La Révolution Néolithique
J'ai feuilleté un livre particulièrement intéressant sur les peuples du Proche Orient : j'ai pu compléter les connaissances que j'avais sur ce que l'on qualifie de revolution néolithique.
Le livre : Une archéologie des peuples du Proche Orient (tome 1) : des premiers villageois aux peuples des cités Etats (Jean-Louis Huot - ISBN 2-87772-267-8)
J'en livre quelques paragraphes, sur la révolution néolithique : ils sont très intéressants.
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C'est durant la phase du Natoufien que commence l'aventure de la néolithisation, le passage de la prédation chasse et cueillette, à la production de subsistance.

La Phase du Natoufien (12500-9500)
Cette évolution a conduit des modes de vie mobiles aux premiers villages, puis à l'émergence des cités, à l'apparition de l'écriture et à la naissance des Etats.
La présence humaine en Palestine remonte au début du Paléolithique inférieur et les Homo Sapiens archaïques sont attestés à partir de 400000 ans environ.
L'homme moderne (Homo Sapiens Sapiens) issu d'Afrique est connu dès 90000 ans avant notre ère, au Paléolithique moyen, dans les grottes de Qafzeh en Galilée et de Skhul sur le mont Carmel.
Le niveau des réalisations des populations orientales au Paléolithique supérieur est loin d'atteindre celui des populations du Solutréen ou du Magdalénien en Europe. Le site de référence est la grotte de Kébara, au pied du mont Carmel.
Le Kébarien est le nom que l'on donne à l'Epipaléolithique du Levant (entre 20000 et 15000) qui présente une longue séquence du Paléolithique moyen et Paléolithique supérieur, et de l'épipaléolithique jusqu'au Natoufien. L'outillage est constitué de fines lamelles de forme de plus en plus géométrique, d'où le nom de Kébarien géométrique pour cette étape qui se situe entre 15000 et 12500. Cette phase correspond à la fin de la glaciation en Europe.
La fin du Pléistocène, donc des temps paléolithiques, vit l'adoucissement du climat et la diminution des précipitations. Le Proche-Orient jouera alors un rôle de premier plan dans l'évolution des sociétés humaines.
L'époque néolithique
L'époque néolithique n'est pas la seule période révolutionnaire qu'a connue l'humanité : les millénaires antérieurs virent naître le langage, l'outillage, la cuisson des aliments ; les siècles suivants seront marqués par l'apparition de la métallurgie et de l'écriture, ou l'émergence de l'urbanisation.

1) Le "Croissant fertile" est le lieu originel de cette révolution, qui va ensuite gagner de proche en proche les régions périphériques, où l'on assiste au passage de sociétés de chasseurs-cueilleurs mobiles aux sociétés d'agriculteurs sédentaires.
Au sein du Croissant fertile, pour assurer son avenir, l'homme avait commencé à semer pour récolter et apprivoiser les animaux sauvages.
Le Proche Orient présentait un grand avantage : dans ces régions poussaient des céréales sauvages et s'ébattaient en liberté des animaux domesticables (Childe).
2) Les débuts de l'agriculture ne semblaient s'être effectués que dans la zone semi-aride à céréales sauvages qui s'étend sur le piedmont des montagnes qui entourent le désert central, Judée, Djezireh et le piedmont du Zagros.
R. Braidwood proposaient de reconnaître dans cet arc de cercle privilégié une zone originelle où l'environnement fournissait une large gamme d'espèces végétales et animales domesticales.
En arrière de la façade méditerranéenne du Levant, dans ce fameux "Croissant fertile", avaient dû se produire les premières expériences agricoles. Là s'étaient installées, lors du réchauffement climatique, des céréales sauvages (orge, engrain, blé amidonnier, seigle) et les souches sauvages de plusieurs espèces de légumineuses comme les pois et les lentilles. Dans la même zone s'ébattaient des ongulés sauvages, chèvre, mouton et boeuf.
On disposait donc de ressources alimentaires spontanées très variées sur lesquelles la domination de l'homme n'allait pas tarder à s'exercer.
3) J. Perrot peut montrer dès 1961, à Mallaha, que la vie sédentaire n'était pas la conséquence du développement de l'agriculture et de la domestication des animaux. On découvrit l'existence de sites occupés de façon permanente, sédentaire, par des groupes vivait de la pêche, de la chose et de la cueillette.
