La Période Paléo-Babylonienne
Les dynasties amorrites dominent dès le XIXe siècle un vaste espace allant du Levant au sud de la Mésopotamie. Là se forme une véritable koinè qui, malgré des particularismes régionaux, présente une évidente unité autour de divers traits culturels, notamment linguistiques, religieux, fortement marqués par les traditions antérieures (surtout celle de la Mésopotamie des Sumériens et premiers Akkadiens), mais aussi avec quelques particularités dues en partie aux pratiques propres aux Amorrites, qui gardent des traces de la vie nomade, de l'organisation en tribu, même chez ceux qui se sont sédentarisés et ont pris le pouvoir dans les anciennes cités proche-orientales.

L'Empire babylonien (1750 à 600 av. J.-C.)
On peut tenter une division de cet espace en plusieurs régions présentant une certaine unité :
La Basse Mésopotamie est le "Pays de Sumer et d'Akkad", dont l'effondrement a laissé la place à plusieurs royaumes amorrites se partageant la région. Les deux premiers royaumes à occuper une place importante sont Isin et Larsa : la tradition sumérienne héritée du royaume d'Ur reste encore forte, surtout au début de la période, où le sumérien est encore la langue des inscriptions royales, de la littérature et aussi des documents de la vie quotidienne. La forte lutte entre Isin et Larsa ne doit pas masquer la division politique de cette région, surtout au nord, l'ancien pays d'Akkad, partagé entre plusieurs royaumes, comme Kish, Sippar, Malgium, Rapiqum, et surtout Babylone.
La Haute Mésopotamie est une zone où se mêlent différents peuples : populations sémitiques - Amorrites notamment -, Hourrites (le futur Mitanni) au nord, Turukéens dans les contreforts du Zagros, au contact des Gutis, etc. Les principaux royaumes de la région sont Mari, à l'extrémité ouest sur l'Euphrate, et Ekallatum, quelque part sur le cours moyen du Tigre. On compte aussi la cité-état d'Assur, qui développe dans le courant du XIXe siècle un fructueux commerce vers la Cappadoce, connu par les archives retrouvées à Kanish, et une multitude de petits royaumes dans le Triangle du Khabur, comme Karana (connu par les archives de Tell Rimah), Apum (Shekhna/Shubat-Enlil), Urkish, Nagar, Andarig, etc., qui font l'objet de convoitises des grands royaumes.
La Syrie est partagée entre deux grands royaumes : Alep (le Yamkhad), qui domine le nord de la région entre la Méditerranée et l'Euphrate, jusqu'à l'aire d'influence de Mari (autour de Tuttul), avec dans son giron les villes d'Emar, Ugarit, Alalakh ; au sud le royaume de Qatna, moins bien connu. On peut mentionner le royaume de Karkemish plus au nord, au contact du monde anatolien, qui conserve une certaine indépendance, et son voisin Urshum, ainsi que Ebla, entre Alep et Qatna. Le royaume d'Alep chute à la fin du XVIIe siècle après les attaques successives de rois hittites, et tombe plus tard sous la coupe des rois du Mitanni.
L'Elam est le responsable direct de la chute du royaume d'Ur III, puisque c'est son armée qui mène la coalition s'emparant de la capitale de ce dernier en 2004 : les relations avec les rois d'Isin se normalisent, mais elles sont plus difficiles avec Larsa. Les autres royaumes du plateau iranien de cette période nous sont inconnus. Le Marhashi des époques précédentes n'est plus mentionné. Dans le Zagros, à proximité de la Mésopotamie, des souverains Gutis gardent une certaine importance. Les Kassites, qui règnent plus tard sur Babylone, sont supposés venir de cette même région, mais leurs premières attestations sont en haute Mésopotamie.
L'Anatolie est composée de plusieurs royaumes, certains dominés par des populations indo-européennes, surtout les Hittites (qui se nomment eux-mêmes Nésites), mais aussi les Palaïtes et les Louvites, qui sont plutôt situé au sud, autour de Kanish, Purushkhanda, Warshama, Kussar ; au nord se trouvent d'autres populations, comme les Hattis, autour de Hattusha, et plus au nord le royaume de Zalpa, dont la population est inconnue.
Le Sud du Levant : la ville marchande de Byblos est peu attestée dans les sources proche-orientales. Elle l'est en revanche par l'archéologie, et par les textes de l'Égypte, avec qui elle est en relation depuis longtemps, Egypte absente de la scène politique du Proche-Orient de cette période.
La fragmentation politique du Moyen-Orient à la période amorrite va voir se mettre en place un système de relations internationales élaboré entre les différents royaumes qui le constituent.
Source : http://fr.wikipedia.org/
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