La Généalogie Carolingienne
On fixe communément comme origine à la lignée carolingienne le mariage, vers 630, d'Ansegisel fils d'Arnoul de Metz et de Begge d'Andenne fille de Pépin de Landen qui scelle l'alliance entre la famille des Arnulfiens et celle des Pippinides. Ceux-ci ont un fils, Pépin de Herstal, lui-même père de Charles Martel et grand père de Pépin le Bref lequel deviendra le premier roi de la dynastie carolingienne le 28 juillet 754.
Génalogie des Carolingiens
Charles le Chauve (843-877)
L'homme
Fils cadet de Louis 1er le Pieux et de Judith de Bavière. Surnommé le Chauve non en raison d’une calvitie, mais parce que lors de la consécration de la basilique de Compiègne, il se serait fait raser le crâne, en signe de soumission à l’Eglise (malgré la coutume franque exigeant qu’un roi ait les cheveux longs)
Habile politique, bon guerrier, Charles est passionné par les arts, les lettres, la dialectique et la théologie et fait de sa cour un brillant centre de culture.
Il tente d’attirer savants et poètes mais a toutefois un règne difficile : il doit affronter la jalousie de ses frères, Lothaire, Louis le Germanique et Pépin d’Aquitaine, nés d’un premier mariage de son père et bénéficiaires du partage de l’empire ( Ordinatio Imperii), famines, épidémie de peste, et surtout les Normands.
Il croit habile, pour les écarter, de leur payer des rançons, et doit lourdement taxer ses sujets. Lesquels, las d’être victimes des razzias des Vikings, se réfugient dans des châteaux forts que les seigneurs, malgré l’interdiction royale, font bâtir
La Naissance de la Féodalité
Avant son expédition en Italie , Charles II le chauve signe la capitulaire de Quierzy, rendant hériditaire les charges comtales. C'est l'acte de naissance de la féodalité.
Ce système est né de la disparition de toute autorité publique, et de l'insécurité majeure : invasions extérieures, guerres à l'intérieur d'un royaume, famines (souvent issues des guerres). Il implique la prédominance d'une caste de guerriers professionnels (qui n'existe pas à proprement parler à l'époque mérovingienne) et des relations d'homme à homme, qui permettent son extension à toute la société par la suite.
La féodalité est issue de la présence d'un régime seigneurial dès la fin de l'Empire romain, où l'aristocratie guerrière s'était partagée la terre.
Elle y agrège le régime vassalique de l'époque mérovingienne, où les hommes libres se mettent au service d'un puissant contre sa protection, et contre un bénéfice s'il n'est pas propriétaire.
Ces bénéfices étaient aussi attribués comme récompense aux compagnons (comes, qui donne comte) du puissant.
Ce système de liens personnels hiérarchisé fut utilisé et renforcé par les Carolingiens, qui y voyaient un moyen d'être à la tête de tous les hommes libres. Cependant les invasions du IXe siècle brisent le lien envers le souverain, et renforcent les pouvoirs des puissants locaux : comtes, ducs, marquis. La hiérarchie se met en place, le clergé s'y intègre. Le seul privilège du roi est de ne prêter hommage à personne.
La Mort de Charles le Chauve
En 855, à la mort de Lothaire, Charles pousse sa frontière jusqu’à la Moselle, et annexe la Provence. Il a confié, contre les Bretons et les Normands, la défense d’une marche (comtés de Tours, Angers, Blois, Le Mans) au chef de ses opposants, le comte Robert le Fort (dont les 2 fils seront rois).
Bien qu’incapable de contenir les invasions normandes, il est appelé à Rome par le pape (qui le couronne empereur en 875) pour lutter contre les Sarrasins en Italie du Sud. L’expédition est un échec et c’est à son retour, au pied de Mont Cenis qu’il meurt, victime d’une fièvre.
De Louis II à Charles III (877-888)
En 877 Charles le Chauve meurt. Son règne aura été celui de l'apogée artistique de la renaissance carolingienne. Mais la dissolution de l'empire s'aggrave, des charges ecclésiastiques sont données à des laïcs par des princes soucieux de récompenser leurs vassaux.
La renaissance aura au total duré quelques décennies et l'ambitieux programme de rénovation culturel voulu par Charlemagne n'aura eu qu'une pénétration superficielle de la société. Il touche essentiellement les ecclésiastiques et la haute aristocratie. L'enseignement des prêtres dont Charlemagne avait fait l'une de ses priorité n'a que très partiellement porté ses fruits.
Cependant la conversion de l'occident au Catholicisme est un succès, le paganisme est en net recul, même si l'Eglise a dû s'adapter et accepter la multiplication du culte des reliques ou des saints, qui entraînent une multiplication des pèlerinages (le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle commence vers l'an 800). Des évolutions économiques et structurelles encore peu visibles sont cependant lancées. L'institution du denier d'argent métamorphose l'économie et bientôt la société, l'Europe entre dans l'âge féodal...
