Igor Brevnjovski : Chronique d'un homme en exil

Les Alains : intégrés aux seins des peuples

Peuple scythique, probablement originaire d’Ossétie, les Alains (latin [H]alani, grec alanoi) sont des cavaliers nomades apparentés aux Sarmates du Kirghizstan et proches des Iazyges, Roxolans et Taifales.

Leur première mention est due à l’historien romain Flavius Josèphe durant le Ier siècle de notre ère : ce dernier nous apprend que « les Alains sont une tribu de Scythes, habitant aux bords du Tanaïs et du marais de la Méotide », c’est-à-dire entre le Don et la mer d’Azov (Guerre des Juifs, livre 7, VII, 4). A cette époque, les Alains apparaissent aux abords de la Perse où leurs incursions provoquent la chute des Parthes. Les Sassanides qui succèdent à ces derniers établissent en 226 un empire durable, refoulant les Alains aux confins du Don, de l’Oural et du Caucase ; les Alains y fondent alors un semblant de royaume éphémère.

Le périple des Alains

Le périple des Alains

  1. En 375, date du commencement des « Grandes migrations » des peuples, une partie d’entre eux prend la fuite devant les Huns de Balamber. Ces Alains franchissent le Rhin près de Mayence (Mogontiacum) durant la nuit de la Saint-Sylvestre (406 – 407), accompagnés principalement de Quades (ces derniers ont longtemps été confondus avec les Suèves en raison d’une mauvaise traduction de « Souabes ») et de Vandales (saint Jérôme, Lettre 123). D’abord alliés aux Vandales et aux Quades et emmenés par le roi Goar, les clans alains (autour de 50 000 individus ?) participent à l’écrasement des mercenaires francs conduits par le duc de Mayence ; aux côtés des autres envahisseurs germaniques, ils dévastent la Gaule romaine de 407 à 409 : Worms, Mayence, Strasbourg, Tournai, Arras, Amiens, Reims tombent à leur passage. Paris, Orléans, Tours sont menacés. Puis ils franchissent la Loire en 408 (incendiant au passage le castrum gallo-romain de Meung-sur-Loire). Cependant, au contraire de leurs compagnons d’armes, les Alains se divisent en plusieurs bandes armées.

  2. Une partie d’entre eux, menée par Goar, obtient un traité avec l’Empire romain : Aetius leur permet de s’installer sur la Loire, autour d’Orléans, mais les Alains, turbulents, sont très mal perçus par les autochtones. En 445–448, des Alains placés sous l’autorité d’un certain Eochar (selon la Vie de saint Germain) répriment la révolte des bagaudes d’Armorique pour le compte de Rome : il s’agit probablement des Alains de Goar. En 451, alors que leur roi est désormais Sangiban, ces mêmes Alains forment le centre du dispositif militaire mis en place contre les forces d’Attila aux Champs catalauniques (campus mauriacus) près de Moirey, dans la région de Troyes : ce rôle est principalement dû aux mérites de la cavalerie lourde alaine (les cataphracte, véritables « chars d’assaut » de l’antiquité).

  3. D’autres Alains, menés notamment par Sambida, se seraient fixés sur le Rhône autour de Valence, où ils furent aussi difficile à vivre que leurs cousins de la Loire. Enfin, une partie des Alains, conduite par Respendial, suit encore les Vandales et les Quades jusqu’en Hispanie (409). Là, ils errent sur les plateaux du centre de la péninsule ibérique et jusque dans la région du Tage. Les Vandales et les Quades s’établissent principalement en Galice, tandis que les Alains s’établissent surtout en Lusitanie. Ils en sont brutalement délogés en 418 par les Wisigoths.

Leur périple avec les Vandales se poursuit alors jusqu’en Andalousie : en 428, le vandale Genséric (Gaiseric ou Geiseric) y prend le titre de « roi des Vandales et des Alains » et emmène les 80 000 barbares qui le suivent en Afrique du nord. L’histoire des Alains s’y confond dès lors avec celle du « royaume de Carthage » : fondé par en 439 dans la Tunisie actuelle et dans l’est de l’Algérie, cet « État » disparaît en 534 lors de l’éphémère reconquête byzantine de l’Afrique. Par la suite, l’ensemble des envahisseurs alains, encore moins nombreux que les autres peuples barbares, se sont naturellement intégrés aux peuples voisins ou ont disparu, tandis que leurs lointains cousins restés à l’Est, après avoir survécu aux massacres des Mongols ou des Tatars de Tamerlan au XIIIe siècle et après avoir assimilé d’autres éléments caucasophones, vivent encore dans le Caucase sous le nom d’Ossètes (ou Osses). Ces derniers sont majoritairement de religion orthodoxe, avec une minorité (un tiers environ) musulmane.

Posté par Silverside le 09.08.10 à 19:20 - Commentaires (0) - Les Autres Peuples

Les Suèves : assimilés par les Wisigoths

Poussés sans doute par d’autres peuples migrants, les Suèves quittent la rive orientale de l’Elbe au Ier siècle avant notre ère. Ils forment un peuple disparate composé de différentes tribus dont celles entre autres des Quades, des Marcomans et des Semnons. Leur route vers le sud-ouest les amena aux abords de la Gaule sous leur roi Arioviste, dont Jules César, vainqueur d’Arioviste, les éloigne en -58. Dès lors, c’est sur la rive orientale du Rhin qu’ils se fixent, dans une région qui prend plus tard leur nom, la Souabe.

  1. En 406, dans les premières décennies des Grandes invasions barbares dans l’Empire romain (Wisigoths, Ostrogoths, Vandales et Alains parmi tant d’autres, poussés par les Huns), de nouvelles pressions migratoires les poussent à passer le Rhin sous leur roi Ermaric et accompagnés des Asdings, des Silings, et de plusieurs clans alains (nuit de la saint Sylvestre 406/407). Après avoir pillé la Gaule durant deux années, les Suèves franchissent les Pyrénées 409 toujours accompagnés de leur alliés et continuent leurs méfaits en Espagne. En 411, après un tirage au sort sur le partage de cette province romaine, ils s’installent dans le nord-ouest du pays (Galice et nord du Portugal actuels) et commençent à organiser un petit royaume avec principalement les villes de Braga, Lugo, Vigo, Tuy, Orense et Porto.

