Les Différentes Populations de l'Italie
Au deuxième millénaire, différentes populations habitent l'Italie.
Les migrations indo-européennes sont venues en deux étapes, les proto-latins en provenance d'Illyrie puis les Italiques qui construisent des cabanes sur pilotis construits sur des rivages abandonné par le retrait des eaux, à la suite d'une baisse de niveau, appelées palafittes, ou sur des marécages, les terramare.
Des populations plus anciennes demeurent, comme les Ligures et les Étrusques.
En Sardaigne, les populations augmentées des rescapés des Peuples de la Mer, construisent des forteresses en forme de tours en tronc de cône, appelées Nuraghi.
A la fin du deuxième millénaire, des populations venant de la proximité de la Mer Noire, s'installent par vagues successives, dans la région de Felsina (Bologne). Cette civilisation villanovienne se répand à l'est, vers Rimini et la mer Adriatique et au sud, en Emilie, dans l'Ombrie et en Toscane. La population se sédentarise et les habitats se fortifient.
Au delà du Tibre, une civilisation proto-latine ou latiale, est installée sur les collines de ce qui deviendra Rome. Conformément à la tradition, c'est un peuple de pasteurs, vivant en habitat dispersé, sans aucune unité politique, souvent en lutte interne, le vol de bétail est une cause récurrente de conflits.

L'Italie des origines
A. L'Italie Septentrionale
Les Celtes
Au commencement du VIe siècle, les Celtes (Gaulois) passent les Alpes. Leur grand chef aurait été un Biturige, Bellovèse; on évalue leur nombre à 300 000. Ils défirent les Étrusques sur les bords du Tésin et leur enlevèrent la rive septentrionale du Pô; les Insubres s'y établirent entre le Tésin et l'Adda.
Puis vinrent les Cénomans qui s'établirent entre l'Adda et l'Adige; les Boïes qui franchirent le fleuve et s'étendirent de la Trebbia au Reno; les Lingons, du Reno à la mer. Les cités étrusques succombèrent les unes après les autres; un dernier flot amena les Sénons qui détruisirent Melpum (396) et prirent pied le long de l'Adriatique entre le Rubicon et Ancône. Les Rasenas se retirèrent au Sud de l'Apennin, d'autres en Rhétie; leur civilisation disparut de la plaine septentrionale, où seule l'imprenable Mantoue en conserva quelque chose.
Ils fournirent des mercenaires à quiconque les payait. Ils n'achevèrent même pas la conquête de l'Italie septentrionale. A côté d'eux subsistèrent à l'Ouest les Ligures, à l'Est les Vénètes.
Les Ligures
Les Ligures, dont on ignore l'origine, qu'on a rapprochés des Ibères, mais dont l'origine est controversée, occupaient les montagnes riveraines de la Méditerranée, depuis le Rhône jusqu'au Pô et à l'Arno; ils peuplaient aussi la Corse. Ils auraient refoulé vers le Sud les Sicanes à une époque très ancienne. Eux-mêmes se seraient vu enlever la région entre l'Arno et la Macra par les Étrusques, mais plus tard la reprirent jusqu'aux portes de Pise.
Ils se divisaient en une foule de petites tribus parmi lesquelles nous citerons de l'Est à l'Ouest en Italie, le long de la mer, les Apuans, Ilvates, Ingaunes, Intéméliens; dans l'intérieur, les Celelates, Statielles, Bagielles (sur le Tanaro), plus au Nord les Taurins sur le Pô, dans la région où leur nom est resté à Turin. Dans les gorges inaccessibles de l'Apennin, les Ligures, émiettés en autant de petits États qu'ils avaient de vallées, conservèrent leurs moeurs rustiques et leur énergie indomptable : « Point de villes, si ce n'est Gênes, leur marché commun. Peu de peuples eurent une telle réputation d'activité laborieuse, de sobriété, de vaillance. »
Il fallut quarante ans aux Romains pour en venir à bout, et ils n'y réussirent qu'en transplantant au loin les plus réfractaires.
Les Vénètes
A l'Est de l'Adige, les Vénètes occupaient depuis un temps immémorial le pays où vivent encore leurs descendants. Ils paraissent avoir refoulé dans la montagne les Euganéens, desquels nous ne savons d'ailleurs absolument rien.
