Homo Erectus et Homo Soloensis
Homo erectus est un représentant fossile du genre Homo qui a vécu en Asie centrale et orientale au Paléolithique inférieur, entre environ 1 million d'années et 300 000 ans avant le présent. Avant les années 1980, le taxon incluait également des fossiles africains aujourd’hui attribués à Homo ergaster. Homo erectus comporte un certain nombre de variantes régionales parfois considérées comme des sous-espèces, dont le pithécanthrope et le sinanthrope.
À ses débuts cueilleur de fruits et de racines, chasseur de petits animaux et charognard, et de plus gros, comme les éléphants. Il est le premier à avoir domestiqué le feu, il y a 450 000 ans.
Il a amélioré les techniques de taille, étendu la gamme des outils : il a réalisé les premiers bifaces et créé une hache (hachereau), dont on a trouvé de nombreux spécimens en Afrique et en Eurasie. Les outils façonnés par Homo erectus révèlent l'existence de comportements nouveaux dans la lignée humaine : l'élaboration d'outils symétriques et une forte adaptation des outils aux conditions locales et aux besoins humains.
Les bifaces présentent souvent une double symétrie (bilatérale et bifaciale) qui ne semble pas uniquement liée à l'amélioration technique de l'outil, mais indique un souci esthétique certain. Par ailleurs, la comparaison des outils taillés par Homo erectus dans les différentes régions du monde qu'il a parcourues montre une grande variabilité de ses capacités techniques.
Le Pithécanthrope
Le « Pithécanthrope » a vécu et évolué à Java durant plus d’un million d’années. Sa population fossile regroupe plusieurs types d’Homo erectus : Les fossiles les plus anciens découverts à Sangiran, tels que Sangiran 4 et 31, se distinguent par une voûte crânienne basse et une capacité crânienne faible (de l’ordre de 900 cc). Leur aspect robuste et archaïque est souligné en particulier par un torus occipital très épais. On peut adjoindre à ce groupe des dents et restes mandibulaires très robustes, comme Sangiran 6, parfois attribués à une forme distincte de l’Homo erectus, baptisée Meganthropus.

Pithécanthrope de Java (Sangiran 17)
Des études récentes ont cependant montré que ces fossiles fragmentaires entrent dans les limites de variabilité des Homo erectus.
Caractéristiques
La capacité crânienne est plus importante (en moyenne 1 000 cc) et les superstructures osseuses moins accentuées. Les plus évolués (sites de Ngandong, Ngawi et Sambungmacan), souvent appelés Hommes de la rivière Solo, ont un crâne plus volumineux (1 100 cc et plus), haut et globuleux. Parallèlement à cette incontestable cérébralisation, on note la persistance de superstructures (carène sagittale, torus sus-orbitaire, angularis et occipital), témoignant de l’hyperossification des tables compactes de l’os. C’est pourquoi cette population est rattachée aux Homo erectus.
- Boîte crânienne volumineuse, volume cérébral d’environ 900 cc pour Trinil 2 ( de 700 à 1000 pour les différentes découvertes).
- Front fuyant avec torus orbitaire puissant ; occiput anguleux avec bourrelet.
- Trou occipital avancé.
- Prognathisme faible ; arcade zygomatique saillante et orientée vers l’avant.
- Mandibule longue avec arcade dentaire parabolique.
- Incisives développées, canines symétriques, molaires de taille moyenne.
- Membres supérieurs relativement courts ; bassin court et en cuvette ; membres inférieurs relativement plus longs.
- Industrie lithique de type acheuléen.
L'Homme de Pékin
L'Homme de Pékin est un représentant de l'espèce Homo erectus. Autrefois appelé Sinanthropus pekinensis ou Sinanthrope, il est aujourd'hui rattaché à la sous-espèce Homo erectus pekinensis. Les fossiles qui lui sont attribués ont pour la plupart été découverts par Davidson Black durant les années 1923-1927, lors de fouilles à Zhoukoudian près de Pékin, en Chine.
Vieux de 250 000 à 400 000 ans (Pléistocène moyen), sa découverte a laissé croire un temps que l'Homme était apparu en Asie. Ce n'est que plus tard, avec les nombreuses découvertes en Afrique, que le continent africain a été considéré comme lieu d'origine de tous les humains actuels.