  2. Cherchant à agrandir leur domination vers le sud et l’est, en lutte contre les autres bandes armées barbares, ils sont battus par les Wisigoths en 418 et sont forcés de se cantonner en Galice. Àprès le passage des Vandales réunis et des restes des Alains en Afrique romaine 429, les Suèves tentent de nouveau la conquête de la péninsule ibérique mais doivent s’opposer aux pressions des Wisigoths qui tentent eux-aussi une domination sur le pays qui devient effectif sous leur puissant roi Euric autour de l’an 476. Une alliance entre les deux peuples est conclu, leur roi Réchiaire se converti à l’arianisme des Goths avec son peuple, et les Suèves accompagnent les Wisigoths du roi Théodoric pour combattre les Huns d’Attila aux Champs catalauniques (451).

  3. Les Suèves, païens et ariens faiblement christianisés, finissent au VIe siècle par entrer dans une longue période de tensions et de conflits avec les Wisigoths et se convertissent au catholicisme vers 550. Leur roi Chararic, devenu catholique, tente même un rapprochement avec les Francs, catholiques, contre les Goths, ariens, mais cela ne donne aucun résultat notable et le grand roi wisigoth Léovigild, révant l’unification de l’Espagne sous domination ariano-wisigothique commence bientôt la conquête du royaume suève en état de décomposition (à partir de 575) ; une importante minorité de Suèves, opposés aux catholiques notamment, refusent de servir le roi catholique Mirus. Au bout de dix années de lutte acharnées le royaume suève est finalement annexé en 585 au grand royaume wisigothique. Après quelques révoltes sporadiques en 586 et 587, les Suèves disparaissent de l’Histoire en tant que peuple et, de nouveau convertis au christianisme à partir de 589 (conversion officielle des Wisigoths), ils fusionnent avec les populations autochtones (d’ascendances celtibérique et lusitanienne) et wisigothiques.

Les Suèves laissèrent que très peu de traces dans la péninsule ibérique, malgré une présence de près de deux siècles en tant que peuple distinct. Les trouvailles archéoloqiques concernant le peuple suève sont concentrées essentiellement dans la région de Braga.

Posté par Silverside le 09.08.10 à 19:30 - Commentaires (0) - Les Autres Peuples

Les Burgondes : annexés par les Francs

Le peuple germanique des Burgondes (ou Burgondions), venu de la Scandinavie probablement de l’île de Bornholm et de la région norvégienne du Borgund, est mentionné pour la première fois par les romains au premier siècle de notre ère. Ils les situaient autour de la mer Baltique. Peu après, les Burgondes se fixèrent autour du cours moyen de la Vistule. Mais si les pérégrinations des Goths puis Vandales les conduisirent vers l’Europe orientale, les Burgondes, quant à eux, bousculés par la migration gothique, se déplacèrent à l’opposé, vers l’Ouest au cours du III°s apr. J.-C. Ils finirent par rencontrer les Alamans et choisirent de participer à leurs tentatives de percement du limes romain en 260 dans la région des Champs Décumates – situés entre le cours supérieur du Rhin et celui du Danube -. En 279, alliés aux Vandales, ils envahirent la Rhétie avant d’être vaincus et repoussés par l’empereur Probus. Par la suite, s’étant fixé au voisinage de l’Empire romain, les Burgondes développèrent des échanges commerciaux, économiques et culturels important avec ce dernier.

  1. Lors de la grande invasion de 406-407, les Burgondes participèrent au franchissement du Rhin gelé mais contrairement aux Vandales, Suèves et Alains, leurs invasions eurent une zone géographique limitée autour du Rhin en aval de Coblence et de Worms. Ce n’est qu’un peu plus tardivement que les Burgondes pénétrèrent plus en avant à l’intérieur de la Gaule. De plus, étant plus romanisés que la plupart des peuples germaniques du fait de leurs longs contacts avec les romains, l’influence Burgonde en Gaule, quoique incontestable, semble avoir été moins traumatisante que le choc qu’infligèrent les Goths, les Huns, les Vandales ou les Alains durant le premier tiers du V°s. Certes, en 411 les Burgondes soutinrent activement l’usurpation de Jovin mais dès 413, l’empereur Honorius leur octroya un foedus leurs concédant la garde des rives du Rhin. Le royaume rhénan Burgonde qui fut crée autour de Worms et en aval de Coblence entretint alors des relations amicales avec les romains tout en bloquant l’accès de l’Empire aux autres peuples germains.

  2. Cependant, à partir du règne du célèbre roi Gundahar - ou Guntiarius -, les Burgondes engagèrent une politique d’expansion rapide aux dépens des romains en s’emparant en 435 de Spire puis de Strasbourg. Mais le général romain Aetius envoya les Huns mettre définitivement fin à la récente menace Burgonde. Littéralement décimés par les Huns qui les anéantirent en 436, les Burgondes ne représentèrent plus aucune menace d’autant que leur royaume rhénan fut totalement détruit. C’est pourquoi Aetius, après avoir annihiler toute menace burgonde, choisit de les fédérer par un foedus en 443 qui regroupa les malheureux rescapés en les installant en Savoie, près du Lac Léman - afin qu’ils puissent protéger l’accès des cols alpins menant vers la Gaule contre les Alamans -, et en les intégrant dans l’armée romaine.

Depuis, les Burgondes demeurèrent absolument fidèles aux romains et purent même prendre leur revanche contre les Huns en luttant aux cotés des légions d’Aetius contre Attila aux Champs Catalauniques en 451 Puis, après avoir soutenu l’usurpation d’Avitus en 455, ils participèrent à l’expédition dirigée en 456 contre les Suèves établis dans la péninsule ibérique.

