Igor Brevnjovski : Chronique d'un homme en exil

Les Différentes Populations de l'Italie

Au deuxième millénaire, différentes populations habitent l'Italie.

  1. Les migrations indo-européennes sont venues en deux étapes, les proto-latins en provenance d'Illyrie puis les Italiques qui construisent des cabanes sur pilotis construits sur des rivages abandonné par le retrait des eaux, à la suite d'une baisse de niveau, appelées palafittes, ou sur des marécages, les terramare.

  2. Des populations plus anciennes demeurent, comme les Ligures et les Étrusques.

  3. En Sardaigne, les populations augmentées des rescapés des Peuples de la Mer, construisent des forteresses en forme de tours en tronc de cône, appelées Nuraghi.

  4. A la fin du deuxième millénaire, des populations venant de la proximité de la Mer Noire, s'installent par vagues successives, dans la région de Felsina (Bologne). Cette civilisation villanovienne se répand à l'est, vers Rimini et la mer Adriatique et au sud, en Emilie, dans l'Ombrie et en Toscane. La population se sédentarise et les habitats se fortifient.

  5. Au delà du Tibre, une civilisation proto-latine ou latiale, est installée sur les collines de ce qui deviendra Rome. Conformément à la tradition, c'est un peuple de pasteurs, vivant en habitat dispersé, sans aucune unité politique, souvent en lutte interne, le vol de bétail est une cause récurrente de conflits.

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L'Italie des origines


A. L'Italie Septentrionale


Les Celtes

Au commencement du VIe siècle, les Celtes (Gaulois) passent les Alpes. Leur grand chef aurait été un Biturige, Bellovèse; on évalue leur nombre à 300 000. Ils défirent les Étrusques sur les bords du Tésin et leur enlevèrent la rive septentrionale du Pô; les Insubres s'y établirent entre le Tésin et l'Adda.

Puis vinrent les Cénomans qui s'établirent entre l'Adda et l'Adige; les Boïes qui franchirent le fleuve et s'étendirent de la Trebbia au Reno; les Lingons, du Reno à la mer. Les cités étrusques succombèrent les unes après les autres; un dernier flot amena les Sénons qui détruisirent Melpum (396) et prirent pied le long de l'Adriatique entre le Rubicon et Ancône. Les Rasenas se retirèrent au Sud de l'Apennin, d'autres en Rhétie; leur civilisation disparut de la plaine septentrionale, où seule l'imprenable Mantoue en conserva quelque chose.

Ils fournirent des mercenaires à quiconque les payait. Ils n'achevèrent même pas la conquête de l'Italie septentrionale. A côté d'eux subsistèrent à l'Ouest les Ligures, à l'Est les Vénètes.


Les Ligures

Les Ligures, dont on ignore l'origine, qu'on a rapprochés des Ibères, mais dont l'origine est controversée, occupaient les montagnes riveraines de la Méditerranée, depuis le Rhône jusqu'au Pô et à l'Arno; ils peuplaient aussi la Corse. Ils auraient refoulé vers le Sud les Sicanes à une époque très ancienne. Eux-mêmes se seraient vu enlever la région entre l'Arno et la Macra par les Étrusques, mais plus tard la reprirent jusqu'aux portes de Pise.

Ils se divisaient en une foule de petites tribus parmi lesquelles nous citerons de l'Est à l'Ouest en Italie, le long de la mer, les Apuans, Ilvates, Ingaunes, Intéméliens; dans l'intérieur, les Celelates, Statielles, Bagielles (sur le Tanaro), plus au Nord les Taurins sur le Pô, dans la région où leur nom est resté à Turin. Dans les gorges inaccessibles de l'Apennin, les Ligures, émiettés en autant de petits États qu'ils avaient de vallées, conservèrent leurs moeurs rustiques et leur énergie indomptable : « Point de villes, si ce n'est Gênes, leur marché commun. Peu de peuples eurent une telle réputation d'activité laborieuse, de sobriété, de vaillance. »

Il fallut quarante ans aux Romains pour en venir à bout, et ils n'y réussirent qu'en transplantant au loin les plus réfractaires.


Les Vénètes

A l'Est de l'Adige, les Vénètes occupaient depuis un temps immémorial le pays où vivent encore leurs descendants. Ils paraissent avoir refoulé dans la montagne les Euganéens, desquels nous ne savons d'ailleurs absolument rien.

Nous ne sommes guère mieux renseignés sur les Vénètes qu'on a rapprochés tour à tour de leurs homonymes gaulois, des Vendes slaves des bords de la Baltique, des Hénètes de Paphlagonie. Il paraît vraisemblable qu'ils se rapprochaient plutôt des Illyriens. Ils avaient apparemment une civilisation moins fruste que celle des Celtes contre lesquels ils guerroyaient sans cesse; ils combattaient aussi au Nord les Carnes, qui peuplaient les Alpes dites aujourd'hui Carniques, et à l'Est les Istriens et Liburnes, deux populations illyriennes. Alliés à Rome contre leurs ennemis les Gaulois, ils acceptèrent son hégémonie sans résistance et ne se rebellèrent jamais.

Leur capitale était, dit-on, Patavium (Padoue), la plus belle de leurs cinquante villes.



B. La Sicile et Grande Grèce

L'implantation grecque en Italie méridionale et en Sicile est le fruit d'un vaste mouvement de colonisation, qui est d'abord le fait des habitants de l'Eubée.

  1. Dès le VIIIe siècle, des navigateurs des cités éoliennes et ioniennes se présentent aux abords des côtes d'Italie et la plus ancienne colonie est l'île d'Ischia puis Cymé (Cumes) Il y a d'autres colonies ioniennes, Rhegion, Catane et Himère. Les Chalcidiens fondèrent Naxos (735).