Nous ne sommes guère mieux renseignés sur les Vénètes qu'on a rapprochés tour à tour de leurs homonymes gaulois, des Vendes slaves des bords de la Baltique, des Hénètes de Paphlagonie. Il paraît vraisemblable qu'ils se rapprochaient plutôt des Illyriens. Ils avaient apparemment une civilisation moins fruste que celle des Celtes contre lesquels ils guerroyaient sans cesse; ils combattaient aussi au Nord les Carnes, qui peuplaient les Alpes dites aujourd'hui Carniques, et à l'Est les Istriens et Liburnes, deux populations illyriennes. Alliés à Rome contre leurs ennemis les Gaulois, ils acceptèrent son hégémonie sans résistance et ne se rebellèrent jamais.
Leur capitale était, dit-on, Patavium (Padoue), la plus belle de leurs cinquante villes.
B. La Sicile et Grande Grèce
L'implantation grecque en Italie méridionale et en Sicile est le fruit d'un vaste mouvement de colonisation, qui est d'abord le fait des habitants de l'Eubée.
Dès le VIIIe siècle, des navigateurs des cités éoliennes et ioniennes se présentent aux abords des côtes d'Italie et la plus ancienne colonie est l'île d'Ischia puis Cymé (Cumes) Il y a d'autres colonies ioniennes, Rhegion, Catane et Himère. Les Chalcidiens fondèrent Naxos (735).
Ensuite viennent les Achéens avec les cités de Siris et Sybaris avec ses colonies : Crotone, Posidonie, Caulonia et Laos.
Enfin, les Doriens vinrent et fondèrent Tarente et son précieux port et Hydrus qui commande l'entrée dans la Mer Adriatique. Des tentatives d'installation vers le Nord (île d'Elbe et Populonia), échouent devant la détermination des Étrusques. Les Corinthiens fondèrent Syracuse (734).
Ces colons grecs éliminent les comptoirs phéniciens. A partir du VI e siècle av. J.-C., les côtes de l'Italie du Sud et de la Sicile sont bordées de cités grecques peuplées et industrieuses, tirant profit de la richesse du sol alluvial des plaines côtières; elles attirent une nombreuse émigration grecque, qui peut y pratiquer les mêmes cultures que dans son pays d'origine.

En Sicile, les Grecs trouvèrent trois peuples les Sicules, les Sicanes et les Elymes. Les colonies prospérèrent rapidement; la côte orientale et méridionale de l'île fut donc entièrement peuplée de Grecs. Les indigènes restèrent à demi indépendants dans l'intérieur. Les tyrans d'Agrigente, puis ceux de Gela et de Syracuse acquirent l'hégémonie de la plus grande partie de l'île; à partir du Ve siècle, l'histoire de celle-ci se confond avec celle de Syracuse.
Dans la péninsule, les colons grecs abordèrent dès le XIe siècle; si l'on admet du moins que Cumes fut fondée en Campanie par des Ioniens d'Eubée vers l'an 1050 av. J.-C.; elle forma, avec ses colonies de Naples (Neapolis) et Dicaearchia (Pouzzoles), un groupe à part qui exerça une influence considérable sur les Italiens, mais eut peu de rapports avec les colonies grecques ultérieures. Celles-ci remontent à la seconde moitié du VIIIe siècle. Les Achéens ouvrirent la voie, fondant Sybaris vers 720 et Crotone en 710 av. J.-C. Ces deux cités devinrent les plus puissantes de toutes. En face de leur rivale Tarente, fondée par les Spartiates (708), elles créèrent Métaponte (entre 700 et 680); à l'Ouest de celle-ci les Ioniens fondèrent Siris (vers 680); vers l'extrémité de la presqu'île s'éleva Lucres Epizéphyrienne (710), colonie des Locriens. Sur le détroit existait depuis un certain temps Rhegium, colonie chalcidienne; plus tard, les Ioniens d'Asie fondèrent sur le rivage tyrrhénien Velia ou Élée (vers 540).
C. La Péninsule
Dans la péninsule, les Grecs avaient rencontré un grand nombre de peuples dont plusieurs ne sont guère connus que par leur nom. On peut les répartir en quelques groupes ethniques : Italiotes (comprenant les Osques, Sabelliens et Ombriens), Illyriens, Étrusques.
