Le Déclin de l'Empire Romain
Le déclin de l'Empire romain, aussi appelé chute de l'Empire romain, se rapporte à l'effondrement de l'Empire romain d'Occident. La date du 4 septembre 476, date de l'abdication de Romulus Augustule, dernier empereur de l'Empire romain d'Occident, en est l'aboutissement.
Le terme a été utilisé pour la première fois au XVIIIe siècle par Edward Gibbon dans sa fameuse étude Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain. Mais Gibbon n'était ni le premier, ni le dernier à étudier les raisons qui ont conduit à la disparition de l'Empire romain. Ce thème reste une des plus grandes questions historiques, enrichi par les recherches et les réflexions de nombreux historiens. En 1984, le professeur allemand Alexander Demandt publia une collection de 210 théories sur les causes de la chute de l'Empire romain.
L'Empire romain en 117 A.D.
Théories du déclin de l'Empire romain
Les raisons du déclin de l'Empire romain font donc l'objet d'un certain nombre de théories controversées, et beaucoup d'historiens remettent en question la notion même de « chute » ou sa date symbolique. L'absence de données objectives de la part des chroniqueurs qui vécurent cette période si troublée explique le grand nombre de théories développées. Généralement, ces théories soutiennent que la puissance de l'Empire romain aurait survécu indéfiniment si une combinaison de circonstances ne l'avait pas conduit à sa chute prématurée. Quelques historiens de ce groupe croient que Rome la « porta sur elle-même », qu'elle assura son propre déclin par des politiques abusées et la dégradation de sa réputation.
L'historien romain Végèce (début du Ve siècle), formula une théorie - récemment soutenue par l'historien Arthur Ferrill (1964) -, selon laquelle l'Empire romain déclina à cause de son contact croissant avec les barbares, entraînant une "barbarisation" qu'il percevait comme moteur de dégradation. La léthargie, la complaisance, et la mauvaise discipline qui en résultaient dans les légions firent apparaître la chute de l'Empire comme un phénomène d'origine essentiellement militaire. Ferril dit : « ...the decay of trade and industry was not a cause of Rome’s fall. There was a decline in agriculture and land was withdrawn from cultivation, in some cases on a very large scale, sometimes as a direct result of barbarian invasions. However, the chief cause of the agricultural decline was high taxation on the marginal land, driving it out of cultivation. Jones is surely right in saying that taxation was spurred by the huge military budget and was thus ‘indirectly’ the result of the barbarian invasion. »
Edward Gibbon (1737-1794), historien britannique, plaça fameusement le drame sur une perte de vertu civique parmi les citoyens romains. Ils ont graduellement oublié leur devoir de défense de l'Empire face aux mercenaires barbares qui, finalement, se tournèrent contre eux. Gibbon considérait que la chrétienté a contribué à cela, rendant la populace moins intéressée par ici-et-maintenant et plus disposée à attendre les récompenses du paradis : « Le déclin de Rome était la conséquence naturelle et inévitable d'une grandeur démesurée. La prospérité renforça le principe de déchéance; les causes de la destruction se sont multipliées avec l'étendue de la conquête; et dès que le temps a éloigné les supports artificiels, la structure prodigieuse céda sous la pression de son propre poids », écrivit-il. Le travail de Gibbon est remarquable pour ses notes et ses recherches, erratiques mais exhaustivement documentées. Dans ses écrits, Gibbon mentionna aussi le climat, expliquant que c'est une cause du déclin, et disant « le climat (quelle que soit son influence) n'était plus le même. » Tandis qu'il jugeait que la perte de la vertu civique et l'essor du christianisme étaient une combinaison létale, Gibbon trouva d'autres facteurs qui ont possiblement contribué au déclin.
Radovan Richta (1924-1983), philosophe Tchèque, soutient que la technologie est le ressort de l'histoire. Aussi défend-il l'idée que l'utilisation du fer à cheval par les tribus barbares à partir des années 200 a modifié l'équilibre militaire de la Pax Romana. Cette thèse a pour faiblesse d'ignorer certaines vertus militaires romaines, manifestes dans l'adaptation à la technologie ennemie. Rome n'avait par exemple pas de flotte lorsque Carthage survint comme une puissance militaire aux moyens essentiellement maritimes. En quelques générations Rome se dota d'une flotte et battit Carthage. Les prouesses tactiques de l'infanterie romaine pour contrer les initiatives adverses sont également célèbres, notamment celles qui permirent de confondre les charges d'éléphants d'Hannibal. Cette théorie méconnaît également certains épisodes comme le service massif de cavaliers teutons dans l'armée romaine, en tant qu'issus de foederati (la plus grande partie des barbares combattus du IIIe au VIe siècle étaient par ailleurs des fantassins). Aussi la thèse de Richta, faisant de l'innovation technique le moteur interne de l'histoire, s'efforçant d'en discerner les effets d'une société à l'autre, écarte volontairement certains paramètres contingents comme l'apparition du christianisme et la profonde transformation des mœurs dans la Rome des derniers siècles.