Les premières maisons natoufiennes de Mallaha datent des environs de 11000, alors que les premières "manipulations" de céréales ne remontent au mieux qu'au début du IXè millénaires et les premières traces de domestication animale à la fin du même millénaire
Les habitants de Mallaha étaient des chasseurs-collecteurs. Ils surent profiter des conditions propices de la région où ils se fixèrent. Vers 11000, le lac, aujourd'hui asséché, les marécages et les montagnes qui l'entourent constituaient en toute saison un inépuisable garde-manger. Pêche, chasse et collecte assuraient l'existence au long de l'année sans trop de fatigue.
4) Les sites natoufiens ont livré un véritable art mobilien en os ou en pierre. On connait des galets plus ou moins anthropomorphes, figurines sommaires non sexuées. Les représentations de petits herbivores, dains ou gazelles chassés en abondance, précises, élégantes et vivantes, témoignent d'un sens de l'observation naturel au sein d'une population de chasseurs.
Mais la nouveauté de la culture natoufienne ne saurait reposer sur ces objets, mais sur le fait qu'elle témoigne pour la première fois en Orient d'un mode de vie sédentaire : la présence de tombes souligne le caractère fixe de ces établissements ; entre les habitations, de grandes fosses ont été interprétées comme des silos à grains ; le problème de la soudure est résolu par le stockage, car les céréales se conservent relativement bien.
Au sein de villages semblables vont se dérouler, durant l'étape suivante, les premiers pas de la domestication : l'agriculture est une invention de villageois sédentaires.
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Après le Natoufien, les préhistoriens distinguent un "Pre-Pottery Neolithic A", suivi d'un "Pre-Pottery Neolithic B", et d'un "Pre-Pottery Neolithic C". Des cultures régionales (Khamien, Sultanien, Mureybetien) traduisent le passage graduel du Natoufien au Pre-Pottery Neolithic A.

1) De 10000 à 9500, le Khiamien (du nom de la terrasse d'el Khiam, sur la rive droite occidentale de la mer Morte, dans le désert de Judée) voit l'apparition d'un outil caractéristique du Néolithique, la pointe de flèche, témoin probable de l'invention de l'arc, que l'on retrouve sur de nombreux sites.
2) Les descendants des Khiamiens vont commencer à poser les jalons, vers 9000, d'une économie fondée sur l'agriculture. La pratique agricole est assurée par la présence de graines de céréales domestiques parmi les vestiges végétaux recueillis.
Un article : Préhistoire de la civilisation orientale (Jean Perrot)
La Révolution Néolithique (I) : le site de Mallaha
On appelle "Révolution néolithique" cette grande rupture dans l'histoire de l'Humanité où l'homme commence à exploiter la nature non plus de façon destructrice mais en tenant compte des cycles de reproduction des espèces de façon à les adapter. La néolithisation se définit ainsi, fondamentalement, par le passage à un genre de vie basé sur l'agriculture.
C’est un phénomène compliqué qui semble avoir été enclenché pour la première fois au Levant où il se développe sur plusieurs millénaires.
Les Etapes de la néolithisation
On y distingue aujourd’hui trois étapes principales.
- La première est marquée par une forte tendance à la sédentarité qui s’épanouit surtout dans le Carmel et la Galilée pendant le Natoufien (Le Natoufien est le nom donné à une culture de l'Épipaléolithique final : 12500-10200 avant notre ère).
- La seconde correspond au Khiamien (La Khiamien doit son nom au site d’el Khiam, situé sur les rives de la Mer Morte, où ont été retrouvées les plus anciennes pointes de flèches en silex retrouvées, à encoche latérales), et au Néolithique précéramique A (10200-9200). On pense que c’est le moment où les céréales (blé, orge) et certains légumes (pois, lentilles) ont été domestiqué dans le bassin de Damas et la vallée du Jourdain.
La domestication, c’est-à-dire la prise en charge, des animaux de boucherie, chèvres et moutons, serait un peu plus tardive.