Fondation du second Royaume

Cette fidélité fut récompensée lorsque le roi burgonde Gondioc fut nommé en 461 maître des milices romaines et par conséquent chef de toutes les armées romaines en Gaule. Pourtant, Gondioc rompit rapidement avec Rome en lançant une attaque contre Lyon en 462 qu’il s’empara mais qui fut ensuite reprise temporairement par l’empereur Majorien avant d’être à nouveau reconquise par les Burgondes. Gondioc se proclama alors roi en 463 et fonda le second royaume Burgonde avec Lyon pour capitale. Puis, en 472-474, ils menèrent deux offensives, l’une vers le Nord pour s’emparer d’Autun et de Langres, l’autre vers le Sud pour prendre Vaison et Enbrun. Les limites du royaume Burgonde atteignaient alors la Champagne et les Alpes maritimes tout en incluant le couloir rhodanien et une partie de l’Helvétie.

Le Royaume Burgonde au Ve Siècle

Le Royaume Burgonde au Ve Siècle

En 476, l’Empire romain d’occident cessa d’exister puisqu’il fut officiellement réunit à l’Empire d’Orient mais ce dernier, trop éloigné, ne pouvait plus exercer le moindre contrôle réel en occident sur les peuples barbares. Reconnut par tous les rois barbares comme étant leur empereur tout du moins nominalement, Zénon rechercha un allié pour faire exercer son autorité théorique. Ainsi, en 477, il octroya au roi Burgonde Chilpéric le titre de maître des milices des Gaules.

Fils de Gondioc, Gondebaud succéda à son oncle Chilpéric en 480 mais afin d’asseoir son pouvoir, il tua son frère et fit noyer la femme de ce dernier et exila ses nièces dont Clotilde qui épousa par la suite Clovis. Sa puissance se fondait sur le titre honorifique de “Patrice des Gaules” que l’empereur lui concéda. Après avoir soutenu en vain Odoacre contre Théodoric Ier en 490, Gondebaud s’attacha à préserver son autorité contestée par son second frère Godegisil – ou Gondegisèle -. Il dut alors réprimer férocement cette révolte. Or, Gondegisil avait contracté une alliance avec le roi franc Clovis qui en profita pour intervenir en 500 pour aider son allié et surtout en profiter pour s’emparer de Vienne. Ayant été défait par Clovis à Dijon, Gondebaud jugea préférable de laisser la vie sauve à son frère et de se réconcilier avec lui plutôt que de devoir affronter à nouveau le redoutable roi franc. Face au rétablissement de l’unité burgonde, Clovis choisit de ne pas poursuivre l’offensive et Gondebaud reprit Vienne dès 501. Pourtant, un nouveau différend naquit entre les deux frères puisque peu de temps après, il tua son frère lors d’une seconde guerre fratricide.

Seul roi en 502, il rédigea la célèbre “loi Gombette”, code juridique compilant toutes les lois concernant les Burgondes. Il développa une administration imitée de celle de Rome qui consolidait son contrôle sur toute l’étendue de son royaume. Grand organisateur, Gondebaud savait utiliser les opportunités qui se présentaient pour accroître sa puissance. En 507, après la bataille de Vouillé, Gondebaud, allié à Clovis, lança une expédition commune avec les Francs contre la Provence mais ils furent repoussés par les Ostrogoths de Théodoric Ier venus d’Italie pour sauver leurs cousins de l’anéantissement. Gondebaud perdit ainsi Arles en 509.

Jusqu’en 516, les Burgondes demeuraient ariens mais ils pratiquaient une politique de grande tolérance envers les chrétiens contrairement aux Vandales ou aux Wisigoths. De nombreux conseillers du roi furent des évêques qui soutinrent ainsi le pouvoir royal de Gondebaud et organisèrent l’administration burgonde. En 505, l’évêque de Vienne, Avit, parvint à convertir Sigismond II, fils de Gondebaud. Lorsque ce dernier devint roi en 516, l’ensemble des Burgondes se convertit à son tour, à l’exemple de son roi. Cette conversion n’empêcha pas Sigismond de garder une certaine brutalité typiquement barbare puisqu’il n’hésita pas à étrangler en 522 son propre fils Sigéric accusé à tort de complot par la seconde épouse de Sigismond.ipèrent à l’expédition dirigée en 456 contre les Suèves établis dans la péninsule ibérique.

Annexion du Royaume

Préoccupé par les menaces intérieures qui pouvaient déstabiliser leurs pouvoirs, les rois des Burgondes ne semblèrent pas réaliser que la fulgurante expansion du royaume franc faisait peser une sourde mais réelle menace concrétisée dès 523. En effet, à cette date, les Francs attaquèrent son royaume. Sigismond fut capturé et exécuté par Clodomir à Orléans. Cependant, les Francs ne purent annexer le royaume Burgonde puisque le frère et successeur de Sigismond, Gondomar III, organisa une farouche résistance et parvint à les repousser. L’année suivante, en 524, une seconde campagne franque fut menée contre les Burgondes mais fut à nouveau repoussée grâce à la victoire de Vézéronce. Mais cette fois-ci, le roi franc Clodomir fut à son tour fait prisonnier et subi en représailles la décapitation. Les Burgondes se vengeaient ainsi de la mort de leur ancien roi. Finalement, une coalition de tous les rois mérovingiens se lança à la conquête du royaume des Burgondes. La bataille d’Autun en 534 scella la fin de l’indépendance burgonde et le royaume fut totalement annexé en 535.

Désormais, la région devint un royaume franc, la Bourgogne.

Posté par Silverside le 09.08.10 à 19:46 - Commentaires (0) - Les Autres Peuples

Les Alamans : assimilés par les Francs

Les Alamans tirent leur nom du vieux haut allemand Alle Mannen signifiant “tous les hommes”. Par la suite, le terme se transforma en allemand pour désigner indistinctement toutes les populations de Germanie. Cette expression exprime et souligne parfaitement le fait que ce peuple ne constitue qu’un conglomérat de diverses tribus germaniques d’origine très variée, à l’instar des Francs, dont nous ignorons la composition précise. En effet, les Alamans se présentèrent souvent sous une forme de ligue de divers peuples germains parmi lesquels on retrouve parfois des Francs lors de leurs attaques contre les Romains. Cependant, malgré la diversité de leurs origines, certains travaux historiques estiment que les Alamans sont un peuple germain apparenté aux Suèves.

De Simples Expéditions

Les Alamans se situaient dans la région comprenant les sources et les cours supérieurs du Rhin et du Danube, proche des provinces romaines de Rhétie et des Champs Décumates. La première mention de cette ligue barbare date de 213 apr. J.-C., sous le règne de Caracalla lorsque les Alamans envahirent la Rhétie et la Germanie qu’ils pillèrent avant de subir une terrible défaite de la part de l’empereur.