Les Sabelliens
Les Sabelliens représentent la fraction la plus belliqueuse des Italiotes : celle qui s'agrandit aux dépens des autres dans la période précédant la conquête romaine. On s'accorde à dire que le peuple primitif, duquel dériveraient les autres, serait celui des Sabins.
Ils formaient avec les Sabins le groupe sabellien septentrional.
Au Sud de celui-ci s'étaient épanchés sur l'Apennin méridional d'autres peuples de même famille : les vaillants Samnites, confédération de quatre tribus : Caracéniens sur le haut Sangro (Sagrus); Pentriens entre les monts Matese et Montauro; Caudiniens dans la région de Bénévent; Hirpins aux sources du Calore.
A l'Est du Samniurn, les Frentans, le long de l'Adriatique, entre le Sangro et Fortore.
au Sud, les Lucaniens, par delà le Silarus (Sele), complètent le groupe sabellien méridional.
Sa grande période d'extension fut le Ve et le IVe siècle, lorsque les Samnites conquirent la Campanie, et les Lucaniens le pays entre le Silarus et le golfe de Tarente, auquel leur nom est resté durant toute l'Antiquité.
Les Ombriens
Les Ombriens s'étendaient au Nord des Osques et des Sabelliens. Il semble que les Ombriens aient constitué une nation homogène à laquelle appartint à une époque reculée la domination de l'Italie centrale et même septentrionale. Ils partageaient celle-ci avec les Ligures.
Ils furent refoulés par les Étrusques ou Rasenas; ceux-ci leur enlevèrent le bassin du Pô, puis les plaines ondulées de la Toscane où l'Ombrone conserve le nom des anciens maîtres du pays. Les Ombriens ne se maintinrent que dans la montagne, dans le bassin du Tibre.
A l'époque historique, ils furent encore amoindris par l'invasion gauloise qui leur enleva la bande côtière entre le Rubicon et l'Ésino (Aesis).
Les Étrusques
Les Latins, les Ombriens subissaient leur ascendant. On ne peut méconnaître l'énorme influence exercée par les Étrusques sur les peuples voisins et en particulier sur les Romains. Ils ont fourni à L'État romain et à l'esprit romain plusieurs de leurs caractères essentiels. Leur puissance fut brisée par les Gaulois et les Grecs. Les coups mortels leur furent portés par les Celtes.
Source :
- http://perso.orange.fr/miltiade/italie-des-origines.htm
- http://www.cosmovisions.com/ChronoItalieAntique.htm
La Conquête de l'Italie (I) : Les Etrusques
A la fin du VIIIème siècle, entre l'Arno et le Tibre et entre les Apennins et la mer Tyrrhénienne, une civilisation originale et brillante se développe dans ses cités entourées de rempart : les Etrusques.
L'Etrurie s'étendait sur un territoire correspondant à l'Italie centrale, délimitée au nord par le fleuve Arno, à l’est et au sud par le Tibre, et à l’ouest par la mer Tyrrhénienne. Les Etrusques ont étendu leur domination vers le nord à une partie de la plaine du Pô, autour de la cité de Felsina, la future Bologne, et aussi vers le sud, au début, du VIè siècle, ils fondent en Campanie Capoue et Nola.
Le développement de la société étrusque repose surtout sur des ressources naturelles exceptionnelles, des techniques raffinées et des contacts avec d'autres peuples culturellement plus avancés comme les Grecs et les Phéniciens.
La fertilité agricole de l'Etrurie lui permit à plusieurs reprises de venir au secours de Rome menacée par la famine.
Les échanges avec les cités de Grande Grèce étaient incessants : dès le VIIème siècle, les rapports avec les Grecs et aussi les Phéniciens sont nombreux et enrichissent les Étrusques d'apports culturels et artistiques en particulier l'alphabet de type chalcidien.
Mais la puissance des flottes étrusques, et leur réputation de pirate interdisent tout tentative de colonisation. Il s'agit d'échanges commerciaux, les Étrusques fournissent le fer et reçoivent les marchandises de luxe grecques et orientales. Il ne s’agissait pas pour autant d’un empire à la manière de Rome. L’Etrurie était une confédération de douze cités, avec chacune une ville et son territoire. Chaque cité était dirigée collégialement et annuellement par deux magistrats, organisation que l'on retrouvera à Rome.
