Igor Brevnjovski : Chronique d'un homme en exil

Les Huns

Le Peuple

Les Huns sont un peuple asiatique turco-mongol, de langue turque. C'est le premier peuple mentionné comme tel par les historiens. Des références à un peuple appelé Xiongnu (Hsiung-nu) existent dans les sources chinoises depuis -1200, faisant allusion aux ancêtres des Huns.

  1. Un groupe appelé les Huns européens et mené par Attila est considéré comme étant l'extension occidentale des Huns. L'établissement du premier État Hun a été un des premiers aspects bien documentés de la culture de la migration à dos de cheval.

  2. Ces tribus nomades surpassèrent leurs rivaux dans la maîtrise du cheval, grâce à la promptitude et la mobilité étonnante de leurs montures, ainsi qu'au talent des cavaliers, initiés dès le plus jeune âge. Cet avantage, couplé à l'arc court qui pouvait être utilisé depuis le dos de la monture, fut crucial dans les nombreuses batailles que livrèrent les Huns

Les Huns au combat contre les Alains

Les Huns au combat contre les Alains (illustration de Geiger 1873)

Selon l'histoire hongroise traditionnelle, les Huns, les Magyars et les Avars faisaient tous partie du même peuple ; le mot « Hongrie » (Hungary en anglais) vient d'ailleurs de « Hun », et les Hongrois se nomment eux-mêmes les Magyars.

Selon les descriptions laissées par l'historien romain Ammien Marcellin, les Huns sont des pasteurs nomades qui ignorent l'agriculture, ne possèdent pas d'habitations permanentes et parcourent sans répit la steppe à la recherche de pâturages et de points d'eau pour leurs troupeaux.

  1. Ils subsistent grâce à la chasse et à la cueillette, sont vêtus d'habits de lin et de fourrures. Vivant presque constamment à cheval, ils ne semblent pas avoir de vrai roi, chaque clan ayant son propre chef.

  2. Guerriers redoutables, archers, cavaliers montés sur de petits chevaux robustes, les Huns surprennent leurs ennemis en se livrant à des charges rapides, des retraites inattendues, un harcèlement permanent

Des tombes hunniques retrouvées près du Dniepr attestent leur goût pour le pillage.


La Marche vers l'Ouest

Les Huns ont fortement marqué l'imaginaire des peuples de l'Empire romain finissant, par le caractère particulièrement cruel de leurs exactions. C'est vers la fin du IVe siècle apr. J.-C. que les Huns apparaissent dans le bassin de la Volga.

  1. Après avoir écrasé les Alains, ils s'installent entre ce fleuve et le Don, avant d'envahir le royaume des Ostrogoth implanté dans les plaines d'Ukraine.

  2. Poursuivant alors leur progression vers l'ouest, ils défont les Wisigoths, établis dans l'actuelle Roumanie, et atteignent les frontières de l'Empire romain sur le Danube.

  3. Après avoir traversé et dévasté les plaines roumaines, les Huns franchissent les Carpates et s'installent dans la plaine de Pannonie (Hongrie actuelle) vers 396

Peu inquiète, Rome les laisse agir à leur guise au-delà du limes (fortification marquant la frontière de l'Empire romain), car les Huns s'en prennent aux Goths, ennemis traditionnels de Rome.

  1. Mais la situation change brutalement en 408, date à laquelle les Huns pénètrent en territoire romain en lançant de nombreuses razzias. Vers 425, un empire hunnique semble s'être formé sur le moyen Danube.

  2. Étendant leur domination sur les populations germaniques, les Huns enrôlent des Germains dans leur armée.

En 430, l'empereur Théodose II accepte de leur payer un tribut annuel, qui est doublé cinq ans plus tard, puis multiplié par cinq en 443


Le Règne d'Attila

C'est sous le règne du fils de Rua, Attila, que les Huns acquirent une puissance, une richesse et une renommée inégalée parmi les peuples barbares. Accédant au pouvoir en 434 à la mort de son père Rua, qui était également son oncle, Attila régna avec son frère Bléda jusqu’à l’assassinat de ce dernier par Attila en 445. Mais il semble incontestable qu’Attila devait disposer de la totalité du pouvoir dès 434 puisqu’il organisa le noyau d’une administration centrale et fixa sa capitale. Son amitié personnelle avec Aetius permit à l’Empire romain d’Occident de résister contre les assauts germains et explique le fait que les Huns n’attaquèrent jamais la partie occidentale de l’Empire.

L'empire des Huns

L'empire des Huns, nomade et décentralisé

Néanmoins, Attila dirigea ses expéditions contre l’Empire romain d’Orient. Après avoir doublé puis triplé le tribut exigé de Constantinople qui finalement refusa de payer, Attila lança ses troupes qui envahirent les Balkans puis dévastèrent la Macédoine et la Grèce centrale en 447, et pillèrent Sirmium. En 449, Théodose II, incapable de refouler les hordes hunniques, est finalement contraint d’envoyer une ambassade afin de faire cesser les attaques.

