Igor Brevnjovski : Chronique d'un homme en exil

Les Présocratiques (I) : Introduction

On fixe la date de Naissance de la philosophie au VIe siècle au pays ionien , dans les villes maritimes alors très riches et commerçantes (Milet) : c'est suivi par un déplacement de la philosophie dans l'Italie du Sud et la Sicile , après la soumission de l'Ionie aux Perses.

Presocratiques

Les présocratiques

Au temps de Périclès , après les guerres médiques et la fondation de l'empire thalassocratique athénien, et ce jusqu'à la guerre du Péloponnèse , Athènes devient la capitale intellectuelle de la Grèce comme celle du nouvel empire maritime. Dans ce développement , les Ioniens jouent le principal rôle

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L'Ecole Milésienne

À Milet, à partir du VIe siècle, va se développer la recherche de l'élément essentiel de constitution de toutes choses sous la variété de leurs aspects : Thalès , Anaximandre , Anaximène


Thalès

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Thalès conçoit la genèse du monde comme le résultat d'une « réaction » physique, car il pense que, après avoir été composées par un principe unique, les forces élémentaires de la nature, par « combinaison », mélanges mutuels et « transmutations », produisent les choses réelles.

Thalès observe donc la nature avec ce regard nouveau de physicien, et isole l’archè qui tient la place du commencement dans le processus de création du réel : pour lui, ce sera l'eau. De l'eau tout est issu et l'humide est la qualité commune à toutes natures ; l'eau est donc le principe de toute nature (l'eau serait ce qu'il y a au commencement, ce serait le début de la succession des états du monde)

Remarque : Thalès n'était pas le premier à souligner le rôle essentiel de l'eau comme principe ; avant lui les Babyloniens, les Égyptiens, Homère même, avaient accordé une importance à l'eau dans leur mythologie. Ainsi, selon Homère, les dieux prêtent serment par l'eau.

Pour bien comprendre Thalès il convient de ne pas concevoir son principe, l'eau, comme quelque chose de purement "aquatique". Thalès aurait en effet attribué une âme même à ce qui était inanimé (donc l'eau aurait eu une âme). Ce sont donc des choses animés !

« De tous les êtres le plus ancien c'est le dieu car il n'a pas été engendré ; le plus beau c'est le monde, car il est l'ouvrage du dieu ; le plus grand c'est l'espace, car il contient tout ; le plus rapide c'est l'esprit car il court partout ; le plus fort c'est la nécessité car elle vient à bout de tout ; le plus sage c'est le temps car il découvre tout » (Propos de Thalès, selon Diogène Laërce).

Source :
http://www.yrub.com/philo/thales.htm 


Anaximandre

Anaximandre l'élève et le successeur de Thalès, a élargi la spéculation menée sur l'archè, il a donné un instrument de pensée très important : le couple d'opposés (par exemple , celui de chaud et froid)

Avec Anaximandre nous avons l'émergence d'une conception du monde qui deviendra classique en Grèce par la suite, décrivant le monde comme un tout rassemblant en son sein des forces contraires qu'une loi d'harmonie tient en équilibre. C'est selon cette loi, qui génère un « mouvement éternel », que s'établit une justice mutuelle entre les choses créées. C'est le temps qui veille à l'accomplissement de cette justice et tel est l'ordre naturel qu'il impose.

Pour Anaximandre, le principe n'est plus tel ou tel élément particulier. Anaximandre « construit » le concept d'infini (a-peiron = le non-limité, l'in-fini) : l'Infini est le « principe » des principes, le contenant unique inengendré, mais surtout, indéterminé.

  1. C'est en lui que sont les éléments, qu'il enveloppe entièrement et qu'il gouverne selon la loi de la juste compensation.
  2. Ainsi, les choses sont créées à partir du jeu des antagonistes, ou plus précisément, dans le mouvement résultant de la séparation des contraires.

Les opposés ont un caractère destructeur, ils sont en quelque sorte "injuste" (adikia), mais le fait qu'ils continuent à être conjointement présent dans le monde doit s'expliquer ; c’est une diké (une justice) qui assure cette présence conjointe.

Source :
http://www.yrub.com/philo/anaximandre.htm 


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L'Ecole Pythagoricienne

L'école pythagoricienne était une secte philosophique, religieuse et scientifique, dont les disciples se conformaient à une philosophie de vie contraignante : le ponos. Pythagore est une des figures les plus mystérieuses de la Grèce antique. N'ayant jamais rien rédigé, son enseignement n'est connu que par les écrits de ses disciples et par la tradition orale.