Expansion des alamans du IIIe siècle au VIe siècle

Expansion des alamans du IIIe siècle au VIe siècle

De fait, les Alamans mirent vingt ans avant de reconstituer leurs forces et d’attaquer à nouveau l’Empire sous le règne de Sévère Alexandre en 234-235 et incendièrent Strasbourg. Par la suite, les attaques des Alamans s’égrènent le long du III° siècle notamment en 244 en Germanie supérieure et en Alsace, ainsi qu’en 253-254. Cette dernière expédition dévasta la Rhétie avant d’être repoussée. Durant ces attaques, ils furent soutenus par des Francs. Plus tard, une nouvelle ligue alémanique se forma en 256 mais fut écrasée par l’empereur Gallien.

  1. L’Empire, affaiblit par l’anarchie du III° siècle, dû de nouveau affronter la ligue Alémanique en 258 car les Alamans s’étaient emparés des champs Décumates et dévastaient la province romaine de Germanie, la Gaule, et la Rhétie en 259 avant d’arriver en Italie du Nord où ils ravagèrent la plaine du Pô. Mais cette expédition fut finalement écrasée à Milan par Gallien qui parvint ainsi à les refouler et rétablir le limes. Cependant, les Alamans renouvelèrent leurs exploits en 268 en rompant de nouveau le limes en Rhétie et pillant une nouvelle fois l’Italie du Nord et la plaine du Pô avant d’être défaits au lac de Garde en 269.

  2. Cette défaite ne suffit pas à les décourager. Dès 270, ils attaquèrent la Pannonie, franchirent les Alpes, arrivèrent une nouvelle fois en Italie, et ravagèrent encore la plaine du Pô. Mais cette fois-ci, la menace fut extrêmement grave et sérieuse puisque les Alamans parvinrent jusqu’à 130 Km de Rome. Mais lors du trajet de retour, les Alamans, ralentis par le fabuleux butin amassé et par le long cortège des prisonniers asservis, furent défaits lors de la bataille de Pavie et lorsqu’ils tentèrent de franchir le Danube. Après cette expédition, les romains consolidèrent le limes romain protégeant la péninsule italienne si bien que les Alamans, découragés, changèrent de proie.

  3. Se détournant de l’Italie, ils déferlèrent en 275 en Gaule qui fut totalement ravagée. Toutes ces attaques incita l’empereur Probus à ramener la frontière romaine près des fleuves du Rhin et du Danube. Il évacua les Champs Décumates qu’il abandonna en 277 au profit des Alamans tout en chassant de l’Empire tous les Alamans. En revanche, il fortifia la nouvelle frontière romaine.

  4. Cette retraite des romains ne les mit pas à l’abri des raids de ce peuple dangereux. De 283 à 286, les Alamans franchirent le Rhin et commirent des razzias en Gaule avant d’être vaincus par l’empereur Maximien. La longue énumération des attaques de pillages des Alamans se poursuit en 288 où ils furent encore défaits par l’empereur Maximien, et en 297 contre le Rhin. De nouveaux raids furent organisés en 306, 310 et de 313 à 315 en relation avec les Francs. Toutes ces expéditions ne visaient qu’à piller le riche Empire romain, ramener des prisonniers asservis et du butin. Elles furent donc ponctuelles et le plus souvent localisées donc en définitive peu dangereuse dans la mesure où les Alamans retournaient vers leurs pays après chaque incursion même si elles affaiblissaient l’Empire.

Puisque de nombreux peuples germaniques migrèrent vers l’Empire romain d’occident, les Alamans occupèrent les terres de la Germanie occidentale plus ou moins délaissées par les romaines tout en gardant un foyer d’occupation généralement situé entre les Vosges et le Jura. De là, ils persistèrent à organiser de multiples raids dévastateurs dans l’Empire.

Sous Domination Franque

Lors de la Grande Invasion de 406-407, les Alamans ne voulurent plus entreprendre de simples expéditions de pillages mais espéraient cette fois-ci véritablement s’installer dans l’Empire. De fait, ils s’étendirent lentement vers le Nord et le Sud et, en 406, occupèrent l’Alsace et le Palatinat avant de subir une contre-offensive romaine menée par Aetius. Ce dernier bloqua les Alamans en installant les Burgondes en 443 en Savoie afin de lutter contre eux. L’accès de la Gaule ayant été provisoirement verrouillé, les Alamans pénétrèrent alors en 457 en Italie du Nord avant de revenir pour attaquer la Franche-Comté entre 470-480. Finalement, ils se fixèrent dans une région appelée la Suisse dite alémanique à la fin du V°s jusqu’à l’Iller, un affluent du Danube.

Mais l’expansion alémanique se heurta violemment contre celle les Burgondes et surtout contre celle des Francs qui les vainquirent à Tolbiac (Zülpich). Cette bataille stoppa définitivement leur expansion. Par la suite, en 506, menaçant les Francs Rhénans, les Alamans furent défait par Clovis qui poussa son avantage pour annexer la partie rhénane de leur territoire. Abandonnés par leurs alliés Ostrogoths alors en lutte contre la reconquête byzantine de l’Italie, les Alamans se trouvaient très isolés. C’est pourquoi le roi franc Théodebert en profita pour attaquer les Alamans et annexer la totalité du royaume alémanique en 536-537. Il envoya également en Italie un corps expéditionnaire pour lutter contre une armée alamane qui soutenait les ostrogoths. Dès lors, les mérovingiens créèrent un duché alémanique relativement autonome et se contentèrent d’un protectorat.

Ce dernier se rebella à de nombreuses reprises mais il fut à chaque fois réprimé par les Francs. Toutefois, les Alamans reprirent leurs progressions en Helvétie après la chute du royaume Burgonde avant d’atteindre la région d’Avenches où ils infligèrent cette fois-ci aux Francs l’humiliante défaite de Wangen en 610. Si les représailles et les massacres franques furent importantes, elles n’empêchèrent pas une partie des Alamans de s’établir sous la forme d’un habitat diffus autour de Besançon et de la Franche-Comté ainsi qu’en Bourgogne.