A. L'Expansion étrusque
Les Étrusques ont toléré une installation dans la mer Tyrrhénienne, sur l'île d'Ischia, près de Naples, juste un emporion (un comptoir à la manière des Phéniciens). L'expansion du commerce étrusque provoque des conquêtes et des colonisations, en particulier dans le Latium : Ardea, Anzio, Velletri, puis dans la Campanie avec la cité de Capoue.

L'expansion étrusque se tourne aussi vers la plaine du Pô : Felsina, Mantoue et Milan sont les cités principales de cette nouvelle dodécapole qui s'étend jusqu'à la mer Adriatique et le port de Spina.
Au milieu du VIème siècle, c'est le sommet de la puissance étrusque et celle ci est menacée par les Phocéens qui s'installent sur la plaine orientale de la Corse vers - 565.
Un nouveau groupe de colons s'installe vers - 540 et les Phocéens se livrent à la piraterie.
Les Étrusques de Caere s'allient avec les Carthaginois contre ces nouveaux venus et près des bouches de Bonifacio a lieu une bataille navale vers - 535.
Les Phocéens restent maîtres du "terrain" mais les pertes sont telles que peu de temps après tous les Phocéens se replient et la partie orientale de la Corse passe sous le contrôle étrusque.
En revanche, du côté grec, la cité de Cumes tient bon ainsi que les îles Lipari.
Pendant ce temps des lucumons dominent Rome comme rois et transforment la Ville. Ils sont à l'origine de la Cloaca Maxima, cet égout qui va rendre Rome salubre, mais à l'origine, on parle du Xème siècle, il s'agissait de drainer les marécages pour pouvoir édifier la muraille à l'image des cités étrusques...
B. Le Contrôle de Rome
C'est sans doute pour assurer la sécurité de leurs passages vers la Campagnie que les Etrusques s'établirent sur le site de Rome. Ils devaient contrôler la route, qui, de l'Etrurie méridionale, longeait la côte en passant par le gué du Tibre, pratiquement au pied du Palatin.
Ce sont des princes de Tarquinia et de Vulci qui s'emparent de Rome à la fin du VIIIème siècle. Servius Tullius est originaire de Vulci, les Tarquins (à partir de - 616), sont natifs de Tarquinia et plus tard, (vers - 504) Porsenna est le lucumon (roi) de Chiusi. Les Étrusques installent une garnison sur le Capitole et la ville se rassemble autour du forum.
Sur le plan de l'armée, l'apport des rois étrusques est significatif avec Servius Tullius.
Il crée un système de recrutement basé sur le cens. La population est divisée en cinq classes selon la fortune.
Les plus riches forment la cavalerie, puis l'infanterie lourde et ainsi jusqu'aux plus humbles, faiblement armés, chacun payant son équipement.
Rome profite de la prospérité étrusque et de son emplacement près du pont Sublicius sur le Tibre, sur la route reliant l'Étrurie à la Campanie. C'est aussi sous le règne de Servius Tullius que l'enceinte, haute levée de terre avec de la pierre au niveau des portes, réunit les sept collines en débordant au delà des habitations.
Rome a remplacé Albe-la-Longue à la tête de la confédération religieuse latine. Elle est devenue peu à peu la cité dominante du Latium et c'est sous les rois étrusques que les "faubourgs" de Rome ainsi que le site d'Ostie sont conquis.
La Conquête de l'Italie (II) : Les Institutions
A la fin du VIème siècle, les patriciens chassent le dernier roi étrusque, Tarquin le Superbe. La défaite étrusque d'Aricie vers - 506 précipite l'émancipation de Rome : elle choisit deux "rois annuels".
Les institutions de l’époque royale restent en place : Sénat romain ou assemblée des anciens, les assemblées populaires ou comices. Seul le roi est remplacé, dans sa fonction de commandement, par des praetores, qui prendront en -449 le nom de consuls.
