Igor Brevnjovski : Chronique d'un homme en exil

La Première Dynastie Babylonienne (II) : Hammurabi et ses successeurs

Sous le règne d'Hammourabi, Babylone devientla plus grande puissance politique de Mésopotamie. C'est à ce moment que la ville capte à son seul profit, outre le rôle de capitale politique, la fonction de capitale religieuse, unique résidence du dieu Mardouk roi des dieux du panthéon mésopotamien.

L'empire d'Hammourabi assure ainsi la synthèse entre les traditions culturelles et religieuses des capitales de Sumer et d'Akkad qui avaient dominé la Mésopotamie au IIIe millénaire av. J.-C. et celles des bédouins amorrites.


Hammurabi (1793-1750)

Dès son intronisation, Hammurabi doit donc passer à l'action face à son rival. Après avoir renforcé sa puissance, il attaque le territoire dominé par Larsa, et s'empare d'Isin, Uruk et Ur. Il étend ensuite sa domination vers l'est contre Eshnunna, puis vers l'ouest, de sorte que les frontières de son territoires sont éloigné de son centre, et que d'éventuels adversaires sont affaiblis, tandis que ses puissants voisins ne réagissent pas.

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Hammurabi

  1. A la mort du grand Shamshi-Adad, avec lequel Hammurabi avait été conciliant, la situation politique change. Zimri-Lim s'empare de Mari et constitue un état puissant sur le Haut-Euphrate, et remporte une victoire contre Eshnunna, avant de renforcer son pouvoir sur ses vassaux.

  2. Pendant ce temps, Hammurabi reste patient, et organise son royaume pour le rendre plus puissant, en tout cas supérieur à celui de Larsa. En 1765, il s'allie au roi de Mari, alors grand maître de la politique internationale, pour repousser un attaque Elamite qui au passage a détruit Eshnunna.

  3. L'année suivante, il provoque la guerre contre Larsa s'empare enfin de la ville, se débarrassant ainsi du vieux mais toujours redoutable Rîm-Sîn, qui avait réussit à solliciter une aide de Mari.

  4. Hammurabi a alors la plupart des souverains de la région contre lui. Qu'importe, puisqu'il défait une coalition des souverains du nord en 1762, avant de se porter contre Mari. Zimri-Lin ne fait pas le poids, et est écrasé par les armée babyloniennes qui détruisent la ville, qui ne se relèvera pas de cette attaque.

  5. Hammurabi poursuit sur sa lancée, maintenant que plus personne n'est en mesure de l'arrêter : il s'empare d'Assur, puis d'Eshnunna

A sa mort en 1750, il a fait de Babylone la plus grande et la plus prestigieuse des cités de Mésopotamie, ce qu'elle restera pour plusieurs siècles malgré l'effondrement rapide de la Ière Dynastie après le règne de Hammurabi.


Les Successeurs de Hammurabi

Samsu-iluna (1750-1712) succède à son père, et essaie de poursuivre son œuvre, mais de nombreuses révoltes affaiblissent son royaume.

  1. Dès l'an 8 éclata une triple crise : économique, politique et militaire. La situation économique se dégrada si rapidement que le roi fut obligé, huit ans après sa première remise de dettes – mîsharum – d'en proclamer une seconde. On constate d'autre part la volonté d'indépendance des cités du sud, mal résignées à la domination babylonienne malgré l'habileté dont Hammurabi avait fait preuve.

  2. Une deuxième période dans le règne de Samsu-iluna s'ouvrit en l'an 12. Après avoir vaincu le roi d'Eshnunna et imposé son autorité dans la vallée de la Diyala, Samsu-iluna s'aventura en 1728 jusqu'au cœur du « triangle du Habur ». Il y mit fin au royaume d'Apum et détruit sa sa capitale, Shubat-Enlil.

  3. Samsu-iluna tenta ensuite de rééquilibrer son royaume en direction du Moyen Euphrate. Il construisit une petite ville fortifiée à Harrâdum : il s'agissait d'un point fortifié avant sa campagne contre Terqa, qui eut lieu en l'an 27. Le fils du roi local fut installé sur le trône, sous tutelle babylonienne.

  4. L'année 30 de Samsu-iluna fut marquée par une nouvelle amputation territoriale. Ce qui restait du sud sumérien fut perdu, dans des conditions encore obscures. Comme dix-huit ans plus tôt à Ur, Larsa ou Uruk, la documentation écrite s'interrompt à Isin et à Nippur pour plusieurs siècles. Les dernières années du règne sont très mal connues.

A la fin de son règne, Samsu-iluna a perdu la plupart des provinces du royaume hérité de son père, dont Sumer. Le pays est de plus frappé par une crise économique caractérisée par l'endettement des plus pauvres, que le roi n'arrive pas à résoudre malgré la proclamation de l'andurarû par deux fois.


La Prise de Babylone

Les quatre derniers rois de la première dynastie régnèrent pendant plus d'un siècle, généralement désigné comme période paléo-babylonienne tardive. Il ne semble pas y avoir eu de difficultés de succession, et les règnes de ces souverains ont été longs, ce qui est souvent considéré comme un gage de stabilité. Toutefois, les signes d'un déclin politique sont évidents.

  1. Abieshuh (1712-1684), Ammi-ditanna (1684-1646) et Ammi-saduqa (1646-1626) résistent et réussissent même à reprendre des territoires perdus auparavant. Pourtant, la situation du royaume est désastreuse, et une grave crise économique le frappe.

  2. Aux frontières, les Kassites, ainsi que les Hurrites et les Hittites se font pressants. Les souverains babyloniens ne peuvent résoudre les problèmes qui se posent à eux.

  3. Samsu-ditana (1626-1595) hérite d'une situation très difficile à laquelle il ne pourra pas plus que ses prédécesseurs mettre fin. Malgré une politique de construction de forts visant à protéger les frontières du territoire, celui-ci reste mal défendu.

Lorsque vers 1620, le roi hittite Hattusili, ravage la Syrie, il accentue sa menace sur la Babylonie. Les évènements de ces années sont mal connus, mais il semble que les assauts des nouveaux peuples soient de plus en plus rudes. En 1595, le successeur d'Hattusilis, Mursili, après avoir attaqué une nouvelle fois en Syrie, descend l'Euphrate et pénètre en Mésopotamie, puis fonce vers Babylone qu'il prend et pille. Samsu-ditana disparaît, et avec lui la Ière Dynastie de Babylone.

Source : http://www.clio.fr - Esagil

Posté par Silverside le 16.03.08 à 17:24 - Commentaires (0) - L'Ascension de Babylone

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