Afin de mettre fin à la large autonomie dont jouissait l’Alémanie et de rétablir la domination franque sur cette région, Pépin de Herstal entreprit 4 campagnes militaires entre 709 et 712 afin de soumettre le duc révolté des Alamans Willehari. En 730, le duché est de nouveau soumit après la révolte du duc Lantfred. Charles Martel imposa alors un code juridique commun aux Alamans et aux Bavarois, ce qui impliquait ipso facto la perte du particularisme Alamans. Les derniers soubresauts de révoltes eurent lieu lorsque Griffon se souleva contre ses frères Pépin le Bref et Carloman en 747, avec l’appui des Alamans. Mais défait, les Alamans virent Carloman massacrer l’aristocratie d’Alémanie. L’Alémanie se résigna alors à vivre sous les souverains carolingiens.

Posté par Silverside le 09.08.10 à 19:54 - Commentaires (0) - Les Autres Peuples

Autres Peuples

Les Skires

Les Skires forment un peuple germanique connu par les romains dès le III°s avant notre ère. Ces derniers les situaient sur le pourtour de la mer Noire. En fait, ils arrivèrent à l’embouchure du Danube vers 230 av. J-C. en compagnie des Galates, une tribu gauloise, selon un itinéraire passant par l’isthme mer Baltique-mer Noire. S’établissant dans la région des Carpates et sur le cours moyen du Danube, ils devinrent de véritables ennemis du royaume grec de Macédoine puis de la république romaine. Cependant, le passage des Goths à travers leur aire d’installation au cours du III°s apr. J-C. incita les Skires à les suivre dans leur migration. Mais s’ils demeurèrent totalement indépendants vis-à-vis des autres peuples barbares et de Rome, ils se distinguèrent avec éclat grâce à l’action d’Odoacre

Odoacre

Odoacre

Fils du roi Edicca tué en 469 par le roi Ostrogoth Thiudimer, Odoacre était un prince barbare parfaitement romanisé puisque à l’instar de son frère aîné Hunwulf qui fit une brillante carrière dans l’administration romaine d’Orient, Odoacre se mit au service de l’empereur d’Occident Anthémius en tant que officier des gardes du corps de l’empereur. Mais il trahit néanmoins ce dernier en se tournant vers son adversaire le maître des milices Ricimer. La puissance de Ricimer semblait alors sans égale puisqu’il plaça sur le trône puis défit successivement deux empereurs à savoir Olybrius en 472 et Glycérus en 473. Mais Ricimer chuta pourtant lors de l’avènement de l’empereur Népos en 474 qui l’exila pour le remplacer par Oreste. Ce dernier parvint par la suite à placer sur le trône impérial son propre fils, Romulus Augustule. Ayant perdu son principal protecteur, Odoacre se révolta en 476 contre Oreste en acceptant de se faire proclamer roi à Pavie par les troupes de mercenaires barbares stationnés en Italie. Après avoir vaincu et tué Oreste, il déposa le fils d’Oreste qui entra dans l’histoire en devenant le dernier empereur romain d’Occident.

Mais les contemporains n’eurent pas conscience de la mort de l’empire d’Occident, bien au contraire. Le fait qu’il ne se proclama pas empereur et surtout qu’il laissa le trône vacant impliquait en théorie la réunification de l’Empire sous le diadème de l’empereur d’Orient Zénon. La réelle révolution provenait du fait que pour la première fois dans toute la longue histoire de Rome, un barbare exerçait la plénitude du pouvoir romain bien qu’il dédaigna le titre impérial au profit de celui de Régent.

Si le rôle joué par Odoacre fut déterminant et se répercuta dans l’ensemble de l’Empire, il se distingue surtout dans sa volonté de consolider l’Empire d’Occident en conciliant les romains, l’armée, le pouvoir impérial et les barbares, mettant ainsi fin à la longue crise institutionnelle de l’empire romain. Reconnut en tant que Régent par le Sénat de Rome et par l’empereur Zénon, Odoacre s’employa à panser les plaies de l’Italie en lui apportant une paix salvatrice et bienfaitrice tant interne qu’externe. Afin d’écarter de la péninsule italienne toute menace, il céda les provinces qu’il ne pouvait défendre : la Provence et la Tarraconaise en 477 qu’il donna aux Wisigoths, et la Norique en 488. En revanche, il écrasa les alliés des Goths, les Ruges, durant la bataille de Vienne en 487 afin de demeurer le maître de la péninsule italienne. Par sa triple position de Régent officiellement reconnu et légitimé par Zénon, de Roi des Skires et de chefs des armées barbares comprenant des Hérules, Odoacre se conciliait à la fois les romains et les barbares et maintenait la paix intérieure.

Malheureusement, son œuvre ne résista pas de son vivant. Lorsque l’empereur Zénon envoya les Ostrogoths de Théodoric Ier contre Odoacre en 487, ce dernier lutta farouchement après avoir proclamer son fils Théla empereur. Il dut finalement s’incliner en 493 après avoir longtemps résisté durant le siège de Ravenne. Ayant conclu un accord avec Théodoric Ier qui prévoyait de régner en commun, il se rendit à ce dernier qui l’exécuta par surprise ainsi que toute sa famille. Le peuple Skire ne résista pas à cette défaite et disparut avec leur roi.


Les Hérules

Les Hérules sont un peuple germanique appartenant au groupe ostique, ou groupe des Germains dits « orientaux », issus de Scandinavie, comme les Goths, les Vandales, les Burgondes, et les Gépides entre autres. Peu connus, les Hérules apparaissent comme un peuple mineur mais seront souvent signalés dans les raids gotiques et notamment sur la Mer Noire, où ils se découvrent vite une vocation de pirates. Ils sont mentionnés pour la première fois dans les sources romaines au IIIe siècle lorsqu’en 268 et 269, ils prennent part à une coalition barbare qui réunit les Peucins et les Carpes, petites peuplades germanique, mais également des Gépides, et surtout des Goths. L’armée rassemblée, qui aurait compté plus de 300 000 guerriers (chiffre certainement éxagéré par les chroniqueurs romains et grecs), attaque les forces de l’empereur Claude II le Gothique sur le Danube. Par la suite, il est fait mention d’eux au moment des Invasions barbares, à partir de la seconde moitié du IVe siècle.

