Igor Brevnjovski : Chronique d'un homme en exil

Les Peuples Germaniques

Les peuples germaniques sont des ethnies indo-européennes, originellement établies en Europe septentrionale. Leur protohistoire se situe dans les territoires connus sous le nom de Germanie, de Thulé (terme grec désignant probablement la Scandinavie ou le nord de l'Allemagne), ou encore sur les rives de la mer Noire.

Mieux connus dans le monde latin à partir du Ier siècle, l'expansion originelle des Germains est attestée à l'âge du bronze danois (entre -1800 et -500). C'est à cette période que la linguistique fait remonter la différenciation linguistique en trois grands groupes : Germains orientaux, Germains occidentaux et Germains septentrionaux. Cette communauté linguistique est constitutive du paradigme de « Germains ».

Europe : Age de bronze nordique

L'expansion des Germains à la fin de l'âge du bronze danois (à partir de -750)

L'expansion des Germains

Il semble qu'une transition climatique survenue vers -2700  soit à l'origine de l'âge du bronze danois. Un climat chaud (comparable à celui de la Méditerranée actuelle) permit une forte croissance de la population et favorisa le rendement des cultures : on sait par exemple qu'on cultivait le raisin en Scandinavie à cette époque. Mais un changement de climat entre -850 et -760 et un refroidissement prononcé vers -650 (auquel on a rattaché la légende du Fimbulwinter précédant Ragnarök) dégradèrent sérieusement les conditions de vie. Il est probable que cette transition climatique du VIIe siècle avant notre ère ait poussé les tribus germaniques vers le sud et l'Europe centrale. Il y avait déjà à ce moment des tribus scandinaves dans l'est de l'Europe ; un millénaire plus tard, les nombreuses tribus germaniques se réclamant d'origine scandinave (par ex. les Lombards, les Burgondes, les Goths et les Hérules) appelaient la Scandinavie (Scandza) la matrice des peuples.

Ainsi, des Cultures du sud de la Scandinavie se diffusent progressivement vers le sud, vers l'Allemagne et les rives méridionales de la mer Baltique. Elles se répandent dans la grande plaine européenne, pour gagner au début du second âge du fer (v. 500 av. J.-C.) les franges du monde celtique (civilisation de La Tène) : le Rhin inférieur, la Thuringe et la basse Silésie.

En plus du climat refroidissant, il est possible qu'une expansion démographique contribua également à ce phénomène, engendrant un peuplement nouveau de régions jusque-là presque vides d'hommes. Les Grecs ou les Romains n'en ont laissé aucun témoignage écrit. En effet, ils n'avaient aucun contact direct avec les Germains, puisqu'ils en étaient séparés par les Celtes. En tous cas, à partir du IIIe siècle av. J.-C., a lieu une période de formation de peuples qui s'achève quand les Germains entrent dans l'Histoire.

La Germanie antique

Le nom de Germanie est utilisé par les Romains, avec différents qualificatifs, incluant des territoires qui ne sont pas aujourd’hui allemands d’une part, et des contrées actuellement allemandes sans aucune équivoque possible, qui n’étaient pas d’un point de vue administratif en Germanie romaine, d’autre part. Les anciens, depuis le IIe siècle av. J.-C. jusqu’à l’arrivée massive des peuples slaves au VIe siècle, nommaient Germanie l’espace limité au nord par la mer Baltique et la mer du Nord, au sud par les Beskides occidentales et le nord des Alpes, à l’est par la Vistule et à l’ouest par le Rhin.

  1. L’appellation Germania inferior (Germanie inférieure ou Basse Germanie) englobe la rive gauche allemande du Rhin au nord de Bonn ainsi que les Pays-Bas et la Belgique actuelle à l’est d’une ligne allant de la source de l’Oise à l'estuaire de l'Escaut ou se trouve Anvers.

  2. La Germania superior (Germanie supérieure ou Haute Germanie) comprend les bords du Rhin, rive gauche, au sud de Bonn (ancien département de Rhin-et-Moselle), la plaine du Palatinat, l’Alsace, la Franche-Comté ainsi que, approximativement, la moitié occidentale de la Suisse et la moitié orientale de la Bourgogne.

  3. Inversement, le reste de l’actuelle rive gauche allemande du Rhin (avec Trèves) se trouve dans la Belgica (Belgique romaine).

