Les Différentes Cultures (III) : Le Moustérien
L'ensemble culturel propre au Paléolithique moyen se nomme le Moustérien.
Le moustérien, apparu il y a près de 300 000 ans (dans son acceptation la plus large) est directement issu du Paléolithique inférieur (Acheuléen) dont il poursuit l'industrie à bifaces. Il trouve sa pleine expansion il y a 100 000 ans, puis finit par s'étioler avec l'avènement du Paléolithique supérieur et la culture Châtelperronienne (il y a près de 40 000 ans) qui en sera peut-être la dernière expression.
Il est principalement l’œuvre de l’Homme de Néandertal.
Le débitage Levallois
Le débitage Levallois est un procédé inventé par Homo erectus en Afrique il y a près de 300 000 ans pour connaître son plein épanouissement il y a un peu plus de 100 000 ans. Il sert de marquage chronologique pour baliser l'émergence de la culture moustérienne durant laquelle l'homme de Neandertal pourra produire des pointes et des lames de forme prédéterminée: l'homme anticipe mentalement la chaîne préparatoire du débitage de l'outil à produire avant d'agir.
La préparation du nucléus va déterminer la forme et le nombre d'éclats que le tailleur désire débiter :
Eclats
le débitage Levallois à éclat préférentiel : un seul gros éclat va être débité comme "outil".
le débitage Levallois réccurent centripète : plusieurs éclats sont débités successivement dans un mouvement "tournant" dont l'axe converge vers le centre du nucléus.
le débitage Levallois réccurent unipolaire : plusieurs éclats sont débités en partant du même plan de frappe.
Nucléus
En rêgle générale, les éclats seront détachés par le tailleur à la périphérie du nodule de silex (laissant au centre de la surface travaillée une zone de cortex intacte) et sur la face opposée de ce nodule, une autre série d'éclats est débitée afin de mettre en forme l'éclat principal (donc l'outil) détaché.
La fabrication d'une pointe Levallois consiste à préparer "en amont " le nucléus afin de débiter un éclat ayant déja la forme d'une pointe. Pour ce faire, il s'agit de dégager plusieurs enlèvements successifs pour donner une forme triangulaire à l'éclat et créer dans le même temps une nervure guide propre à orienter le tailleur dans son action.
Les différents faciès
Il est possible de distinguer différents faciès au sein de la culture moustérienne selon la production lithique présente dans les différentes couches archéologiques des gisements concernés.
un moustérien de tradition acheuléenne (bifaces, couteaux à dos abattu)
un moustérien typique (nombreux racloirs épais à retouches écailleuses mais avec utilisation du débitage Levallois)
un moustérien à denticulés (outils denticulés et à coches)
un moustérien de type Quina (nombreux racloirs épais à retouches écailleuses)
un moustérien de type Ferrassie (pas de bifaces mais des racloirs et des pointes peu épais)
En plus des outils caractéristiques de la technique Levallois,le Moustérien se caractérise par une grande variété d'outils, le plus souvent réalisés sur éclats.
Cette panoplie d'outils comprend, entre autre, des racloirs (simples, doubles, convergents…), des pointes, des lames (retouchées ou non), des grattoirs, des denticulés ou encore des encoches. . Ces outils sur éclats sont parfois associés à de petits bifaces de belle facture (souvent minces et réguliers).
Racloir
(Un autre outil propre à l'homme de Neandertal et typique de cette période est le racloir. Ils sont la plupart du temps réalisé sur éclat, dont un des côtés aura été aménagé en tranchant par de fines retouches. Ils ont pour fonction de racler mais aussi de trancher comme le ferait un couteau)
Source :
- Le Moustérien (Nicole Rolin)
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