Frédéric Ier dit Barberousse (1152-1190)
A la mort d’Henri, en 1125, les princes élirent successivement empereurs les chefs de deux puissantes familles rivales, les Welf et les Staufen. Malgré leurs luttes intestines, ils parvinrent à amorcer une restauration de la puissance impériale en Allemagne (en manœuvrant habilement les Grands) et en Italie (en arbitrant les conflits entre cités). Et, en 1152, Frédéric Ier dit Barberousse, héritier de ces deux branches ennemies, fut élu.
Frédéric assura son autorité sur l’Allemagne et resserra les liens entre l'Empire et les éléments périphérique :
Sa modération dans l’agrandissement de ses États patrimoniaux lui assura le concours de la centaine de princes d'Empire et ils gouvernèrent l’empire de concert. Frédéric réussit à morceler l’Allemagne entre tous ces princes tant et si bien que les grands duchés ethniques disparurent, et avec eux le risque d’un contre-pouvoir trop important.
Il se fit couronner solennellement roi de Bourgogne à Arles en 1178. En Bohème, il éleva l’évêque de Prague à la dignité de prince d’empire et permit au duc de porter le diadème royal. Les rois de Hongrie et de Pologne, bien qu’extérieurs au Saint Empire, lui versèrent tribut. Enfin, le royaume normand de Sicile, qui s’étendait sur la moitié sud de la péninsule italienne, redoutait les vues de Byzance.
Une alliance avec les Hohenstaufen fut scellée : le fils de Frédéric, Henri, épousa Constance, la tante du roi Guillaume.
Europe vers 1200
Frédéric I entendait garder ses distances avec la papauté et quand, en 1157 à Besançon, une faute volontaire de traduction laissa entendre que l'empereur devait au pape l'octroi du titre impérial, la rupture survint. De retour en Italie, l'empereur affirma hautement (à la diète de Roncaglia) ses droits sur les villes, sur les évêques, sur les comtes, rappela les prérogatives régaliennes, fournissant les aliments d'un conflit avec la papauté.
Aussi quand, à la mort d'Adrien IV, les cardinaux eurent élu (1159), sous le nom d'Alexandre III, le cardinal Bandinelli, Frédéric suscita un antipape, Victor IV, et le schisme commença, ainsi que la guerre contre les communes lombardes, alliées du pape. Le conflit se conclue en 1177 par les accords de Venise :
Après plusieurs mois de pourparlers, il fait une trêve avec la Ligue Lombarde et le royaume de Sicile, acceptant parallèlement de mettre fin au schisme en reconnaissant Alexandre.
Ce dernier, en refusant de s'impliquer des problèmes de l'Italie du Nord, montre dans ces négociations sa prudence et sa volonté de ne pas s'impliquer trop dans des questions politiques et territoriales.
Le 1er août, les deux hommes signent dans cette même ville un traité qui reconnaît officiellement Alexandre III comme unique pape, en contrepartie de quoi, l'excommunication levée, l'empereur est absous.
Frédéric II (1211-1250)
Les Premières Années du Règne
Il était le fils de l'empereur Henri VI et de Constance de Hauteville, elle-même fille de Roger II de Hauteville, premier roi normand de Sicile.
Frédéric-Roger fut élu Roi des Romains en 1196, à la demande de son père, pour assurer la continuité dynastique des Hohenstaufen au trône impérial. Cependant, Henri VI mourut brutalement en 1197 et l'impératrice mourut en 1198 alors que Frédéric II n'était encore qu'un enfant de 3 ans. Constance ne revendiqua pas les droits de l'enfant en Germanie, où les grands, soucieux d'éviter une minorité comme celle d'Henri IV, se tournèrent vers le frère du défunt : Philippe de Souabe fut élu en 1198 roi des Romains, en place de son neveu.
Le pape lui suscita immédiatement un concurrent, Othon IV. Frédéric-Roger, lui, était seulement roi de Sicile, comprenant alors l'île et la majeure partie de l'Italie méridionale au sud des États pontificaux. Constance, en mourant, confia la tutelle de l'enfant et du royaume au pape Innocent III jusqu'à sa majorité. Frédéric passe sa jeunesse à Palerme et à quatorze ans, il épouse Constance d'Aragon, âgée de 11 ans de plus que lui.