  4. Germanies

    Les peuples germains face aux Germanies inférieure et supérieure (IIIe siècle)

    (Ainsi, la totalité de la rive gauche du Rhin se situe dans la Gaule définie par César, et est sous autorité romaine pendant environ cinq cents ans, de 50 av. J.-C. à 450 ap. J.-C. Environ).

  5. La Raetia (Rhétie) englobe le sud de la Bavière à l’ouest de l’Inn et du Bade-Wurtemberg au sud du Danube avec le Tyrol autrichien et l’est de la Suisse.

  6. Le Noricum (Norique) correspond au reste de la Bavière située au sud du Danube, et à l’Autriche.

  7. Les Agri decumates (Champs Décumates) comprennent la partie entre Rhin et Danube allant grosso modo de Ratisbonne à Bonn en englobant le cours du bas Main; entre le Jura souabe et le Danube ils sont rattachés à la Rhétie ; à l’ouest du Jura souabe ils relèvent de la Germanie supérieure, donc de la Gaule romaine. Ces trois territoires sont sous autorité romaine pendant deux à trois siècles (des années 80 ap. J.-C. à 235 pour les Champs Décumates, et des années 50 ap. J.-C. à 406 pour la Rhétie).

La Germania magna (grande Germanie) des Romains de l’Antiquité, correspond donc approximativement aux deux tiers Nord-Est de l’Allemagne actuelle, grosso modo l’ancienne Allemagne de l’Est, et l’ancienne Allemagne de l'Ouest à l’est du Rhin et au nord du Danube et de la ligne Bonn-Ratisbonne ; s’y ajoutent la République tchèque et l’Ouest de la Pologne. Elle fut zone d’influence et sous surveillance de Rome pendant deux siècles environ (du début de l’ère chrétienne au début du IIIe siècle), et pour la partie à l’ouest de l’Elbe, sous contrôle romain direct pendant environ deux générations (des années vingt avant J.-C aux années trente à cinquante après J.-C.).

Posté par Silverside le 08.08.10 à 20:34 - Commentaires (0) - L'Origine des Peuples

Les Principales Branches

Les peuples germaniques sont divisés en 2 ou 3 branches principales, selon la période considérée et pour des raisons ethnolinguistiques : le rameau nordique ou Scandinaves, le rameau westique ou Germains occidentaux, le rameau ostique ou Germains orientaux.

Les Germains au Ier siècle

Les Germains au Ier siècle

Germains septentrionaux ou Scandinaves

Dans l'état des connaissances actuelles, il est admis que des populations habituellement qualifiées de « germaniques » formèrent le premier peuplement du sud de la Scandinavie à l'âge du bronze, tandis que le nord de celle-ci (majeure partie de la Suède, de la Norvège et la Finlande) était peuplé de Finnois.

Toutefois, le rattachement des premiers Scandinaves aux « Germains », terme qui ne les engloba jamais, doit beaucoup a posteriori aux historiographies nationales à caractère mythologique du haut Moyen Âge et à l'historiographie allemande du XIXe siècle. Aussi, le qualificatif de « scandinaves », plus précis et moins connoté, est plus adapté pour ces populations.

Il s'agit des Danois, des Goths (Scandinavie) et des Suédois

Germains orientaux

Il s'agit du groupe le plus homogène qui réunit les peuples qui conservèrent le mieux leur culture, leur langue et leur unicité durant le Moyen Âge (même si certains disparurent) : Bastarnes, Burgondes, Gépides, Goths (les Greuthunges, les Thervinges), Hérules, Ruges, Skires, Vandales.

D'autres peuples non-germaniques ont participé aux invasions barbares au contact des Germains, parmi lesquels les peuples des steppes suivants : Alains, Avars, Huns, Sarmates

Germains occidentaux

En raison de leur diversité, les Germains occidentaux sont subdivisés en trois sous-groupes par les linguistes : les Germains de Rhénanie (établis entre le Rhin et le Weser), les Germains de l'Elbe et les Germains de la mer du Nord.

  1. Germains de Rhénanie : Bataves, Bructères, Chamaves, Chattuaires, etc.

    Certains de ces Germains formèrent au début de l'ère chrétienne une confédération de peuples importante : les Francs. Les Saliens, une partie de ces derniers, servirent comme auxiliaires de Rome sans être réellement soumis à l'Empire au Ve siècle.

