Igor Brevnjovski : Chronique d'un homme en exil

La Sixième Dynastie (~2350 - ~2200)

Ce puissant empire centralisé s'effondre. À la Ve dynastie, on a pourtant l’impression d’un équilibre : sans doute, déjà les grands du royaume ont pris une importance considérable, mais jamais ils ne paraissent disposer de moyens comparables à ceux de leur souverain.

  1. Au contraire, on est frappé, dès le début de la VIe dynastie, de voir un vizir comme Mererouka se faire construire, près de la pyramide de son maître, le roi Téti, un mastaba énorme. Alors que celui de Ti, sous la dynastie précédente, possédait deux chambres, un corridor et une grande cour, celui de Mererouka comprend vingt et une chambres, sans compter celles des deux membres de sa famille, logés dans le même ensemble. Le pouvoir du roi diminue tandis que celui des grands ou des administrateurs provinciaux augmente.

  2. Ajoutons à cela une politique d’alliances matrimoniales du roi avec ses grands vassaux: Pépi Ier épouse deux filles d’un noble du nome thinite. Plus encore, il donne une de ses filles en mariage à un beau-frère, de sorte que le sang divin du roi peut fournir un prétexte à une sorte d’indépendance du nome. Une véritable féodalité se développe, dont la puissance s’accroît du fait de la faiblesse du pouvoir royal.

On ignore comment la monarchie memphite s’est effondrée; il est probable que ce fut sous le choc d’une invasion étrangère. À l’est du Delta, les nomades ne cessaient de s’approcher des terres cultivées pour y abreuver leurs troupeaux. Ils regardaient les riches campagnes avec convoitise et, seule, une organisation bien conçue pouvait les empêcher de s’introduire en Égypte et de s’y installer, car ils étaient insaisissables, se déplaçant sans cesse et n’exposant aux coups des sédentaires que des fractions minimes de leurs tribus.

La décomposition du pouvoir central et, sans doute aussi, l’incapacité des nomarques locaux expliquent leur pénétration dans l’intérieur du pays. Probablement, d’ailleurs, les féodaux livrés à eux-mêmes finirent-ils par négliger l’intérêt général. Leur égoïsme engendra une révolution au cours de laquelle les titres de propriété furent abolis, les lois divulguées et foulées aux pieds et les grands réduits à la misère. Le palais royal fut violé et le souverain divin, lui même, avili.

Cette catastrophe sociale eut un résultat positif et durable: l’accession du peuple aux rites funéraires. Seul le roi possédait de plein droit l’immortalité, parce qu’il était dieu. Il pouvait la communiquer à qui il voulait pour se donner dans l’au-delà une cour et des serviteurs. Il possédait des recueils liturgiques qui assuraient son existence impérissable, les Textes des pyramides. Or, après la révolution, les simples particuliers s’approprièrent des rituels similaires qui sont à l’origine des Textes des sarcophages, que l’on inscrira sur les parois des cercueils au Moyen Empire. Les Égyptiens attachaient donc au moins autant d’importance à assurer la pérennité de leur vie d’outre-tombe qu’à acquérir des biens immédiatement utilisables.


Les Nomes

Les Nomes (du grec ?????, nomoi, qui signifie district, en démotique : sepat) sont les divisions territoriales qui permettaient de découper l'Égypte en provinces. La première division territoriale était la limite qui séparait le nord du sud, la Haute et la Basse-Égypte. Les nomes, au nombre de trente-huit à quarante-deux (selon les époques) avaient leur capitale et leur propre emblème. Aux époques ptolémaïque et romaine, les nomes devinrent des régions administratives.

Les nomes étaient administrés au nom de pharaon par des gouverneurs appelés les Nomarques.

La division de l'Égypte en nomes semble remonter à la période prédynastique, vers le XXXIIe siècle av. J.-C.. Ces nomes, à l'origine des cité-états autonomes, se sont unifiées, unification achevée par Ménès.

  1. La Basse-Égypte comptait 20 nomes, centralisés par la capitale de l'Ancien Empire, Memphis. La numération suit l'écoulement du nil, les nomes de l'est ayant les nombres les plus grands.

  2. La Haute-Égypte était divisée en 22 nomes. De même, la numération suit l'écoulement du Nil.

La plupart des pharaons d'Égypte ont régné sur 42 nomes.

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Nomes de Basse-Égypte et de Haute-Égypte

A la tête de chaque nome, on trouvait un nomarque. Cette position était normalement héréditaire, mais le Pharaon pouvait ordonner la personne qu'il souhaitait à cette place.

Généralement, quand le gouvernement national était puissant, c'est le Pharaon qui choisissait les différents nomarques. Dans les autres cas, par exemple lors d'invasions ou de guerres civiles, les nomes s'organisaient eux-mêmes, faisant succéder les fils à leurs pères.


Les Pharaons de la VIe Dynastie

La sixième dynastie débute dans un climat d'insurrection.

  1. Téti (Othoès), monte sur le trône et, afin de légitimer son pouvoir, épouse une fille d'Ounas qui lui donnera Pépi Ier. Il engage des mercenaires nubiens pour mâter la révolte dans plusieurs nomes et pour rétablir son autorité. Il confie à son architecte Mineptah-Ank-Mériré la mission de construire un double palais royal et une petite pyramide pour son tombeau de 80 mètres de côté et de 45 mètres de hauteur. Le pharaon saura s'entourer de premiers vizirs compétents, notamment Kagemmi et Méri qui rétabliront l'ordre et le pouvoir sur les nomes rebelles.

  2. Ouserka-Rê aurait peut-être pris le pouvoir dans la violence : le fait d'être un roi à part entière sont confirmés par le Canon de Turin et la Table d'Abydos.

  3. Pépi Ier (Phios Ier) : ses 35 années de règne de Pépi Ier connaîtront plusieurs soulèvements de nomarques qui feront alliance dans les petites provinces pour s'opposer au pouvoir du pharaon. Les victoires remportées par le vizir Ouni dans le Sinaï et en pays de Canaan ne suffiront pas à rétablir l'autorité du roi qui assistera impuissant à la montée du courant séparatiste qui marquera l'avènement de la VIIème dynastie. Il mènera une politique de grands travaux dans les principaux sanctuaires de Haute-Egypte à Dendera, Abydos, Eléphantine et à Hiérakonpolis.

  4. Méren-Rê (Methousophis) lui succède pour un règne de sept années.

  5. Néferka-Rê Pépi II (Phios II) succède au court règne de son frère Méren-Rê Ier, va régner 64 années sur l'Egypte. Il n'a que 10 ans lorsqu'il accède au trône. Son règne sera marqué par l'affaiblissement progressif du pouvoir central rongé par les velléités d‘indépendance des nomes et la conspiration des princes. Plus grave, la charge de vizir est dédoublée sous Pépi II de façon à coiffer séparément la Haute et la Basse-Egypte.

  6. La liste royale d'Abydos mentionne un Mérenrê II qui n'aurait régné qu'un an et serait l'époux de Nitocris qui, selon, Manéthon, fut la dernière reine de la VIe dynastie.

L'Egypte tombe dans l'anarchie après sa mort qui marque la fin de l'Ancien Empire.

Source :
- http://www.egyptos.net/egyptos/histoire/ancienempire.php
- http://fr.wikipedia.org/wiki/
- http://www.insecula.com/

Posté par Silverside le 18.03.08 à 21:50 - Commentaires (0) - L'Ancien Empire

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