Le livre « La Chute de Rome et la Fin de la Civilisation (2005) » de Bryan Ward-Perkins, compose les arguments les plus classiques et nuancés et affirme que la "mort" de l'empire était apportée par un cercle vicieux d'instabilité politique, d'invasion étrangère, et une réduction des revenus des taxes. Essentiellement, les invasions causèrent des dommages à long terme aux bases fiscales des provinces, qui ont amoindri la capacité à long terme de l'Empire de payer et équiper ses légions, avec des résultats prévisibles. De même, des invasions constantes encourageaient la rébellion provinciale comme moyen d'autodéfense, en complément des ressources impériales qui s'étaient réduites. Contrairement à la tendance des historiens selon lesquels on ne peut parler de "chute", qui ne voient pas nécessairement le déclin de Rome comme une « mauvaise chose » pour les gens concernés, Ward-Perkins soutient en maints endroits que pour l'ancien Empire, les rapports archéologiques indiquent que la chute fut véritablement un désastre. La théorie de Ward-Perkins identifie une série d'évènements cycliques qui viennent ensemble causer le déclin définitif. La principale différence entre son travail et celui de Bury était que, comme Heather, il avait accès aux rapports archéologiques qui renforçaient l'idée que la chute fut un sérieux désastre pour des millions de gens.
John Bagnell Bury (1861-1927)
L'Histoire de l'Empire romain tardif fournit une théorie de plusieurs éléments pour la Chute de l'Empire occidental. Il présente la théorie classique du "Christianisme contre les païens", et la démystifie, citant le succès relatif de l'Empire de l'Est, qui était de loin plus chrétien. Il a alors examiné la « théorie du déclin moral » de Gibbon, et sans insulter Gibbon, l'a trouvée trop simpliste, apportant difficilement une réponse partielle.
Il présente essentiellement ce qu'il appelle la « théorie moderne », qu'il approuve implicitement, une combinaison de facteurs : « La suprématie de Stilicon était due au fait que la défense de l'Empire était venue à dépendre de l'enrôlement des barbares, en grand nombre, dans l'armée, et qu'il était nécessaire de leur rendre le service attractif par la perspective du pouvoir et de l'opulence vers la fin du IVe siècle. C'était, bien sûr, une conséquence du déclin de l'esprit militaire et de la dépopulation, dans les anciennes contrées méditerranéennes civilisées. Les Germains étaient utiles aux hautes commandes, mais les dangers impliqués dans cette politique ont été montrés dans les cas des Mérobaudes et des Arbogastes. Or cette politique ne devait pas nécessairement conduire au démembrement de l'Empire, et, sauf pour cette série de hasards, les provinces occidentales auraient été converties, en leur temps et de leur manière, en royaumes germaniques. On peut dire qu'une pénétration germanique de l'Europe occidentale devait survenir finalement. Mais même si cela était certain, ç'aurait pu se passer d'une autre façon, plus tard, plus graduellement, et avec moins de violence. Le point de l'argumentation présente est que la perte romaine de ses provinces au Ve siècle n'était pas un « inévitable effet de l'une de ces caractéristiques qui ont été à tort ou à raison décrites comme des causes ou des conséquences de son "déclin général. » (J..B. Bury, History of the Later Roman Empire, chap. IX, § 7).
Le fait central que Rome ne pouvait disposer avec l'aide des barbares pour ses guerres (gentium barbararum auxilio indigemus) peut être tenu comme étant la cause de ses calamités, mais c'était une faiblesse qui aurait pu continuer à être trop brusque ou fatale, mais pour la séquence des contingences qui indiquait ci-dessus."