    D'autres, alors établis alors en Bohême, prirent le nom de Bavarois à une date indéterminée. Ils franchirent le Danube sur son cours moyen vers la fin du Ve siècle et furent successivement soumis aux Alamans, aux Ostrogoths, puis aux Francs avant de gagner leur indépendance à la fin du VIIe siècle

  2. Germains de l'Elbe : Marcomans, Quades, Semmons et Lombards

    Certains de ces Germains, notamment des Quades et des Marcomans désignés sous le nom de Suèves, prirent part à l'invasion de la Gaule aux côtés des Vandales et des Alains, en 406–409, avant de gagner la péninsule ibérique et de s'établir en Galice.

    D'autres, demeurés au-delà de la frontière romaine dans les champs Décumates, entre Danube et Rhin supérieurs, formèrent la ligue des Alamans, mentionnée pour la première fois au début du IIIe siècle. Cette ligue étendit considérablement son territoire au Ve siècle, après la destruction de l'empire des Huns ; les Alamans se heurtèrent ensuite aux Francs et furent vaincus à plusieurs reprise, notamment lors de la bataille de Tolbiac, en 496. Placés sous protectorat franc, ils se révoltèrent en vain avant de disparaître en tant que nation à la suite d'une dernière défaite en 746.

  3. Germains de la mer du Nord : Angles, Jutes, Warnes, Frisons et Saxons

    Certaines de ces tribus, notamment des Angles et des Warnes se regroupèrent au IVe siècle pour former la ligue des Thuringiens. Établis entre l'Elbe et le Main au début du Ve siècle, ils furent soumis au protectorat des Huns avant de créer un éphémère royaume en Germanie intérieure, une fois émancipés de la domination de ces derniers (ap. 453) ; se heurtant aux Francs au début du VIe siècle, ils disparurent en tant que nation avant la fin du VIIe siècle.

    D'autres, Angles et Saxons, s'établirent dans l'île de Bretagne à partir du premier tiers du Vs siècle ; ils y fondèrent les royaumes anglo-saxons durant le haut Moyen Âge avant de donner naissance à la nation anglaise, principalement au contact des autres peuples de l'île, entre le VIIe siècle et le Xe siècle

Posté par Silverside le 08.08.10 à 20:54 - Commentaires (0) - L'Origine des Peuples

Une Succession de Migrations

Le trait historique majeur des peuples germaniques durant la période antique est déjà leur extrême mobilité, qui aboutira aux Grandes Invasions. Les Germains sont les initiateurs et les principaux agents des migrations qui affectent le continent européen. Comme l'ont parfaitement reconnu les plus anciens historiographes, la Scandinavie et, à un moindre degré, les régions septentrionales de l'Allemagne actuelle furent durant plus d'un demi-millénaire "comme un atelier de peuples ou une matrice de nations", pour reprendre l'heureuse expression du Got Jordanès (VIe s.). L'historien moderne distingue et classe ces pulsations successives plus qu'il ne les explique vraiment ; le rôle de facteurs climatiques, souvent invoqués, reste possible, mais obscur. En tout cas, il faut souligner qu'aucun peuple n'exerçait alors de pression sur les pays nordiques d'où partirent les premières migrations. Ce n'est qu'ultérieurement, en Europe centrale, à partir du IIe siècle de notre ère, que des nomades venus des steppes eurasiatiques exercèrent une action non négligeable sur le déclenchement des expéditions en territoire romain.

Des envahisseurs inorganisés

Les premières apparitions des Germains dans le rôle d'envahisseurs se placent au IIIe siècle avant notre ère, quand les Bastarnes et les Skires, traversant l'isthme européen entre la Baltique et la mer Noire, se présentent devant les villes grecques situées entre la Crimée et le delta du Danube. Ce mouvement est sans doute lié aux grandes migrations celtiques qui affectent alors l'Europe centrale ; il n'a guère de conséquences.