  1. Au IIIe siècle, un autre peuple germanique, les Lombards, alors établis en Pannonie et qui ne font irruption en Occident qu’en 568, sont alliés ou sont vassaux des Hérules. Au Ve siècle, ces derniers possèdent un semblant de royaume le long du Danube, bien qu’étant sans doute peu nombreux : c’est probablement de là que part la bande armée dont Odoacre, par ailleurs un des leurs déjà établi en Italie, prend la tête. Ce dernier incendie Pavie, pille Rome et dépose l’empereur Romulus Augustule, se faisant proclamer « Roi d’Italie» (476). Cet épisode est surtout connu pour avoir été interprété par l’Historiographie comme la chute officielle de l’Empire romain d’Occident.

  2. Tous les Hérules ne semblent pas toutefois, s’être établis sur le Danube entre le IIIe siècle et le Ve siècle. Un détachement hérule est en effet attesté durant les années 400/407 dans des bandes armées barbares, aux côtés de Frisons et de Saxons, qui font de la piraterie en Mer du Nord et sur les côtes de la Manche. Ceux-là mettent à mal les défenses côtières de l’Empire romain (la marche militaire côtière d’Armorique ou Litus armoricus) et établissent des postes avançés d’observation ou de petits établissements de peuplement jusque sur la côte atlantique. C’est ainsi qu’ils iront jusqu’en Espagne, et qu’en 456, environ 500 pirates hérules seront signalés sur les côtes cantabriques et de Galice, embarqués sur 8 navires. Certains même, se fixeront sur la côte espagnole et continueront la piraterie.

  3. Après l’an 476, d’autres Hérules servent dans l’armée de Théodoric le Grand, s’intégrant aux Ostrogoths que l’empereur d’Orient, Zénon, a chargé de récupérer l’Italie, alors aux mains des mercenaires barbares d’Odoacre. Vers 491, Théodoric, vainqueur des Vandales noue des contacts avec les Hérules danubiens pour se prémunir de la pression des Alamans. Odoacre est quant à lui renversé par Théodoric en 493 et sa bande armée est chassée d’Italie, alors que le roi goth fonde le royaume de Ravenne. Les Hérules, revenus sur le Danube sous la conduite de leur roi Rodulf, seront sévèrement battus en 510 par les Lombards: beaucoup d’entres-eux retourneront en Scandinavie.

En 550, la présence d’environ 3000 mercenaires hérules est encore attestée le long de la ligne de défense danubienne ou limes danubien, à Sirmium et à Singidunum, mais ceux-ci avaient été établis là vers 510. N’oublions pas aussi que des contingents hérules serviront Byzance dans sa guerre contre les Vandales d’Afrique en 533 et 534, ainsi qu’en Italie sous la conduite du vieux général eunuque (et nain) Narsès, contre les Ostrogoths, à partir de 551. Ils disparaîtront en tant que peuple distinct avant le milieu du VIIe siècle, ceux du Nord fusionnant avec Frisons et Saxons, certains retournant même dans leur patrie d’origine, en Scandinavie, qu’ils avaient pourtant quittés des siècles plus tôt (ce qui démontre bien l’attachement aux origines même lointaines et peut-être la survivance de liens étroits avec les populations nordiques), d’autres fusionnant avec Ostrogoths et Lombards.


Les Thuringiens

Certaines tribus, notamment des Angles et des Warnes se regroupèrent au IVe siècle pour former la ligue des Thuringiens. Établis entre l’Elbe et le Main au début du Ve siècle, ils furent soumis au protectorat des Huns avant de créer un éphémère royaume en Germanie intérieure, une fois émancipés de la domination de ces derniers (ap. 453) ; se heurtant aux Francs au début du VIe siècle, ils disparurent en tant que nation avant la fin du VIIe siècle. Leur roi Bisin développa des relations diplomatiques avec les Lombards et surtout les Ostrogoths puisque le fils de Bisin, Hermenfrid (ou Hermanfried), épousa une fille de Théodoric, Amalaberge. Or, le frère d’Hermanafrid, Baderic, désireux de s’emparer du pouvoir, fit appel à Thierry Ier qui écrasa les Thuringiens en 529 puis organisa une seconde expédition en 531 où Herminafrid trouva la mort. Théodebert Ier annexa alors leurs territoires et créa le duché de Thuringe allant de l’Elbe jusqu’à la Saale.

Toutefois, cette annexion demeura provisoire et les Thuringiens gardèrent une très grande indépendance, bien que nominalement sous la domination franque. Ainsi, les Francs se contentèrent d’un protectorat plus ou moins accentué sur cette région. De nombreuses révoltes s’enflammèrent contre la domination franque sous le règne de Clotaire Ier, Childebert II, puis sous Dagobert Ier. Ce dernier installa alors le duc Radulf. Cependant, en 640, Radulf se rebella et vainquit les Francs avant de proclamer son indépendance en 641. Après avoir vaincu le maire du Palais Grimoald et le roi Sigebert II, il repoussa les Wendes avant de se proclamer roi. Son successeur Hétant puis son fils Gozbert maintinrent l’indépendance du nouveau royaume jusqu’au règne d’Hétant II. Finalement, Charles Martel rétablit la domination franque en anéantissant le royaume Thuringien.


Les Bavarois

Les Bavarois sont un peuple germain dont l’origine est fort obscure. Ce peuple se distingue par le fait qu’il s’installa très tardivement en Germanie, entre 488 et 539 dans la région située entre l’Iller et l’Enns, ce qui lui permit de contrôler toute la rive droite du Danube. Il est probable qu’ils remplirent le vide laissé par la migration lombarde qui se dirigeait alors vers la Pannonie. Si en 551, les sources romaines les signalent pour la première fois lorsqu’ils franchirent le limes, ils ont surtout la particularité de n’avoir plus désiré quitter leur aire d’implantation, à l’inverse des autres peuples barbares, ni de mener une quelconque politique expansionniste ou de pillage. Il est cependant certain que leur habitat s’étendit progressivement puisqu’en 565, ils atteignirent la vallée de Lech, établirent une frontière commune avec les Alamans à l’Ouest et s’étendirent vers le fleuve Enns en 600. Toutefois, cette lente progression n’eut aucun caractère militaire et fut le fait d’une pacifique installation. Une autre caractéristique provient de la rapide organisation étatique qu’ils se donnèrent sous la direction des ducs de la dynastie des Agilofingiens qui cimenta ce peuple déjà fort homogène.