Le site d'Ain Mallaha
C'est donc vers la fin du Natoufien que lespremières villes du monde apparaissent : Jéricho et Mallaha (lsraêl), Catal Hùyùk (Turquie), Mureybet (Syrie). Le site de Mallaha s’étend à quelques centaines de mètres au sud de la source de Mallaha, au pied de la Haute-Galilée, dans la haute vallée du Jourdain
La question du séjour toute l’année des habitants de Mallaha au Natoufien final doit être tenue en réserve : les conditions naturelles, grâce au lac, le permettaient ; les comportements qu’on observe ne s’y opposent pas ; le cailloutis entretient un doute mais sa mise en place n’est encore que pauvrement comprise.
Il est sûr cependant que Mallaha, au bout du compte, a été déserté, et très probable que cet abandon a eu lieu avant la fin du Natoufien.
Quelques lignes sur la révolution néolithique. Je m'appuie cette fois sur un article du très bon site de la diplomatie française : http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/
La Révolution Néolithique (II) : le site de Çatal
Les premières villes du monde apparaissent donc vers 10000 avant notre ère. On va petit à petit assister à la sédentarisation des populations.
Les explications que je donne sur les causes, je les ai trouvées sur le site d'un professeur de Civilisations anciennes, François Lafrenière.
- Voir : http://ici.cegep-ste-foy.qc.ca/departements/eca/agora/index.html
Les causes de la sédentarisation
Les populations s'alimentaient de céréales non domestiquées. Elles s'alimentaient également de gazelles, de boeufs et de sangliers, tous sauvages, et aussi de poissons pêchés dans les fleuves. En raison de la nécessité de s'alimenter à partir de ces espèces sauvages, les populations du début du Néolithique devaient choisir des sites d'établissement qui étaient situés à proximité de ces ressources et des cours d'eau.
La sédentarisation serait liée à l'exploitation des céréales sauvages. L'homme doit, en effet, broyer les grains de céréales afin de les transformer en farine et de les cuire.
Un matériel lithique lourd est alors nécessaire pour achever ce procédé, soit une meule dormante en pierre poreuse (du basalte le plus souvent) qui est une pièce massive et lourde et un plus petite pièce également en pierre, appelée la meule roulante, qui servait à broyer le grain en la frottant sur la meule dormante.
Il devient alors plus simple pour l'homme de s'établir dans des campements fixes avec ces outils nécessaires à la subsistance et d'apporter sur le site les céréales à broyer.
Ainsi, la consommation de céréales est la cause de la sédentarisation.
Le roi offrant des céréales à Horus
Les villages d'agriculteurs-éleveurs (7000-6000)
Lors de cette période, le nombre de sites augmente dans la zone du Croissant fertile et leur taille grandit.
On remarque une expansion hors de la zone d'agriculture sèche (Croissant fertile) vers la vallée de l'Euphrate, le littoral méditerranéen et le plateau anatolien.
On remarque aussi que les pratiques d'agriculture et d'élevage se généralisent. Il s'agit d'une " phase de consolidation des acquis " et d'échange de ces inventions d'un bout à l'autre du Croissant fertile.
Il y a une plus grande consommation de céréales en raison de l'amélioration des techniques agricoles.
Cette période voit aussi apparaître le commerce en raison de l'accumulation d'un surplus d'aliments qui va permettre aux populations les plus " riches " de se procurer, par le troc, des objets qu'ils ne trouvent pas dans leur région, mais qui sont fabriqués ailleurs.
Le site de Çatal Hüyük
Le site exceptionnel de Çatal Hüyük est un exemple intéressant de l'expansion de la néolithisation vers l'Anatolie. Ce site, d'une superficie de 13 hectares, comprenait environ 1000 habitations, pour une population d'environ 5000 à 6000 habitants.
Le site de Çatal Hüyük est remarquable en raisons du type d'habitations qu'on y retrouve. Il s'agit de maisons accolées les unes aux autres. La circulation se fait par les terrasses du toit où se trouvent des ouvertures qui permettent de descendre à l'intérieur de la maison à l'aide d'une échelle. Le plan de ces habitation présente une grande pièce aux usages multiples.
Tout autour de la pièce on retrouve des plates-formes (ou banquettes) à différents niveaux. Ces plates-formes servaient, dans la vie quotidienne, à s'asseoir, à travailler et à dormir. Mais lors de la fouille, certaines de ces banquettes ont révélé la présence d'inhumations des corps de membres de la famille. Les murs de certaines maisons étaient recouverts de fresques aux couleurs vives (rouge ou brun-rouge) représentant du bétail (onagres ou ânes sauvages entre autres) et des scènes de chasse, de même que des reliefs modelés en trois dimensions et représentant des personnages féminins, des têtes d'animaux et des bucranes en argile. Ces pièces consisteraient en des sanctuaires familiaux ou tribaux.
