Les XVe et XVIe Dynastie : les Hyksôs
Le terme « Hyksôs » vient de l'expression démotique heka khasewet (Maîtres des Terres Étrangères), utilisée par les Égyptiens, notamment dans la Liste de Turin qui recense les dirigeants des pays alentours.
On note l'apparition de cette expression sous l'Ancien Empire, s'adressant notamment à de nombreux chefs Nubiens, et jusqu'aux débuts du Moyen Empire, renvoyant cette fois aux bédouins de Syrie-Palestine.
L'Origine
On considère que les Hyksôs, peuple sémitique, se sont infiltrés au sein de différents groupes, notamment les sémites, et arrivèrent au pouvoir vers la fin du Moyen Empire.
Il est donc probable que les Hyksôs, part de la civilisation égyptienne faisant minorité, aient étendu de façon endogène leur pouvoir sur l'Égypte, mettant à profit l'arrivée de nouveaux migrants en provenance du Proche-Orient pour étendre leur influence et s'emparer progressivement du pouvoir.
Ils provoquent une partition de fait d'un pays dont le pouvoir officiel sera cantonné dans le Sud.
Les souverains Hyksôs se proclament alors pharaons à part entière et exercent leur influence jusqu'en Moyenne-Egypte à partir de leur capitale, Avaris.
Le royaume du Sud de l'Egypte est réduit aux huit premiers nomes situés entre Eléphantine et Abydos. Le roi hyksôs Yaqoub-Har (ou Iaqoub-Baal), vassal émancipé de Salitis, règnera environ dix-huit ans.
Il entretiendra de bonnes relations avec les trois rois de Thèbes qui succèderont à Sékhem-Rê Ouahkha-Rê-Hotep : Antef V "l'Ancien", Antef VI puis Sobekemsaf II, le mieux connu des rois de la XVIIème dynastie. Khyan succèdera à Yaqoub-Har.
La Domination des Hyksôs
La progression des Hyksôs d'Avaris jusqu'au Nord d'Héliopolis s'étend sur une période d'environ un demi-siècle et semble avoir été réalisée de manière pacifique.
L'organisation du pouvoir des Hyksôs adopte le moule politique égyptien. Leur culture sera épargnée par cette assimilation bien qu'ils adoptent l'écriture hiéroglyphique.
Leur religion reprend en partie le panthéon égyptien autour de Seth d'Avaris et les pharaons hyksôs continuent à porter le nom de Rê dans leur titulature. Les autorités religieuses se contentent d'accentuer les caractères sémitisants des divinités.
Les Hyksôs tenteront de s'allier aux Nubiens pour réduire les Thébains et unifier le pays à leur profit.
Le roi nubien nommé Nédjeh, qui prend le pouvoir et installe sa capitale à Bouhen, règne d'Eléphantine à la Deuxième Cataracte. Son alliance avec les Hyksôs, durera jusqu'à ce que Kamosé s'empare de Bouhen. Cette première victoire donnera naissance à la l'exploitation d'un sentiment nationaliste par les princes thébains déchus qui assimileront la lutte contre les Hyksôs à une guerre de religion.
Note : La XVIe dynastie est une dynastie mineure de l'Égypte : on désigne ainsi les chefferies asiatiques qui sont vassales des rois Hyksôs et qui se partagent des territoires, en dehors de l’Est du delta contrôlé directement par les rois de la XVe dynastie et aussi les petits royaumes en Moyenne-Égypte que tiennent des Égyptiens collaborateurs des Hyksôs. Cette dynastie est parallèle aux XVe et XVIIe dynasties. Des rois kouchites (Soudan) régnant en Basse Nubie profitent de cette confusion et annexent des provinces de Haute-Égypte. Ils installent leur capitale à Bouhen et règnent d'Éléphantine à la deuxième cataracte.
L'Adoption de la Civilisation Egyptienne
Les Égyptiens, de la XVIIIe dynastie jusqu'à Manéthon, s'accordent pour faire de l'époque hyksôs une période d'abomination. Les faits ne justifient guère ce jugement. Les Hyksôs, en effet, respectèrent la civilisation égyptienne et, en fait, l'adoptèrent.
On ne voit plus dans leur pénétration en Égypte une invasion militaire conduite par des troupes bien organisées et supérieurement armées, devant lesquelles se serait effondrée l'armée égyptienne dépourvue du char et du cheval, et ne disposant que de dagues de cuivre en face de l'armement de bronze de ses ennemis.
De même, on ne croit plus aux " forteresses " hyksôs du Delta et du Proche-Orient. Ce n'est qu'à la fin de leur occupation de l'Égypte que les Hyksôs introduisirent dans la vallée Nil, le char de guerre, de nouveaux types de dagues et d'épées, le bronze et le redoutable arc " composé ", d'origine asiatique.

Le char de combat, d'origine syrienne, est vraisemblablement introduit en Egypte par les Hyksôs
En fait, l'occupation hyksôs paraît s'être appuyée sur le consentement d'une partie importante de la population autochtone. Les nombreuses tombes d'époque hyksôs fouillées en Égypte ne donnent pas l'impression d'une intrusion massive d'étrangers ; il n'y a pas de changement brutal dans les coutumes funéraires, et les cadavres qui pourraient appartenir à des races étrangères sont peu nombreux.
Installés en Égypte, les Hyksôs empruntèrent beaucoup à leurs hôtes. Leurs souverains utilisèrent l'écriture hiéroglyphique, ils adoptèrent les dieux égyptiens. S'ils eurent une préférence pour Seth, qu'ils assimilèrent à Baâl ou à Reshep, cela ne les empêcha pas d'adorer le dieu Rê. Khyan se déclare " Fils de Rê ", mais Apophis va plus loin encore en se disant " Fils charnel de Rê ", s'identifiant ainsi à un pharaon de droit divin.
En réalité, les Hyksôs, loin d'être les barbares décrits par les sources égyptiennes, avaient une longue tradition de vie urbaine derrière eux. Ils entreprirent la construction d'édifices et de temples. Les statues, stèles et autres œuvres d'art de leur époque, sans avoir la beauté des chefs-d'œuvre du Moyen Empire, sont loin d'être négligeables du point de vue artistique. C'est à la période hyksôs qu'on doit quelques-unes des meilleures copies d'œuvres littéraires ou scientifiques égyptiennes. Tout se passe donc comme si les rois hyksôs avaient, en fait, encouragé la vie intellectuelle de l'Égypte.
Source :- http://fr.wikipedia.org/
- http://balancedes2terres.free.fr
- http://www.insecula.com/<
- http://fr.wikipedia.org/
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