Pithécanthrope de Java (Sangiran 17)
La découverte d'Homo erectus fossiles en Chine commença dans la deuxième décennie de ce siècle, l'Homme de Pékin fut la première découverte. Le site de l'Homme de Pékin (Zhoukoudian), a livré un grand nombre de fossiles d'Homme de Pékin représentant plus de 40 individus. Le crâne V de l'Homme de Pékin découvert en 1966 représente le dernier individu et le plus progressif.
Caractéristiques
La capacité crânienne moyenne fut recalculée. Différentes méthodes de datation furent appliquées sur le site et il apparaît que l'Homme de Pékin vivait dans la grotte entre 0,46 et 0,23 million d'années. L'Homme de Lantian vivait avant l'Homme de Pékin. Morphologiquement le crâne est plus primitif. L'Homme de Yuanmou est représenté seulement par deux dents. La nouvelle estimation de l'âge ne dépasse pas 0,73 million d'années. Un nouveau crâne d'Homo erectus a été exhumé en 1980, à Longtandong dans le comté de Hexian, province de Anhui. Une étude comparée suggère qu'il est plus proche de l'Homme de Pékin que des autres Homo erectus d'Asie.
- Boîte crânienne volumineuse, volume cérébral de 1000 à 1300 cc.
- Front fuyant avec torus orbitaire puissant ; occiput anguleux avec bourrelet.
- Trou occipital avancé.
- Prognathisme faible ; arcade zygomatique saillante et orientée vers l’avant.
- Mandibule longue avec arcade dentaire parabolique.
- Incisives développées, canines symétriques, molaires de taille moyenne.
- Membres supérieurs relativement courts ; bassin court et en cuvette ; membre inférieur relativement plus long.
- Outils de type Acheuléen. Trace de foyers traduisant la maîtrise du feu.
Certains caractères progressifs de ce crâne permettent de l'attribuer à une sorte de forme évoluée d'Homo erectus. Un certain nombre de dents isolées attribuées à Homo erectus ont été exhumées ou collectées à Yunxian, Yunxi, Nangzhao et Xichuan dans les Provinces de Hubei et Henan. Il est intéressant de noter que quelques traits morphologiques des Homo erectus chinois semblent être proches de ceux relevés sur les Mongoloïdes. Ceci aide à illustrer la continuité régionale de l'évolution des Hominidés en Chine.
Homo Soloensis
A Ngandong, à partir de 1931, Eugène Dubois, qui avait trouvé le Pithécanthrope, découvre plusieurs crânes se rapportant à une forme évoluée d’Homo erectus décrite sous le nom de l’homme de Solo (du nom de la rivière locale) ou Javanthrope. Cette douzaine de fossiles présentent les caractéristiques essentielles d'Homo erectus (front bas, fortes mâchoires proéminentes, fortes arcades sourcilières, forme du crâne pentagonale et non arrondie vue de l'arrière, etc.) mais aussi une plus grande capacité crânienne, proche de la nôtre.

Solo 6 : profil droit, profil gauche, face
Au vu de leur "archaïsme", on les a d'abord datés de 300 000 ans environ. Ce n'est qu'en 1996 qu'on s'est avisé, au laboratoire de Berkeley, d'en faire une datation objective, absolue, par le dosage des radioéléments (en utilisant deux méthodes distinctes). Le résultat donne un âgecompris entre - 27.000 et - 53.000 ans.
Caractéristiques
L'Homme de Solo (Ngandong, Java) est grand et robuste, surtout au niveau du crâne. Les os de la voûte crânienne restent très épais, le bourrelet au-dessus des orbites est très saillant et la partie moyenne de la face est particulièrement développée à l'endroit des pommettes. Il descent d'Homo erectus puis s'est isolé en Océanie.
- Squelette massif.
- Crâne aussi long que le pithécanthrope mais plus élevé et plus large. Frontal plus développé, moins fuyant.
- Volume endocrânien développé d'environ 1300 cc, avec développement important des lobes frontaux.
- Maxillaire robuste.
- Persistance de la fosse canine et de l’échancrure en dessous de la pommette.
- Tous les reliefs osseux apparaissent puissants : crâne hyper ossifié avec reliefs impressionnants, comme le torus sus-orbitaire, le torus occipital, la carène sagittale, les lignes temporales.
- Trou occipital en position centrale.
Morphologiquement, il semble être intermédiaire entre l'Homme de Pékin et les Hommes modernes, même s'il ne connaissent apparemment pas le feu. Les outils, éclats et lames, auxquels il faut ajouter des pointes d'os, son taillés dans la calcédoine et le jaspe. Il chassent de gros mammifères tels que les buffles géants dont les cornes, à leur extrémité, étaient distantes de plus de 2 mètres.