Il semble que Pythagore ait introduit de nombreux rituels importés d'Égypte, et également l'idée de métempsychose :

  1. Pythagore pensait que l'âme humaine est « immortelle, qu'elle migre d'un être vivant à un autre, que selon certaines périodes, les êtres qui sont nés un jour naissent à nouveau, qu'il n'y a, à proprement parler, aucun être nouveau et qu'il faut croire que tout ce qui est animé appartient à la même souche. » (Porphyre de Tyr). C'est lui qui introduisit cette croyance en Grèce.
  2. « Ce sont encore les Égyptiens qui, les premiers, ont dit que l'âme humaine est immortelle et qu'au moment où le corps périt, elle vient se loger dans un autre être vivant qui naît alors ; que, lorsqu'elle a habité tour à tour toutes les espèces terrestres, aquatiques et aériennes, alors elle pénètre de nouveau dans le corps d'un homme à l'instant où il naît, après une migration de trois mille ans. » (Hérodote)

Les pythagoriciens croient également à la toute puissance du nombre qui régit l'univers : "Tout est nombre". Le nombre entier est la cause des qualités des divers éléments de l'univers. L'harmonie est divine, elle consiste en rapports numériques.

C'est de cette croyance que découlent les multiples recherches mathématiques réalisées par l'école de Pythagore.

Sources :
-
http://www.infoscience.fr/histoire/biograp...aph.php3?Ref=54
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Pythagore

Posté par Silverside le 17.05.07 à 16:52 - Commentaires (0) - Présentation

Les Présocratiques (II) : Héraclite d'Ephèse

Héraclite occupe une place très importante dans l'histoire de la philosophie grecque. Le premier, et sans se rattacher à aucune école antérieure, il a exposé une doctrine philosophique très profonde, en opposition à la fois avec l'opinion commune et avec les théories des autres philosophes.

Heraclite

Plus tard, ses doctrines exercèrent une grande influence sur l'esprit de Platon qui les conserva, en ce qu'elles ont d'essentiel, dans son système.

Voir : Les Fragments

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Sa doctrine philosophique est en contradiction directe avec celle de l'école d'Elée. Tandis que celle-ci proclamait l'être absolument un et immobile, Héraclite ne voit partout que multiplicité et changement. Rien dans le monde entier ne demeure un seul instant identique à soi-même : tout passe, tout change, tout meurt à chaque moment.  C'est ce qu'il exprimait par ces formules restées célèbres : Tout coule et on ne se baigne pas deux fois dans le même fleuve.

Aucune chose n'est à proprement parler :

  1. Tout devient, tout passe d'un contraire à l'autre , tout se confond, les contraires sont identiques, et c'est un même être, toujours fuyant, qui revêt tour à tour les formes les plus opposées.

  2. Le jour devient la nuit, et la nuit le jour (Le jour et la nuit); le petit devient grand, et l'invisible visible; le haut et le bas, ce qui est salutaire et ce qui est nuisible, le commencement et la fin, le mortel et l'immortel, ne diffèrent pas.

  3. L'été et l'hiver, la guerre et la paix sont identiques: l'argile dont les choses sont faites revêt sans cesse de nouvelles formes.

Dire que toute chose passe ainsi continuellement d'un contraire à l'autre, c'est dire que la guerre est la mère et la souveraine de l'univers; elle est le droit et l'ordre du monde. Ce qui se sépare s'unit : partout on voit des tensions opposées, comme dans l'arc et la lyre.

Hegel louera plus tard Héraclite d'avoir déjà connu l'identité des contraires, de l'être et du non-être : il est vrai qu'en même temps qu'il aperçoit partout l'opposition et la guerre, le philosophe découvre en toutes choses et pour la même raison, l'accord et l'harmonie.

Source :
http://www.cosmovisions.com/ 

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Le neutre sophón désigne le sage au sens de cela qui est sage et non au sens plus restrictif d'une personne sage. Ce n'est pas une personne qui est sage, mais plutôt Cela qui est sage. Voilà pourquoi, au fragment 3, Héraclite parle de «ceux qui sont à l'écoute, non de moi mais du logos.»

Héraclite, d'entrée de jeu, met en relief le statut particulier de Cela qui est sage. Cela qui est sage n'a pas de contraire, ce qui n'est pas le cas de «toutes choses»: «Toutes choses arrivent par opposition et nécessités» (fragment 109) et «c'est l'harmonie par les tensions opposées» (fragment 108). L'harmonie de Cela qui est sage est transcendante: tel est le message d'Héraclite. «L'harmonie invisible est supérieure à l'apparente» (fragment 112). La lumière d'Héraclite est la lumière de l'Obscur et non la lumière versus l'obscur. C'est «la lumière véritable qui éclaire tout homme», comme l'annonce Jean dans le prologue de son évangile.

