Igor Brevnjovski : Chronique d'un homme en exil

La Première Dynastie Babylonienne (III) : L'organisation politique

Le roi babylonien de la Ière dynastie porte le titre akkadien de sharrum (roi). Il gouverne depuis le palais de sa capitale, aidé par son entourage dont on ne connaît pas la composition exacte ni la titulature.

  1. Le roi est à sa place parce que les Dieux l'ont voulu. Il doit de ce fait faire respecter leur justice, et diriger leur territoire le mieux qu'il peut pour que les sujets y produisent de quoi satisfaire leurs maîtres divins. Le roi est donc le personnage central du royaume babylonien, exerçant une très grande autorité.

  2. Le roi est entouré de ministres le secondant dans ses tâches. On trouve un premier ministre (sukkalum), un ministre des relations extérieures (sukkal ubarim), ainsi que des secrétaires royaux (tupshar sakkakkim). Tout le secteur administratif est géré par un important corps de scribes (tupsharrum)

Le territoire était divisé en provinces dans les régions de Babylonie même. Un gouverneur dirigeait ce territoire depuis sa plus grande cité, entouré de fonctionnaires qui l'aidaient dans ses tâches.

L'ordre public était assuré par des garnisons, - constituées de soldats de métier, encadrant des conscrits accomplissant leur service du au roi (l'ilkum), ainsi que quelques mercenaires -, stationnant dans les chefs-lieux des provinces, qui pouvaient aussi servir d'armée et d'autorité encadrant les grands travaux publics accomplis par la volonté du pouvoir central.

L'Organisation de la cité

Dans les cités, un système efficace était en place. On trouvait un agent royal, le rabiânum, aidé d'adjoints (hazannum) et une assemblée d'Anciens (puhrum) représentant la communauté.

  1. Une "chambre de commerce" (kârum) réglait les litiges commerciaux sous la coupe d'un agent royal, le "chef des marchands" (wakil tamkarî).

  2. Les agents du pouvoir local pouvaient avoir des fonctions juridiques, administratives ou dans la collecte des impôts.

  3. Le pouvoir judiciaire était exercé par un juge royal (dayyan sharrim) aidé par des assistants (rêdûm), quand les pouvoirs locaux n'arrivaient pas à régler les affaires ou pour des cas d'une certaine importance.

Le pouvoir royal exerce un contrôle sur ces institutions grâce à des inspecteurs (waklum).

Les provinces lointaines étaient gouvernées par des personnages, souvent issus de l'ancienne famille royale dirigeant le pays, disposant d'une autonomie assez large, mais qui étaient quand même vassaux de Babylone et devaient lui verser de ce fait un tribut.

Les stratifications sociales

Les hommes libres sont généralement appelés awilum (traduit par "homme"). Le Code d'Hammurabi distingue deux catégories d'hommes libres : les awilû proprement dits et les mushkenû.

Les awilû exercent une fonction pour le compte du palais, pour laquelle ils sont rétribués par des rations, ou bien par des champs de subsistance, qui sont attribués en échange de la fonction et ne sont donc pas des biens transmissibles par héritage, sauf apparemment dans le cadre d'une fonction militaire. Les mushkenû (d'où dérive le mot français "mesquin") évoluent en dehors de la sphère palatiale. Ils échappent à la documentation écrite, et de ce fait sont très mal connus

Les hommes libres sont sujets du roi, ils sont ses serviteurs. Mais, dans leur religion, ils sont avant tout soumis à leurs dieux, qu'ils ont pour devoir de servir.

Les esclaves, wardum, disposaient de la place la plus basse dans l'échelle sociale. Les esclaves étaient avant tout des prisonniers de guerre, ramenés de campagne par les troupes royales, pouvant être offerts ou vendus aux particuliers, ou bien aux temples, ou restant au service du roi. Ils étaient aussi nombreux à être des descendants d'esclaves restés au service du maître de leurs parents. Il existait aussi l'esclavage pour dettes.

Economie

Le roi dirige tout le système de propriété des terres, en les distribuant aux membres de son administration (des plus hauts dignitaires à certains de ses domestiques) ou aux temples. Il garde le contrôle sur toutes les terres qu'il concède, cette propriété n'étant pas pleine.