Othon IV fut couronné empereur romain germanique par Innocent III en 1209 mais quand Othon IV perdit la faveur du souverain pontife, ce dernier soutint à la Diète d'Empire de Nuremberg de 1211 l'élection de Frédéric comme roi de Germanie et excommunia Othon IV. Mais ce titre de roi de Germanie, qui était un préalable à la couronne impériale, ne signifiait rien tant qu'Othon IV demeurait empereur, jusqu'à sa défaite à la bataille de Bouvines en 1214.
En 1215 et alors qu'il parvenait à sa majorité, Frédéric fut à nouveau élu roi par les princes germains. Ceux-ci fiurent soutenus par le pape Innocent III qui vint lui-même lui remettre la couronne à Aix-la-Chapelle. Mais il fallut quelque temps encore avant que le pape acceptât de lui accorder l'Empire, à la seule condition que le royaume de Sicile et l'Empire germanique ne fussent pas réunis.
Le pape Honorius III couronna finalement Frédéric II empereur à Rome en 1220. Cela devait être la fin de l'entente entre l'Empire et la apauté puisque Frédéric II n'avait pas l'intention de séparer ses deux héritages, la Sicile maternelle et la Germanie paternelle. Frédéric renouvela le serment d'allégeance envers la papauté, confirma le versement d'un tribut annuel de 1 000 pièces d'or par la Sicile, et promit de partir en croisade dans les lieux saints. Toutes ses promesses lui permirent d'asseoir son pouvoir solidement.
L'Affirmation du Pouvoir Impérial
En 1231, il promulgua les Constitutions de Melfi ou Liber Augustalis, un recueil des lois de son royaume qui devait unifier les lois complexes de l'Empire, soumis aux droits régaliens multiples que possédaient les princes et autres souverains du Saint Empire. Ce recueil n'avait pour autre but, sous couvert d'une uniformisation des systèmes politico-judiciaires, que d'empêcher la mainmise des petits seigneurs sur les villes et leurs corps de métiers.
Le conflit entre Frédéric et le pape Grégoire IX, puis Innocent IV, reprit.
Les cités italiennes de Lombardie qui prirent parti pour Frédéric constituaient le groupe dit des gibelins et les cités plus nombreuses qui s'opposèrent au pouvoir impérial et s'allièrent au pape était les guelfes (parfois, l'opposition entre les factions des guelfes et gibelins traversait la même ville selon les alliances politiques). Il triompha des villes lombardes le 27 novembre 1237 à Cortenuova. Sûr de sa force, il offensa alors le pape, à qui il réclamait une partie des villes lombardes en récompense de sa victoire, et écrivit aux Romains pour leur rappeler leur grandeur passée du temps de l'Empire romain.
Dès les années 1237-1238, il suit de près les affaires en Provence en nommant un vice-roi en Arles, puis en 1240 en demandant au comte Raymond VII de Toulouse d'intervenir militairement contre le comte Raimond Bérenger IV de Provence et Jean Baussan, archevêque d'Arles.
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En 1244, Innocent IV fuit Rome et annonce la déposition de l'empereur au Ier concile de Lyon, accordant même à ceux qui partiraient en guerre contre lui le statut de croisés. Le pape montrait ainsi qu'il était le maître du pouvoir temporel aussi bien que spirituel puisqu'il pouvait priver un souverain de son pouvoir politique. Les évêques électeurs proclamèrent alors en 1246 empereur le landgrave de Thuringe Henri le Raspon, qui vainquit Conrad IV à la bataille de la Nidda (5 août 1246) mais mourut en 1247. L'anti-roi suivant fut le comte Guillaume II de Hollande, élu roi des Romains le 3 octobre 1247, qui prit Aix-la-Chapelle et y fut couronné le 1er novembre 1248, mais sans s'imposer en Germanie. La guerre civile continua, indécise en Germanie comme en Italie.
Frédéric II mourut en 1250 avant d'en avoir vu la conclusion. Il repose dans la cathédrale de Palerme auprès de ses aïeux normands de Sicile et de sa première épouse, Constance d'Aragon.
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