Le mot employé par Héraclite (kechorisménon) est en fait le participe du parfait du verbe choréo, qui signifie «se retirer», alors que le mot chóra signifie «espace». Il y a donc l'idée de distance, de retrait. Cela fait étrangement écho au sanskrit kaivalya que Patanjali emploie pour désigner l'état de libération finale, ou d'éveil total, mot qui signifie littéralement «isolé»: l'être réalisé perçoit la réalité sans mélange (samyoga) avec quelque forme que ce soit dans le monde phénoménal. Le discernement est intervenu et c'est la cessation (nirodha) de la confusion (traduction littérale de samyoga), l'abolition de l'errance (avidyâ).

Source :
http://www.omalpha.com/heraclite.html 

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Les contraires se réunissent dans l'unité : ils proviennent tous d'un seul et même être qui en se séparant de lui-même s'unit avec lui-même. De toutes ces oppositions naît l'harmonie du monde qui éclate à nos yeux. Cet être unique qui prend successivement tant de formes diverses, Héraclite l'appelle le Feu.

« Le monde, dit-il, n'a été créé [Cosmogonie] par aucun des dieux ni par aucun des humains : mais il a toujours été, il est et il sera un feu, éternellement vivant, s'allumant et s'éteignant selon la loi. »

L'évolution et les transformations de ce feu essentiel ne se font pas au hasard ; elles sont au contraire soumises à une loi divine, à laquelle tout obéit, à la Dikê, au Logos, qui s'appelle encore la destinée ou la nécessité, dont rien dans le monde ne saurait enfreindre les arrêts. Il y a ainsi une force organisatrice et divine qui anime le monde et le gouverne sans en être distinguée : Dieu ou Zeus ne diffère pas du monde; il lui est immanent. Cette raison universelle ne diffère pas non plus du feu.

« De tous ceux dont j'ai entendu le discours, aucun n'est allé jusqu'à reconnaître que cela qui est sage transcende toutes choses. »

Héraclite parle d'une connaissance, qui est en fait une reconnaissance (ginóskein) un peu comme ce qui se passe lorsqu'on pénètre dans une pièce obscure et qu'on laisse au regard le temps de s'ouvrir. Il fait signe à l'homme en direction de la maturité du regard.

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En résumé

En résumé , la méditation personnelle d'Héraclite se développe sur quatre thèmes distincts :

  1. La guerre est le père de toutes choses ; la naissance et la conservation des êtres sont dues à un conflit de contraires qui s'opposent et se maintiennent l'un l'autre : ce conflit fécond est en même temps harmonie , non pas au sens d'un ajustement de forces agissant en sens opposé : ainsi se limitent et s'unissent , harmonieux et discordants , le jour et la nuit , l'hiver et l'été , la vie et la mort. Le thème des contraires s'applique à la fois aux contraires simultanés qui se limitent dans l'espace , et aux contraires successifs , suite réglée d'excès et de manque qui se limitent dans le temps (leur union solidaire est maintenue par Dikê – la justice – , au service de qui se trouvent les Erinyes vengeresses)
  2. La substance primordiale est le Feu , en lequel peuvent s'échanger toutes choses : tout naît et progresse , selon que le feu , éternellement vivant , s'allume ou s'éteint avec mesure. Le feu n'est plus un de ces grands milieux physiques , comme l'étendue marine ou l'atmosphère génératrice de tempêtes , c'est plutôt une force incessamment active , un feu «toujours vivant». L'unité de toutes choses , c'est là la vérité par excellence , c'est la sagesse qui n'est point vaine érudition (d'un Hésiode ou d'un Pythagore) mais cette unique chose séparée de tout , qui se fie aux yeux plus qu'aux oreilles , à l'intuition plus qu'à la tradition , et qui consiste à reconnaître l'unique pensée qui dirige toute chose.
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  3. Le perpétuel écoulement des choses : l'être est inséparable de ce continuel mouvement.
  4. Une sorte de vision ironique des contrastes , un renversement qui nous révèle dans les choses l'opposé de ce que nous y voyons d'abord

Toutes les intuitions d'Héraclite tendent vers une doctrine unique et d'une singulière profondeur ; tous ses contrastes se retrouvent dans un contraste se retrouvent dans un contraste unique : le permanent (ou l'Un) et le changeant ne sont pas exclusif l'un de l'autre, c'est , tout au contraire , dans le changement même (dans la discorde) , mais dans un changement mesuré et dans une discorde réglée que se trouvent l'Un et le permanent.

Source : Histoire de la Philosophie (Emile Bréhier)

Posté par Silverside le 17.05.07 à 21:41 - Commentaires (0) - Présentation

Les Présocratiques (III) : Parménide d'Elée

Parménide, qui se rattache à l'école éléatique, fut le disciple de Xénophane qui dénonça la représentation anthropomorphique des divinités grecques.