  2. Ensuite viennent les Achéens avec les cités de Siris et Sybaris avec ses colonies : Crotone, Posidonie, Caulonia et Laos.

  3. Enfin, les Doriens vinrent et fondèrent Tarente et son précieux port et Hydrus qui commande l'entrée dans la Mer Adriatique. Des tentatives d'installation vers le Nord (île d'Elbe et Populonia), échouent devant la détermination des Étrusques. Les Corinthiens fondèrent Syracuse (734).

Ces colons grecs éliminent les comptoirs phéniciens. A partir du VI e siècle av. J.-C., les côtes de l'Italie du Sud et de la Sicile sont bordées de cités grecques peuplées et industrieuses, tirant profit de la richesse du sol alluvial des plaines côtières; elles attirent une nombreuse émigration grecque, qui peut y pratiquer les mêmes cultures que dans son pays d'origine.

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En Sicile, les Grecs trouvèrent trois peuples les Sicules, les Sicanes et les Elymes. Les colonies prospérèrent rapidement; la côte orientale et méridionale de l'île fut donc entièrement peuplée de Grecs. Les indigènes restèrent à demi indépendants dans l'intérieur. Les tyrans d'Agrigente, puis ceux de Gela et de Syracuse acquirent l'hégémonie de la plus grande partie de l'île; à partir du Ve siècle, l'histoire de celle-ci se confond avec celle de Syracuse.

Dans la péninsule, les colons grecs abordèrent dès le XIe siècle; si l'on admet du moins que Cumes fut fondée en Campanie par des Ioniens d'Eubée vers l'an 1050 av. J.-C.; elle forma, avec ses colonies de Naples (Neapolis) et Dicaearchia (Pouzzoles), un groupe à part qui exerça une influence considérable sur les Italiens, mais eut peu de rapports avec les colonies grecques ultérieures. Celles-ci remontent à la seconde moitié du VIIIe siècle. Les Achéens ouvrirent la voie, fondant Sybaris vers 720 et Crotone en 710 av. J.-C. Ces deux cités devinrent les plus puissantes de toutes. En face de leur rivale Tarente, fondée par les Spartiates (708), elles créèrent Métaponte (entre 700 et 680); à l'Ouest de celle-ci les Ioniens fondèrent Siris (vers 680); vers l'extrémité de la presqu'île s'éleva Lucres Epizéphyrienne (710), colonie des Locriens. Sur le détroit existait depuis un certain temps Rhegium, colonie chalcidienne; plus tard, les Ioniens d'Asie fondèrent sur le rivage tyrrhénien Velia ou Élée (vers 540).



C. La Péninsule

Dans la péninsule, les Grecs avaient rencontré un grand nombre de peuples dont plusieurs ne sont guère connus que par leur nom. On peut les répartir en quelques groupes ethniques : Italiotes (comprenant les Osques, Sabelliens et Ombriens), Illyriens, Étrusques.


Les Sabelliens

Les Sabelliens représentent la fraction la plus belliqueuse des Italiotes : celle qui s'agrandit aux dépens des autres dans la période précédant la conquête romaine. On s'accorde à dire que le peuple primitif, duquel dériveraient les autres, serait celui des Sabins.

Ils formaient avec les Sabins le groupe sabellien septentrional.

  1. Au Sud de celui-ci s'étaient épanchés sur l'Apennin méridional d'autres peuples de même famille : les vaillants Samnites, confédération de quatre tribus : Caracéniens sur le haut Sangro (Sagrus); Pentriens entre les monts Matese et Montauro; Caudiniens dans la région de Bénévent; Hirpins aux sources du Calore.

  2. A l'Est du Samniurn, les Frentans, le long de l'Adriatique, entre le Sangro et Fortore.

  3. au Sud, les Lucaniens, par delà le Silarus (Sele), complètent le groupe sabellien méridional.

Sa grande période d'extension fut le Ve et le IVe siècle, lorsque les Samnites conquirent la Campanie, et les Lucaniens le pays entre le Silarus et le golfe de Tarente, auquel leur nom est resté durant toute l'Antiquité.


Les Ombriens

Les Ombriens s'étendaient au Nord des Osques et des Sabelliens. Il semble que les Ombriens aient constitué une nation homogène à laquelle appartint à une époque reculée la domination de l'Italie centrale et même septentrionale. Ils partageaient celle-ci avec les Ligures.

Ils furent refoulés par les Étrusques ou Rasenas; ceux-ci leur enlevèrent le bassin du Pô, puis les plaines ondulées de la Toscane où l'Ombrone conserve le nom des anciens maîtres du pays. Les Ombriens ne se maintinrent que dans la montagne, dans le bassin du Tibre.

A l'époque historique, ils furent encore amoindris par l'invasion gauloise qui leur enleva la bande côtière entre le Rubicon et l'Ésino (Aesis).


Les Étrusques

Les Latins, les Ombriens subissaient leur ascendant. On ne peut méconnaître l'énorme influence exercée par les Étrusques sur les peuples voisins et en particulier sur les Romains. Ils ont fourni à L'État romain et à l'esprit romain plusieurs de leurs caractères essentiels. Leur puissance fut brisée par les Gaulois et les Grecs. Les coups mortels leur furent portés par les Celtes.


Source :
- http://perso.orange.fr/miltiade/italie-des-origines.htm
- http://www.cosmovisions.com/ChronoItalieAntique.htm

Posté par Silverside le 19.04.08 à 20:54 - Commentaires (0) - Royauté et République

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