  1. Mais un brutal et spectaculaire retournement d’alliance diplomatique eut lieu en 450. En effet, la sœur de l’empereur romain d’occident Valentinien III, Honoria, désireuse de se venger de son frère qui avait ordonné l’exécution de son amant, proposa à Attila de l’épouser, faisant ainsi entrer Attila dans la famille impériale. Devant le refus de l’empereur de céder la main de sa sœur, Attila, fort de la légitimité de sa demande et du soutien d’Honoria, entreprit de tourner son armée contre l’Empire d’Occident et contre la Gaule. En réalité, il semble qu’il savait pertinemment qu’il ne pourrait jamais obtenir ce mariage. Attila recherchait le moindre prétexte pour lancer une expédition de razzia et amasser du butin. Ainsi, en 451, remontant le cours du Danube, il franchit le Rhin avec près de 30 000 cavaliers à Mayence, ravagea la Belgique, pille Trèves, Metz, avant de se diriger vers Paris, où s’organisa la résistance sous la conduite de sainte Geneviève.

  2. Puis il se tourna vers Orléans mais les Alains récemment installés et fédérés par Aetius autour de la ville, dont l’inimitié envers les Huns avait pour source la destruction de leur royaume en 375, firent vaillamment face et, sous la conduite de l’évêque Aignan, contraignirent Attila à établir un siège. Mais devant l’arrivée d’une formidable coalition menée par Aetius et composée de romains, de Francs, de Burgonde et surtout de Wisigoths, Attila leva le siège et retraita. Rapidement rejoint par ses ennemis, Attila livra la célèbre bataille des Champs Catalauniques où il fut vaincu. Mais cette défaite, bien qu’elle frappa les esprits puisqu’elle signifiait la fin de l’invulnérabilité hunnique et l’union des romains et des barbares contre un péril commun, n’amoindrit pas la puissance d’Attila mais affaiblit considérablement Aetius qui n’avait plus assez de forces militaires.

Si la Gaule lui était dès lors fermée, le roi des Huns se dirigea en 452 vers la péninsule italienne. S’il ne put prendre la famille impériale réfugiée à l’intérieure de la capitale impériale, Ravenne, protégée derrière des marais, Attila pilla de nombreuses cités importantes dont Aquilée, Milan, Pavie, Padoue, Mantoue, Vérone et songea un instant à assiéger Rome. Mais le Pape Léon Ier lui proposa en échange de la Ville Éternelle un tribut et la main de la princesse Honoria. Satisfait, ayant obtenu la main de sa promise, Attila repartit contrer l’attaque de l’empereur d’Orient Marcien sur le cours moyen du Danube. C’est là qu’Attila mourut subitement en 453 au cours d’un festin.


La Fin des Huns

Dès lors, l’État et le royaume hunnique déclinèrent rapidement sous les querelles successorales. En effet, les deux fils d’Attila, Ellac et Ernac entra en guerre et, profitant des désordres, les peuples germains soumis par les Huns - Ostrogoths, Gépides, Ruges, Hérules, Skires - reprirent leurs indépendances et formèrent une vaste coalition anti-hunnique dirigée par le roi des Gépides Ardaric. Pendant l’affrontement sur le fleuve Nedao en 454, près de la Pannonie, Ellac trouva la mort. C’est alors qu’Ernac vit son dernier frère, Dengizik, revendiquer à son tour le trône. Cela engendra une nouvelle guerre fratricide qui accentua le déclin irrémédiable des Huns.

Leur vaste royaume s’étant effondré avec l’indépendance de leurs anciens vassaux, le peuple Hun se divisa, se morcela et se dispersa rapidement. On trouve des tribus qui sont demeurés en Pannonie mais sous le tribut de Rome. Le roi Ostrogoth Théodoric Ier engagea dans ses troupes une petite bande de Huns dirigés par Mundo qui se trouvait alors en Mésie. D’autre s’installèrent au sud du Danube et servirent un temps l’Empire d’Orient. Le reste repartit vers l’Ukraine.

Les principaux peuples germaniques après l'effondrement de l'empire des Huns

Les principaux peuples germaniques après l'effondrement de l'empire des Huns

A partir de 491, les Huns se perdent définitivement dans la brume de l’histoire puisque dorénavant plus aucune sources historiques ou archéologiques ne les mentionnèrent. Devenus fortement minoritaires, on peut émettre l’hypothèse qu’ils furent probablement amalgamés puis intégrés parmi d’autres peuples autochtones.

Posté par Silverside le 09.08.10 à 17:10 - Commentaires (0) - Les Grands Royaumes

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