Les Kassites (1595-1155)
Cette dynastie, d'origine étrangère, constitue un des moments majeurs de l'histoire mésopotamienne. Elle est hélas mal connue, car cette période a laissé très peu de sources. La chronologie jusqu'à la fin du XIVè siècle est très incertaine, et les aspects socio-économiques nous sont encore moins bien connus que pour les autres périodes. Pourtant il ne faut pas minimiser l'importance de la dynastie kassite.
Elle voit l'établissement définitif du pouvoir de Babylone sur tout l'ancien Pays de Sumer et d'Akkad, qui devient alors le pays de Karduniash, la Babylonie, grâce au maintien au pouvoir dans cette ville de la dynastie la plus longue qu'est connue la Mésopotamie (quatre siècles). Cette stabilité est exceptionnelle pour l'histoire de l'Orient Ancien. A partir des Kassites, quiconque veut dominer la Mésopotamie du Sud doit régner à Babylone.
La Prise du Pouvoir
En 1595, le souverain babylonien Samsu-ditana est vaincu par Mursili, roi des Hittites, qui s'empare de la statue de Marduk et l'emporte dans son pays. Cette défaite signifie la fin d'une dynastie déjà très affaiblie au nord par les assauts de peuples divers, Hittites, Hurrites, et mise à mal au sud par la progression de la Dynastie du Pays de la Mer, mais aussi par celle des Kassites, qui avaient déjà attaqué Babylone par le passé.
Après 1595, le dixième souverain de la dynastie des rois kassites, Agum II (), s'empare de Babylone après le sac de la cité par les Hittites. C'est le début de la troisième dynastie de Babylone (celle dite du Pays de la Mer étant considérée comme une dynastie de Babylone, bien qu'elle n'ait jamais réellement régné sur la ville), qui durera plus de quatre siècles.
Burna-Buriash I est le premier souverain kassite attesté comme roi de Babylone. C'est le successeur d'Agum II.
Au début du XVè siècle, Ulam-Buriash, quatrième successeur d'Agum II, s'empare de Urukug, la capitale du Pays de la Mer, et annexe ce royaume. A partir de ce moment, la prépondérance de Babylone en Mésopotamie méridionale n'est plus contestée, et les souverains kassites sont maîtres de tout le pays de Sumer et d'Akkad, qui deviendra la Babylonie.
Au sud, la domination kassite s'étend en direction du Golfe Persique. Il est fortement probable que Bahrain est alors été gouvernée directement par le pouvoir babylonien, et donc aussi d'autres territoires du Golfe entre le Sud mésopotamien et cette île.
A part cela, on connaît quelques traités concernant les frontières entre Babylone et l'Assyrie à cette époque, et quelques assauts Élamites. Les souverains babyloniens ont jugé nécessaire de sécuriser l'accès à la Vallée de la Diyala, qui ouvrait les routes commerciales vers le Plateau iranien, comme en témoigne la construction de Dûr-Kurigalzu.
Source : http://geocities.com/esagil1/babylone.htm
Le Royaume Kassite
Le pouvoir est toujours exercé par un roi vicaire des Dieux sur Terre. Pour faire connaître leurs réalisations, les rois kassites, en plus des habituelles inscriptions sur briques, font faire des kudurru, stèles portant des inscriptions et des images gravées. Ils sont les égaux des grands rois de la période, souverains d'Égypte, du Hatti, du Mitanni et d'Assyrie, avec lesquels ils entretiennent des relations diplomatiques, marquée par une correspondance abondante, et des échanges de présents.
Le roi était entouré par une cour constitué de nobles issus principalement de la noblesse guerrière kassite qui est au pouvoir à cette période : on trouve ainsi le shakrumash (chef militaire), ou le kartappu (chef de la cavalerie).
Les familles kassites sont regroupées selon un système tribal. L'administration est exercée en grande partie par les descendants des anciens fonctionnaires de la Ière Dynastie, qui se mêlent aux élites kassites, qui sont minoritaires.
C'est donc en toute logique que l'on retrouve globalement le système administratif de la période précédente. Des ministres (sukkalu), appartenant à la famille royale ou aux grandes maisons assistent le roi dans l'exercice du pouvoir.
Une division en provinces
Le territoire est divisé en provinces dirigées par des gouverneurs (shaknu ou bêl pahâti), tandis que l'autorité municipale est exercée par un agent royal (hazannu), qui sert de relais entre le pouvoir central et les communautés locales dirigées par un conseil d'Anciens. Des qîpûtû ("hommes de confiance") servent d'inspecteurs royaux dans les provinces. Le royaume kassite est polarisé autour des grands centres urbains qui constituent les capitales provinciales, à l'exemple de ce qui se passe à Nippur.
Le gouverneur de Nippur semble disposer d'un régime particulier, et possède un vaste domaine foncier. De nombreux dépendants évoluent dans l'entourage du gouverneur ; ils s'agit de différentes catégories professionnelles : membres de l'administration, gardes, artisans, personnel de temples, etc. Selon toute vraisemblance, le gouverneur de la cité avait une grande richesse, et un poids économique et politique très important.