Les Gracques (tribuns de la plèbe)
A. Patriciat et Plèbe
Dès le début de la République s’établit le principe d’un pouvoir collégial (nombre pair de magistrats, deux le plus souvent) et temporaire (mandat d’une année).
Le patriciat est un groupe de familles assez puissantes pour avoir obtenu le privilège d'être représentées à titre héréditaire dans le sénat. Le patriciat se forma sous la monarchie à partir des chefs de clans qui composaient le sénat royal. En contrepartie d'une allégeance au roi, ils réussirent sous la royauté, à asseoir, sans doute de manière héréditaire, une position solide aussi bien dans le consilium regum qu'en monopolisant certaines prêtrises.
La plèbe peut être définie comme la somme de tous les citoyens qui n'appartenaient pas à l'aristocratie sénatoriale (par exemple, à l'aube du Ve siècle l'essentiel des plébéiens appartenait à la classe des petits propriétaires ruraux).
Les premiers tribuns de la plèbe furent des tribuns militaires. A l'origine, il y eut eux tribuns de la plèbe pour faire contre-poids au pouvoir des consuls : chaque crise a généré des négociations et un surplus de pouvois pour les défenseurs de la plèbe.
Les tribuns devinrent une pièce maîtresse de l'Etat car ils étaient en mesure de bloquer le fonctionnement des institutions. Ensuite, ils purent convoquer la plèbe en assemblée pour la consulter. Les tribuns de la plèbe n'étaient pas des magistrats comme les autres, il leur manquait l'imperium et leur pouvoir ne s'étendait pas au-delà de la ville.
Note : L'imperium est le plus haut pouvoir exécutif, civil et militaire. Le consul possédait les pleins pouvoirs militaires avec pouvoir de vie et de mort sur les citoyens-soldats dans la sphère militaire et il détenait un pouvoir coercitif sur tous les citoyens en temps de paix car il était à la tête d'une très haute juridiction criminelle civile domi, c'est-à-dire à l'intérieur du pomerium.
B. La Loi des XII Tables
Les institutions de la République romaine vont être organisées telles que nous les connaissons par étapes sur plusieurs générations, sous l’effet de l’antagonisme entre les patriciens et les plébéiens.
Les conditions particulières attachés à la fonction de tribun de la plèbe qui n'était pas un vrai magistrat et la persistance d'une législation qui restait de tradition orale, sous la coupe des patriciens, devinrent vite des sujets de discorde. On nomma des décemvirs pour résoudre le problème.
Une grave crise secoua Rome entre 461 et 452.
Le tribun Caius Terentilius Arsa proposa en 462 de créer une commission de cinq membres à pouvoirs consulaires pour rédiger les lois, afin de substituer un droit écrit à un droit coutumier. Certaines lois étaient écrites et visibles de tous, mais la majeure partie des lois appartenait ai "mos maiorum" : il s'agissait d'un droit coutumier dont seuls les magistrats et les pontifes avaient connaissance.
Les patriciens refusèrent l'initiative du tribun Arsa et après des années de lutte, en 451, on suspendit à la fois les consuls et les tribuns de la plèbe, et le pouvoir exécutif sans partage fut confié aux décemvirs. Ils étaient tous patriciens et avaient pour mission de rédiger un code qui serait graver sur dix tables ; la tâche immense n'était pas terminée lorsque prît fin leur mandat, aussi fallut-il nommer en 449 un second décemvirat dont la moitié des membres était des plébéiens.
Les tables furent finalement publiées et inscrites sur douze tables : la Loi des XII Tables.
Source :
- La Loi des XII Tables
- The Roman Law Library
La Conquête de l'Italie (III) : Rome Souveraine
Pendant plus d'un siècle, Rome, entre victoires et défaites, édifie sa primauté dans la péninsule face aux Etruques, aux Latins et aux cités grecques.
A. Rome et les Etrusques : la prise de Veies
La date de 509 ne correspond pas à l'éviction des Etrusques hors de Rome.
La première guerre entre Rome et une cité étrusque, Véies débute en - 480 et les Romains subissent de sévères défaites comme la bataille de Crémère en - 477, où 306 combattants de la gens Fabia sont anéantis en défendant la colonie fondée sur le territoire de Véies.
Après 4 ans de combats, une trêve de 40 ans est conclue permettant le retour à Rome de Fidènes et des conquêtes étrusques sur la rive droite du Tibre.