Mais les Bavarois furent soumis en 555 par Clotaire Ier qui écrasa leur duc Gardald - ou Garibald -. Néanmoins, le duché qui y fut érigé garda une très large indépendance tout en demeurant fidèle aux mérovingiens puisqu’il n’y eut pas de grandes révoltes à l’inverse des Alamans. Cependant, un revirement progressif lié au déclin mérovingien se fit jour sous le duc Théodon (mort en 717) qui organisa l’église non pas selon le modèle franc mais sur celui de Rome tout en développant d’étroite relation avec les Lombards. Ces prémisses de détachement furent suffisamment inquiétant pour inciter Charles Martel à diriger deux campagnes militaires, en 725 et 728, et à rétablir l’autorité franque. De plus, une crise de succession du duché en 736 permet au maire de palais franc d’imposer comme duc Odilon en 737 et d’affermir ainsi la domination mérovingienne. Toutefois, Odilon choisit de soutenir Griffon contre Pépin le bref et Carloman, et souleva la Bavière contre les Francs mais la victoire de ces derniers mit fin à toutes velléités d’indépendance et la Bavière perdit son autonomie.

Lorsque le duc Odilon mourut en 749, Pépin installa à la tête de ce duché son neveu, qui était également le propre fils d’Odilon, Tassilon III. La jeunesse du nouveau duc permit à Pépin d’y exercer sa tutelle jusqu’en 757. Le rapprochement de la Papauté envers le premier roi carolingien et la conquête du royaume Lombard par Charlemagne privèrent le duc Tassilon III des deux alliés traditionnels de la Bavière. C’est pourquoi Tassilon III, désireux de rétablir l’indépendance de son duché oeuvra pour développer son duché afin qu’il puisse devenir suffisamment puissant pour résister aux Francs. Il s’attacha ainsi à améliorer et compléter le code législatif bavarois tout en favorisant le développement de monastères qui lui offraient un soutien inappréciable. Se sentant suffisamment puissant, il rompit brutalement en 787 en refusant de répondre à une convocation de Charlemagne. Ce dernier envahit aussitôt le duché et contraignit Tassilon III de se soumettre à Lechfeld. Ne disposant d’aucun allié, le duc de Bavière se tourne alors vers les terribles Avars et, après avoir noué une alliance avec eux, se révolta en 788. Mais Charlemagne le fit prisonnier et, à la l’assemblée judiciaire d’Ingelheim, le déposa de ses titres avant de le condamner à mort. Ayant commué en détention perpétuelle à l’abbaye de Jumièges, Charlemagne entreprit par la suite d’écraser les Avars avant de placer la Bavière sous l’administration directe des francs. L’autonomie bavaroise avait vécu.


Les Sarmates

Les Sarmates (Sauromates pour les Sarmates protohistoriques) sont un ancien peuple scythique de nomades des steppes, appartenant sur le plan ethno-linguistique au rameau iranien septentrional du grand ensemble indo-européen. Ils étaient établis à l’origine entre le Don et l’Oural. L’Histoire des Sarmates est connue indirectements par les historiens grecs, puis romains de la période et grâce à de nombreux témoignages archéologiques ou toponymiques. Les probables Sarmates protohistoriques (connus sous le nom de Sauromates) participèrent notamment aux expéditions des Scythes contre Darius au Ve siècle avant notre ère. Ils sont connus chez Hérodote. Les Sarmates historiques apparaissent au IVe siècle avant notre ère (Eudoxe de Rhodes) et s’étendent depuis l’Oural au détriment des Scythes européens. C’est aux IIIe - IIe siècles av. J.-C. que les Sarmates supplantent ces derniers en Ukraine. Leur poussée vers l’ouest se poursuit jusqu’au Ier siècle : on trouve leurs traces de la mer Baltique jusqu’à la mer Caspienne.

A partir du Ier siècle av. J.-C., alors qu’ils dominent la steppe européenne, on distingue plusieurs (4?) tribus sarmates. Les Iazyges, les Urges, les Roxolans et les Scythes royaux qui reconnaissaient l’autorité d’un roi vont former une coalition. Certains groupes de Sarmates obtinrent le statut de fédérés (alliés pouvant résider dans l’empire, contre service militaire, par fœdus (traité), par Rome pour protéger les camps situés sur la voie Agrippa construite en 40 après J.-C. sur l’axe Rome - Boulogne-sur-Mer tel que celui de Cora dans l’Yonne. Trois des cinq villes nommées Sermaise en France doivent leur nom à ces différents relais. Cavalier sarmate (Antiquité tardive)Les Sarmates étaient à l’origine nomades, éleveurs et guerriers. Leur cavaliers devinrent célèbres dans tout l’Empire romain pour être entièrement couverts de cuirasses, autant que leurs chevaux. Une partie des Sarmates fut soumise par les Goths entre 200 et 300. Au IVe siècle de notre ère, les principaux groupes sarmates étaient les Roxolans et les Lazyges de Pannonie, à la frontière romaine, et les Alains d’Ukraine et de Russie méridionale, voisins des Ostrogoths. En 376, les Sarmates de la Mer noire s’allièrent aux Huns pour détruire le royaume des Goths et prirent part aux invasions hunniques du Ve siècle en Europe occidentale.