La cité agraire de Çatal Hüyük
Parmi les artefacts les plus importants de ce site, on notera la présence de figurines en terre-cuite qui représentaient des "déesses-mères" ou "déesses de la fécondité", en raison de leur gros ventre, de leurs larges hanches et de leurs gros seins.
Deux liens intéressants :
- http://www.catalhoyuk.com/
- http://www.marlamallett.com/chupdate.htm
La Révolution néolithique (III) : Hassuna, Samarra
En Mésopotamie, à partir du chalcolithique, vers 6000 av. J.-C., on note, outre l'usage du cuivre, l'usage de l'irrigation en agriculture, l'apparition des sceaux-cachets, des peintures murales, de la céramique peinte, incisée ou décorée, des premiers sanctuaires ainsi qu'une utilisation généralisée de la brique.
L'Apparition de la céramique
L'art céramique est apparu en Extrême-Orient vers le Xe millénaire : elle apparaît au Proche-Orient vers le VIIe millénaire. Que se passe-t-il entre la fin de la période acéramique et l’apparition de la poterie, notamment dès les plus anciens niveaux de Çatal Hüyük, période qui correspond à l’apparition de la technologie céramique en différents points du Proche-Orient ?
La céramique est un marqueur fondamental en archéologie protohistorique. La présence de tessons de poterie, résistant à l'usure et aux intempéries du fait de la cuisson de l'argile, permet de dater et d'évaluer l'étendue d'une culture lors de fouilles. Elle est le résultat de la cuisson de l'argile à une température au delà de 800°C.
Céramiques d'Hassuna
La céramique à partir du VIIème millénaire marque l'essor de la civilisation; au delà de son utilité pratique de contenant, elle est le véhicule d'une culture au travers des motifs dessinés sur les objets. Les procédés d'analyse de la poterie renseignent sur le niveau de développement des habitants de la cité.
Cultures et céramiques
Des villages vont se développer dans les régions montagneuses du Tigre : Djermo, Hassuna, Arpatchiya, et plus tard, en Basse Mésopotamie, Eridu, Samarra.
- Céramique de Hassuna: céramique dite "archaïque" composée de grosses jarres arrondies ou piriformes (hauteur pouvant atteindre 1,20 m.), argile grossier, couleur fond beige ou rouge, décoration à partir de motifs très simples (lignes, triangles, hachures, quadrillages), parfois traits de peinture rouge ; céramique "standard", même formes et dessins que ci-dessus mais traits de peinture plus épais, rouges ou bruns, décoration étendue et facture habile, incisions sur l'argile fraîche recouvrant la totalité du vase.
- Céramique de Samarra: une belle céramique, fond beige clair, grands plats richement décorés de motifs symboliques à caractère religieux au travers de dessins d'animaux, de silhouettes humaines, d'oiseaux, de poissons dont la disposition au centre ou en cercle autour du plat a une signification cultuelle. Peinture rouge vif, brun ou brun-violet. Certaines pièces possèdent un col de jarre portant en relief des visages décorés de traits peints.
- Céramique d'Halaf: certainement la plus belle poterie polychrome de la période protohistorique du moyen Orient, réalisée à la main à partir d'argile ferrugineuse ,vitrifiée à la cuisson, parois minces, pots ronds à longs pieds, grands plats au profil anguleux. Le fond est couleur crème ou légèrement rosé, à l'origine motifs rouges et noirs puis ensuite polychromes couvrant la totalité du vase, dessins symboliques (triangles, carrés, damiers, croix, festons d'animaux, personnages stylisés); expression d'un idéal religieux avec au centre la représentation d'une divinité -principe de vie- entourée d'animaux délétères -principe de mort.
Hassuna, Samarra, Halaf
Hassuna est une communauté villageoise de Mésopotamie du nord située dans les régions montagneuses du Tigre. Longtemps considérés comme des installations temporaires, ces villages présentent pourtant tous les signes d'une sédentarité. Une architecture rectangulaire complexe de brique crues. l'habitat est pluricellulaire et abrite sans doute une maisonée assez vaste. Une expansion géographique et démographique.