Source :
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Homo_erectus
- http://hominines.portail-svt.com/articles.php?lng=fr&pg=56
- http://cat.inist.fr/?aModele=afficheN&cpsidt=12232591
- http://www.kterre.org/chronologie/info.php?id=843
- http://hominines.portail-svt.com/articles.php?lng=fr&pg=49
Découverte Archéologique (Août 2007)
L'équipe internationale de chercheurs dirigée par Fred Spoor ( University College de Londres ) et Meave Leakey ( Koobi Fora Research Project ) a annoncé ( Nature, août 2007 ) la découverte de deux fossiles à Ileret, sur la rive est du lac Turkana ( Kenya ), qui remettent en cause la filiation et l'ordre entre les espèces du genre Homo.
Homo habilis est une espèce du genre Homo dont on situe généralement l'apparition il y a approximativement 2,5 millions d'années. Les Homo habilis (littéralement "hommes habiles") ont été nommés ainsi en 1964 parce que des outils de pierre rudimentaires se trouvaient à proximité de leurs premiers restes. Il y a 1,8 million d'années, ces inventeurs de l'outil auraient cédé leur place sous le soleil à leurs descendants Homo erectus ("hommes érigés"), eux-mêmes décrits d'abord en Asie, dès 1891, à partir de fossiles de quelque 800.000 ans.
Cependant, la découverte et l'étude de deux fossiles découverts par l'équipe de Fred Spoor de l'University College de Londres, sur la rive est du lac Turkana (Kenya) remettent en cause la filiation et l'ordre entre les espèces du genre Homo. Il s'agit de fossiles de fragments de mâchoire supérieure d'Homo habilis, les plus récents jamais trouvés, datés de 1,44 million d'années, et d'un crâne d'Homo erectus remarquablement bien conservé et paradoxalement plus ancien, vieux de 1,55 million d'années. Les deux espèces d'hominidé, censées s'être relayées au cours de l'évolution, otn en fait longtemps cohabités dans le bassin du Turkana, pendant un demi-million d'années peut-être. Selon Meav Leaky, paléontologue, « la preuve de leur coexistence rend peu probable que l'Homo erectus ait évolué à partir de l'Homo habilis. »
Homo erectus, longtemps considéré comme un maillon essentiel entre l'homme moderne et ses ancêtres vivant dans les arbres, était peut-être finalement plus proche du singe qu'on ne le croyait, laissent penser des fossiles récemment exhumés (Reuters - Tim Cocks)
Les deux ossements, un crâne et une mâchoire, sont issus de deux branches humaines différentes, Homo erectus et Homo habilis. Le crâne est le premier fossile d'Homo erectus féminin jamais découvert. L'équipe de chercheurs kenyans à l'origine de ces découvertes a eu la surprise de constater que les femmes des premiers hominidés étaient peut-être nettement plus petites que les hommes. Confirmée, cette conclusion montrerait que l'Homo erectus, premier hominidé à s'être tenu droit, était physiologiquement plus proche qu'on ne le pensait des gorilles et chimpanzés actuels.
Chez ces grands singes, on observe en effet une importante différence de taille entre les mâles et les femelles. « Ce dimorphisme sexuel est considéré comme une caractéristique primitive car on l'observe chez d'autres singes », note le docteur Emma Mbua, membre de l'équipe de recherche.
Les deux fossiles ont été découverts en l'an 2000 près du lac Turkana dans la vallée du Rift, dans l'est de l'Afrique, un site considéré comme le « berceau de l'humanité ». Autre surprise pour les scientifiques : alors qu'Homo habilis est considéré comme l'ancêtre d'Homo erectus, le crâne de ce dernier a été daté à 1,55 million d'années, contre 1,44 millions pour la mâchoire d'Homo habilis. Cette découverte signifie donc que les deux espèces ont pu cohabiter, tout en évoluant dans des habitats différents.
« Homo habilis n'a jamais engendré Homo erectus. Ces découvertes ont complètement changé la donne », a estimé Frederick Manthi, qui a découvert les ossements. Cette étude, publiée en premier lieu dans la revue Nature, a été menée par neuf scientifiques, dont la paléontologue Meave Leakey et sa fille Louise Leakey. L'équipe pense qu'Homo erectus et Homo habilis ont dû évoluer à partir d'un ancêtre commun il y a deux à trois millions d'années.
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