Les Homo Sapiens archaïques récents (300 000 à 100 000 ans)
Leur apparence tend à être moderne (front redressé, torus sus-orbitaire réduit). La capacité crânienne de LH 18 et de Florisbad, supérieure à 1350 cm3, est même identique à la nôtre, et la face de Florisbad est tout à fait moderne. Mais certains caractères rappellent les Homo sapiens archaïques anciens : LH 18 et Omo 2 ont des os pariétaux allongés et un os occipital anguleux ; ES 11693 a une face très basse, large et massive ; Florisbad possède une région sus-orbitaire relativement robuste.
Wood inclut KNM-ER 999 et KNM-ER 3884 dans ce groupe. Stringer ajoute KNM-ER 3884 et Singa (Soudan) à cette liste de fossiles qui datent pour lui entre 260 000 et 130 000 ans et représentent les possibles anciens Homo sapiens . Certains chercheurs (comme Lahr et Foley en 1994) suggèrent de reconnaître un nom spécifique à ce groupe de fossiles, bien que White leur trouve une considérable diversité anatomique. Le terme d'Homo helmei (donné par Dreyer à l'individu de Florisbad en 1935) est le plus approprié pour regrouper des individus comme LH 18, Florisbad, Djebel Irhoud, ER 3884, Singa, Haua Fteah (Libye, plus de 90 000 voire plus de 130 000 BP) et Mugharet el Aiya (Maroc, 65 000 à 90 000 BP).
Homo Sapiens idaltu (Ethiopie, 1997)
Les premiers Homo sapiens sont africains. Parmi les plus anciens figure celui de Herto qui a 160 000 ans. L’équipe de Tim White a mis au jour en 1997 deux crânes d’adultes et celui d’un enfant âgé de six ou sept ans, près du village de Herto, dans la dépression de l’Afar (Est de l'Éthiopie).
Ils présentent des caractéristiques d’Hommes modernes tout en partageant certains traits d'Homo sapiens archaïques. Ils comblent ainsi la lacune entre ces derniers et les Hommes totalement modernes d'il y a 100 000 ans. Il s’agit donc d’un Homo sapiens archaïque. En comparaison avec les nôtres, les crânes de Herto sont légèrement plus larges et plus longs. Ces différences mineures ont incité les chercheurs à identifier les nouveaux venus comme une sous-espèce d'Homo sapiens qu'ils ont nommée Homo sapiens idaltu, 'idaltu' signifiant "aîné" dans la langue afar.
Homo sapiens idaltu
Les paléontologues ont mis six ans pour reconstituer les crânes, notamment celui de l'enfant, un puzzle de 180 morceaux, et pour dater par la méthode Argon les restes retrouvés. Cette étude a permis de dater les ossements entre 154 000 et 160 000 années, alors que jusqu'alors les plus vieux fossiles d'Homo sapiens en Afrique n'avaient "que" 100 000 ans ! Des fossiles d’Homo sapiens de cette période, surtout en si bon état, faisaient défaut aux anthropologues. Les trois crânes d’Herto constituent donc un apport précieux pour mieux comprendre comment cet Homme moderne a émergé. Auparavant, les fossiles d’Homo sapiens les plus complets et les plus sûrement datés (115.000 ans environ) avaient été découverts hors d'Afrique, en Israël (Skhul et Qafzeh). Les crânes de Herto comblent donc un vide pour les anthropologues, et renforcent les partisans de la théorie « Out of Africa » selon laquelle les ancêtres de l’Homme moderne sont issus d’Afrique.
Les fossiles humains étaient associés à des outils lithiques, à des ossements de buffle et au crâne d'un hippopotame.
Caractéristiques
Crâne adulte masculin presque complet. Large et robuste, avec une capacité crânienne de 1450 cm3, supérieure à celle de la plupart des Hommes modernes.
i.Caractères presque modernes : angle occipital (plus aigu que celui de presque tous les hommes modernes), hauteur de la mastoïde, largeur du palais (Vu de côté).
ii.La longueur du crâne dépasse celle de l'Homme moderne, mais l'une des largeurs est inférieure à la moyenne moderne. L'arcade sourcilière n'est pas proéminente, et demeure à l'intérieur des normes modernes. Pas de fosse sus-iniaque. Pas de chignon occipital. Torus occipital massif. (Vu de dessus)
Stringer estime que les caractères des crânes de Herto ne diffèrent pas suffisamment de ceux de l'Homme moderne pour justifier la création d'une nouvelle sous-espèce. Selon Chris Stringer, Herto est le plus ancien Homme moderne actuellement connu. Les fossiles de Herto Bouri constituent un intermédiaire anatomique et chronologique entre les Homo sapiens archaïques anciens et les Hommes modernes.