Parmenide

C'est avec lui que l'on trouve la première formulation de l'enjeu métaphysique : l'Etre est, et il est inséparable de la pensée.

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Le poème , intitulée De la nature , se divise en trois parties.

  1. La première partie commence sur l'image d'un voyage initiatique. Un jeune homme est enlevé par des cavales et conduit sur un char jusqu'aux pieds d'une déesse, après que les portes du jour et de la nuit, gardées par la justice humaine et la justice divine, se sont entrouvertes. La déesse lui révèle alors qu'il existe deux voies : celle de la vérité et celle de l'opinion.
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  2. La deuxième partie traite de la voie de la vérité. Décrivant l'Univers comme une sphère avec, en son centre, la présence de la nécessité, cette deuxième section articule une ontologie, c'est-à-dire une théorie de l'Être soutenant l'identité de l'Être avec lui-même, ainsi que l'égalité entre l'Être et la pensée.

  3. Enfin, la troisième partie traite de la voie de l'opinion qui représente le chemin conduisant la pensée à se perdre elle-même dans le le flux incessant du devenir des choses.

Voir : Le Poème de Parménide

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Le premier auteur qui ait marqué la vérité de son seau est certainement Parménide : il est le premier à avoir dit que la perception est trompeuse, et que, quand bien même on verrait se déployer du mouvement devant nous, quand bien même donc notre perception nous affirmerait que le mouvement est là, ce mouvement est inexistant, est un leurre, une tromperie de la perception.


Parménide ou la perception médiatisée

Pour connaître la vérité de ce mouvement qui se déploie devant nous il faut aller au delà de la perception, il faut imaginer quelque chose d'autre qui n'est pas perçu mais qui est la vérité de ce qu'on perçoit. Cet au delà du perçu, qui est la vérité de la perception, cet au delà est l'Un.

  1. L'Un inamovible, indivisible, et bien sûr unique, qui explique par son être tout le perçu. Ici se dessine une distinction radicale entre la perception et ce qui sera appelé plus tard l'entendement.
  2. L'entendement est ainsi un ensemble de concepts cohérents qui permet d'expliquer la réalité de ce qui est perçu. Ces distinctions se signent d'une formule qui continue d'avoir ses lettres de créance: «l'être est et le non-être n'est pas».
  3. L'être source de vérité est, tandis que le monde du perçu, du perceptible, le monde de ce que Parménide appelle la Doxa, n'est pas.

Ici le rapport à la perception est un rapport distancié, médiatisé. L'être qui perçoit n'est pas entièrement pris par sa perception. Sa perception est toujours forcément médiatisée par la vérité, par l'Un. Il y a donc ici une opération de négation de la preception. La perception n'est plus prise pour ce qu'elle est, elle est niée dans son être et n'est récupérée qu'au prix d'un passage par l'Un qui vient la corriger, la recadrer correctement.

Source : Psychanalyse : Parménide 

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Extrait d'un texte passionnant (dans la mesure où la découverte d'une philosophie originale et fondatrice peut l'être) , mais particulièrement complexe


Les chemins de la pensée (P. Deramaix)

Les fragments qui nous restent du Poème de Parménide nous invitent à emprunter une voie escarpée. En effet, Parménide nous expose le récit d'un cheminement menant à une injonction qui s'impose à toute pensée philosophique.

  1. Il y est requis du penseur, s'il veut accéder à la certitude et rester digne de créance, d'asseoir son discours sur une pensée inflexible de l'être, décrit comme " formé tout d'une pièce, exempt de tremblement et dépourvu de fin", " tout entier à la fois, un et un continu". A ce titre, on peut considérer le poème de Parménide comme le texte fondateur de l'ontologie.

  2. Cependant, la pensée de l'être ne peut faire l'économie ni du monde, ni du discours : le texte de Parménide n'est pas, loin s'en faut, qu'une affirmation métaphysique de la pérennité de l'être ; son programme s'étendait plus loin dans la mesure où le poème traite "de la nature" en vue d'élucider le fondement du monde visible. Nous avons affaire à une pensée de la "physis" (catégorisation générique d'une cause première, d'un substrat commun permettant de fonder et d'élucider la genèse des choses)

Nous nous situons, semble-t-il à la frontière entre l'exposition d'un mythe, narration mettant en scène, allégoriquement, les personnifications, divines ou allégoriques, de la Justice (Thémis), le Droit (Dikè), la Persuasion (Peithô), montrant dès l'aube de la philosophie que celle-ci entretient nécessairement un rapport étroit avec le Discours (logos) et le jugement.