Louis II le bègue (877-879)
Fils de Charles II le Chauve et d’Ermentrude, Louis II le Bègue (dit aussi le Fainéant) est né en 846. Il est le seul survivant des enfants de Charles le Chauve à la mort de son père, contre lequel il s’est révolté, dans sa jeunesse, pour obtenir la royauté d’Aquitaine (867).
Maladif, affligé par son bégaiement, il a 31 ans quand il accède au trône. L’aristocratie profite de sa faiblesse pour lui arracher d’importantes concessions qui annoncent la féodalité. Il laisse les évêques, notamment Hincmar gouverner à sa place.
D’une première épouse, Ansgarde, qu’il a répudié sur ordre de son père, il a eu deux fils, Louis et Carloman, qui seront ses successeurs sur le trône. Alors qu’il s’apprête à partir en expédition contre les contes de Poitiers et du Mans, rebelles à son autorité, il meurt, après deux ans de règne misérable, le 8 avril 879 à Compiègne, laissant sa seconde épouse Adélaïde, enceinte d’un fils qui, lui aussi, sera roi : Charles, dit le Simple.
Louis III et Carloman (879-884)
Né vers 864, Louis III succède à son père mais, fait rare dans l’histoire des rois, accepte de partager le pouvoir avec son frère Carloman. Ils sont tous les deux sacrés en avril 879 à Ferrières-en-Gâtinais par l’archevêque de Sens.
Louis prend la Neustrie et l’Austrasie, Carloman reçoit la Bourgogne, l’Aquitaine et la Septimanie (Cévennes, Corbières, Nord des Pyrénées avec les villes de Narbonne, Carcassonne, Béziers et Nîmes).
Il doit lutter contre son voisin allemand, qui revendique la Lorraine, et les Normands de l’Escaut , sur lesquels il remporte la victoire de Saucourt (près d’Abbeville), en 881.
Il meurt l’année suivante, accidentellement, en août. N’ayant pas eu d’enfants, Carloman lui succède.
Né en 866, Carloman, à la mort de son frère, réunit sous sa couronne ses territoires aux siens.
Jeune, peu expérimenté, il laisse ses conseillers, Gozlin, abbé de Saint Denis, gouverner à sa place, et lutte, de son côté, avec plus ou moins de succès, contre le roi de Germanie, le comte de Bourgogne, le comte de Provence, et les Normands…
Il meurt prématurément à 18 ans, le 12 décembre 884, d’une blessure reçue à la chasse, dans une forêt près des Andelys. Lui non plus n’a pas d’enfant.
L’héritier est Charles, son demi-frère, seulement âgé de 5 ans. Les Grands du royaume proposent la couronne à Charles le gros, déjà roi d’Allemagne, de Lorraine et d’Italie.
Charles III le Gros (884-888)
C’est donc vers lui que les dignitaires de France se tournent à la mort de Carloman, afin de lui proposer la régence.
L’empire carolingien est reconstitué ; mais Charles le Gros est indigne d’un tel héritage.
Il achète à prix d’or la paix des pirates normands, auxquels il cède des territoires en Frise occidentale, mais se révèle incapable de secourir Paris assiégé (885-86) par les pillards vikings.
Arrivé enfin, à la tête d’une forte armée, sur les hauteurs de Montmartre, il préfère payer rançon plutôt que de combattre ; les Normands, bien qu’ayant déjà été payés, font monter les enchères et n’acceptent de quitter Paris que lorsqu’il leur accorde, par traité, le pillage de la Bourgogne.
Il indigne ses sujets allemands en dépouillant des nobles autrichiens. Exilant sa sœur, faisant crever les yeux d’un neveu rebelle, il devient la risée de ses sujets : l’impératrice, sa femme, est accusée de le tromper avec son Premier ministre !
Les Derniers Carolingiens (888-987)
Eudes (888-898)
Eudes, comte de Paris et de Troyes, est le fils de Robert le Fort, lequel a été chargé, en son temps, par Charles le Chauve de « défendre le duché entre Loire et Seine », et est mort près d’Angers en combattant les Normands.
Il s’illustre dans la défense de Paris contre les Vikings, et les contraint à lever le siège.
Devenu roi de France aux dépens de Charles le Simple, héritier de la race carolingienne , il combat une nouvelle fois victorieusement les Normands à Montfaucon d’Argonne, puis doit affronter une révolte de seigneurs, dont il fait impitoyablement décapiter les meneurs.
A cette conspiration succède celle des partisans de Charles le Simple, qui n’acceptent pas de voir un Carolingien dépossédé. Eudes, après les avoir repoussés en Bourgogne, finit par composer : en 897, il cède à Charles les territoires entre le Rhin et la Seine, et jouit de l’autre partie et de Paris
Malade, il meurt l’année suivante (le 1er janvier 898), après avoir recommandé à ses vassaux de reconnaître Charles comme successeur.
