Igor Brevnjovski : Chronique d'un homme en exil

Spiritualité de l'Egypte Ancienne (II) : Les éléments de la survie

Je poursuis avec, cette fois-ci, quelque chose d'absolument essentiel pour prendre conscience de la richesse de cette spiritualité.


Les Eléments de la Survie : Akh, Ba, Ka

L'Akh, c'est la parution spirituelle de la lumière : c’est l’Esprit inné dans la matière qui se manifeste (différent de l’Esprit d’origine). Quelque soit son acception, Akh est toujours "lumière triomphant des ténèbres". A ce titre Akh a trois aspects :
aspect métaphysique :

  1. Un aspect métaphysique : Akh = lumière générée dans les ténèbres.

  2. Un aspect naturel : akh, akh.t = la "lumière" incorporée puis générée par les éléments en putréfaction, la décomposition d’une semence en germination (la germination d’une graine provient de sa décomposition), etc...

  3. Un aspect humain : iakh = la lumière spirituelle triomphant des éléments humains qui se recomposeront en unité ; unité qui n’est pas une fin en soi, mais une étape vers une plus haute perfection. Iakh est en quelque sorte l’état du devenir spirituel dont les diverses spécifications indiquent divers degré de perfectionnement.

Le Ba. A l’origine il y a Ba, à la fin il y a Ba : entre les deux, ba est en toutes choses, il est le souffle qui fait la vie. L’Esprit Ba est donc le souffle dans tous les éléments constitutifs du monde, jusqu’à la perfection finale. Le Ba semble avoir donné le principe d’âme au sens judeo-chretien du terme, mais en est très différent. Comme le Ka, Ba a trois aspects :

  1. Ba "âme cosmique" : c’est l’Esprit du Feu, l’animateur des Neter et des divers lieux du monde. (Cf les "âmes" d’Orient, d’Occident, de Pê, Dep ou Nekhen, ainsi que le sens à Heliopolis)

  2. Ba "âme naturelle" : fixée dans la forme corporelle : elle a un caractère Osirien et subit les renaissances cycliques. Son symbole, dans ce sens, est le bélier aux cornes horizontales.

  3. Ba "âme humaine" : c’est l’oiseau à tête humaine, qui va et vient du Ciel en terre pour errer auprès de son corps jusqu’à ce que la purification du Ka-djet permette leur réunion.

Le Ka est une manifestation des énergies vitales, non pas d’ordre physique mais plutôt psychique, ce qui explique son rôle d’animateur. Dans sa manifestation, le Ka a un rôle créateur et conservateur. Le monde terrestre est une "copie animée" du ciel grâce au Ka, réservoir en quelque sorte des forces vitales d’où provient toute vie, grâce auxquelles toute vie subsiste et où toute vie retourne après la mort. Il y a trois aspects de Ka :

  1. Ka est la Forme qui donne forme à la Substance pour faire la Matière : c’est le principe spirituel de fixité, c’est le point d’appui pour toute manifestation, et c’est lui qui va subir à travers ce devenir de multiples modifications, de la forme la plus basse jusqu’au perfectionnement du corps indestructible.

  2. Ka de la Nature (animaux, vegetaux, minéraux)

  3. Ka individualisé de l’homme, qui comporte sa signature et fixe son destin.

Les qualités actives de Râ sont ses Kas (ou Kaou), les propriétés vitalisantes de chaque nourriture sont leur Kas. Tous les aspects du Kâ sont en l’homme, mais tous ne lui sont pas soumis. Les qualités supérieures du Ka individuel doivent être découvertes et "révélées" par chaque individu, qui doit tout faire pour en possèder la connaissance et la maîtrise.


Le Djet, l'Ib et le Khaibit

Le Djet est le corps matériel, réceptacle des composantes de la personnalité telles que le ba, le ka, l'akh, l'ombre ou le nom. C'est pourquoi sa préservation est primordiale et c'était une punition des plus redoutées que d'avoir son corps démembré ou privé de son intégrité. Djet devient Khat, un cadavre. qui deviendra une momie, si l’on opère sur lui tous les rites de l’embaumement, qui le préservera de l'action du temps.

l'Ib, c'est le coeur, siège de l'activité créatrice, pensante et intelligente de l'homme. Il régit la mémoire et fait l'objet d'une véritable mise en examen après la mort.

Le Khaibit est l’Ombre. Khaibit est le corps instinctif et émotionnel du défunt : à cause de ces inscritpions qui se sont faites tout au long de son vivant, elle est à son image et à sa ressemblance. A la mort du défunt les diverses enveloppes se différencient selon l’état où le défunt les abandonne. Khaibit se précise alors, se dégageant "comme une Ombre" ou forme impure du Ka individuel. Impure ici au sens de double nature donc n’étant pas homogène, et étant destructible : elle tient de l’Esprit, mais est affectée par le corps dans ses affinités instinctives non-épuisées. Elle conserve donc la soif ou "envie" Sethienne et la soif exaltante du ib.


Sources multiples, notamment :
- http://www.toutankharton.com/
- http://mythologica.fr/egypte/concept.htm
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Égypte_antique

Posté par Silverside le 17.03.08 à 22:50 - Commentaires (0) - Introduction

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