Puis, à la fin du IIe siècle avant J.-C., débute l'épopée des Cimbres, des Teutons et des Ambrons. Venus probablement de la péninsule jutlandaise, ils entreprennent vers 115 avant J.-C. une "marche à la Méditerranée", sans préparer ni éclairer leur migration. D'abord ils bousculent les Celtes d'Europe centrale et cherchent un accès direct à l'Italie, puis, après un échec dans les Alpes orientales, ils errent plusieurs années en Gaule méridionale, en Espagne orientale et dans la plaine du Pô. Seuls les Romains leur opposent une résistance sérieuse qui s'achève par le double anéantissement des Teutons à Aix-en-Provence (102) et des Cimbres à Verceil en Piémont (101) par les armées de Marius. L'épisode reste peu explicable et, au total, isolé.

Au siècle suivant, l'avance de peuples germaniques vers le sud et le sud-ouest, à travers des pays dont les habitants celtes, trop peu nombreux, perdent progressivement le contrôle, prend un caractère plus cohérent. Son principal héros est Arioviste, roi élu des Triboques du pays de Bade, bien connu grâce à César. À la tête d'une coalition de peuplades Suèves, il cherche un établissement sur la rive gauche du Rhin, mais César accourt et l'écrase, en 58 avant J.-C. César, encore, arrête une poussée similaire, mais plus limitée, trois ans plus tard, sur le Rhin inférieur. Ce fleuve marquera pendant plus de quatre siècles la limite de la Germanie politique et militaire. Un système de fortifications mis en place par Rome, le limes, en interdira à peu près le passage, à partir du règne d'Auguste, il se prolongera également le long du Danube supérieur.

La romanisation du monde germanique

Rome ne considéra d'abord le Rhin que comme une ligne d'arrêt provisoire, avant un nouveau bond en avant, par exemple jusqu'à l'Elbe. L'aisance relative avec laquelle les Romains avaient occupé la Gaule avait créé des illusions sur la résistance possible des Germains dont l'état de civilisation - Strabon l'atteste - apparaissait alors fort voisin. Une série de campagnes méthodiques de Drusus, Domitius Ahenobarbus et Tibère, sous Auguste, n'obtint à grand prix que des résultats partiels, puis ceux-ci furent ruinés par la défaite que subirent les légions de Varus en l'an 9 de notre ère devant le chef chérusque Arminius dans le Teutoburger Wald. Devenu empereur, Tibère renonça à l'occupation permanente des pays au-delà du Rhin, et ne conserva que quelques têtes de pont.

  1. Cependant, c'est à juste titre que les archéologues scandinaves désignent la période qui suit sous le nom d'"âge romain du fer". La guerre n'empêche pas le commerce, et le fait le plus marquant du Ier siècle de notre ère est la pénétration profonde du monde germanique jusqu'à la Baltique et au-delà par les produits romains issus directement d'Italie (par Aquilée) ou, à un moindre degré, venus de la Gaule septentrionale ou des régions balkaniques. Les céramiques, les armes, les objets de la vie quotidienne, les monnaies mêmes de Rome (bien qu'au-delà du limes elles n'aient pas eu de rôle économique) se répandent, spécialement dans les classes dirigeantes : un chef de l'île danoise de Lolland se fait inhumer avec les magnifiques tasses d'argent ornées de scènes homériques qui viennent d'un légat romain de Germanie. Le vocabulaire élémentaire de ces échanges sera bientôt emprunté à son tour au latin par le germanique occidental et septentrional.

  2. Dans un milieu encore mal identifié, peut-être chez les Marcomans, l'idée de créer une écriture germanique, à l'image des alphabets du monde méditerranéen, prend naissance vers la même époque : ce sera l'écriture runique, ou futhark, du nom de ses premiers caractères. Elle apparaît toute constituée au début du IIIe siècle, sur des inscriptions trouvées au Danemark. Tous les peuples nordiques, et beaucoup de peuples westiques, l'ont utilisée à l'époque des Grandes Invasions pour des marques de propriété ou des formules magiques ; mais les services qu'elle rendit furent presque toujours médiocres, et elle ne servit jamais vraiment de support à une culture intellectuelle autonome.

Cette Germanie occidentale à l'ombre de Rome, où la diplomatie romaine ne cessait d'intervenir, ne fut pas pour l'Empire un voisin vraiment dangereux jusque vers le milieu du IIe siècle après J.-C. Les guerres sont fréquentes, mais restent limitées à une frange assez étroite de part et d'autre de la frontière. Rome annexe sous les Flaviens l'angle rentrant entre le haut Danube et le Rhin moyen (les champs Décumates), pour raccourcir le front plus que pour étendre son territoire.