En résumé, Bury soutenait qu'un nombre d'éventualités survint simultanément : déclin économique, expansion germanique, dépopulation de l'Italie, dépendance reposant sur les foederati germains pour l'armée, la trahison désastreuse de Stilcho (bien que Bury le croyait inconnu), la perte de la vertu martiale, le meurtre d'Aetius, le manque de n'importe quel meneur pour remplacer Aetius – une série d'infortunes qui, en combinaison, se montrèrent catastrophiques. Bury nota que l'ouvrage de Gibbon était stupéfiant en termes de recherche et de détails. Les principales différences de Bury face à Gibbon résidaient dans son interprétation des faits, plutôt que dans n'importe quel débat de données. Il montra clairement qu'il sentait que les conclusions de Gibbon sur la « déchéance morale » étaient aptes à subsister – mais elles n'étaient pas complètes. Il sentait que Gibbon exposait des faits corrects, mais une mauvaise interprétation, et fit pour cela un argument puissant : « la chute graduelle de la puissance romaine… était la conséquence d'une série d'évènements aléatoires. Des causes générales ne peuvent être assignées à ce que cela était inévitable. » Dans cette théorie, le déclin et l'ultime chute de Rome n'étaient pas prédestinés, mais simplement une fatalité, d'évènements contingents, chacun était endurable séparément, mais tous ces évènements réunis étaient ultimement destructeurs.
Peter Heather (1960)
Peter Heather offre une théorie alternative du déclin de l'Empire romain dans son ouvrage La Chute de l'Empire romain (2005). Heather maintient le système impérial romain avec ses transitions impériales parfois violentes malgré les communications problématiques, il était assez bien formé durant les Ier, IIe, et une partie du IIIe siècle A.C. Selon Heather, la première indication réelle de trouble était l'émergence en Iran de l'Empire perse sassanide (226-651). Heather dit: « Les Sassanides étaient suffisamment puissants et cohésifs entre eux pour repousser les légions romaines hors de l'Euphrate, d'une grande part de l'Arménie et de la Turquie du sud-est. Beaucoup de lecteurs modernes ont tendance à penser aux "Huns" comme des ennemis imbattables de l'Empire romain, alors que pour l'entière période de débat, c'étaient les Perses qui retenaient l'attention de Rome et de Constantinople. En effet, 20-25% de la puissance militaire de l'armée romaine s'adressait à la menace perse du tardif IIIe siècle plus loin… et de 40% des troupes sous les Empereurs Orientaux. »
Heather continue d'exposer son idée -; et il est confirmé par Gibbon et Bury-; qu'il fallut à l'Empire romain environ un demi-siècle pour faire face à la menace sassanide, pour laquelle il fallut dépouiller les villes et cités de la province occidentale de leurs impôts. L'expansion résultante des forces militaires dans l'Est central fut finalement couverte de succès en stabilisant les frontières avec les Sassanides mais la réduction de la rente réelle dans les provinces de l'Empire a conduit à deux tendances, qui avaient un impact à long terme extrêmement négatif. En premier, la motivation des fonctionnaires locaux à dépenser leur temps et leur argent dans le développement d'infrastructures a disparu. Les bâtiments publics du IVe siècle avaient tendance à être beaucoup plus modestes et investis par les budgets centraux, comme les taxes régionales avaient tari. Ensuite, Heather dit "les propriétaires terriens literati ont détourné leur attention là où l'argent était... loin des politiques provinciales et locales, chez les bureaucrates impériaux."
Heather soutient ensuite qu'après le IVe siècle, les invasions germaniques, les Huns, Stilcho, Aetius, et son meurtre, ont tous conduit à la chute finale. Mais cette théorie est en même temps moderne et pertinente en ce qu'il conteste l'affirmation de Gibbon que la Chrétienté et la déchéance morale ont conduit au déclin, et place son origine carrément sur les facteurs militaires extérieurs, en commençant par les Grands Sassanides. Comme Bury, il ne croit pas que la chute était inévitable, mais plutôt une série d'évènements qui ensemble ont anéanti l'Empire. Il diffère de Bury, toutefois, en plaçant le début de ces drames beaucoup plus tôt dans la ligne du temps de l'Empire, avec l'ascension des Sassanides. La théorie de Heather est extrêmement importante parce qu'elle a les avantages des trouvailles archéologiques modernes, les données du temps et du climat, et d'autres informations indisponibles aux historiens antérieurs.