Pour White, il est probable que Homo rhodesiensis (Homo sapiens archaïque ancien : Bodo, Kabwe) soit l'ancêtre de Homo sapiens idaltu (Herto), qui serait lui-même à l'origine de Homo sapiens sapiens (l'Homme moderne : Klasies et Qafzeh pour les plus anciens). Quant aux Homo sapiens archaïques récents (Ngaloba, Omo 2, Eliye Springs, Jebel Irhoud), White avoue avoir du mal à établir leur place dans notre arbre généalogique, et Stringer se demande, devant leur grande variabilité anatomique, si l'Homme moderne est apparu graduellement ou s'il faut envisager une version africaine du multirégionalisme.
LH 18 (Tanzanie, 1976)
Calotte crânienne LH 18 (crâne de Ngaloba), découverte sur le site de Laetoli, LH 18 serait, avec Omo 1, Florisbad et Cave of Hearths, l'ancêtre des populations modernes : Picq le classe déjà parmi les Hommes modernes.
Un peu moins moderne que Omo 2 qui est de morphologie générale voisine : LH 18 serait intermédiaire entre Homo Rhodesiensis, plus ancien, et les fossiles d'Omo (d'après l'analyse du frontal et de l'occipital)
Traits archaïques :
- os frontal oblique relativement plat (plus petit et plus aplati qu'Omo 2)
- torus sus-orbitaire fort et continu (moins saillant que chez Omo 2)
- parois crâniennes épaisses
Traits modernes :
- occipital régulièrement convexe
- face non volumineuse
- méat auditif externe plus bas que la cavité glénoïde
- pas de carène sagittale pariétale (ou très discrète)
- capacité crânienne > 1350 cm3
Omo 2 (Ethiopie, 1967)
Considéré comme un intermédiaire morphologique entre Homo erectus et Homo sapiens anatomiquement moderne. Se rapproche des Homo sapiens par sa capacité cérébrale supérieure à 1400 cm3.
Se rapproche des Homo erectus car :
- carène sagittale bordée de méplats
- torus occipital marqué
- forte angulation de l'occipital
- méat auditif externe plus haut que la cavité glénoïde
- position basse et reculée de la largeur maximale du crâne
- présence d'un bombement bregmatique
Eliye Springs (Kenya, 1983)
Crâne quasi complet ES 11693 ; affinités avec Omo 2 et LH 18. Considéré comme un intermédiaire morphologique entre Homo erectus et Homo sapiens anatomiquement moderne.
Caractères archaïques
- carène sagittale
- voûte crânienne aplatie
- position basse de la largeur crânienne maximale
- torus sus-orbitaire et sillon supra-toral
- insertion des muscles nucaux marquée
- face basse, large, massive
Caractères modernes
- capacité crânienne élevée
- la forme du crâne en vue supérieure et en vue postérieure signe une encéphalisation avancée
- bosses frontales présentes (mais très peu marquées)
- bosses pariétales
- écaille temporale développée
- allongement de la partie supérieure de l'occipital
- absence de torus occipital transverse
Bloemfontein (Afrique du Sud, 1932)
Crâne incomplet (voûte incomplète et moitié droite de la face), initialement attribué à Homo helmei, c'est un individu féminin, associé à une industrie du Paléolithique moyen. Datation : plus de 200 000 ans ou 250 000 ans. Considéré comme un intermédiaire morphologique entre Homo erectus et Homo sapiens anatomiquement moderne (aussi classé parmi Homo Heidelbergensis).
Caractéristiques
- capacité crânienne > 1350 cm3
- carène sagittale (trait archaïque)
- crâne large (trait moderne)
- frontal large, bas, aplati, un peu fuyant
- très fort relief sus-orbitaire (trait archaïque) avec dépression centrale (trait moderne) et sillon supra-toral peu profond
- face courte, très large et robuste mais tout à fait moderne
- sinus maxillaires développés et malaires boursoufflés
- orbites écartées
- os du nez larges formant une faible angulation
- denture de taille modérée
Source :
- http://ma.prehistoire.free.fr/premiers.htm
- http://fr.wikipedia.org/wiki/
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