La culture de Samarra (6200 - 5700 av J.C.) constitue un prolongement temporel et spatial de la culture de Hassuna.
La culture d'Halaf, différente des deux autres cultures précédentes, possède des traits particuliers qui l’apparentent à l’Anatolie. La présence de la double hache et du bucrane, la tête de taureau stylisée, ne laisse guère de doutes à ce propos. Cette culture ne possède pas d’antécédents en Mésopotamie durant la préhistoire, contrairement aux deux autres.
Au moment de son expansion maximale, la culture de Halaf s’étendait sur toute la future Assyrie. La zone périphérique dans laquelle on retrouve sa poterie, où elle était sans doute exportée ou copiée, allait de l’Anatolie centrale à la Méditerranée, de la Syrie du nord à l’ouest de l’Iran. La poterie de Halaf est de loin la plus belle qu’on ait retrouvée parmi ces trois cultures.
Source :
- Protohistoire de la Mésopotamie (Wikipedia)
- Orient ancien (orient-ancien-mesopotamie.org)
- Période de Halaf (Wikipedia)
La Révolution Néolithique (IV) : Les Périodes Obeï
Quelques millénaires se sont écoulés depuis le natoufien et ce que l'on a qualifié de révolution néolithique, qui a vu des étapes majeures dans l'évolution de l'homme se produire : avec le passage d'un « âge de pierre » à un « âge du cuivre », puis un « âge du bronze » (dénomination due au chercheur danois C.J. Thomsen qui eut en 1816 l'intuition de l'emploi successif par l'humanité de la pierre, du bronze et du fer, alors qu'il devait classer les antiquités nationales).
Objets en Bronze
Je les résume brièvement. Une forte tendance à la sédentarité qui s’épanouit surtout dans le Carmel et la Galilée pendant le Natoufien (12500-10200 avant notre ère)
Les premières villes apparaissent : l'homme commence à exploiter la nature non plus de façon destructrice mais en tenant compte des cycles de reproduction des espèces de façon à les adapter.
S'alimentant d'espèces sauvages et de céréales non domestiquées, il devient plus simple pour lui de s'établir dans des campements fixes, à proximité de ces ressources et des cours d'eau, avec des outils nécessaires à la subsistance et la domestication de ces espèces.
Les pratiques d'agriculture et d'élevage se généralisent : on entre alors dans une phase de consolidation des acquis, et d'échange de ces inventions.
Avec l'essoir de la céramique à partir du VIIème millénaire, on peut parler d'essor de la civilisation et de diffusion de la culture : en effet, au delà de son utilité pratique de contenant, la céramique est le véhicule d'une culture au travers des motifs dessinés sur les objets.
On peut dire qu'au Moyen-Orient, le néolithique prend fin avec la généralisation de la métallurgie et l’invention de l’écriture, autour de 3 300 ans avant notre ère. Cette période est marqué par ce qu'on appelle la fin de l'Age de Pierre : en effet, la métallurgie du bronze est mise au point à partir du sixième millénaire au Moyen-Orient.
La Période d'Obeid (~5000-~3750)
La période d'Obeid est une étape protohistorique du développement de la Mésopotamie : la culture d'Obeïd (ville du sud) s'étend sur toute la Mésopotamie.
Eridu, situé sur la rive de l’Euphrate, à 15 km au sud-ouest d’Ur, est le site le plus important : c’est autour de la zone sacrée, située au centre du tell, que se sont concentrées les fouilles ; on y a repéré 19 niveaux archéologiques, ce qui a permis la constitution d’une longue séquence chronologique. Selon la tradition sumérienne telle qu’on la trouve dans Liste royale sumérienne, Eridu est la première ville à avoir reçu la royauté quand celle-ci, selon l’expression de ce texte, « est descendue du Ciel ».
Le site d'Eridu
Obeid I (6400-5800) en Basse-Mésopotamie : elle présente certaines affinités avec celle de Samarra tout en s’en distinguant nettement. L’adaptation au milieu argileux de la plaine alluviale, où la pierre est extrêmement rare, se remarque par la confection de clous coudés et de faucilles en argile cuite, destinés à remplacer les lames de silex pour couper blé et roseaux.