L'économie
L'économie est toujours dominée par les grands organismes, le palais et les temples. Ils possèdent des grands domaines, dont une partie est concédée par le palais en tenure à des fonctionnaires. L'un des aspects de l'économie de la période kassite est celui des donations de terres, les kudurru, effectuées par le roi :
Les bénéficiaires en étaient de hauts dignitaires évoluant dans l'entourage du roi : hauts fonctionnaires, membres de la cour, voire même de la famille royale, des généraux, des prêtres. La donation était sans doute faite en récompense de la loyauté de la personne, ou d'un acte ayant distingué celle-ci.
Les grands temples de Babylonie recevaient aussi de grands domaines : l'Esagil, le temple de Marduk à Babylone, a ainsi reçu près de 5 000 ha à cette période. Ceci permet alors aux temples de disposer d'un poids économique énorme, ce qui n'est pas sans jouer un grand rôle par la suite.
Quelquefois les donations s'accompagnaient d'exemptions de taxes ou de corvées. Dans les meilleurs cas, le bénéficiaire disposait même d'un pouvoir sur la population locale, qui se substituait à celui de l'administration provinciale (contre laquelle il était protégé par des clauses spéciales).
Note : L'Esagil, le "temple à la tête haute", était le temple le plus important de la Mésopotamie, situé dans sa capitale religieuse, Babylone, qui comptait un nombre incalculable de temples, notamment dans son district sacré, où était justement situé l'édifice étudié. Son aura était immense, et parmi ses dépendances se trouvait la ziggurat Etemenanki, la Tour de Babel. De tous le(s) pays on venait admirer les richesses et on vénérait le dieu tutélaire, Marduk, le plus grand des dieux, de ce qui était considéré comme le centre du Monde.
La Chute de la Dynastie Kassite
Babylone se retrouve entraînée dans une série de conflits avec l'Assyrie lorsque Assur-uballit, souverain assyrien, se libère de la domination du Mitanni vers 1365. C'est le début de l'affrontement pluriséculaire entre le Sud et le Nord de la Mésopotamie.
Les Problèmes avec l'Assyrie
Parce qu'il cherche des appuis contre le Mitanni, Assur-uballit se montre d'abord conciliant avec Babylone, dont le roi est alors Burna-Buriash II, qui au début voit d'un mauvais oeil l'indépendance de l'Assyrie.
Ce dernier épouse la fille du roi Assyrien, qui lui donne un fils, Karahardash, qui monte sur le trône vers 1333, mais est aussitôt assassiné et Nazi-Bugash monte sur le trône.
Assur-uballit I réagit et envahit Babylone pour introniser son autre petit-fils, Kurigalzu II, qui lui sera fidèle. Mais il n'agira pas de la même façon avec son successeur Enlil-nirari, contre lequel il provoque une guerre.
La bataille ne trouve cependant pas vainqueur, mais au moins Babylone est libérée de l'influence assyrienne. Quelques années plus tard, un nouveau conflit opposant Babylone à l'Assyrie se produit, tournant cette fois à l'avantage des premiers.
L'Affrontement
La situation contre l'Assyrie ne s'arrange pas les années qui suivent. Après quelques problèmes internes qui font un temps vaciller le pouvoir Kassite, Kashtiliash IV (1243-1235) attaque l'Assyrie vers 1235, et s'empare d'Arbélès et de Rapiqum.
Son adversaire Tukulti-Ninurta contre-attaque, ne se contentant pas de le repousser, mais envahit la Babylonie et la ravage. Il impose alors des souverains fantoches en Babylonie.
Cette situation ne plaît pas aux Kassites, qui se révoltent plusieurs fois et sont vaincus.
Mais la situation devient de plus en plus difficile pour l'Assyrie, qui perd des forces dans ces combats. Et elle empire quand le roi Elamite Kiten-Hutran III se mêle à la partie : il dévaste la région et rend la situation difficile pour les souverains imposés par les Assyriens, qui sont renversés l'un après l'autre.
Adad-shuma-iddina (1224-1215), qui règne à Babylone, est renversé par les dignitaires de cette ville vers 1215, à la suite d'une autre attaque de Kiten-Hutran.
Au début du XIIè siècle, le roi kassite Adad-shum-usur (1215-1189) réussit à vaincre le roi assyrien Enlil-kudurri-usur qu'il capture. Il peut ainsi reprendre pied à Babylone en même temps qu'il plonge l'Assyrie dans une période de troubles internes
Au sortir de ces conflits, la Babylonie et l'Assyrie sont considérablement affaiblies. La première a connu des années de conflits qui ont dévasté son territoire, tandis que la seconde a été perdue des forces dans ces combats et connaît des troubles internes.
La Chute des Kassites
A partir de 1200, l'Élam, où la nouvelle dynastie des Shutrukides a pris le pouvoir, devient de plus en plus menaçant.
Et en 1160, alors que Marduk-apla-idina avait réussi à stabiliser le pouvoir à Babylone, l'Élamite Shutruk-Nahhunte attaque envahit Babylone et la prend.
Il nomme son fils Kutir-Nahhunte gouverneur de la région, mais un kassite du nom d'Enlil-nadin-ahhe reprend le pouvoir momentanément, avant d'être destitué, au cours d'une nouvelle prise de la ville par les Élamites, qui s'achève par un pillage.
Ainsi prend fin, après plus de quatre siècles de domination, la dynastie Kassite.
Source : http://geocities.com/esagil1/babylone.htm
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