Les Premiers Hommes
Entre deux et trois millions d’années, un changement climatique intervient avec l'extension de la calotte glaciaire et une grande sécheresse en Afrique. Les premiers Hommes vont apparaître (Homo habilis et Homo rudolfensis) ainsi que les Paranthropes (presque Homme). Avec l’apparition des premiers Hommes débute le Paléolithique qui prendra fin au Néolithique (environ - 10 000 ans).
Les Paranthropes (2,7 à 1 millions d’années) : ils ont des formes robustes d’Australopithèques. Leurs mâchoires sont puissantes et ils possèdent de gros cerveaux.
Homo habilis (2,4 à 1,6 millions d’années) : ils prospèrent en Afrique de l’Est et en Afrique du Sud. On les considère comme les premiers Hommes véritables en raison de la forme de leur crâne mais leur bipédie reste archaïque.
Homo rudolfensis (2,4 à 1,7 millions d’années) : ils ont vécu en Afrique orientale. Ils sont plus robustes et corpulents que les Homo habilis. Ils possèdent de fortes mâchoires et une face solide.
C’est vers cette période (2,6 et 2,3 millions d’années) qu’apparaissent les premiers outils, mais on ne connaît pas leurs artisans : Paranthropus, Homo habilis ou Homo rudolfensis. Ces premiers outils sont grossièrement taillés : ce sont des choppers ou chopping-tools. Ceux trouvés sur le site d’Olduvai ont donné son nom à la culture oldowayenne. Homo habilis et Homo rudolfensis disparaîtront vers 1,5 millions d’années et les Paranthropes vers 1 million d’années.
Source : http://www.musee-terra-amata.org
Homo Habilis (Afrique orientale - 2,5 à 1,8 million d’années)
Depuis, la première découverte en 1959 des restes crâniens des premiers représentants du genre Homo en Afrique orientale, et malgré les nombreux restes squelettiques et dentaires récoltés ultérieurement, il n'existe aucun consensus concernant la taxinomie et le nombre de spécimens attribués à Homo habilis.

Trois hypothèses sont avancées à partir des données crâniennes et mandibulaires relevées sur les spécimens classiquement attribués à Homo habilis sensu lato :
Les spécimens de Koobi Fora (Kenya), d'Olduvai (Tanzanie), et de l'Omo (Ethiopie) appartiennent à un même taxon : Homo habilis.
D'autres chercheurs reconnaissent deux groupes distincts dans ce même échantillon : Homo habilis et Homo Rudolfensis.
Pour d'autres encore, ces deux espèces Homo habilis et Homo rudolfensis n'appartiennent pas au genre Homo mais au genre Australopithecus.
Les premiers spécimens furent découverts en Afrique orientale, dans la gorge d'Olduvai en 1959 dans les mêmes couches stratigraphiques où fut exhumé par Louis Leakey, l'année précédente, le crâne OH5 (holotype de l'espèce Zinjanthropus boisei). C'est pourquoi, ces premiers spécimens furent baptisés au moment de leur découverte du nom de Prézinjanthrope par Louis Leakey en 1961.

Gisements en Afrique Orientale
Malgré les nombreuses découvertes (OH 4 en 1959, OH 7 et OH 8 en 1960) la constitution et la définition de ce nouveau taxon ne furent établies qu'en 1964 après une longue période de mesures comparatives et de reconstructions. La mise au jour en 1963 de nouveaux spécimens tels que OH 13 et OH 16 dans les niveaux I et II de la gorge d'Olduvai, partageant des caractéristiques communes avec OH 7, a permis de confirmer l'hypothèse de Louis Leakey, Philipp Tobias et John Napier, de l'existence d'une nouvelle espèce : Homo habilis.
Associés à ces éléments osseux, des artefacts lithiques ont été découverts. Les chaînes opératoires et les techniques employées demeurent simples : percussion directe avec un percuteur de pierre ou sur enclume. Cette industrie qualifiée d'Oldowayenne est constituée essentiellement de galets taillés sur une ou deux faces, d'éclats aux bords vifs ou retouchés.
Les Caractéristiques
L’Homo habilis maîtrisait parfaitement la posture érigée, même si celle-ci n'apparaît pas avec lui. En revanche, ses membres postérieurs courts n’en faisaient pas un aussi grand marcheur que l’Homo ergaster, apparu ultérieurement. Son aspect restait très archaïque. L’espèce présentait un fort dimorphisme sexuel, les femelles étant beaucoup plus petites que les mâles.

Crâne de KNM ER 1813
Sa capacité crânienne est supérieure à celle des Australopithèques et inférieure à celle des Homo erectus. Elle fut estimée à partir de la largeur bipariétale à 675-680 cm3, ce qui correspondait à 1 fois et demi le volume endocrânien des Australopithèques sud-africains. Cette capacité cérébrale s'insérait, à l'époque, entre la limite supérieure de celle des Australopithèques et la limite inférieure de celle des Homo erectus.
Cette nouvelle espèce fut définie initialement par les caractéristiques suivantes :
- Un os maxillaire et une mandibule de dimension plus petite que ceux d'Australopithecus et s'inscrivant dans la variabilité de Homo erectus et de Homo sapiens.
- Un développement faible du menton ainsi qu'une orientation postérieure de la symphyse mandibulaire.
- Les superstructures sont faiblement marquées.
- La courbure sagittale de l'os pariétal pouvant varier de légère (chez les homininés) à modérée (chez les australopithécinés).
- La courbure externe de l'os occipital a un angle relativement ouvert (inférieur à celui de Australopithecus et de Homo erectus et dans la variabilité de l'homme actuel).
- Des prémolaires et des molaires particulièrement allongées et peu larges - des incisives relativement larges comparées à celles d'Australopithecus et de Homo erectus.
- Certains éléments du squelette (le pied, la clavicule et les os de la main) sont très similaires à ceux de Homo sapiens.

Crâne de OH 24
Les spécimens sont omnivores, de petite taille, environ 1,25 mètres et leur poids corporel est estimé à 30-32 kilogrammes.
Le Mode de Vie
La savane est devenue plus sèche et moins arborée. La station debout est donc bien maîtrisée. Homo habilis était sans conteste bipède.
On est à peu près certains que ce premier homo disposait d’un langage articulé : en effet, les moulages de son crâne montrent les aires de Broca et Wernicke : c’est là que le cerveau fabrique et traduit les mots.
On attribue à Homo habilis les premiers objets manufacturés. Ces premiers outils sont constitués de roches. Au début, il semblerait qu’Homo habilis sélectionnait de petits éclats de quartz rendus tranchants pour couper les chairs. Il utilise également des galets aménagés.
Homo habilis ne maîtrisait pas le feu.
On lui attribue aussi les premiers habitats. Ces campements rudimentaires ont été découverts dans la gorge d’Olduvai. Les homo habilis vivaient en petits groupes ce qui implique un minimum d’organisation sociale.
Omnivore, Homo habilis était avant tout opportuniste : végétaux, fruits, viande prélevée sur des animaux morts.
Source :
- Homo rudolfensis et Homo habilis (CNRS)
- Homo habilis (dinosoria.com)
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