Ce récit est de part en part traversé d'une métaphore - celui des chemins de pensée - qui d'emblée situe le travail du philosophe dans un espace conceptuel qui lui est propre :

  1. Le philosophe chemine, progresse, et choisit sa voie, il emprunte un chemin qui va des ténèbres vers la lumière, et, se voit, par la même occasion contraint à se séparer d'un état originaire, partagé par l'ensemble des hommes que l'on pourrait qualifier de "naïfs", conditionné par la seule opinion - "doxa" - ou par un ensemble de croyances qui, pour être communes, n'en sont pas pour autant fondées avec toute la certitude attendue d'un savoir authentique.

  2. Un effort est exigé du philosophe qui, d'étape en étape, doit consentir à des renoncements, des choix entre la voie escarpée et les sentiers battus, entre la voie de l'être et l'impasse du non être, et - dans la voie de l'être - entre une ontologie de la permanence et de l'immuabilité et celle, hautement problématique, du devenir et de la mouvance, voie incertaine qui fut empruntée par l'école ionienne et par Héraclite en particulier.

Le cheminement philosophique présuppose - avant même toute exposition de l'être - un arrachement, une décision critique par lequel le penseur s'engage dans le chemin escarpé plutôt que de suivre les sentiers battus.

Source : Les chemins de la pensée 

Posté par Silverside le 17.05.07 à 22:12 - Commentaires (0) - Présentation

Les Présocratiques (IV) : Anaxagore

La doctrine d'Anaxagore fait, pour la première fois, la distinction entre la matière et l'esprit (le nous) et, en reconnaissant un principe raisonnable , cause du mouvement, elle se sépare de l'École Ionienne, dont elle est issue, pour former une branche spéciale, d'une haute originalité.

Anaxagore


Anaxagore part de ce principe : il n'y a ni création, ni destruction; il y a seulement union et séparation d'éléments déjà existants, en sorte que la naissance n'est que l'agrégation et la mort la séparation de ces éléments.

  1. La matière est donc éternelle; elle se résout en Homéoméries, c'est-à-dire en parties infinies en nombre et en petitesse, mais toujours semblables les unes aux autres.

  2. Ces homéoméries ne sont pas des atomes car le nombre des atomes, s'il est infini en totalité, est fini dans un corps donné.

Un objet quelconque est composé des éléments de toutes choses qui y entrent en égale quantité. En un mot, tout est dans tout.

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Pourtant nous reconnaissons des différences entre les choses; pour nous, elles ne sont pas identiques, et nous leur donnons des noms différents : cela vient de ce que chaque chose renferme les autres à des degrés divers d'apparence. La chose qui paraît dominer dans l'agrégat lui donne son nom

  1. Ainsi définie, la matière, infinie en quantité et en petitesse, est incapable par elle-même de s'ordonner, de former des agrégats harmonieux et de les dissoudre : elle est incapable de mouvement et de vie; abandonnée à elle-même, c'est le chaos.

  2. Il faut donc chercher en dehors et au-dessus de la matière le principe du mouvement.

Ce principe ordonnateur du monde, cause du bien et du beau qui existent dans l'univers, c'est l'Esprit (noûs).

Source : http://www.cosmovisions.com/

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L'Esprit (ou intelligence, ou encore principe raisonnable) est infini (apeiros), indépendant (autocratès); il est répandu dans toute chose, mais il ne se mêle à rien.

  1. Sous son influence le monde se meut, entraîné dans un tourbillon dont la Terre occupe le centre.

  2. Par suite de ce mouvement de rotation, des masses rocheuses se détachent du sol et, lancées vers le ciel, sont enflammées par l'éther : ce sont les étoiles.

  3. Le Soleil est pour lui un globe de pierre incandescente, plus grand que le Péloponnèse et la Lune reçoit la lumière du Soleil.

Quant aux êtres animés, ils sont apparus au moment où toutes les conditions nécessaires à leur existence se sont produites, c'est-à-dire après la période d'incandescence, quand la terre encore chaude fut saturée d'humidité; ils se sont ensuite reproduits par l'accouplement.

Remarque : il ne faut pas s'abuser sur la portée du mot Noûs. N'oublions pas qu'Anaxagore est avant tout un physicien. L'esprit moteur du monde opère à l'aide d'un enchaînement d'effets mécaniques. Mais il n'a pas de but final, il n'agit pas en vue du Bien. Ce n'est pas un Dieu, ou, si l'on veut ce n'est pas une volonté morale.

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En résumé , selon Anaxagore de Clazomènes, l'univers était composé de minuscules éléments, les homéoméries (que nous apparenterions aux molécules), invisibles à l'oeil, chacun contenant une fraction du tout. Ces particules étaient unies par une force appelée noûs (l'Esprit).