Les Marcomans

Les Marcomans (latin m. marcomani) sont un peuple germanique occidental, connu notamment grâce à l’historien romain Tacite qui les situe entre Naristes et Quades, dans l’actuelle Moravie.Au début du premier siècle de notre ère, ces derniers créent un royaume éphémère « centré sur la Bohême qui venait d’être enlevée aux Celtes (9 av. – 19 apr. J.-C.). » (Lucien Musset) ; leur plus grand roi, Marobod avait été otage à Rome durant sa jeunesse. C’est également vers cette époque que naît l’alphabet germanique runique, ou Futhark, dont les Marcomans sont peut-être les auteurs. Au IIe siècle de notre ère, les Marcomans, établis sur le bas-Danube, font peser, avec les Quades, une menace constante sur le limes danubien (la frontière de l’Empire romain), probablement sous la pression des Goths et des Gépides. En 166–167, les Marcomans sont alliés aux Lombards et tentent d’entrer de franchir le Danube en Pannonie (Hongrie actuelle) Ils réalisent plusieurs incursions sur le territoire impérial, jusqu’en 180 : en 169, ils sont vaincus avec les Quades par l’Empereur Marc-Aurèle et soumis pendant un temps, mais se révoltent à nouveau. À la fin du IVe siècle, les Marcomans affrontent une nouvelle menace avec l’arrivée des Huns : dans le sillage de ces derniers, ils quittent leurs terres et se dirigent vers la Gaule.


Les Quades

Les Quades (latin m. quadi) sont un peuple germanique occidental, peut-être d’origine germano-celtique, connu notamment grâce à l’historien romain Tacite. Les Suèves ont longtemps été confondus avec les Quades, en raison d’une confusion avec le terme « souabe ». En réalité, les Quades sont surtout à rapprocher de leurs plus proches voisins germaniques, les Marcomans, avec lesquels ils partagèrent nombre de combats contre Rome. L’origine exacte des Quades est inconnue. Ils s’établirent très tôt dans l’actuelle Moravie. Tacite (La Germanie, XLII, 1), les situe ainsi : « À côté des Hermundures, vivent les Naristes et, à leur suite, les Marcomans et les Quades. La gloire et la puissance des Marcomans font leur supériorité, tout comme leur territoire qu’ils ont acquis par leur bravoure en expulsant autrefois les Boiens. Les Naristes et les Quades les valent bien. Ils forment en quelque sorte le front de la Germanie de bout en bout sur toute la rive du Danube. » Rapidement, ils devinrent semble-t-il des alliés récalcitrants de Rome. Ainsi, à l’époque augustéenne, le futur roi des Marcomans, Marobod, avait été hotage à Rome dans sa jeunesse. Du roi des Quades cité par Tacite, Tuder, on ignore tout.

En tous cas, ils entretenaient une « alliance » malaisée avec Rome sous Domitien, vers 80. À ce dernier, ils refusèrent de fournir des auxiliaires contre les Daces. Vers la même période (la date est incertaine), ils détruisirent une légion romaine. Ils affrontèrent également les troupes de l’Empereur dans une campagne qui s’avéra désastreuse pour Rome, en 89. Au IIe siècle, les Quades chassèrent les Daces qui, établis au sud de l’actuelle Slovaquie, avaient été soumis par Rome à la fin du siècle précédent. Les Quades exercèrent alors une pression constante sur le limes danubien avec leurs voisins du sud (à savoir une autre peuplade germanique établie sur le bas-Danube, les Marcomans). Ayant franchi le Danube en 167, puis se heurtant aux armées romaines, ils repassèrent le fleuve en 168, après avoir demandé la paix à Rome. Menaçant à nouveau les frontières de l’empire, ils furent défaits sur leur propre territoire par Marc-Aurèle en 169, dans une coalition malheureuse avec les Marcomans. Soumis pendant un temps, ils se révoltèrent en 177.

Au IIIe siècle, les Quades sont à nouveau défaits aux côtés des Carpes par Philippe Ier l’« arabe » (en 247). À l’été 375, ils sont défaits par Valentinien Ier qui, d’ailleurs, serait mort d’un accès de colère contre leurs ambassadeurs, en novembre de la même année. C’est à la fin du IVe siècle qu’une nouvelle menace apparaît : les Huns soumettent ou dispersent les Quades, comme de nombreux peuples germaniques, entraînant les « invasions barbares ». Ainsi, en 406, des Quades franchissent le Rhin aux côtés des Vandales. Ils suivent ces derniers au-delà des Pyrénées en 408, avant de conquérir l’actuel León et de fonder un royaume en Galice. Finalement, éclipsée au temps de l’empire d’Attila (jusqu’en 453), la présence des Quades – et plus généralement des Germains – sur le Danube s’achève lorsque les Slaves s’installent dans la région.


Les Taifales

Les Taïfales sont un peuple barbare probablement d’origine mongole, et qui n’eut jamais une très grande importance. Ils accompagnent les Sarmates sur le Danube, et on les retrouve affrontant les Goths en 332. Après ce combat, ils signent un contrat (fœdus) avec Rome. Aux termes de ce contrat, certains sont autorisés à entrer légalement et pacifiquement dans l’empire, à s’y installer et à y cultiver des terres, moyennant une participation à la défense de l’empire. Des clans qui s’étaient alliés à des Goths pour attaquer l’empire en 377 sont battu et les survivants installés dans le Nord de l’Italie et en Gaule comme colons-cultivateurs. En 378, des Taïfales sont mentionnés parmi les tribus accompagnant les Huns dans leur invasion de la Thrace et on retrouve leurs descendants en 451 combattant aux champs Catalauniques aux côtés d’Attila, tandis que d’autres suivent les Wisigoths dans l’empire après leur victoire sur l’empereur Valens à la bataille d’Andrinople.

L’histoire de ces derniers, peu nombreux, se mêle à celle des Wisigoths jusqu’à l’installation de ces derniers en Aquitaine en 418. Peu après, ils s’installent dans le Nord du Poitou : une tribu est cantonnée à Poitiers, une autre s’installe dans le Bas-Poitou, vers Montaigu et Les Herbiers(Vendée) et aurait donné son nom au pays de Tiffauge. La commune de Taphaleschat, en Corrèze, doit son nom étrange à ce peuple, ainsi que les noms de Toufailles et Toufailloux, en Aquitaine et même celui de Chaufailles (anciennement Taïfailia) en Bourgogne. Grégoire de Tours mentionne encore des Taïfales au VIe siècle, qui ont gardé un patronyme reconnaissable. Leur dernière mention en tant que groupe distinct date de l’an 561.

Posté par Silverside le 09.08.10 à 20:02 - Commentaires (0) - Les Autres Peuples

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