Derrière cette zone de contact stabilisée s'accomplissent cependant de profonds brassages. Les hostilités constantes finissent par user nombre des peuples les plus proches du Rhin, tandis que leurs éléments dirigeants passent souvent une partie de leur carrière au service de l'Empire. Dans l'intérieur de la Germanie autonome, de nombreux regroupements politiques s'échafaudent, puis s'effondrent : le meilleur exemple en est fourni par l'éphémère royaume des Marcomans de Marobaud centré sur la Bohême qui venait d'être enlevée aux Celtes (9 av. - 19 apr. J.-C.).

L'Empire romain ébranlé

Vers l'est plus instable, des dangers nouveaux se manifestent bientôt :

Les Germains au Ier siècle

  1. Les Goths se déplacent de la Baltique à la mer Noire, et vont s'établir dans la steppe du Dniepr et du Don, au voisinage du monde mouvant des nomades cavaliers. Le contact de Rome et des Germains se resserre vers la Hongrie et la Roumanie d'aujourd'hui : un front presque continu les oppose maintenant sur tout l'immense espace qui va du delta du Rhin à celui du Danube. Dans le dernier tiers du IIe siècle se déclenche un assaut général des Barbares danubiens contre l'Empire romain : les peuples ostiques, lentement descendus vers le sud à partir des plaines de l'Oder et de la Vistule, y rejoignent des Germains établis de longue date en Europe centrale et quelques peuplades iraniennes. Marc Aurèle conjure à grand-peine une catastrophe menaçante, mais les Germains ont pu parvenir en 169 jusque dans le nord-est de l'Italie. Ils n'oublieront plus ce qu'ils y ont entrevu.

  2. Une nouvelle poussée se place au milieu du IIIe siècle. Le limes du Rhin moyen est enfoncé en 254, les Germains pénètrent en Belgique vers 259, puis entre 268 et 278 errent librement dans l'intérieur de la Gaule, incendiant et saccageant presque toutes les cités et les villae rurales. Une bonne partie de l'œuvre de romanisation des trois siècles précédents est anéantie. En 260 et en 270, les Alamans pénètrent en Italie du Nord. En même temps, les Goths, par terre et par mer, envahissent la Thrace, la Grèce et même l'Asie Mineure qu'ils dévastent, emportant des troupeaux de captifs qu'ils ramènent au nord du Danube. Le système romain semble à la veille de s'écrouler.

  3. Mais les Germains n'ont aucune vue d'ensemble, aucun programme en dehors du pillage ; ils n'osent pas encore se partager le sol romain. Les armées impériales parviennent à rétablir la situation militaire sous Aurélien, au seul prix de l'abandon de la Dacie, dont les Goths occupent les plaines d'une manière peu dense. L'ouverture de la succession est retardée de près d'un siècle et demi.

  4. L'équilibre, toutefois, ne sera plus le même. Chez les Germains de l'Ouest, de nouveaux groupements, de caractère surtout militaire, se font jour, comme les Francs sur le Rhin inférieur ou les Alamans au nord du haut Danube. Sur les côtes de la mer du Nord les Saxons succèdent aux Chauques et se livrent vers 286 à la piraterie en direction de la Bretagne et de la Gaule. Simultanément des mouvements confus remanient les peuples de Scandinavie méridionale et préparent une nouvelle expansion, elle aussi surtout maritime. Du côté de Rome, on commence à employer les Germains vaincus pour réparer les dégâts subis et remettre les campagnes en valeur : prisonniers ou transfuges sont absorbés soit comme colons ruraux, soit comme soldats. Aux princes germains s'ouvrent plus que jamais les carrières d'officiers. La Romania commence à se teinter de germanisme par l'intérieur avant d'être submergée par les envahisseurs.

Ces nouvelles données inaugurent une autre période de l'histoire externe des Germains, celle des Grandes Invasions, qui s'étend sur les IVe, Ve et VIe siècles.

Sources :
- http://www.hist-europe.fr/Rome3/germains.html

Posté par Silverside le 08.08.10 à 21:36 - Commentaires (0) - L'Origine des Peuples

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