Un lien très intéressant : Anaxagore vu par Platon: la déception de Socrate

Posté par Silverside le 17.05.07 à 23:29 - Commentaires (0) - Présentation

Les Présocratiques (V) : Empédocle

La pensée d'Empédocle semble être un croisement de trois influences : celle du Pythagorisme, aussi bien dans les croyances religieuses qui l'apparentent à l'Orphisme que dans son esprit scientifique, celle de l'Éléatisme, celle d'Héraclite (Il est douteux, par contre, qu'elle doive rien, ni à Leucippe l'atomiste, ni surtout à Anaxagore)

Empedocle

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Le trait le plus immédiatement visible de la physique d'Empédocle, c'est la substitution, à la matière unique qui, pour le naturalisme ionien, était le fond permanent du devenir , de plusieurs déterminations élémentaires des choses (les racines de toutes choses)

Ces racines de l'être sont partout , identiques à elles-mêmes. Il y en a quatre : le feu, l'eau, l'éther, la terre (ces fondements de l'Être se réalisent dans l'étendue)

Pour expliquer le devenir des choses, Empédocle , qui nie tout devenir qualitatif et même toute génération de substance, considère qu'il n'y que mélange, et puis échange entre les choses qui ont été mélangées : la loi générale selon laquelle se font ces mélanges, est une loi d'ajustement mutuel, d'affinité.

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Le mécanisme selon lequel se produisent ces mixtions et ces échanges de manière à produire et à régler un devenir apparent exige deux autres principes :

  1. L'un extérieur aux éléments et qui, en tous sens, pèse pareillement sur eux, la Discorde (neikos) ou la Haine. L'autre, intérieur aux éléments et qui est égal à eux en longueur et largeur, l'Amitié (filoths), ou encore l'Harmonie.

  2. Par l'action de l'Amitié le multiple tend à constituer une unité ; par l'action de la Discorde l'unité se disjoint et donne lieu à la pluralité. Les deux forces motrices sont des antagonistes perpétuels, mais alternativement l'une ou l'autre tend à prendre le dessus, sans pourtant exclure radicalement l'autre, ce qui produirait alors, soit l'unité et l'immobilité absolues, soit la multiplicité absolue et le mouvement chaotique et sans règle.

Au règne de l'amitié traversé par les dissensions de la Haine, succède donc un règne de la Discorde, auquel l'Amitié travaille à mettre fin.

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La défiance que manifeste Empédocle à l'égard de la connaissance sensible, l'existence même d'une vérité surnaturelle opposée à celle qui est permise à une intelligence mortelle, n'empêchent pas que, pour lui, la pensée ne soit la même chose que la sensation, mais soumise à un double travail de critique et de synthèse.

En ce qui concerne les conceptions théologiques d'Empédocle sur les dieux et sur la destinée de l'homme , celui-ci attribue aux éléments, à l'Amour et à la Discorde, enfin au Sphairos (l'état des choses dans lequel l'Amitié atteint l'apogée de son règne) la nature divine , - de même qu'aux dieux à la longue vie et qui ne se forment pas autrement que les choses mortelles, la nature divine .

Dans le dieu, dit-il, il n'y a rien que le mouvement d'un esprit inexprimablement saint qui, de ses pensées rapides, s'élance à travers le monde entier.

Mais, dans un monde qui s'est formé mécaniquement à partir d'éléments divins et qui est régi dans son évolution par le rythme alterné des deux forces, divines elles aussi, quel peut être, en outre, le rôle d'autres dieux ? Sont-ce les esprits entre lesquels se sont conclus ces amples pactes qui sont comme un serment de fidélité collective à l'ordre universel ?

Questions sans réponse.

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En résumé : pour définir la pensée proprement philosophique d'Empédocle, on dira que :

  1. Dans l'unité éléatique de l'Être étendu et sans qualités, il a commencé par introduire la pluralité limitée des qualités élémentaires, pour arriver ensuite à la pluralité illimitée de l'expérience par l'introduction du mouvement dans la qualité, satisfaction partielle donnée à l'Héraclitéisme.

  2. D'autre part, sous l'influence du mathématisme pythagoricien, il a donné à la composition de la qualité selon des proportions numériques la forme de la quantité.

  3. Enfin qu'il a fait dépendre le mécanisme d'un dynamisme, celui des forces motrices.

Synthèse hésitante et confuse, de laquelle émergent çà et là des vues de détail intéressantes, mais que ne domine aucun point de vue supérieur, et beaucoup trop passionnée pour être assez systématique.

Posté par Silverside le 17.05.07 à 23:45 - Commentaires (0) - Présentation

Les Présocratiques (VI) : Les Atomistes

Selon les principes de l'Atomisme , le monde est constitué par ces deux principes fondamentaux que sont les atomes et le vide. Ces infimes particules de matière composent par le jeu, à la fois mécanique et désordonné de leurs combinaisons, les formes et les qualités des objets sensibles que nous percevons et que nous sommes (puisque notre nature est aussi corporelle).