En 438, Fidènes, ancienne ville étrusque devenue colonie romaine, se soulève contre Rome et chasse les colons. Véies intervient en sa faveur. En 425, Rome reconquiert Fidènes, devenue tête de pont de Véies sur le Tibre. En guerre depuis 428, Rome et Véies concluent une trêve de vingt ans.
En 406, c'est le début du siège de la ville étrusque de Véies par le dictateur romain Camille, qui désire s’emparer de ses salines. La ville est abandonnée à son sort par la ligue étrusque dont l’aristocratie même se montre favorable aux Romains : en 396, la ville est prise par les Romains.
Rome contrôle alors les deux rives du fleuves qui va assurer à la ville un débouché sur la mer et accentuer sa vocation conquérante et commerciale.
B. Rome et les Gaulois
En 390, au lendemain de la prise de Veies, un premier affrontement entre Celtes et Romains a lieu.
Les Gaulois Sénons se présentent devant la ville étrusque de Clusium (Chiusi), qui est dans la sphère d’influence romaine. Rome envoie une ambassade, chargée d’offrir sa médiation. Mais les ambassadeurs violent la neutralité en intervenant les armes à la main contre les Gaulois, qui demandent réparation à Rome. Devant son refus, les Gaulois marchent sur la ville.
L’armée romaine se porte à leur rencontre et prend position, en avant de Véies, près du ruisseau de l’Allia. Il n’y a pas de combat. Effrayées par les cris des Gaulois et déconcertées par leur impétuosité, les troupes romaines se débandent et cherchent précipitamment un abri à Rome ou dans les villes voisines.
Rome se prépare au choc et installe une garnison conséquente dans la citadelle, bien approvisionnée. Après 3 jours, l'armée gauloise investit la Ville d'autant plus facilement que l'enceinte de Servius Tullius, détruite sous Porsenna, n'a pas été reconstruite. Seul le Capitole résiste et tient en particulier grâce aux "oies sacrées" (les oies du Capitole réveillent les Romains par leurs cris et les alertent ainsi d'une attaque surprise des Gaulois).
Manlius dirige la résistance pendant 7 mois mais la famine en vient à bout et le tribut en or payé par Rome pour acheter sa liberté est alourdi par l'épée que jette Brennus sur la balance, en pronançant ces mots "vae victis" (malheur aux vaincus).
Les Gaulois repartent avec 1 000 livres d'or, soit 327 kg! Camillus est rappelé d'exil et il remporte à la tête de l'armée romaine une victoire face aux Gaulois qui remontent vers le nord appelés par la menace des Vénètes et vont guerroyer contre une coalition de peuples alpestres.

Plusieurs invasions gauloises, se succèderent :
Vers - 367, Camillus les bat près d'Albe, c'est sa dernière victoire.
En - 361, Titus Quinctius Pennus leur fait face au pont de l'Anio à une lieue de la Ville, mais il n'y a pas combat, le torrent est trop fort.
En - 360, le dictateur Quintus Servilius Ahala lutte devant la porte Colline face à ces Gaulois qui remontent du sud de l'Italie.
En - 358, année de la chute de Felsina (Bologne) que les Boiëns renomment Bononia, le dictateur Gaïus Sulpicius Peticus remporte une furieuse victoire.
En - 350, les Gaulois campent tout l'hiver sur le mont Albain, luttant sur les côtes avec les pirates grecs et leur disputant leur butin. Ce n'est que l'année suivante que Lucius Ferius Camillius peut les chasser.
Ces "accidents" n'ont d'autres résultats qu'un sursaut étrusque pour libérer le territoire de Véies. Rome réplique en créant les forteresses de Sutrium et de Nepete sur leur nouvelle frontière nord et en installant des colonies romaines autour de Véies, Capène et Faléries.
Le péril gaulois écartés et les Etrusques définitivement vaincus, Rome peut envisager une stratégie à l'échelle de la péninsule.
C. Rome et les Latins
Entre 358 et 353, Rome anéantit la résistance des villes latines rebelles : Tibur capitule, Rome fait la paix avec Préneste et pacifie les pays volsques. Malgré l'alliance redoutable entre Rome et les Samnites, les latins ne se découragent pas.
