie, et en profita pour s'emparer de quelques villes en Cilicie. Peu après, la Palestine se révolta en 582, et sa population avait été déportée

La situation au Proche-Orient ne s'arrangea qu'en 568, lorsque Nabuchodonosor II mit en déroute les Égyptiens près de Gaza.

La fin du règne de Nabuchodonosor II est obscure, et on sait qu'il mourut en 562 à Babylone, de maladie probablement. Durant toutes ces années, il n'avait cessé d'embellir les grandes villes de la Mésopotamie, et, en premier, sa capitale Babylone, qui devint la plus belle cité de l'Orient, dont le souvenir est passé à la postérité. Ce grand monarque aura aussi étendu l'Empire de Babylone au maximum, et lui a donné une gloire comme il n'en a jamais eu et comme il n'en aura plus jamais.


Les Derniers Rois Babyloniens

Après le règne de Nabuchodonosor II, Babylone ne retrouvera plus la stabilité politique, à cause de trop grands conflits au sommet du pouvoir. Le fils de Nabuchodonosor II, Amêl-Marduk (562-560) ne régna que deux ans au cours desquels le seul acte notable fut la libération de Joakin, roi de Juda.

Il fut assassiné au cours d'une révolution de palais mené par Nériglissar (560-556), homme influent à la cour de Babylone, gouverneur d'une province à l'est). A sa mort en 556, son fils Labashi-Marduk (556-555) monta sur le trône mais fut assassiné l'année même de son intronisation par des dignitaires de la cour.

Nabonide et Balthazar

Ce furent les deux chefs de la révolte, Nabonide, personnage important à la cour de Babylone, et son fils Balthazar qui prirent le pouvoir.

Nabonide (555-539) régna seize ans, durant lesquels il rencontra de nombreuses difficultés.

  1. Les révolutions de palais qui avaient ébranlé la cour royale n'avaient eu aucune conséquence dans l'Empire, qui restait assez calme. Une fois au pouvoir, il fit ce qu'un souverain de Babylone faisait : il rendit le culte, rénova les monuments, et mena même une campagne en Cilicie.

  2. Cependant, il fut fortement contesté en raison de son attitude religieuse. Originaire de Harran, l'un des deux lieux de cultes principaux de Sîn, dieu-soleil, il vouait à ce dernier plus d'admiration qu'à Marduk, ce qui lui attira l'hostilité du clergé de Babylone. De plus, pour résoudre quelques problèmes au niveau économique, il augmenta le contrôle de l'État sur les temples.

Devenu indésirable à Babylone, craignant d'être évincé, par son fils même, il partit d'abord mener une campagne en Palestine, avant de s'installer pendant dix ans à Têma, en Arabie, lieu de culte au dieu-soleil.

Quoiqu'il en soit, c'est son fils Balthazar qui gouverne Babylone pendant ces années, sans être roi toutefois. S'il semble avoir été lui aussi un restaurateur et un bâtisseur, il a hérité d'une réputation d'homme peu habile en politique, et contesté.

Lorsque Nabonide revient en 541, il réorganise son administration et évince quelques membres influents de la cour. Mais il reste toujours très contesté.

Posté par Silverside le 16.03.08 à 22:16 - Commentaires (0) - Les Achéménides

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