La XIXe Dynastie (1295-1186)
Horemheb a enrayé en Asie l’émiettement de l’Empire et prépara l’avènement de la XIXe dynastie, à l’extrême fin du XIVe siècle. Ainsi disparaît, dans un crépuscule encore brillant, la glorieuse famille des Thoutmosides, qui donna à l’Égypte le siècle d’Aménophis III, comme la Grèce eut celui de Périclès et Rome celui d’Auguste.
Durant les deux dynasties suivantes, le niveau de la culture demeure élevé et l’art produit toujours des chefs-d’œuvre; l’Empire, partiellement reconstitué, demeure puissant; les pharaons guerroient et se font creuser de somptueux tombeaux dans la vallée des Rois. Mais deux faits importants demeurent des signes avant-coureurs de l’orage.

L'arbre généalogique de la XIXe dynastie
L’un est d’ordre extérieur: à deux reprises, sous Minephtah d’abord, puis sous Ramsès III, les Peuples de la mer, confédérés, fuyant une nouvelle poussée indo-européenne venue du nord, attaquent l’Égypte . Celle-ci a encore la force de les repousser; mais l’avertissement est sérieux, car la lutte fut dure et presque indécise. Pour peu que l’assaillant eût été organisé et, grâce à des arrières et des réserves, ait pu revenir à la charge, l’Égypte eût été envahie.
Le second fait est d’ailleurs plus grave encore, parce qu’il témoigne d’une décomposition intérieure. Le dernier des grands rois d’Égypte, Ramsès III, après un règne de trente ans, se vit en butte à une conspiration ourdie dans son harem. Les juges même se laissent corrompre par des comparses et se retrouvent au banc des accusés. Quel qu’ait été l’effet produit par les condamnations capitales, un pareil scandale trahit une société ruinée du dedans, par le refus de subordonner au bien public les intérêts particuliers. C’est un indice évident de dégradation.
Pourtant après l’épisode d’Amarna, la renaissance ramesside avait été brillante...
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