Autres théories
En contraste avec les théories de l'« empire décadent », des historiens comme Arnold J. Toynbee (1889-1975) et James Burke (1936) affirment que l'Empire romain en soi était un système corrompu dès le début, et que l'entière ère impériale était un déclin constant de ces institutions. Selon eux, l'Empire n'aurait jamais pu tenir. Les Romains n'avaient pas de système budgétaire. L'empire se reposait sur le butin des territoires conquis (cette source de revenus s'expirant, bien sûr, avec la fin de l'expansion du territoire romain) ou en une dépendance sur une élite terrienne exemptée de taxation sur un échantillon de la collecte de taxe qui conduisit des paysans avec peu de terres à une grande pauvreté (et sur l'aumône qui requérait encore plus d'exactions sur ceux qui ne pouvaient échapper aux taxes). Entretemps, les coûts de la défense militaire et du faste des Empereurs continuèrent. Des besoins financiers continuaient à s'amplifier, mais les moyens de les rencontrer s'érodaient progressivement. Dans un effort assez similaire, Joseph Tainter estime que la chute de l'Empire fut causée des bénéfices décroissants précaires sur l'investissement dans la complexité, une limitation à laquelle les sociétés les plus complexes sont éventuellement soumises.
Dernièrement, quelques historiens s'accordaient pour rejeter le terme "chute" (qu'ils peuvent ou pas différencier du "déclin"). Ils notent que le transfert du pouvoir d'une bureaucratie centrale impériale à des autorités plus locales est à la fois progressif et guère perceptible par le citoyen moyen. Henri Pirenne (1862-1935) publia la "Thèse de Pirenne" en 1920 qui reste influente à ce jour. Elle soutient que l'Empire continua d'exister, dans une forme quelconque, jusqu'au temps des conquêtes arabes au VIIe siècle qui perturbèrent les routes du commerce méditerranéen, menant à un déclin de l'économie européenne. Cette théorie présente l'ascension du Royaume Franc en Europe comme une suite de l'Empire romain, et ainsi légitimise le couronnement de Charlemagne, premier empereur romain germanique comme une continuation de l'État impérial romain. Quelques historiens modernes, comme Michael Grant (1914-2004), souscrivent à cette théorie, au moins en partie - Grant considère la victoire de Charles Martel à la bataille de Poitiers stoppant l'ère de la conquête islamique et sauvant l'Europe, comme un évènement macro-historique dans l'histoire de Rome. Toutefois, quelques critiques maintiennent que la "Thèse de Pirenne" est erronée en revendiquant le royaume carolingien comme un État romain.
Les historiens de l'Antiquité tardive, terme inventé par Peter Brown, contestent l'idée même de chute de l'Empire romain. Ils y voient une « transformation » progressive, constatant une continuité entre le monde classique et le monde médiéval, notamment sur le plan de la culture. Ainsi, il y eut une évolution graduelle sans rupture claire. Malgré le titre, dans La Chute de l'Empire romain (2005), Peter Heather se prononce pour une interprétation similaire à celle de Brown, d'une évolution logique du pouvoir central romain vers un pouvoir local, représentés par les royaumes "barbares" romanisés poussés par deux siècles de contact (et conflit) avec des tribus germaniques, les Huns, et les Perses. Toutefois, différent de Brown, Heather voit le rôle des Barbares comme le facteur le plus important. Sans leurs interventions, il pense que l'Empire romain d'Occident aurait persisté dans une forme peut-être différente. La théorie de Heather est aussi similaire à celle de Bury dans le fait qu'il croit que le déclin n'était pas inévitable, mais qu'il est la conséquence d'une série d'évènements qui ont ensemble contribué au déclin et à la chute.
Les Invasions Barbares
En 376, repoussés par les Huns, les Goths demandent asile à l’Empire. Deux cent mille d’entre eux sont établis au sud du Danube, en Mésie en échange de levée de recrues. Exploités par les fonctionnaires romains, ils ne tardent pas à se révolter et ravagent la Thrace. L’empereur Valens est tué lors de la bataille d’Andrinople en 378. Le nouvel empereur de la partie orientale de l’Empire, Théodose, réussit à conclure un nouveau fœdus avec les Goths en 382. Les Goths ont le droit de s’installer en Thrace. Ils conservent leurs propres lois et ne sont pas soumis aux impôts romains. Ils sont donc quasi-indépendants même s’ils s’engagent à servir dans l’armée romaine comme fédérés, c’est-à-dire sous le commandement de leurs propres chefs.
