Les Débuts de la XIIe Dynastie (~1980 - ~1930)
Le successeur du dernier Mentouhotep, Amménémès Ier, fonde une dynastie nouvelle, la XIIe, une des plus brillantes de l’Égypte.
De nouveau le roi règne sur le Double-Pays tout entier.
Il court sus aux Libyens, occupe la Nubie septentrionale, construit peut-être même une forteresse à Semna, et continue l’occupation des oasis de l’Ouest, inaugurée sous la XIe dynastie.
À l’est du Delta, il ne semble pas avoir tenté de créer une marche asiatique et s’est contenté de défendre les nomes frontaliers par une seule ligne de fortifications contrôlant les points de passage, et appelée le «Mur du Régent».
Il déplace sa capitale vers une région riche de promesses, non loin du Fayoum, à Licht, appelée "Amenemhat-Itj-Taouy" (Amenemhat - Celui-qui-s'empare-des-Deux-Terres), avec la volonté de choisir une zone située à la jonction du Delta et de la Vallée : son administration pouvait ainsi mieux gérer le pays jusque là dirigé par une dynastie attachée au noyau thébain et délaissant le Nord.
Thèbes, eu égard au rôle historique qui fut le sien lors de la reconquête du Nord sur Itéradéopolis, demeura néanmoins la ville sainte du royaume, puisque le roi éleve le dieu thébain Amon à la dignité de dieu dynastique, puis national, sous le nom de Amon-Rè.
Amenemhat Ier (1991 - 1962)
Amenemhat Ier monte sur le trône sous le nom de Sehetep-ib-ra, « Celui qui apaise le cœur de Ré ». Parcourant la Vallée afin de venir à bout des factieux et des bandes armées d'Asiatiques, il entreprit, la paix revenue, d'importantes reformes politiques.
La plus importante consista à redéfinir les découpages cadastraux traditionnels, la fluctuation des limites entre nomes voisins étant source permanente de conflits.
A cette fin, il renforça l'administration territoriale, et nomma à des postes clé des hommes qui lui étaient acquis, ou confirma ceux qui avaient pris part à la reconquête du Delta, jusqu'à Péluse, contre les Asiatiques.
La politique thébaine de la XIe dynastie, qui prenait appui sur l'aristocratie foncière et les nomarques - grands feudataires locaux - négligeait les classes moyennes.
L'indépendance des nomarques, héritage de la Première Période intermédiaire, entraînait une faiblesse du pouvoir centrale, pour peu que les ambitions régionales fussent fortes.
Aussi, pour remédier à la crise, Amenemhat Ier confia la plupart des postes clé à des personnes de confiance, et nomma des nouveaux nomarques à Assiout, Cusae et Eléphantine.
Conscient des raisons de la chute de la dynastie memphite et des mutations de la société égyptienne, il devait aussi mesurer la fragilité de la dynastie naissante, de sorte que son pouvoir, fondé sur une usurpation, nécessitait d'être légitimé par une propagande dont il posa les bases, et mise en place par son successeur.
(L'enseignement d'Amenemhat Ier est un texte rédigé sur le modèle de l'Enseignement pour Mérikarê. Son but est surtout d'expliquer la légitimité du successeur du roi assassiné. Le thème de l'ingratitude humaine est un rappel de la révolte des hommes contre le Créateur. Le roi, assimilé à Rê, transmet son pouvoir à son successeur comme le démiurge le fit jadis lorsqu'il se retira dans le ciel, dégoûté à jamais de ses créatures)
Amenemhat Ier ne réussissant pas, au cours de son règne, à éliminer l'opposition de ses anciens adversaires, et pressentant le danger pour la couronne, il associe au règne son fils aîné Sésostris.
Sésostris Ier (1962 - 1928)
Sésostris semble avoir prolongé au Soudan les expéditions de son père au-delà de la deuxième cataracte jusqu’à l’île d’Argo. En Libye et en proche Asie, il fit des campagnes d’intimidation, mais ne paraît pas avoir occupé le pays. C'est au retour d'une campagne victorieuse contre les Libyens qu'il apprend la mort de son père, qui a péri à la suite d'un complot à l'instigation des membres du harem royal et de la famille du souverain.
Le nouveau souverain adopte comme nom de couronnement Khéperka-Rê Senousret. Le nouveau pharaon semble réussir à s'imposer sans grands heurts malgré les circonstances tragiques de son accession au trône. De fait, ses trente-quatre années de règne sont une époque de paix intérieure, de prospérité retrouvée et d'intense activité monumentale. On a recensé trente-cinq sites où Sésostris Ier a construit, témoignage des ressources nouvelles, et de l'activité fiévreuse qui règne alors en Égypte.
Se réclamant de la tradition héliopolitaine, Sésostris Ier ("l'homme de la déesse Ousert") régne depuis la capitale du pays fondée par son père située proximité du village actuel de Licht. L'ancienne capitale, Thèbes conserve son rôle d'important centre religieux. Sésostris Ier y fait construire la première structure monumentale du Temple d'Amon à Karnak qui abritera la célèbre Chapelle Blanche sur laquelle sera notée la liste complète des nomes d'Egypte.

La chapelle blanche, Karnack
Les monuments construits sous Sésostris Ier ne se limiteront pas aux édifices de Karnak et de Licht.
Héliopolis conserve un obélisque érigé pour la fête Sed du roi, en l'an 31. Le Papyrus Berlin 3029, ou "Rouleau de Cuir de Berlin", situe le projet de construire un monument à Ra-Harakhty, dans le domaine d'Atoum, en l'an 3.
De nombreuses stèles privées nous apprennent l'existence de travaux importants au Temple d'Osiris-Khentimentiou à Abydos.
Le Temple de Min à Coptos livrera de nombreux reliefs, aujourd'hui conservés à Lyon et à Londres, notamment la scène de la course rituelle du roi lors de la fête Sed.
Sésostris Ier édifiera un temple au dieu Montou à Tod, dont l'inscription dédicatoire date des dernières années de son règne.
Un nouveau temple pour Satis, dont on conserve des fragments de l'inscription, ainsi qu'un sanctuaire dédié au noble Héqa-ib, seront construits dans l'île d'Eléphantine
Les somptueuses tombes des nomarques d'Assiout, de Béni Hassan et de Qoubbet el-Haoua, ainsi que les stèles privées d'Abydos - d'un luxe inégalé durant tout le Moyen Empire - témoigneront de la prospérité du pays sous le règne de Sésostris Ier.

Stèle de l'intendant et chancelier Senousret devant sa table d'offrande
"Une offrande invocatoire du roi à Osiris, seigneur de l'occident, le grand dieu, seigneur d'Abydos, Pour qu'il offre des milliers de pains, de vins, de viande et de volaille, tout ce qui est beau et pur, pour le vénérable devant Anubis sur sa montagne, le chancelier du roi, son seul ami, l'intendant Senousret justifié. Il dit: je suis venu de ma ville et je suis descendu dans la nécropole, j'avais fait ce qu'aimaient les hommes et ce qui plaisait aux dieux; j'étais un sage suivant le droit chemin, qui faisait parfaitement son rapport à celui qui l'avait envoyé, j'avais accompli des missions royales et j'en ai été récompensé dans les appartements privés du roi..."
Source :
- http://www.egyptos.net/
- http://balancedes2terres.free.fr/
- http://www.insecula.com
- http://egypte.nikopol.free.fr
A consulter : Histoires, biographies et mythes de l'Egypte ancienne
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