La Ligue Latine se reforme et mène une véritable guerre d'indépendance. En 341 ou 341, c'est la première guerre samnite (Rome prend la défense des Sidiciens que menaçaient les Samnites), mais dès 340, Rome et les Samnites luttent nouveau ensemble contre la Ligue Latine dont les forces sont anéanties sur le fleuve Liris, à Trifanum dans le nord de la compagnie.
En 338, Lucius Furius Camillus prend les cités latines de Tibur et de Pedum. Caius Maenius remporte contre les Latins et les Volsques une bataille près d'Antium. C'est la fin de la Ligue Latine, Rome traitera dès lors directement avec chaque cité.
De nombreuses cités latines durent se soumettre, certaines reçurent en 338 la citoyenneté romaine sans restriction. En 332, Rome créa deux nouvelles tribus dans le Latium, Maecia et la Scaptia. En revanche d'autres cités campaniennes et volsques (Fundi, Formies, Cumes) se virent octroyer une citoyenneté sans suffrage qui leur permettait de conserver une autonomie de gestion et de magistrats dotés de leur titulature traditionnelles. D'autres cités (Tibur) conservaient le statut d'allié mais perdaient une partie de leur territoire.
Capoue eut droit à un traitement particulier. Rome voulait la punir pour sa défection et lui ôta son riche territoire qui devint propriété du peuple romain. Les chevaliers campaniens qui, eux, étaient restés fidèles à Rome pendant la guerre latine, reçurent la pleine citoyenneté, et une rentre de 450 drachmes que Capoue eut l'obligation de leur verser.

Cette domination n'avait pas que des avantages car Rome avait perdu le précieux "coussin" d'Etats-tampons qui la séparait des Samnites, aussi complèta-t-elle méthodiquement son dispositif de défense.
D. Rome et les Samnites
Ce qu'on appelle la 1re guerre samnite en 343 et 341 n'avait été qu'un bref épisode belliqueux. Dès 341, l'alliance avait été renouvelée et permis à Rome d'établir la domination sur les cités latines et les riches terres de Campanie, puis d'élaborer un maillage solide de colonies et d'alliés. Les Samnites se retrouvaient "coincés" dans les montagnes de l'Apennin entre les Apuliens au sud-est, des alliés de Rome et les Romains installés en Campanie à l'ouest.
Romains et Samnites étaient face à face et le heurt, inévitable. La guerre fut longue et dure : les hostilités auraient commencé en 326 lorsque Rome, après des victoires faciles, se contenta de contourner l'Apennin pour aller battre en 325 les Vestins, alliés des Samnites.
En -324, les Samnites s'installent à Pompéi. Après plusieurs années de guerres de frontières, les consuls romains décident, en -321, de porter la guerre en territoire Samnite, initiative qui se termine par la capture humiliante de deux légions par le samnite Caius Pontius à la bataille des Fourches Caudines, en -321. Les hostilités prennent fin en -316 et la trève est en faveur des Samnites, qui obtiennent des Romains la cession de la colonie romaine de Fregellae. Les Romains annexent Capoue, et commencent en 312 la construction de la Via Appia qui relie Rome à Capoue.
En 338, Lucius Furius Camillus prend les cités latines de Tibur et de Pedum. Caius Maenius remporte contre les Latins et les Volsques une bataille près d'Antium. C'est la fin de la Ligue Latine, Rome traitera dès lors directement avec chaque cité.
Rome mit à profit cette accalmie pour renforcer sa position en Campanie et conclure une série d'alliances avec des cités d'Apulie du Nord. Les hostilités reprennent en -314, les Romains remportent la victoire d'Ardéa et Fregallae est reprise en -313. Mais les Romains doivent faire face à une vaste coalition rassemblant les Samnites, les Etrusques, les Ombriens, les Marses, les Herniques et les Péligniens et les Salentins.
Les Etrusques sont vaincus à Sutrium puis dans la forêt Ciminienne par Quintus Fabius Maximus Rullianus, puis par Lucius Papirius Cursor au lac Vidimon. En -306, Rome écrase la révolte Hernique et annexe leur territoire. L'année suivante, les populations des Abruzzes subissent le même sort. Les hostilités avec les Samnites s'achèvent en -305 (ou en -304) par la bataille de Bovianum. La paix sera conclue avec eux l'année suivante. En -304, les Marses, les Péligniens, les Marrucins et les Volsques sont à leur tour écrasés et soumis. Les Eques, vaincus par une campagne éclair, sont annexés.