Charles III le Simple et Raoul de Bourgogne (898-936)
Charles dit le Simple a 19 ans quand il accède au trône.
Il est impuissant contre les dynasties féodales qui se constituent, à l’abri de leurs donjons.
Il réussit toutefois, en 911, à résoudre le problème normand par le traité de Saint-Clair-sur-Epte, passé avec le Viking Rollon
C’est la fondation du duché de Normandie : Rollon, le nouveau duc, doit cesser les raids sur la Seine, se faire baptiser, épouser Gisèle, la fille de Charles et de sa première femme, et devenir vassal du roi de France.
Le duc Robert, frère d’Eudes, précèdent roi de France, fomente une révolte, et se fait élire roi par ses pairs en 922.
Déposé, Charles le Simple, depuis la Lorraine, contre-attaque à la bataille de Soissons, le 15 juin 923. Robert, roi de France depuis un an, est tué.
Mais son fils Hugues le Grand, galvanisant ses soldats en montrant le cadavre de son père, met Charles en déroute.
Les grands feudataires refusent encore de le reconnaître roi, lui préférant Raoul de Bourgogne
Charles le Simple, roi sans couronne, se réfugie chez son vassal le comte de Vermandois, qui le retient prisonnier pendant pratiquement 6 ans. Son épouse Odgive s’enfuit en Angleterre avec leur fils, Louis.
Raoul succède à son beau-père avec l’accord du fils de ce dernier, Hugues le blanc (ou le Grand) en étant sacré roi de France à Soissons le 13 juillet 923. Il a été préféré à Hugues le Grand, fils de Robert le Fort (qui a été roi pendant un an), vainqueur de la bataille de Soissons. Hugues préfère Paris dont il est le maître et ses comtés qui font de lui l’homme le plus riche du royaume. Ce dernier va, jusqu’à la fin des Carolingiens, jouer un rôle de maire du palais et défaiseur de rois.
Sous son règne, Raoul combat les grands vassaux auxquels il doit sa couronne, auxquels il ne parvient pas à s’imposer.
Les princes, de plus en plus indépendants, mettent fin au monopole royal et frappent des monnaies à leur nom.
S’il réussit à faire reconnaître l’autorité royale sur l’Aquitaine et la Catalogne, il perd la Provence
A sa mort , son frère, Hugues le noir, recueille son duché de Bourgogne, tandis que son beau-frère, Hugues le Grand, rappelle d’Angleterre Louis, fils de Charles le Simple, pour le mettre sur le trône. Il fait ainsi échec aux ambitions de Herbert II de Vermandois, lequel, avec l’appui du duc de Lorraine et du roi de Germanie, a reconquis ses terres, annexées quelques années plus tôt par l’avide Hugues le Grand.
Louis IV , Lothaire , Louis V (936-987)
Louis IV subit sa première défaite contre l’empereur Othon 1er, qui lui refuse l’annexion de la Lorraine, mais qui, lors d’autres guerres, sera son allié au même titre que Conrad, roi de Provence.
Matant difficilement les révoltes des grands du royaume, il s’empare de la Normandie, mais le roi du Danemark, venu au secours des Normands, le fait prisonnier en 944. Il est libéré l’année suivante, après avoir renoncé à la Normandie.
Hugues le Grand, qui l’a trahi, en a profité pour s’emparer du duché de Laon, dernier fief carolingien. Mais, sous la pression du pape et de l’empereur Othon 1er, Hugues doit le restituer
Il doit reconnaître la souveraineté de ce roi qu’il a cru pouvoir manipuler mais dont il a mésestimé la vaillance et l’habileté.
De son mariage avec Gerberge, sœur de l’Empereur d’Allemagne Othon 1er, il a eu deux fils, Lothaire (né en 941) et Charles. Rompant avec la tradition carolingienne, il décide que seul l’aîné aura droit au titre de roi.
Lothaire succède à son père à l’âge de 13 ans en 954 (depuis deux ans, il a été associé au trône). Avec, pour tuteur, l’inévitable Hugues le Grand, qui s’octroie le duché d’Aquitaine.
Il rêve de rétablir la puissance royale, mais se heurte à Othon II d’Allemagne, qui envahit la Lorraine en 978 avant de se la faire céder deux ans plus tard
Orthon II mort en 983, il profite du jeune âge d’Othon III (3 ans) pour tenter de déstabiliser le Saint Empire germanique.
Cependant, il ne parvient pas à contenir la montée en puissance de Hugues le Grand et de son fils, Hugues Capet , le prince le plus puissant du royaume. Lorsque son fil , Louis V (dit le fainéant) , un an après lui avoir succédé , meurt , ce n'est pas Charles, son oncle, duc de Basse-Lorraine , détesté des Français, qui est choisi , mais Hugues Capet , le premier Capétien !
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