Obeid 2 (5800-5400) : La céramique s’enrichit de formes nouvelles (jarres plus grandes, vases-tortue), qui se répandent dans trois directions : le long des rives du golfe jusqu’au Qatar, dans le Khouzistan voisin et vers le nord dans le Hamrin et à Tepe Gawra où l’on voit dans les niveaux anciens des particularités d’El-Obeïd se mélanger à celles de Tell Halaf ou de Samarra.
Obeid 3 (5400-5000) : elle se répand de la jusqu’à la Haute Mésopotamie et la Méditerranée, et prend rapidement un caractère d’universalité : les modèles de céramique obeidiens sont imités et donnent naissance à des séries que l’on ne peut confondre avec les originaux. Le développement de la grande architecture, exigeant l’emploi de quantité importante de bois, aurait poussé les Mésopotamiens à s’approvisionner sur les montagnes de la périphérie, la voie d’eau servant de moyen de transport.
Obeid 4 (5000-4500) : A la fin de la période d’Obeid apparaissent les premiers exemples de temples à Eridu et peut-être à Uruk.
La civilisation d’Obeid n’est pas encore une civilisation urbaine, mais elle a dépassé le stade des premières cultures villageoises très repliées sur elles-mêmes et semble avoir mis en place, à un rythme qui c’est accéléré au cours de la période, les bases de la seconde mutation, celle qui à conduit du village à la cité.
La Période d'Uruk (~3750-~3150)
La ville d'Uruk a été fondée à la fin de la période d'Obeid vers la fin du Vè millénaire, sur le bord de l'Euphrate. Au départ, le site est divisé en deux villages : Kullab à l'ouest, et Eanna à l'est, séparés d'environ 500 mètres seulement, qui vont ensuite fusionner pour former Uruk. Le premier abrite le sanctuaire principal du père des dieux sumériens, Anu. Le second celui de sa fille Inanna, la déesse de l'amour.
Le site d'Uruk
Cette époque est déterminante pour l'histoire de la Mésopotamie, et même de l'humanité toute entière, et marque le véritable fondement de la civilisation mésopotamienne. On y fit en effet de nombreuses découvertes fondamentales : roue, araire, voile, tour du potier, progrès du travail du métal, de la sculpture. C'est aussi probablement à Uruk que l'écriture fut inventée à la même époque.Cette période voit clairement la Basse-Mésopotamie être le centre d’une culture qui rayonne sur tout le Proche-Orient. Uruk est le plus important centre urbain de cette période (à l’échelle mondiale). La civilisation d’Uruk influence les régions périphériques du Plateau iranien (Godin Tepe, Tepe Sialk), d’Anatolie (Arslantepe), et peut-être même de l’Égypte prédynastique contemporaine.
Apparition des villes et de l’État : la période d’Uruk voit certains habitats humains prendre une importance nouvelle, qui les fait passer au rang de villes à proprement parler. L’apparition des villes témoigne de l’existence de sociétés hiérarchisées, très organisées. La période d’Uruk présente pour la première fois dans l’histoire du Proche-Orient les caractéristiques de l’existence d’États, même de simples micro-états.
Administration et comptabilité : L’apparition de l’État se fait avec le développement des outils administratifs, et donc des outils de comptabilité (sceaux puis sceaux-cylindres, bulles d'argiles ou bulles sous forme d'encoches).
Économie et Politique : En ce qui concerne la nature du pouvoir, on a depuis longtemps remarqué la présence dans l’iconographie de l’époque de la figure du « roi-prêtre », personnage tantôt représenté comme un guerrier ou un chasseur, tantôt comme accomplissant un rituel. Ceci représente deux des fonctions qu’ont par la suite les rois de Sumer.
Le site d'Uruk
Les changements vont se poursuivrent à l'époque suivante dite d'Uruk III, ou de Djemdet-Nasr (~3150-~2900), du nom d'un site à une quinzaine de kilomètres au nord-est de Babylone. Une période de forte expansion commerciale, de bouillonnement culturel (architecture, usage de l'écriture) et de changements économiques et sociaux que va voir s'épanouir la civilisation sumérienne.
Source :
- Israel Mallaha (diplomatie.gouv.fr)
- Période d'Obéid (Wikipedia)
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