Après la mort de Théodose (395), les Wisigoths dirigés par Alaric pillent la Macédoine, la Thessalie, la Grèce. Arcadius négocie à prix d’or leur retrait vers l’ouest. Stilicon est empêché de les combattre par le souverain d’Orient. En 402, alors que les Ostrogoths envahissent les provinces danubiennes, les Wisigoths pénètrent en Italie. En 410, ils saccagent Rome. Cet épisode est ressenti comme une catastrophe par les Romains. Les païens y voient la conséquence de l’abandon des dieux traditionnels. Saint Jérôme y voit le châtiment des pêchés des hommes. Saint Augustin affirme, lui, qu’il n’y a aucun lien entre le christianisme et l’Empire. L’établissement définitif des Wisigoths en Aquitaine seconde et en Espagne met fin à leurs raids.
Les principales invasions barbares
Mais entre temps, le 31 décembre 406, les Vandales, les Sarmates, les Suèves, les Alains et les Alamans franchissent le Rhin bientôt suivis par les Burgondes. Ils ravagent la Gaule et menacent l’île de Bretagne. Cette dernière est définitivement abandonnée par les troupes romaines qui partent défendre la Gaule. Le puissant parti anti-barbare présent à la cour impériale obtient une épuration de l’armée et de l’administration en Italie, la privant des défenseurs efficaces et fidèles, dont Stilicon. L’empereur, installé à Ravenne, est contraint d’accepter l’installation de nouveaux royaumes barbares en Gaule. En 429, les Vandales envahissent l’Afrique dont ils font la conquête en 10 ans. Ils privent l’Italie d’un de ses greniers à blé, leur flotte contrôlant la Méditerranée occidentale. Ils sont en outre des ariens fanatiques et persécutent les Romains orthodoxes. En 435, les Vandales obtiennent à leur tour le statut de fédérés en Afrique orientale. Le roi suève Herméric crée un véritable royaume autour de sa capitale Braga en obtenant un fœdus en 437-438. Les provinces danubiennes restent fidèles à l’Empire mais passent sous l’autorité de Constantinople. L’Empire romain d’Occident se réduit à l’Italie, la Dalmatie, une partie de la Gaule et la Tarraconaise (actuelle Catalogne).
Aetius, général de Valentinien III, continue à lutter contre les Barbares. Il repousse les Francs vers le nord, les Wisigoths vers le sud de la Gaule et l’Espagne. Il bat les Burgondes grâce à ses contingents huns et les transfère en Sapaudia où en 443, Valentinien III les autorise à s’installer en tant que peuple fédéré. En 451, grâce à une armée plus barbare que romaine, — elle comprend un fort contingent wisigoth, des Francs, des Alains —, il parvient à repousser Attila à la bataille des champs Catalauniques. Mais il est égorgé en 454 par Valentinien III lui-même, jaloux de ses succès. L’empereur est à son tour assassiné par d’anciens officiers d’Aetius. L’Empire romain d’Occident connaît alors une instabilité politique avec des empereurs impuissants, contestés par des usurpateurs. En 455, Rome est pillée pendant plus d’un mois par les Vandales de Genséric. Les Barbares s’étendent alors irrésistiblement en Gaule malgré la défense d’Ægidius puis de son fils Syagrius. En 476, Odoacre dépose le tout jeune empereur Romulus Augustule et envoie les insignes impériaux à Constantinople.
En 488, Théodoric, roi des Ostrogoths conquiert l’Italie, alors aux mains d’Odoacre à la demande de l’empereur d’Orient Zénon qui se considère comme le seul maître de l’Empire. Après la prise de Ravenne en 493, la puissance des Ostrogoths s’étend en Italie, Sicile et Dalmatie. En sa qualité de représentant du pouvoir impérial, Théodoric tente d’étendre son pouvoir sur les autres royaumes barbares, ariens comme lui. Pour Théodoric, les Goths sont les protecteurs des Romains. L’administration romaine subsiste donc. La politique et la culture romaines ont une grande influence sur les Goths. L’empereur romain confère même à Théodoric le titre de roi. Le royaume ostrogoth d’Italie est un excellent exemple de la collaboration entre Constantinople et les rois barbares.
En Occident, l’affaiblissement progressif des structures politiques et administratives romaines aboutit à une ascension des structures chrétiennes, qu’elles soient épiscopales ou monachistes. Au VIe siècle, les évêques occupent les pouvoirs administratifs, financiers et politiques qui revenaient auparavant aux magistrats laïcs. Cette préservation de la cité avec à sa tête l’évêque est à l’origine de la cité médiévale.
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