Cette guerre permit aux Romains d'assurer sa domination sur toute l'Italie centrale. Comme à leur habitude, ils assurèrent leurs nouvelles conquêtes par la construction d'une route stratégique qui reliait Rome à l'Adriatique par l'Apennin central et en fondant de nouvelles colonies sur les nouveaux territoires acquis, à Minturnes, à Sinuessa et à Venusia..
En -298, les hostilités reprennent avec les Samnites. En -295, les Samnites réussirent à faire pénétrer une armée en Italie du Nord, secondés par leurs alliés étrusques et ombriens,qui étaient en guerre contre Rome depuis -302. De plus, ils profitèrent de la présence des Gaulois qui depuis -299 faisaient des incursions régulières en Italie du Nord. Les Romains écrasèrent cette coalition à la bataille de Sentinum en -295. Le territoire Samnite fut envahi et les Romains remportèrent la bataille d'Aquilonia en -293. Les Samnites capitulèrent en -290, Rome asservit leurs villes et annexa leur territoire.
D. Rome et la Grande Grèce : la prise de Tarente
Une alliance conclue avec Carthage en 304 ou 306, les positions des deux parties étant bien définies (Rome s'engageait à ne pas intervenir en Sicile et Carthage en Italie), Rome poursuit sa progression vers le sud de la péninsule.
Les Cités grecques de l'Italie du Sud avaient toujours été incapables d'avoir une politique communue et étaient déchirés de manière endémique par des luttes intestines : ces querelles internes intéressaient directement Rome, car, en général, les aristocraties locales étaient philo-romaines alors que les "démocrates" populaires lui étaient hostiles (les deux partis n'hésitant pas à faire appel à l'étranger pour régler leurs différents).

Tarente fut la première à se préoccuper de l'avancée romaine en Lucanie, région sur laquelle elle avait elle-même des visées. La tendance des cités grecques de Magna Grecia à demander de l'aide de Rome ne lui agréait point.
Vers 285 puis 282, Thurii implora le secours de Rome contre les Lucaniens, Rome en profita pour installer une garnison qui constituait une excellente base pour ses navires sur la route des colonies de l'Adriatique, dispotif complété par son implantation à Hipponium, Rhégion, Locres et Crotone.
La situation dégénéra lorsque Rome fit croiser dix navires jusque devant le port de Tarente qui considéra qu'il s'agissait d'une provocation et réagit fermement, quatre navires furent coulés, un capturé et les autres mis en fuite. Les Tharentins marchèrent sur Thurii, la prirent et chassèrent la garnison romaine.
En 281, le consul Lucius Aemilius Barbula dirigeait une expédition contre Tarente avec l'intention d'obtenir des excuses alors que Tarente avait décidé de faire appel au roi d'Epire, Pyrrhus. La guerre était inévitable.
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Je n'entre pas dans les détails : Pyrrhus débarque en Italie. Ses victoires à la bataille d'Héraclée et celle d’Ausculum n’ébranlent pas les Romains, qui finissent par le vaincre en 275 à la bataille de Maleventum Bénévent. Pyrrhus repart pour la Grèce ne laissant qu'une garnison à Tarente.
Les cités de Grande Grèce s'offrent alors à Rome : Vélia, Héraclée, Thurii, Métaponte deviennent des alliées qui, dans un premier temps, reçoivent un traitement honorable. En 272, après un long siège soutenu par Milon (le lieutenant de Pyrrhus), Tarente se résoud à se rendre et est durement punie : elle donne des otages et se voit imposer en permanence une légion romaine.
La prise de Tarente en 272 met un terme aux résistances méridionales, tandis que la prise puis la destruction de Volsinies (Orvieto) marquent la fin de la résistance étrusque. Rome dirige la politique «italienne» par des traités bilatéraux à son avantage. Les Romains ont aussi confisqué de nombreux territoires, souvent en des points stratégiques, et y ont établi des colons.
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