Democrite

Démocrite

L'Atomisme antique : Leucippe et Démocrite

L’un des apports philosophiques de cette thèse réside dans l’explication qu’elle peut fournir de ce que le monde est à la fois même et autre, un et multiple :

   1. Il est même puisque composé par les différents agencements d’une même particule élémentaire

   2. Il est autre parce que ces combinaisons sont précisément distinctes, variées et surtout parce qu’elles sont mues par un mouvement perpétuel qui les fait incessamment se disperser et se recomposer.

Les dieux n’interviennent pas dans une telle conception de la nature. Ils n’imposent aucun ordre au mouvement et aux combinaisons des atomes. On peut donc dire d’une telle explication matérielle du monde qu’elle est mécaniste, et exclut l’idée selon laquelle la nature serait organisée selon un plan d’ensemble (finalisme).

Leucippe est le fondateur de l'atomisme, mais nous ne possédons aucune de ses œuvres à proprement parler : elles sont comprises dans celles de Démocrite, et il est pratiquement impossible de distinguer leurs idées respectives.

Source : http://www.yrub.com/philo/atomisme.htm

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Démocrite admettait deux principes de formation de l’Univers :

  1. Le plein, qu’il nomma, à la suite de son maître Leucippe, atomos, c’est-à-dire «indivisible»

  2. Le vide dans lequel se déplacent les particules de matière pure, minuscules, invisibles, indestructibles et infinies en nombre.

La diversité de tout ce qui est découle de la multiplicité des formes qui peuvent naître de la combinaison des atomes.

Note : pour Démocrite , Les atomes sont des corpuscules solides et indivisibles, séparés par des intervalles vides, et dont la taille fait qu'ils échappent à nos sens. Décrits comme lisses ou rudes, crochus, recourbés ou ronds (ils sont infinis par leur forme, figure et grandeur), ils ne peuvent être affectés ou modifiés à cause de leur dureté.

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Démocrite distingue deux formes de connaissance : la connaissance par les sens, qu'il critique et appelle bâtarde et obscure, et la connaissance par l'intellect, qu'il appelle légitime et véritable. C'est la raison qui est le critère de la connaissance légitime.

  1. Toutes nos sensations sont des conventions, c'est-à-dire des choses déterminées par nos opinions et nos affections.

  2. Sont donc vrais et intelligibles les seuls éléments dont est composée toute la nature, les atomes et le vide, c'est-à-dire quelque chose qui n'est pas sensible.

La position, la forme et l'ordre ne sont alors que des accidents : « Nous ne connaissons en réalité rien de certain, mais seulement ce qui change selon la disposition de notre corps, et selon ce qui pénètre en lui ou ce qui lui résiste. [...] Il a été démontré qu'en réalité nous ne savons pas ce que chaque chose est ou n'est pas. [...] Il est impossible de connaître la nature réelle de chaque chose. »

Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Démocrite_d'Abdère

Posté par Silverside le 18.05.07 à 00:14 - Commentaires (0) - Présentation

Les Présocratiques (VII) : Les Sophistes

Depuis le VIe siècle, il existe quelques écoles supérieures en divers endroits du monde grec, écoles de médecine à Cnide et à Cos en Ionie, écoles de philosophie en Ionie encore, école Pythagoricienne fondée à Crotone, en Grande Grèce en 530. Mais ces communautés de savants n'ont pas fait évoluer l'enseignement traditionnel, ce sont les sophistes qui vont y apporter des innovations capitales.

Gorgias

Les plus anciens d'entre eux sont nés au début du Ve siècle (Protagoras d'Abdère vers 485, Gorgias de Léontinoi vers 480) mais leur influence ne devient importante que dans la seconde partie du siècle., Ils vont promouvoir l'enseignement intellectuel qui va progressivement faire passer au second plan le sport et la musique (Aristophane, Les Nuées), de plus en plus réservés à des professionnels.

  1. Ces nouveaux maîtres répandent les connaissances nouvelles, enseignant sous le nom de philosophie toute une culture générale (géométrie, physique, astronomie, médecine, arts et techniques) qu'on ne peut acquérir à l'école élémentaire.

  2. Mais les deux piliers de leur enseignement sont la dialectique, art de la discussion, qui permet de soutenir, sur toute question, aussi bien le pour que le contre, et la rhétorique, art de bien parler qui permet d'être persuasif sur n'importe quel sujet (Platon, Gorgias).

Ainsi , les sophistes veulent former des gens aptes à réfléchir, à prendre des décisions, à argumenter et à gouverner. Ils détournèrent leur attention des sciences et de la philosophie pour la porter sur des études plus pratiques, principalement la rhétorique, la politique et la loi, des habilités dont avaient besoin les jeunes Grecs afin d’assurer leur succès.