Bien que soumis à l'autorité royale, les temples gardent une certaine importance dans le domaine économique. Ils accordent notamment divers types de prêts, que ce soient les ikribû (prêts concédés à des marchands, qui en contrepartie font des offrandes importantes au temple), ou des prêts avantageux accordés à des agriculteurs pendant la crise agricole qui secoue le pays au XVIIè siècle, le temple effectuant ainsi un rôle d'assistanat.

La distribution des terres par le roi en échanges de services (ilkû) aboutit à la constitution d'une élite urbaine qui s'enrichit grâce à ses terres qu'elle afferme, et peut se lancer dans des entreprises commerciales et financières. Si le commerce est en partie dirigé par le palais et aussi les temples, qui emploient les marchands, ces derniers peuvent se lancer dans des entreprises commerciales pour leur propre compte.

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Le Code d'Hammurabi

Le Code d'Hammurabi est l'une des plus anciennes lois écrites trouvées.

La stèle du Code d'Hammurabi dont on dispose fut gravée dans un bloc de basalte et fut placé dans le temple de Sippar. Plusieurs autres exemplaires similaires furent vraisemblablement placés à travers tout le royaume. Cela avait pour but de faire connaître l'autorité et la sagesse de Hammurabi sur l'ensemble du territoire qu'il dirigeait.

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Code d'Hammurabi

Le Code d'Hammurabi n'est pas un code de lois comme nos Codes civil ou pénal, où chaque délit est censé être répertorié, les juges devant se baser sur un article précis pour décider leur jugement. Il s'agit en fait d'un texte établi à partir de la compilation de décisions de justice prises par le roi Hammourabi et compilées en un grand texte.

Le Contenu

Le texte, réparti en cases, comprend 282 articles de justice qui concernent les principaux aspects de la vie sociale. Plus que de lois, il s’agit de sentences sur des cas exemplaires portés en dernier recours devant le roi. L’exposition des cas est précédée d’un prologue, sorte de testament politique énoncé par Hammurabi, le fondateur de la puissance babylonienne. On y voit les grands dieux, qui ont accordé la prépondérance à Babylone, appeler Hammurabi sur le trône "pour proclamer le droit dans le pays, pour éliminer le mauvais et le pervers, pour que le fort n’opprime pas le faible".

Les différents "articles" régissent notamment :

  1. la hiérarchisation de la société : trois groupes existent, les hommes libres, les subalternes et les esclaves.

  2. la protection sociale : un esclave ne doit en aucun cas être séparé de sa femme et de ses jeunes enfants.

  3. les prix : les honoraires des médecins varient selon que les soins donnés s'adressent à un homme libre ou à un esclave.

  4. les salaires : ils varient selon la nature des travaux réalisés.

  5. la responsabilité professionnelle : un architecte qui a réalisé une maison qui s'est effondrée sur ses occupants et ayant causé leur mort, est condamné à la peine de mort.

  6. le fonctionnement judiciaire : la justice est rendue par des tribunaux et il est possible de faire appel auprès du roi, les décisions doivent être écrites.

  7. les peines : toute une échelle des peines est inscrite suivant les délits et crimes commis. La Loi du Talion est la base de cette échelle.

Les sentences ont toutes été écrites selon un même schéma : si un homme fait telle action, alors il en résultera telle conséquence. Parmi les grands thèmes abordés, on trouve le faux témoignage, le vol, le travail agricole, le commerce, les dépôts et gages, la famille, le mariage, les enfants, les coups et blessures et des professions très spécifiques, comme les médecins, etc. Le souverain se veut le défenseur du faible contre le fort, le protecteur de l’orphelin et de la veuve. L’inscription s’achève par des incantations aux grandes divinités afin qu’elles protègent ceux qui respecteront le droit ainsi établi et qu’elles punissent ceux qui le bafoueraient.

Source : Antiquites Louvre - Wikipedia

Posté par Silverside le 16.03.08 à 17:32 - Commentaires (0) - L'Ascension de Babylone

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