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Le mot sophistès veut dire « expert », « savant » : au Ve siècle, ce mot s’applique aux poètes Homère et Hésiode ainsi qu’aux autres maîtres qui mettent la parole en jeu. Ce n’est que vers la fin du Ve siècle que le mot désignera des maîtres enseignant à d’autres l’art du langage.

Pour les sophistes , la vérité se réduit dans le cadre de la cité, à l’opinion générale d’un groupe d’homme. C’est l’avènement du sens commun : pour le sophiste est juste ce que décide la masse des citoyens, il n’y a plus de divin et de non-divin, tout se passe au sein de la cité, dans les relations entre les êtres finis. La politique devient la loi suprême. C’est le règne de l’apparence.

Or , comme dans le contexte athénien du Ve siècle, le langage est un instrument d’action important, il est tout naturellement le point central de l'enseignement des sophistes.

Les sophistes se demandent ce qui fait que nous puissions juger bien une chose et mal une autre, d’où cette capacité nous vient ? Pour eux, il y a deux sources de tels jugements : la nature (phusis) , et la coutume ou la loi (nomos).

  1. Ainsi , en expliquant par exemple qu’un comportement est juste, on pourra se référer tantôt à la nature qui « veut » que les humains agissent ainsi qu’on a agi, ou bien à la coutume et à la loi qui « veut » que les humains agissent ainsi qu’on a agi.

  2. Les sophistes expliquent que ce qui est universel est donné par la nature et que ce qui est particulier est donné par une institution (ce qui retire à la loi sont caractère divin, les lois étant des institutions humaines).

Protagoras fait prévaloir la loi sur la nature : il affirme que « l’homme est mesure de toute chose », c'est-à-dire que la validité de l’institution n’est pas démentie par la variabilité de la coutume et de la loi.

La position contraire à celle de Protagoras soutient que la nature fournit des considérations normatives qui doivent prévaloir sur celles de la coutume et de la loi.

Source : http://www.yrub.com/philo/sophistes.htm

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Protagoras (??????????) : « de toutes les choses, la mesure est l’homme : de celles qui sont, du fait qu’elles sont; de celles qui ne sont pas du fait qu’elles ne sont pas. »

On attribua de nombreuses interprétations à cet énoncé. Ainsi, c'est par l'homme et du point de vue de l'homme que le bien et le mal, le vrai et le faux prennent leur définition. La justice absolue ne peut donc exister car elle est relative. L'énoncé peut aussi signifier que c'est l'homme qui crée les différences en ce qui concerne le langage, le savoir, la sensibilité ou les perceptions. Alors toute affirmation faite par un homme n'aurait de signification absolue que pour cet homme.

Autre phrase célèbre : « Les dieux, je ne puis dire qu'ils sont ni qu'ils ne sont pas, ni de quelle nature ils sont. Beaucoup de choses empêchent qu'on le sache: et l'obscurité de la question et la brièveté de la vie humaine. »

Gorgias (???????) : « Gorgias de Léontium appartient à cette catégorie de philosophes qui ont supprimé le critère de vérité. (...) Dans son livre intitulé Du non-être, ou de la nature, il met en place, dans l'ordre, trois propositions fondamentales : premièrement, et pour commencer, que rien n'existe ; deuxièmement que, même s'il existe quelque chose, l'homme ne peut l'appréhender ; troisièmement, que même si on peut l'appréhender, on ne peut ni le formuler ni l'expliquer aux autres. » (Sextus Empiricus, Contre les mathématiciens, VII, 65)

À côté de la faiblesse de la vérité, Gorgias pose la force du langage, son pouvoir sur les esprits, par l'argumentation, et sur les émotions, par le rythme et les effets sonores. Ce pouvoir peut être bien ou mal utilisé, la technè rhêtorikè ne garantit ni n'élève la moralité de celui qui l'emploie, il s'agit d'un instrument neutre. En cela, Gorgias est le fondateur du pragmatisme rhétoricien, opposé à l'idéalisme philosophique à la manière de Platon.

Prodicos (????????) semble s'être spécialisé dans la définition précise des mots et dans la distinction subtile de mots presque synonymes. Platon le présente comme un maître et ami de Socrate : vraisemblablement , celui-ci voyait dans sa recherche de précision dans le vocabulaire et de définition rigoureuse des termes une première étape, limitée cependant, vers la dialectique.

Egalement , Hippias (philosophe et diplomate grec, l'interlocuteur de Socrate dans certains des dialogues de Platon)

Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Sophiste

P.S.: Un lien très intéressant, http://plato-dialogues.org/fr/tetra_2/tetra_2.htm

Posté par Silverside le 18.05.07 à 00:21 - Commentaires (0) - Présentation

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